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CHAPITRE IX

Description des Poissons.

Sous-genre ROUSSETTE. — Scyllivm. Cuv.

ROUSSETTE FREYCINET, mâle. — ScrtAiUM Freycineti. Cuv.

ScylUum , nartbus jimbriatis ; pinnâ ani sub caudâ , pectoraiibus ventralibusque laits , rolundatu ; corpore subrubente , fusco aimuldto.

Ci poisson, que nous avons rapporté de l’île Vaigiou, appartient à ia division des roussettes étrangères de M. Cuvier : nous lui conservons le nom spécifique que ce savant lui a imposé dans les galeries du Muséum-

Nôtre individu a environ un pied de long; son corps, arrondi et gros en avant-, devient effilé graduellement ; son museau est obtus et arrondi; la bouche, peu éloignée, n’en est séparée que par les narines , qui sont frangées. Les lèvres sont saillantes , plissées ; les dents petites, nombreuses, et sur plusieurs rangées. Les évens, beaucoup plus grands qu’ils ne le sont ordinairement dans ce sousgenre , sont placés très-près et au-dessous des yeux. Les quatrième et cinquième ouvertures des branchies sont plus rapprochées l'une de l’autre que les précédentes , et en partie cachées par la base des pectorales. Ces nageoires, de meme forme que les ventrales, mais

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un peu plus larges, en sont éloignées de neuf lignes. Les deux dorsales, de grandeur égale, sont triangulaires et obtuses ; leur distance entre elles est de quatorze lignes. L’origine de la première correspond au milieu des ventrales. L'anale, petite, aiongée et tout-à-fàit reculée sous la caudale quelle touche, ne parofr être que son premier lobe. Cette dernière nageoire, comprimée , comme tronquée à son extrémité qui offre l’indication d’une échancrure , est formée de deux lobes distincts, dont le premier est le plus grand.

Les appendices génitaux sont peu saillans, ce qui doit faire supposer que cet individu est un jeune.

La peau est très-rude. Le fond de la couleur est rougeâtre , avec de larges anneaux d’un brun rougeâtre aussi , mieux dessinés vers la queue. Les dorsales ont chacune deux taches arrondies-, de même teinte.

Les deux individus que nous avons déposés au Muséum ont un peu souffert.

Vtyagt or /' Uranie. — Zoologie.

aJ

Sous-genre REQUIN. — Carch arias. Cuv.

REQUIN A NAGEOIRES NOIRES. — Carcharias melanopterus. N.

Squalus carcharias minor. Foulai. F/or. agyp. arab. Ampbibia. p. 20.

Squalus ustus. Duméril.

Ouï , en idiome de Guébé.

PLANCHE 43 , fig. I et 2.

Carcharias subfulvus , pi unis omnibus apice nigris.

Le squale dont nous donnons la figure , a été connu de Commerson, qui en a laissé dans ses manuscrits une esquisse au crayon, laquelle a été reproduite dans le grand ouvrage de M. le comte de Lacépèdc , à la planche 8, figure 1 du tome /.", sous le nom de squale requin.

Nous ne croyons pas que ce soit cet individu que Commerson ait voulu décrire sous le nom de requin proprement dit , car il ne fait que l’indiquer comme une variété , qu’il n’a pas vue plus grande que le dessin qu’il en donne. C’est cependant unc*espèce bien distincte : elle n’acquiert pas, il est vrai, les dimensions des grands squales, mais nous nous sommes convaincus que sa longueur peut aller au-delà de quatre pieds.

Du reste ses caractères génériques diffèrent si peu de ceux du requin ordinaire, que nous emprunterons à M. de Lacépèdc ce que nous avons à en dire, en y ajoutant les particularités spécifiques du nôtre. •

Sa longueur est d a-peu-près vingt pouces ; le museau est aplati et très-rond vers le bout, bien qu’il paroisse pointu dans le dessin , où on le voit- de profil; mais la figure 2 en donne une plus juste

ZOOLOGIE. ip5

idée, de même que de la configuration de la gueule. Les dents de la mâchoire inférieure sont pointues; celles d’en -haut, plus aplaties, triangulaires et découpées sur leurs bords.

a Toute la partie antérieure du museau est criblée, par-dessus et » par-dessous, d’une grande quantité de pores répandus sans ordre, » très-visibles , et qui , lorsque l’on comprime fortement le devant » de la tête, répandent une espèce de gelée épaisse et cristalline.

« Lqf ouvertures des branchies sont placées, de chaque côté, » plustnut que les nageoires pectorales. Ces branchies, semblables » à celles des raies , sont engagées chacune dans une membrane » très-mince.

» Toutes les nageoires sont fermes, roides, cartilagineuses. Les » pectorales, triangulaires et plus grandes que les autres, s’étendent » au loin de chaque côté. La première dorsale plus élevée et plus » étendue que la seconde , placée au-delà du point auquel corres- » pondent les nageoires pectorales , et égalant presque ces dernières *> en surface , est terminée dans le haut par un bout un peu arrondi.

» Plus près de la queue , et au-dessous du corps , on voit les » deux nageoires ventrales , qui s’étendent jusqu’aux deux côtés de « l’anus , et l’environnent comme celles des raies.

» La seconde nageoire du dos et celle de l’anus ont à-peu-près y> la même forme et les mêmes dimensions; elles sont les plus » petites de toutes, situées presque toujours l’une au-dessus de » l’autre, et très-près de celle de la queue.

<• Au reste, les nageoires pectorales, dorsales, ventrales, et de » l'anus , sont terminées en arrière par un côté plus ou moins » concave, et ne tiennent point au corps dans toute la longueur » de leur base , dont la partie postérieure est détachée et prolongée » en pointe plus ou moins déliée.

» La nageoire de la queue se divise en deux lobes très-inégaux ; » le supérieur est deux fois plus long que l’autre , triangulaire , » courbé , et augmenté auprès de sa pointe d’un petit appendice

n également triangulaire. Auprès de cette nageoire, se trouve, sur » la queue, une petite fossette faite en croissant, dont la concavité » est tournée vers la tête. »

Nous ajouterons que, dans le requin à nageoires noires, qui est un mâle, les appendices de la génération sont peu saillans, et que son museau est plus arrondi et moins pointu à l’extrémité que dans les autres individus du même sous-genre. Il diffère beaucoup encore pour la couleur, qui est d’un cendré jaunâtre, tandis qu’ellçÿst d’un brun foncé dans le squalus carcharias. La sclérotique est x*#dâtre, l’iris jaune et la pupille transversale. Inférieurement, on remarque une double fausse paupière aussi rude que la peau extérieure et susceptible de recouvrir l’œil. Enfin, à l’extrémité de chaque nageoire est une tache noire, plus foncée sur la première dorsale, les pectorales et le lobe inférieur de la caudale.

Ce poisson provient de l’île Vaigiou.

