‹ Voyages, relations et mémoires originaux pour servir à l'histoire de la découverte de l'Amérique, publiés pour la première fois en français (volume 4)Chapitre 7 sur 29 · K-ut nier qu'inga-Yupangi · texte numérisé non relu

K-ut nier qu'inga-Yupangi

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Cuzco tous les prêtres du pays , en assemblée générale, afin de discuter toutes les questions relatives à la religion et au culte. 11 avait été très - affligé , pendant ses voyages ; de la différence de religion qu'il avait remarquée chez les diverses nations de l'empire : il en avait même trouvé quelques-unes qui n'adoraient ni le soleil, ni la lune, ni les étoiles, et n'avaient pas plus de croyance que des brutes :

ce fut pour y remédier qu'il rassembla tous les prêtres et tous les magiciens, qui étaient alors très-nombreux dans l'empire. Quand ils furent réunis à Cuzco, dans le temple du Soleil, ils commencèrent à discuter tous les points litigieux relatifs aux rites et au culte.

Après une longue discussion on décida que le Soleil était le plus puissant de tous les êtres, et qu'il méritait l'adoration et le respect des hommes, puisque c'était lui qui faisait l'été et l'hiver, le jour-et la nuit, le chaud et le froid, et qui faisait mûrir les fruits et fertilisait la terre. Le second rang fut accordé au Ton nerre.

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Inga - Yupangui leur dit alors : « fils » ignorants de la terre , que votre faible enten- » dément rend indignes d'un titre plus élevé! » comment peut-il se foire que vous qui êtes » prêtres , et en cette qualité honorés et res- » pectéspar toutes les nations , vous partagiez » les erreurs de la populace, et que vous ad- » mettiez dès traditions aussi vulgaires , par M cela seul qu'elles sont anciennes ? Puisque » vous n'avez autre chose à foire que de ré- » fléchir sur les choses saintes , comment » votre esprit peut-il se contenter de croyan- » ces que le peuple commence déjà à mépriser? » Élevez votre esprit à la hauteur de votre » ministère, et vous verrez clairement l'er- » reur dans laquelle vous avez vécu jusqu'à >) présent. Je vous jure , sur la tête de mon » père, que si les maîtres qui vous ont in- » struits vivaient encore , je leur infligerais un » châtiment exemplaire : quant à vous, vous » n'aurez d'autre punition que la confusion » qui retombera sur vous, lorsque vous serez

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iVuutu^tv war-ii: — e rv^^mier comme le UM (tv vcu :trcriLc ec e iiR^BeiH' universel vvUii vjui ivar ^••Oirvr a ferre est obligé de Uxi^x*^; c«' vVtttctt^f xti ctt^rwr a bjjournëe, \K' |\u\i:(tv «^ vi^NâTJi.tre |xi4ir qull fasse h^u \Uu% uu^^KÎrvxt quand il £iil nuit dans un tuiliv . %U^ s e<\\^wer de ikhis pour pro- '• iluiir I luxer. tS %k se rapprocher pour ra- H MifUi'i Ir |u iutrin(v<: il «est donc pas tout-

)) puissant y car il n'aurait pas besoin d'aller » et de venir , ni de quitter son trône , en » supposant qu'il en ait un. Mes frères et mes » pères , cherchez quel est celui qui com- » mandé au Soleil , qui lui ordonne de par- » courir sa carrière , et regardez-le comme le » créateur universel et tout-puissant» Si quel- » qu'un de vous peut répondre à mon raison- » nement, qu'il le fasse; sans cela je nierai » le pouvoir du Soleil. Je le regarde comme » mon père , mais je nie sa toute-puissance » sur les affaires du monde. »

Cette ignorante assemblée avait écouté attentivement le discours du sage Inga. Quand il eut fini , il s'éleva un murmure général ; mais personne n'osa prendre la parole pour le contredire , et on lui accorda unanimement " qu'il avait raison. L'assemblée décida qu'il existait une cause première, toute-puissante et universelle, et résolut qu'on lui donneraitun nom, et qu'on l'invoquerait dans les prières. On n'en, trouva pas de plus digne et de plus

majestueux que celui de Ticci^f^iracocha^Pachaa/mac; ce qui veut dire : Principe de tout ce qui est bon , et Créateur du monde. Ce fut donc sous ce nom qu'ils désignèrent le Dieu tout-puissant qu'ils ne connaissaient pas auparavant.

Quelques auteurs attribuent cette découverte à Topa-Inga-Yupangui, son successeur ; mais cela est contraire à l'opinion la plus répandue parmi les Indiens*

Cette vérité ayant été reconnue , l'Inga renvoya l'assemblée, et Ticci-Viracocha-rPachacamac fut reconnu pour le Dieu Suprême* Le Soleil n'eut plus que la seconde place. L'Inga s'adressait à lui familièrement comme à un ami , et priait Ticci-Viracocha avec un profond respect.

Après la construction du temple de Curicancha , on éleva un édifice particulier au culte de Ticci-Viracocha, qui portait aussi le nom de Pachachiat et d'autres, à raison de ses différents attributs. L'Inga éleva aussi des

guacas ou temples au Tonnerre , à la Foudre, à l'Éclair et à d'autres divinités, et désigna des revenus et des champs pour leur entretien , particulièrement pour celui du temple de Guanacauri , qui jouit constamment d'une réputation de sainteté.

Inga-Yupangui fit prohiber dans tout l'empire la pratique d'autres cultes que ceux qui avaient été reconnus par l'assemblée de Guzco > fit abattre les anciennes guacas et défendit d'en élever de nouvelles. Deux de ses parents qui jouissaient d'une grande considération , Amaro-Topa-Inga et Guayna-Auqui-Yupangui (i), furent chargés de veiller à l'exécution de ses ordres , d'introduire les nouvelles cérémonies, d'abolir les anciennes, et surtout celles où on pratiquait des sortilèges qui pouvaient donner la mort.

Après avoir réglé tout ce qui était relatif à

(i) jiuqui était le titre que Ton donnait aux princes de la maison royale pendant leur jeunesse ; ils ne prenaient celui d*Inga que quand ils étaient mariés. {Gnrcilasso^ liv. 1, oh. xxv.)

la religion y Inga-Yupangui s'occupa de la bonne administration de ses états. Il fit des lois trop nombreuses pour les rapporter ici.

Nous dirons seulement qu'il fut le premier qui s'occupa de la répartition de l'impôt^ qu'il fixa avec beaucoup de modération , car il était persuadé que rien n'afiaiblit plus un état que des charges trop pesantes. Quand il eut assuré par toutes ces mesures le bonheur de son Empire^ il voulut, pour empêcher ceux qui formaient sa cour de se livrer à l'oisiveté, faire la conquête de la province de Chinchasuyo , dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

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