Lapuna, situé dans l'île de même nom
5. Guanca - Villcas, grand état composé de nombreuses tribus : les Alonchés, Babas, Babahoyos, Chanduycs, Changonès, Chunanas , Colonchis, Daulis, Guafas, Mangachis, Nauzas, Oxibas, Palenquès, Pimochas , Quilcos et les Yaguachis.
Quoique toutes ces tribus fussent d'une même origine et parlassent la même langue , cependant une d'entre elles se distinguait des autres, c'était celle des Guanca-Villcas qui, par leur ancienne coutume, s'arrachaientdeux dents supérieures du devant. Dans la suite,
ringa Huayna Capac, pour les châtier, les obligea à en arracher quatre de plus.
6, Manta , état assez grand , mais presque désert ; il s étendait depuis la pointe de Santa Éléna jusqu'à la baie de Charapoto. C'était le lieu qu'habitait, au commencement de l'ère chrétienne , la race effrayante des géants. Ils avaient détruit en partie les populations américaines qui avaient habité avant eux ce pays et en avaient chassé le reste. Après la destruction de ces géants, le pays fut repeuplé par neuf tribus de même origine, savoir : les Apichiquiés, les Cancebis, les Charapotoés , les Pichotas, les Picoasaés , les Pichunsis, les Manaviés, les Xarahusas, et les Xipixapas»
On ignore si les Yzapiles faisaient partie de cet état ou du suivant.
7. Cara était beaucoup plus considérable , et s'étendait depuis la baie de Charapoto jusqu'au cap de San Francisco. Ce fut dans ce pays que s'établirent les premiers étrangers qui, comme l'avaient fait les géants, vinrentpar
mer. Ils avaient pour chef un nommé Caran, qui donna le nom de Cara à la première ville qu'il fonda dans ce golfe qui prit lui-même le nom de baie des Caranguis. Ces étrangers, portés sur leurs balzas, débarquèrent dans cet endroit vers Tannée 700 ou 800 de Tère chrétienne. Après y être demeurés quelque temps, ils se dirigèrent vers le nord , en
suivant les bords de la mer jusqu'au Rio de las Esmeraldas qu'ils traversèrent pour arriver à Quito.
Après avoir abandonné Cara , les étrangers se confondirent avec les autres tribus de l'intérieur , qui prirent à la suite de cette invasion le nom général de Caras. Ceux qui s'établirent à la baie des Caranguis et y fondèrent une ville, avaientpour coutume de comprimer et d'allonger la tète des enfants comme le font les Omaguas, qui habitent les bords du Maranon. Les autres tribus de cette nation étaient les Apesigues , Caniloas , Chones , Pasaos, Silos, Tosahuas et Xahicas.
\h VELASCO.
8. Tacamés ou A tacamés, dernier état maritime situé au nord de Quito, était beaucoup plus vaste. Les Garas en furent les premiers habitants , mais emportés par leur caractère aventureux et le désir de trouver un pays meilleur, ils l'abandonnèrent bientôt. Les populations qui leur succédèrent ou plutôt qui se formèrent de leurs débris furent les Esmeraldas, Quaquis, Silanchis, et quelques autres tels que les habitants de l'île de Tumaco et de la Tola. LesQuaquis, Colimas, Pimpaguaces, Pechaucinchis, Xaramixos , Yambes, Yntas et Cayapas, s'établirent dans Tintérieur du pays.
Toutes ces peuplades, situées au nord, au sud et à l'ouest de Quito, se réunirent en un seul corps de nation à la fin de la troisième époque, et formèrent le royaume de Quito qui, vers la quatrième, acquit une plus grande extension par suite des conquêtes des Espagnols au sud , au nord , et au delà des grandes Cordilliéres.
Seconde époque. — Le royaume de Qailo ett conquis par
Caran Scyri.
i . La nation qui portait le nom de Cara, de son chef Caran , qui se donnait aussi le titre de Scyri ou seigneur, ne se fixa dans aucun endroit avant son arrivée dans le royaume de Quito. Quelques auteurs attribuent à la frayeur qu'ils avaient des géants qui habitaient les environs de Mania, l'abandon qu'ils firent de
la province où ils s'étaient d'abord établis et où ils avaient fondé la ville de Cara. Cependantil est plus naturel de croire que , trouvant le pays malsain, ils se dirigèrent vers le nord
à la recherche d'un climat plus favorable. Ils trouvèrent peu d'avantage dans la province d'Atacamès , parce que toutes les côtes maritimes étant humides , chaudes et dépourvues de mille choses nécessaires à la vie, ils furent donc obligés de chercher une situation plus avantageuse pour s'y établir.
2. L'embouchure de la grande rivière d'Esmeraldas leur ouvrit un chemin pour l'accomplissement de leurs désirs. Us la remontèrent sur leurs balzas jusqu'à une assez grande distance. La vue d'une nature si riche et si belle, et d'un pays plus élevé et paraissant avoir un climat délicieux, engagea la nation entière à suivre cette route. Elle était très-nombreuse; car depuis deux cents ans qu'elle était errante, elle avait eu le temps de s'accroître considérablement. On dit que jusqu'à cette époque , elle avait eu huit ou dix rois ou scyris. Ce qu'il y a de sûr, c'est que s'étant emparés de toute la partie navigable du fleuve, ils le remontèrent jusqu'à l'endroit
où se réunissent le Silanchi , le Tocachi , le Rlanco et le Taoni , dont la jonction forme le port (1) de Quito.
3. Ce port se trouve situé derrière la cordillière de Pichincha , sur le penchant de laquelle le roi Quitu avait construit plusieurs villages que l'on connaît aujourd'hui sous les noms de Bolaniguas , Tocaniguas , Tambillo , Galéa , Nanégal , Mindo et Nono. Les Caras s'en emparèrent facilement. Ayant appris des habitants l'étendue et la richesse du royaume de Quito , ils résolurent d'en entreprendre la conquête. S'ils étaient inférieurs en nombre â leurs ennemis , ils étaient mieux armés et se sentaient supérieurs en valeur et en civilisation ; ils réunirent donc toutes les forces de leur nation, et en commencèrent la conquête vers Tan 980 de l'ère chrétienne.