Etant aux îles Mariannes, nous en avons vu, sans pouvoir nous en procurer , qui surpassoient celui-ci de plus du double en dimension. Les pêcheurs leur font la guerre pour les empêcher de manger ou d’effaroucher les poissons auxquels ils tendent leurs filets dans des endroits resserrés où l’eau est peu profonde.

Ces animaux nous ont paru avoir l’ouïe très-fine et bien meilleure que la vue; l’un deux que nous observions sur le rivage, arrivoit très-près du bord sans nous apercevoir, et ce n’étoit que lorsque nous venions à parler qu’il s’enfuyait avec beaucoup de vîtesse.

D’après ce que dit Commerson de ce squale et d’après ceux que nous avons vus, nous ne pensons pas qu’il faille croire avec les Arabes, comme le dit Forslcal, que la couleur noire de l’extrémité des nageoires soit susceptible de disparoître avec l’âge. D’ailleurs cette espèce a encore un caractère distinctif; c’est sa couleur, qui n’est jamais semblable à celle du requin ordinaire, quel que soit son âge.

Sous-genre LEICHE. — Scymnus. Cuv.

LEICHE LABORDE, mâle. — Scymnus bispinatus. N.

PLANCHE 44, fig. I et 2.

Scymnus, corpore cylindnco , mgricantc; pinnis pectoralibus apice albidts , vcntralibus spinatis.

Cette leiche, qui n’a que sept pouces quatre lignes de long et dont la couleur est brune foncée, presque noire, est le seul individu de son espèce que nous ayons pu nous procurer à l’île de France. C’est très-probablement un jeune. Son corps est alongé, presque cylindrique ; sa tête et son museau sont arrondis ; ses narines, largement creusées sur les parties latérales de ce dernier, présentent une petite membrane qui semble les diviser comme en deux portions, dont la supérieure est arrondie. Les yeux sont grands, situés vers le sommet de la tête ; les paupières ne sont point rondes et forment un angle en arrière; la pupille est jaune et orbiculaire. Les évens , placés à quelques lignes en arrière des yeux, forment comme un D majuscule , dont la convexité seroit tournée en avant; ils sont divisés par une membrane verticale. La bouche est à neuf lignes de l’extrémité du museau; elle est légèrement arrondie et paroît plus grande quelle ne l’est réellement, par les plis que forment les commissures des lèvres. La mâchoire inférieure n’a qu’une seule rangée de dents très-aiguës et tranchantes , un peu inclinées les unes à droite, les autres à gauche ; la mâchoire supérieure en présente plusieurs rangées plus petites et droites. Les cinq trous branchiaux viennent peu après et se trouvent dans la direction de la commissure des lèvres; le dernier finit où com-

iP8 VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

mencent les nageoires pectorales, qui sont peu grandes, arrondies, noires à la base et blanches dans le reste de leur étendue. La première dorsale , excessivement petite , est fort éloignée des pectorales ; la seconde , plus alongée , a peu d’étendue en hauteur. La queue est alongée , grêle , et sa nageoire est arrondie dans les deux lobes qui la forment. Les ventrales, placées très en arrière, sont fort petites et terminées chacune par un aiguillon. Les appendices de la génération, qui se trouvent à leur partie interne, sont proportionnellement très-développés : à leur base se voit un petit prolongement creux et conique, qui est peut-être le fourreau de l’organe excitateur.

Nous dédions ce poisson à la mémoire d’un officier distingué de notre expédition, M. Théodore Laborde, mort pendant le voyage de l’Uranie.

U n autre très-petit individu femelle , pris par nous au Brésil , et nommé scymnus brasi/icnsis par M. Cuvier, a à-peu-près la forme du précédent; mais il se fait remarquer parla grosseur démesurée de sa mâchoire inférieure, par sa gueule plus rapprochée de l'extrémité de son museau, par la largeur plus grande de ses nageoires dorsales , et par l’absence d’aiguillon aux ventrales. Les deux lobes de la caudale sont aussi plus profondément divisés. Enfin , sa couleur est d’un brun plus clair, et l’on remarque.une large bande d’un brun foncé sous la gorge.

Sous-genre TORPILLE. — Torpédo. Dumér.

TORPILLE ŒILLÊE — Torpédo ocellata. N.

T or pt do , corpore orbicuLiri , subrubro , maculis fuscis notato.

La baie de la Table, au Cap de Bonne-Espérance, est la patrie de cette petite torpille, dont le corps est presque entièrément orbiculaire. Son diamètre est de vingt-une lignes ; sa queue , assez grande , large à son origine, a deux pouces quatre lignes de longueur; sa bouche est grande, ses mâchoires sont proéminentes, ses dents petites et aiguës. Le dessous du corps est d’un blanc rosé, et le dessus, rougeâtre, est parsemé de taches livides, irrégulières, plus foncées à leur contour qu’à leur milieu. Les yeux sont bordés de petites granulations. L’ouverture anale est large.

Sous-cenre MOURINE — Raïa. Linn. ; Myliobatis. Dumér.

RAIE A CINQ AIGUILLONS. — Raîa quinqueaculeata. N.

Fanihi tassi , en langue des îles Mariannes.

Murcielago de la mar, par les Espagnols qui habitent cet archipel.

PLANCHE 43 , fig. 3.

Raïa , rostro elongato in orbem desincnte ; corpore ocellis ccerultis noUito ; couda quinque aculeis longissimis crcnatis armatâ.

Nous nous bornerons à fixer l'attention sur cette singulière espèce de .raie, prise à Guam, une des îles Mariannes, et dont le dessin, fait sur les lieux par M. Arago, a malheureusement été perdu. Ayant seulement pu conserver la queue d'un animal aussi grand, nous l’avons déposée au Muséum , et nous n’avons pas hésité à la faire représenter dans nos planches.

La raie à laquelle cette queue appartenoit, du poids d’environ cent livres , a le museau alongé et arrondi à son extrémité. Sa couleur générale est d’un brun foncé, parsemé de taches rondes d’un bleu céleste. La forme particulière de sa queue armée de cinq dards trèslongs, barbelés et saiflans à l’extérieur, nous a déterminés à lui donner le nom de raie à cinq aiguillons. Nous ne pouvons dire précisément quelle est la longueur de cette queue, parce quelle nous a paru tronquée par accident On trouve dans Aldrovandi la figure d’un de ces poissons à deux aiguillons; mais jusqu’ici on n'en connoissoit pas qui en eussent cinq.

Les habitans des îles Carolines, qui, sans boussole et seulement à l'aide des étoiles, se hasardent dans de frêles esquifs à faire des traversées de cent lieues , montent sur un manche plusieurs de ces dards, et s’en servent , dans leurs pradques superstitieuses , pour conjurer la tempête.

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Genre DIODON. — Diodon. Linn.

DIODON BLEU. — Diodon CjCruleus. N.

PLANCHE 6 J, fig. 5.

Diodon, dorso ccerulco ; venir t nigro punctato ; aadeis demis , basi triquetris.

Ce poisson, dont la forme paroîtra toujours singulière, a été pris sous l’équateur, au Nord de la Nouvelle-Guinée, par 142" de longitude à l’Est de Paris. M. Taunay en a représenté les couleurs. Cependant nous ne pouvons indiquer exactement les caractères des nageoires , parce que l’individu s’étant conservé en boule dans l’alcool, elles se sont desséchées au point que nous n’avons pu compter que douze rayons à celle du dos et une vingtaine environ aux pectorales.

Mais le dos et les côtés de ce diodon colorés d’un beau bleu , son ventre argenté et ponctué de noir, le feront facilement distinguer des autres espèces. Ses nageoires sont arrondies; il a les yeux grands et argentés; et les piquans, fixés au corps par trois points triangulaires, sont très- développés en raison de la petitesse de l'animal.

Ayant parcouru long temps les contrées équatoriales, nous avons rencontré beaucoup de ces poissons, qui* ne se plaisent que dans les températures élevées. On ne les mange point : aux îles Mariannes, on en a même une certaine horreur , parce qu’on les croit venimeux. Seroit-ce parce qu’ils se nourrissent quelquefois de madrépores ! Lors de notre séjour sur ces îles , nous trouvâmes dans l’estomac d’un de ces animaux plus d’une livre de débris pierreux du

Veyagt de VUronk. — Zoologie. 26

madrépore prolifère. Un accident nous priva de faire les expériences qui auroient pu constater si sa chair est malfaisante ou non. Nous reviendrons sur cet objet lorsque nous traiterons des polypes à enveloppes pierreuses.

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Genre TÉTRODON. — Tetraodon. Linn.

TÉTRODON BARIOLÉ. — Tetraodon STRIOLATUS.

Tetraodon orbiculans ; dorso fusco , linets carulescenùbus notato ; basi pinnce dor salis oculo lato maculata ; caudâ rotundâ. •

Ce tétrodon, ainsi que la plupart des individus de ce genre, a une forme bien difficile à déterminer. Cependant, comme il est de ceux qui se mettent promptement en boule au moyen de l’air qu’ils avalent, il est tout orbiculaire par-devant. Le sommet de la tête présente .une saillie. La queue est forte, épaisse, et sa nageoire, légèrement arrondie , est composée de huit rayons ; l’anale , qui est très-petite, en a le même nombre; la dorsale en compte neuf, et les pectorales en ont quinze.

Les épines qui recouvrent tout le corps de ce poisson sont petites et peu saillantes. La couleur du ventre est blanc jaunâtre; celle de la tête, du dos et de la queue, est brune avec des lignes bleuâtres symétriquement parallèles ; sur le museau et la tête, elles forment des demi-cercles dont la concavité est tournée en arrière ; sur les flancs, elles sont longitudinales et inégalement ondulées. A la base de la nageoire dorsale se voit une raie noire, au-dessous de laquelle est une large tache brune entourée d’un cercle bleuâtre.

La longueur de ce tétrodon est de trois pouces. Il habite l’fle Timor.

TÉTRODON FUNÈBRE. — Tetraodon lacrymatus.

Tetraodon ftiscus; corpore et piimis punctis ulbidis irroratis ; couda rotundâ.

Nous joignons ici le tetraodon lacrymatus , assez grande espece ainsi nommée par M. Cuvier, parce que tout son corps est parsemé de gouttelettes blanches, serrées, sur un fond très-brun.

Il a sept pouces de longueur; sa forme est alongée; ses mâchoires sont très-fortes; toutes ses nageoires arrondies et couvertes aussi de taches blanches. Les petits piquans dont le corps est recouvert sont plus nombreux au ventre et sur le dos.

Nous l'avons rapporté des îles Sandwich.

2oy

Sous-genre BALISTE. Cuv. — Bal/stes. L.

Division des balistes proprement dits, dans laquelle Li queue est armée d' épines courbées en avant, avec des écailles plus grandes derrière les ouïes.

BALISTE PRASLIN. — Balistes praslinensis.

Commerson, manuscrits , 4»* cah. •

Lacépède, tom. i , pag. 363.

Soume, en idiome de Guébé.

PLANCHE 46, flg. I.

Balistes , pinnâ dorsi primalâ radia tâ, triplici acule orum ordine ad basim caudoe , lineâ purpureâ à supremo rostro ad basim pectoralium , macula latissimâ nigrâ medium utrinque lotus occupante. Comm.

*/ D. P. ij. A. 11. C. iî.

Nous donnons une figure de ce poisson, que Commerson n’a fait que décrire et qu’il a trouvé au milieu des rochers de l’île Prasiin. Notre individu, dessiné sur le vivant par M. Taunay, provient de l’île Vaigiou. Sa forme est un losange alongé. Ses lèvres sont grosses, charnues, et son front élevé par la saillie des orbites. L'œil est jaune. Le fond de la couleur est jaunâtre. Les lèvres, le haut du museau et les deux plus longs rayons de la queue sont rosés. On remarque une bande bleu de ciel au-dessus de la lèvre supérieure : elle est côtoyée par une ligne rouge, qui l’abandonne pour se porter vers la nageoire pectorale , à l’extrémité d’un large triangle diversement coloré, qui part de l’œii. Les nuances de cette sorte de bandeau vertical sont le noir liséré de bleu, avec une

ligne semblable au milieu; deux bandes jaunes en forment l’extérieur. En arrière est une large plaque noire touchant à la nageoire de l’anus ; une teinte de la meme couleur se montre à la queue. La grosse épine dorsale est bleue.

A la partie supérieure on voit des vestiges irréguliers de la ligne latérale. L’os du bassin est carré et mobile.

Le plus fort des trois aiguillons de la première nageoire du dos, simplement rugueux en-devant, peut se cacher entièrement dans sa fossette. La seconde nageoire , arrondie , est composée de vingt-quatre rayons; celle de la queue en a douze, formant un arc de cercle au milieu , et dépassés sur les bords par deux plus longs. L’anale, à-peu-près de meme grandeur que la dorsale, en a vingt-un , et les pectorales treize. Derrière les ouïes se trouvent trois écailles grandes, orbiculaires et striées; celles du reste du corps sont , en général , losangées ; elles ne deviennent rhomboïdales irrégulières qu’au ventre, à la gorge ejaux joues; toutes sont comme chagrinées.

La queue a trois rangs d’aiguillons sur les côtés : le supérieur, moitié moins long, n’est formé que de quatre épines.

•BALISTE MÉDINILLA. — Balistes Medinilla. N.

PLANCHE 4 6, fig. 1.

B dis tes, primo dorsal! aculeo In! ; macula tiigrâ infra oculos et ante pinnani ani ; vittd lata triangulari davo-nigrâ , apice verso ad rostrum; caudâ rotundâ.

Ce poisson, dessiné sur le vivant par M. Taunay, a été perdu ensuite. Il provenoit des îles des Papous.

Sa partie supérieure est arrondie, peu élevée ; son ventre est saillant. La seconde nageoire du dos, celle d’en bas et la caudale sont noirâtres et arrondies. La première dorsale est noire; le plus fort de ses aiguillons, court, pointu, épais et lisse.

L’extrémité des lèvres est rosée, avec un cercle bleu de ciel Le reste de la couleur, jusqu’au-dessous du ventre , est d’un jaune, sale , ainsi que le dos.

Au-devant de l’œil est une bande transversale triangulaire , ondulée, jaune, avec deux lignes d’un beau bleu. Vient ensuite une plaque noire embrassant l’œil dans la moitié inférieure de son orbite, et s’étendant jusqu’aux pectorales, qui sont blanches , avec une ligne rose à leur base. Une raie bleue, prenant au-dessus de l’œil , suit le contour de la plaque noire et va se rendre à la sommité du triangle que représente l’espèce de chevron brisé qui embrasse la partie postérieure de l’animal. Sa pointe est dirigée en avant, et il est formé par deux bandes noirâtres lisérées de jaune. Au-dessous de lui et sur le devant de la nageoire anale, se trouve une large plaque irrégulière d’un noir foncé.

La queue , de même couleur que les nageoires dorsale et anale , a de plus une teinte rougeâtre à son extrémité. Les écailles sont triangulaires et chagrinées. «.

Nous dédions ce bàliste à Don Joseph de Médinilla y Pinéda, gouverneur des îles Mariannes, en reconnoissance de l’accueil si obligeant et si généreux que notre expédition et nous tous en particulier avons reçu de lui.

BALISTE LAMOUROUX. — Baustes Lamouroux. N.

PLANCHE 47, fi g. 1.

Biiüstcs , corpore ni^ricante , lineis rubris duabus ex ore procedentibus , plurimis simili bu s suprà recurvis , cùudâ rotundâ lemniscatâ , cum duplici ordine aadeorum.

Ce poisson a le corps alongé, noir, varié de lignes rouges dans l’ordre suivant : une première part du museau et se porte à la nageoire de l’anus; une seconde commence à la lèvre supérieure, envoie une branche à la mâchoire d’en bas et se termine au-dessous des pectorales.

Quatre ou cinq autres plus délices prennent naissance dans les environs de la première dorsale, décrivent en arrière une ligne parabolique, et remontent vers la nageoire dorsale, où elles se terminent. L’une d’elles, qui suit ce trajet, ne commence que vers la pectorale, de méiji£ que trois autres, qui, ne formant qu’une simple courbure r se portent vers la nageoire inférieure. Il y a un peu d’iriégularitc dans les deux premières raies supérieures , tandis que les autres sont parallèles entre elles.

La queue est armée de cinq épines, sur deux lignes. Sa nageoire .arrondie a six rayons épais colorés en rouge et quatre en bleu, qui alternent pour les couleurs; au milieu on en voit d’autres rougeâtres plüi déliés.

Les nageoires du dos et de l’anus sont assez étendues; leur teinte est jaune et leurs rayons rougeâtres, avec un point noir à la base de chacun. La supérieure en compte vingt- neuf et l’inférieure vingt -cinq. La grande épine dorsale est lisse, pointue,

ZOOLOGIE. ' jop

et la membrane qui la. soutient, jaune, avec une tache noire. Les pectorales, peu développées, sont rouges.

Les lignes qui, sur la surface du poisson, forment par leur croisement des losanges grenus, sont par- tout triples. L’oeil est petit et l’extrémité du bassin peu saillante.

Nous obtînmes ce poisson des habitans des Carolines, lorsque nous passâmes entre leurs îles. M. Taunay le dessina sur-le-champ : mais la pénurie de vivres frais dans laquelle nous étions, ne nous permit pas de le conserver; et il fut donné, ainsi que plusieurs autres, à nos nombreux malades.

Nous l’avons dédié à fauteur de l’Histoire des polypiers, M. La mouroux, correspondant de l’Institut royal de France et professeur d’histoire naturelle à l’académie de Caen.

BALISTE OXLEY. — Baustes jàcksonianus. N.

Batistes, corpore glauco , ovato , anticè rotundo ; pinnis dorsi , uni, caudce que ro tandis , maculatis.

a.* D. Vf. P. ij. A. aa. C. la.

Ce très-petit balistea.une forme ovale, presque arrondie, le museau très-obtus et le bassin un peu saillant. Sa couleunest glauque, avecd# légères taches noires aux nageoires et sur quelques parties du corps , lequct est recouvert de petites épines aiguës , recourbées en arrière et placées en quinconce. L’oeil est argenté ; derrière lui s’élève l’aiguillon delà première nageoire.dorsale, qui est rugueux par-devant ; la seconde dorsale, l’anale et la caudale sont arrondies : elles comptent, l’üne vingt-sept rayons, l’autre vingtdeux, et la troisième douze ; |es pectorales en ont quinze.

On remarque au dos , sur les côtés de la rainure qui reçoit le premier aiguillon , des épines plus fortes que celles du corps,

l'cyagt de rUrantr. — Zoologie. 2.*?

xio VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

La longueur de ce poisson est de quinze lignes ; sa hauteur, de huit; et son épaisseur, de trois à-peu-près.

Nous l’avons pris dans la rade de Sydney, au Port-Jackson, et nous le dédions à M, John Oxley, ingénieur-géographe de la colonie.

BALISTE ANGULEUX. — Balistes angulosus.

Batistes , corpore aigri came ; rostro obtuso ; acu/eo dorsi robusto, antrorsùm spinoso ; pinnis dorsi unique triangnLiribus ; caudâ brevi, rotundu.

La forme de ce kalistc est subovalaire ; son front est élargi, avec une petite caréné au milieu; son museau arrondi; ses dents sont tranchantes et pointues ; la bouche et l’œil sont petits. C’est assez en arrière de ce dernier que s’élève le court et fort aiguillon "de la. première dorsale, lequel offre en avant trois lignes d’épines* L’extrémité du bassin est saillante, rugueuse, et derrière sont d’assez fortes épines.

Les nageoires du dos'et de l’anus sont élevées, triangulaires, obtuses, rejetées en asriçre, et presque aussi glandes l’une que l’autre ; cependant la première a vingt-trois rayons et la seconde n’en a que vingt ; le lobe de la queue est quadrilatère et la nageoire arrondie ; les pectorales, très-petites, dirigées en haut, sont formées de quinze rayons. Le corps est noir et recouvert dfe petits piquans écartés, à base triangulaire et penchés en arrière.

La longueur de ce poisson est de trois pouces ; sa hauteur de vingt lignes et son épaisseur de six. Il habitoit les eaux des fies Sandwich.

Sous-genre MONACANTHE. Cuv.

BALISTE PELLION. — Baustes spinosissim Js.‘ N.

PLANCHE 45, fig. 3-8.

Batistes , cor pore glauco, spirwsissimo , punctis Lmeisque ni gris spnrso.

Ce batiste a le corps très-comprimé , suborbicutaire ; le front forci\e avec l’axe longitudinal un angie de près de 45°, tandis que • le dos et le ventre décrivent une ligne ronde. Le museau est alongé; les mâchoires sont fortes, munies de six dents en haut et de quatre en bas , lesquelles par'oissent formées de deux plaques osseuses superposées. Les yeux sont grands, ronds, argentés, et placés au sommet du front. Toutes les nageoire» sont arrondies e*t flexibles : la seconde dorsale , distante de près <fün pouce de la* grande épine, a vingt-cinq rayons ; l’anale , vingt-trois ; les pectorales et la caudale* douze chacune ; cette dernière est trèslarge. L’épine qui constitue la première nageoire du dos,- a dix lignes de hauteur; elle est hérissée de piquans assez forts. L’os du bassin , très-extensible , est terminé par de petites pointes en forme de roue ; et tout-à-fait à son extrémité est un petit appendice articulé et rugueux.

Le corps est couvert d’épines excessivement fines et pointues , toutes dirigées en arrière. Celles du ventre , des joues et du contour de i’œii sont multlfides, quelquefois rayonnées, tandis que celles des autres parties n’ont que deux pointes ou bien une seule. Le côte qui s’implante dans la peau est concave: Les rayons

VOYAGE AUTOUR DU MONDE, des nageoires dorsale, caudale et anale sont aussi parsemés de petits aiguillons. On remarque çà et là de légers appendices charnus et flottans comme dans le baliste pénicilligère de Péron.

La teinte générale de cet individu , dans son état naturel , est un vert de mer clair,parsemé de points noirs sur les joues et de lignes noires ponctuées et longitudinales sur le reste du corps : des taches pareilles existent sur les membranes qui réunissent les rayons des diverses nageoires , et l’on remarque près du dos deux macules noirâtres.

Ce baliste provient de la baie des Chiens-Marins, à la Nouvelle-Hollande; il «a été assez facilement pris à la main par l’un de nous, à une très-petite profondeur. Sa longueur est de cinq pouces dix lignes; sa hauteur, de quatre pouces, prise de l’extrémité de l’épine dorsale à celle du bassin.

Nous l’avons dédié à l’un des officiers de l’ Uranie , M. Alphonse Pellion, qui a rendu à l’expédition des services importans et de plus d’un genre, comme on peut le voir par les beaux dessins dont .il a enrichi l’Atlas historique , et par ceux qu’il a fournis, avec autant d’habileté que d'obligeance, à la partie zoologiqùe de notre Voyage.

BALISTE FER-A-CHEVAL. — Balistes hippocrepis.

Batistes , corpore elongato , rugricante; fasciâ nigrâ semicirculari la teriiusy couda subrotundâ quatuor aculeis instructâ.

D. jj. P. ij. A. 33. C. 12.

Cette espèce est grande, alongée, ovoïde, de couleur noire, remarquable par une bande noir foncé en fer-à-cheval placée sur les flancs, et dont la convexité est dirigée en avant ; bande d’où ce poisson a tiré son nom.

Son museau est gros : la mâchoire inférieure dépasse un peu celle

ZOOLOGIE. • 21 j

d’en haut ; elle est munie de dents larges , dont quatre antérieures dirigées en arrière s’enfoncent profondément sous la mâchoire supérieure ; les^dents d’en haut sont plus étroites. L’œil est rond, jaunâtre; les narines ont deux orifices. Le grand aiguillon de la première dorsale n’a qu’un pouce de hauteur, ce qui est peu relativement à la grandeur du poisson ; il est simplement rude : le second ne s’aperçoit pas. La distance entre eux et la seconde dorsale est de plus de deux pouces et demi. Cette nageoire, peu élevée, compte trente-cinq rayons flexibles, et l’anale, qui est de même forme, trente-trois. La queue est longue, épaisse, munie de quatre aiguillons dirigés en arrière, sur deux lignes égales: la nageoire est arrondie et formée de douze rayons ; les pectorales, très-petites, en ont treize.

Le ventre est gros et saillant, et l’os du bassin très-mobile. La peau est chagrinée, à-peu-près comme dans les roussettes, et les grains en sont excessivement fins. Outre la ligne en fer-à-cheval dont nous avons parlé , il en existe d’autres longitudinales et de la même couleur , irtégulièrement placées sur le ventre et aii-dessus de la nageoire de l’anus.

La longueur de ce baliste est de onze pouces, et sa hauteur de trois pouces neuf lignes.

Il habitoit file de France, d’où nous l'avons rapporté.

BALISTE FREYCINET. — Bai.istes Freïcinexi. Cuv.

Baiutes, corpore ovato, atcrrimo ; aculeo dorsi latcribus uncinato ; caudâ lunata, spinis sex in duplici ordine instructâ.

Ce monacanthe est ovalaire; sa couleur est d’un noir foncé. Les rugosités de sa peau sont beaucoup plus fines que celles de

l'espèce précédente. L’os du bassin est proéminent , très-mobile, et armé à son extrémité de petits aiguillons rayonnés. Le museau est obtus, les lèvres grosses , les mâchoires égales. On remarque audessus des narines, qui sont doubles, une bosse arrondie. L’aiguillon de la première dorsale est robuste, rugueux, long d’un pouce, hérissé sur ses bords de piquans dirigés en bas. La seconde dorsale est pourvue de trente-huit rayons, et l’anale de trente-cinq; les pectorales, petites, en comptent treize. Le lobe dé la queue, assez alongé, est armé, sur les côtés, de six petits aiguillons dirigés en arrière sur deux lignes parallèles. La queue est arrondie et formée de douze rayons comme dans la plupart de ces poissons.

On aperçoit sur les joues, en avant des branchies, et à la partie supérieure du corps , des stries très-fines qui semblent être formées par des pores rapprochés; celle qui précède la pectorale décrit une courbe convexe en avant.

Sa longueur est de huit pouces; sa hauteur de trois, et son épaisseur, d’un pouce.

Ce poisson , que nous avons rapporté de file de France, a été dédié à M. Louis de Freycinet par M. Cuvier.

BALISTE SANDWICHIEN. — Balistes sandwichiensis. N.

Batistes, corpare subfulvo; rostro (longato , triangulari ; pïnnâ dorsali anteriore rttgojâ , longissimâ ; cauciâ subœquali,

z.' D. jj. P. ij. A. 30. C. ij.

Le corps de ce baliste est très-comprimé; son museau, de forme triangulaire , est plus alongé que celui des deux monacanthes qui viennent detre décrits. L’os du bassin est aussi plus saillant, et terminé de même par une petite roue dentée; çette portion de l’abdomen est brusquement coupée. La bouche est petite ; les

Dioitized

'' ZOOLOGIE. • 21 j

mâchoires sont égales; ios maxillaire supérieur présente .une saillie remarquable; le front est arrondi ; les narines petites, ei l’œil placé près du sommet de la tête.

L’aiguillon de la première dorsale est rugueux , blanchâtre , presque droit, et très-long pour la grandeur de' l’individu, car il a quatorze lignes; il est placé directement au-dessus de l’œil, ce qui n’a pas lieu dans les deux balistes précédens. La deuxième dorsale, triangulaire, alongée, a trente-cinq rayons. L’anale, qui est de même forme , .eh compte trente. Le lobe de la queue est petit, quadrilatère, sans épines; sa nageoire, presque carrée, a douze rayons; les pectorales en ont treize.

La couleur -de ce poisson est d’un fauve tirant sur le noir. Sa peau, finement chagrinée dans la plus grande étendue. de sa surface , est plus, rugueuse à la base des nageoires dorsale et anale et à l’abdomen; elle paroît comme feutrée à la naissance de la queue.

La longueur de cet individu, dont le nom spécifique indique la patrie, est de six pouces deux lignes, et sa hauteur de deux pouces sépt lignes. . ,

. Sous-genre ALUTÈRE. Cuv.

BALISTE AYRAUD. — Baustes Atraud. N.

PLANCHE 47, fig. 2.

Batistes , corpore virescenti elongato , tribus lineis longttrerÿtm distilleto ; rostro pronùncntc ; aculco spinoso ; caudâ rotundâ.

Le nom impose à ce poisson rappelle une des nqmbreuses victimes de la fièvre jaune parmi les médecins de la marine. C’est dans la dernière épidémie que M. Ayraud est mort à la Martinique, après avoir vu un de ses frères, enseigne de vaisseau, succomber à la même maladie. *

Le corps de ce batiste est très-alongé, et la courbure de son dos est peu arquée. Son museau est saillant. L’aiguillon dorsal est long, aigu et dentelé des deux côtés: il est éloigné de la nageoire du dos, qui est concave et s’étend jusqu’à celle de la queue, dont la forme est arrondie.

Le dessous de la gorge présente uh renflement. La nageoire de l'anus, de même grandeur que la supérieure, est irrégulière. Elles ont un grand nombre de rayons , dont nous ne pouvons assigner précisément la quantité, parce que l’individu a été perdu.

L’œil est grand, jaune, avec une bordure rougeâtre, et la nageoire pectorale est formée de quatorze rayons.

La coulei#«géncrale est verdâtre. Trois bandes longitudinales d’une teinte un peu plus foncée occupent la partie supérieure du corps. Les nageoires sont rougeâtres; celle de la queue est brune. *

Ce baliste, long de huit pouces, que nous prîmes en sortant de

ZOOLOGIE. a, 7

la baie des Chiens-Marins, à la Nouvelle -Hollande, est dessiné par M. Taunay.

Malgré le peu de développement de la bouche de ces poissons, ils peuvent encore mordre avec beaucoup de force , comme l’un de nous a eu occasion d'en faire par lui-même l’expérience.

BALISTÉ QUEUE NOIRE. — Balistes spilomelanurus.

Batistes , corpore elon pat o , fulvo; rostro triangulari ; aculco dorsi recto , sp'mosissimo ; caudâ subrotundâ , apice nigrâ.

■ i.' D. ji. P. to. A. 35. C. 13.

Cet alutère a le corps alongé , comprimé , la tête triangulaire, le, museau obtus, la mâchoire inférieure un peu plus longue que la supérieure , et toutes deux munies de dents larges et égales. Le ventre a peu de saillie.

L’aiguillon dorsal est court, quadrilatère, hérissé sur ses quatre faces de fortes épines dirigées en bas ; il est placé en arrière de l’œil. La deuxième dorsale est élevée vers son milieu, de même que l’anale. La première de ces nageoires a trente-un rayons ef la seconde vingt-neuf. La queue est alongée; sa nageoire est tant soit peu arrondie , avec une ligne noirâtre peu sensible à son extrémité. Les pectorales ont dix rayons.

La couleur de ce poisson est d’un fauve foncé vers le haut du corps et argenté sous la gorge et sous le ventre. Une ligne brune longitudinale prend à la commissure des lèvres , traverse l’œil, qui est argenté, et finit à la partie postérieure du corps.

II provient du Port-Jackson. Sa longueur est d’un peu moins de quatre pouces, et sa hauteur d’un pouce seulement.

Voyagt de l’Uranie, — Zoologie.

Genre COFFRE. — Ostracion. Linn.

COFFRE MACULÉ. — Ostracion maculatus. N.

Ostracion, corporc flavo-aweo , punctis nigris consptrso ; pmnâ.dorsah rodas dcccm ; couda rotundâ.

Le plus grand ostracion de cette espèce que nous ayons vu n’avoit que dix-huit lignes de longueur, et nous en avons trouvé de bien plus petits encore en pleine mer , cantonnés dans des fucus, non loin du Cap de Bonne- Espérance. Cet individu, à corps quadrangulaire , sans épines , ne présente rien de remarquable parmi ceux de la division à laquelle il appartient Ce n’est donc que par la couleur qu’ii forme une espèce distincte. Le fonds de la sienne est un beau jaune d’or parsemé d’une foule de petits points noirs, ce qui donne beaucoup d’élégance à ce poisson. Les plaques de la cuirasse sont hexagonales, avec un petit tubercule obtus au milieu.

Les pectorales et la caudale sont arrondies; elles ont dix rayons: la dorsale et l’anale en comptent chacune neuf.

Sous-genre CURIMATE. — Curimata. Cuv.

CURIMATE GILBERT. — Curimata Gilbert. N.

PLANCHE 48, fig. I.

Curimata edcntulus , maxillâ superiore longiore ; pinrtâ dorsali radüs undtam ; maculà nigrâ ad caudam.

Cette espèce, qui provient des eaux douces du Brésil, près de Rio Macacu, paroîtroit aimer, contre les goûts de la famille à laquelle elle appartient, les lieux marécageux; car c’est là que nous l'avons vu prendre. Elle a quelques rapports de forme avec les raiis qu’on trouve dans les mêmes localités, et plus encore avec le characin mélanure de Lacépède et de Bloch.

Le dos est saillant, arrondi; le ventre gros, la tête pointue. La mâchoire inférieure est plus courte que la supérieure , sous laquelle elle s’emboîte : elles n’ont point de dents visibles. L’œil est doré; l’ouverture des narines divisée en deux par une membrane. Les branchies sont soutenues par quatre rayons.

La première nageoire dorsale correspond aux abdominales : elle a dix rayons, dont le premier est fortifié à sa base par un petit renflement; la seconde est adipeuse et fort petite. Les pectorales ont quinze rayons, et les ventrales neuf; ces dernières ont leur base munie d’un appendice écailleux, comme les mylctes. L’anus est près de sa nageoire, laquelle, placée très en arrière, est composée de huit rayons. On en compte de vingt-un à vingt-deux à la caudale , qui est fourchue.

J^a ligne latérale simple, droite, est ponctuée. Les écailles sont grandes, arrondies et argentées; quelques-unes ont des stries dont l’ensemble forme des lignes longitudinales peu sensibles. Une tache noire occupe la base de la queue. D’autres taches plus ou moins apparentes, selon la position de l’animal, sont répandues sur le corps : les opercules et les joues sont lisses et argentés.

Ce poisson, représenté de grandeur naturelle, est dédié à la mémoire de M. -Gilbert , chirurgien de la marine, mort de la fièvre jaune aux Antilles.

Genre HYDROCYN. — Hydrocyon. Cuv.

PREMIÈRE DIVISION

Une rangée serrée de petites dents aux maxillaires et aux palatins ; Li première dorsale répond à l'intervalle des ventrales et de l’anale.

HYDROCYN FAUCILLE. — Hydrocyon falcaYIis. N.

Salmo falcatus. Bloch, pl. 38;.

Osmère FAUCILLE. Lacépède, t. î, p. 237.

PLANCHE 48, fig. 2.

Hydrocyon bimaculatus , pinnâ ani triginta radiis , falcatâ.

Malgré la différence de quelques-uns des caractères de ce poisson avec ceux du salmo falcatus qu’a décrit et assez mal figuré Bloch, c’est évidemment le même que nous représentons.

o. La mâchoire supérieure est plus avancée que l’inférieure, dit » M. de Lacépède ; les dents en sont fortes et inégales ; d’autres dents » pointues garnissent les deux côtés du palais; la langue est étroite » et lisse : un os court , large , dentelé et placé à l’angle de la » bouche , s’avance lorsqu’elle s’ouvre et reprend sa première » position lorsqu’elle se referme. Il y a deux orifices à chaque » narine; les opercules sojt rayonnés; les écailles, assez minces, se » détachent facilement; la ligne latérale se courbe vers le bas; » l’anus est à une distance presque égale de la tête et de la caudale ;

» on voit un appendice écailleux à chaque ventrale. La couleur » générale est argentée, le dos violacé; chaque nageoire grise à sa » base et brune vers son extrémité. »

Nous ajouterons que les deux grandes dents de la mâchoire d’en bas traversent celles d’en haut, et font saillie à l’extérieur; qu’une bandelette argentée occupe toute la longueur du corps depuis l’opercule jusqu’à la queue; on remarque à ses deux extrémités une tache noire : l’œil est rouge doré ; et la membrane des branchies a quatre rayons.

A l’insertion de la première dorsale , qui est composée de onze rayons, le dp s présente une élévation. L’adipeuse est petite , placée • très-près de la nageoire de la queue, qui est fourchue.

L’anale a trente rayons, les abdominales huit et les pectorales seize.

M. Cuvier , qui a examiné une partie des intestins de ce poisson , dit « que l’estomac est grand , alongé , à cu-de-sac pointu. Le » pylore est tout près du cardia Une vingtaine de cæcums gar- » nissent la première moitié- du duodénum. Le canal est court, » varie peu d’épaisseur et ne fait que deux plis. Le rectum est «• séparé par une valvule, de l’intestin qui le précède. Le foie est n grand, formé de deux lobes très-inégaux. La vessie natatoire est » fort grande et divisée en deux par un étranglement , comme celle » des carpes. .

» Son squelette offre vingt-deux vertèbres abdominales portant » toutes des côtes courtes, grêles et flexibles comme des filets, et » vingt vertèbres caudales, dont la dernière est élargie. C’est » sur les dernières abdominales et sur les premières caudales qu’est » élevée la dorsale. »

Les individus que nous avons déposés dans les galeries du Muséum, et qui proviennent du Brésil^ ont de cinq à six pouces de longueur.

Genre SAURUS. — Saurus. Cuv.

SAURUS VARIÉ. — Saurus variegatus. N.

Salmone varié. Lacép. t. 5 , pl. 3 , fig. j.

PLANCHE 48, fig. 3.

Saurus, corporc conico, plurimis maculis tratuversalibus notato ; orbitis emarginatis ; pinnâ ani radiis decem.

B. i4- i-N D. >}. P. ij. V. 8. A. 10.

La dénomination de ce genre indique que les individus ont des rapports de ressemblance avec les lézards. En effet, leur forme alongée tout d’une venue, celle de la tête, et des mâchoires surtout armées de plusieurs rangées de dents excessivement aiguës, leur donnent l’air d’un reptile saurien. On les prendroit pour des scinques lorsque leurs nageoires sont rapprochées du corps.

Ce poisson, qui habite toujours la mer, a été retiré du genre saumon pour entrer dans les osmères de M. de Lacépéde. M. Cuvier en a formé le genre saurus. Si l'on juge de ses mœurs par la disposition de ses dents ,^il doit être très-vorace , et par conséquent doué de beaucoup d’agilité. > ,

Cette espèce, que Commerson a le premier fait connoître, avoit été jusqu’ici si mal représentée, que nous avons cru devoir en donner une figure plus exacte.

Son corps est alongé, cylindrique, légèrement aplati sous le ventre ; sa bouche est très-fendue ; les mâchoire^,. la langue et le palais sont hérissés de dents aiguës dirigées en arrière : ses orbites sont profondément échancrées à leur partie supérieure. Le dos

214 voyage autour du monde.

^présente une carène sur laquelle est située la première nageoire du dos; cette nageoire, qui correspond aux ventrales, a treize rayons. L’adipeuse, très-petite, qu’on aperçoit à peine, parce quelle est toujours couchée, est placée au-dessus de l’anale. Les pectorales comptent treize rayons; les ventrales, très-développées, huit ; et l’anale, qui l’est fort peu, dix. La caudale est fourchue; quatorze arceaux soutiennent la membrane branchiostége.

Le ventre de ce poisson a une teinte légèrement rosée; le dos est d’un gris sale , parcouru par huit ou neuf bandes transversales brunes, larges et irrégulières, lesquelles s’arrêtent vers le milieu du corps. L’œil est rouge et brillant.

La ligne latérale est droite, ponctuée et placée un peu au-dessus de la nageoire pectorale. Les écailles sont lâches et tombent facilement.

Commerson avoit trouvé à l’île de France l’individu qu’il a décrit; le nôtre provient des îles Sandwich.

SAURUS GRÊLE. — Saurus gracius. N.

Saur u s , cor porc gracili , clongato , maculis tiigris no Lit o ; orbiùs planis.

B. 10. i." D. 12. P. ij. V. 9. A. 11. C. 19.

Le corps de cette petite espèce , long de quatre pouces et demi , va en diminuant et en s’arrondissant vers la queue. Sa tête est plus alongée, plus pointue que celle du précédent; et l’on ne remarque point d’échancrure au-dessus des yeux.

Les mâchoires sont coupées obliquement sur leur longueur, de dehors en-dedans, et garnies, ainsi que le palais, de plusieurs rangées de dents ajgucs et très-fines qui paroisseât malgré l’occlusion de la bouche : 4es plus grandes sont intérieures et les plus petites extérieures. Il n’y en a point au vomer.

ZOOLOGIE. - ' - aa5

Les couleurs de ce saurus sont ternes et tiennent beaucoup de celles du saurus varié; c’est un gris sale parsemé de taches irrégulières noirâtres, plus marquées sur les côtés et vers la queue.

Toutes les nageoires sont couvertes de lignes de points bruns , plus réguliers sur les pectorales, où ils forment trois rates transversales. Ces nageoires ont treize rayons; la première dorsale, douze; les ventrales, neuf : elles sont aussi plus petites que dans le Saurus varié, et accompagnées à leur base d’une longue écaille. L’anale a onze rayons, et la caudale, qui est fourchue, environ une^ ingtaine. Ce poisson provient des îles Sandwich', on le trouve aussi à l’île de France. > .

Nous avons encore rencontré des saurus aux îles des Papous, à Timor, et, nous croyons, aussi au Brésil. L’alcool n’altère pas sensiblement leurs couleurs. Les membranes qui unissent les rayons des nageoires sont d’une délicatesse extrême et presque toujours déchirées. Ces poissons sont remarquables par leur mollesse : on les diroit habituellement remplis" de matières digérées; ils en contiennent en effet beaucoup, et salissent promptement le vase dans lequel on les renferme.

al 6 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Sous-genre ORPHIE. — Belone. Cuv.

ORPHIE ALMEIDA. — Belone Almeida. N.

- Belone, maxillâ inferiore poule longiore , cum appendice membranaceâ; pinnâ dors ali' quatuordeam radiis; caudâ bifurcatâ.

B. 10! D. 14. P- ii. V. 6. A. 17. C. 1$.

Ce poisson a la tète un peu plus grosse que le corps, subtriangulaire. ; aplatie en-dessus et sur les côtés. Le corps est arrondi dans son milieu, prismatique vers la queue, qui est comprimée à son extrémité. Le bec est très-ltrtig; la mandibule inférieure est plus avancée que la supérieure, «t munie d’un petit appendice membraneux flexible; elle présente en-dedans deux gouttières profondes, et, comme celle d’en haut, elle e’st armée de crochets droits et très-aigus, dans les intervalles desquels sont d'autres petites dents. Les crochets d’en bas débordent le maxillaire inférieur. La langue est membraneuse et en gouttière, comme celle des oiseaux.. L’œil, grand, couleur d’o?, est placé près de la commissure de *• la bouche ; ‘ au-devant de lui est un large espace arrondi , au milieu duquel est une petite membrane flottante. Nous pensons que c’est là que doivent se- trouver les orifices des narines, quoique nous n'ayons pu les découvrir. Les ouïes sont grandes , serrées , ■ soutenues par, environ dix rayons. Les pectorales sont petites , triangulaires et- formées de onze. Les autres nageoires ont aussi fort peü d’étendue relativement à la grandeur du poisson. La dorsale et l’anale, très-rapprochées de l’extrémité de la queue, se correspondent et sont à-peu-près de même grandeur; la première

ZOOLOGIE. a 27

est formée de quatorze rayojis et la seconde de dix-sept; fa caudale ; médiocrement fourchue , en compte quinze.

Les écailles sont petites , argentées ; une rangée de plus grandes forme de chaque côté, à la partie inférieure du poisson, une petite, bandelette carénée qui remplace la ligne latérale. Les joues et les opercules, recouverts d’écailles, reflètent une belle couleur nacrée. Le dos, le dessus de la tête et les mandibules sont d’un bleu verdâtre; le dessous du corps tire un peu sur le rougeâtre. Les arêtes sont vertes.

Ce poisson , déposé au Muséum de Paris , provient de la baie de Rio de Janeiro. Sa longueur est d'un pied cinq pouces , et son épaisseur d'un pouce.

Nous l’avons dédié à un jeune Portugais qui, par la noblesse de son caractère, son instruction et sa modestie, honore le pays qui l’a vu naître. D. Francisco d'Almeida, actuellement secrétaire de (ambassade portugaise à Paris, a bien voulu, pendant notre séjour à Rio de Janeiro, nous fournir un grand nombre de renseignemens précieux sur la législation et l’état moral de cette contrée. ■ • .

ii8 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Sous-genre PIMÉLODE. — Pimelodus. Cuv.

PIMÉLODE QUÉLE^Î. — Pimelodus Quelen. N. •

PLANCHE 4p, fig. 3 et 4.

Pimelodus, pirmâ dorsali inermi , posticâ ad 1 posa prolixâ; cirris sent s; du obus maxillaribus longisSimis ; plurimts transver sis lineis ; caudâ bifidâ.

Ce pimélode a ia tête aplatie en avant , la nuque élevée et le corps comprimé sur les côtés ; les mâchoires arrondies ; Ja supérieure un peu plus avancée que l’inférieure; six barbillons, dont les deux supérieurs, plus grands, s’enfoncent à leur origine dans une rainure qui ne dépasse pas les yeux, et arrivent jusque près de l’anale. Ils égalent probablement la longueur du corps chez quelques individus. La bouche est grande, arrondie , la langue large et obtuse; les dents petites, en cardes et très-nombreuses, les os pharyngiens en sont aussi munis. Les narines ne nous ont , offert qu’une seule ouverture de chaque côté ; les yeux sont ovalaires; les ouïes grandes et soutenues par sept rayons. L’opercule, très-mobile sur le préopercule , présente des stries rayonnées en forme de triangle. .... -

La plaque de la nuque a trois pointes seulement- inaïqhées ; elle est recouverte d’une peau épaisse et ciselée. Ce poisson se. fait remarquer par sa première nageoire dorsale, qui manque du fort aiguillon dentelé dont ce genre est ordinairement poôryu; elle a sept rayons branchas. Les pectorales en ont neuf, le premier

ZOOLOGIE.’ .* ; ajp

très-gros, osseux, et dentelé des deux côtés*. Les ventrales et l’anale sont sans aiguillons : les premières prennent naissance où finit la dorsale; elles ont six rayons: l’anale, couchée en arrière, en compte onze. L’adipeuse, ,peu élevée, mais très-longue, commence derrière la dorsale et finit à l’extrémité de la queuè, dont • la nageoire est médiocrement fourchue , et les lobes «gaux. , ' .

La ligne latérale décrit d’abord une courbe au-dessus des pectorales , et se continue ensuite à droite. L’anus, a deux ouvertures distinctes aussi grandes l’une que l’autre. * • •

La couleur générale est brune, plus foncée sur les nageoires; celle du dos offre une tache demi-circulaire qui en occupe le tiers inférieur. Le corps présente des teintes rougeâtres, et les muscles se dessinent en bandes transversales qui se réunissent à la ligne • latérale comme sur un raphé.

La mâchoire inférieure, et le thorax en-dessous, sont d’un gris sale légèrement argentin. • •

, Ce poisson porte le nom de M. l’abbé de Quélen, chanoine titulaire du chapitre royal de Saint-Denis et aumônier de l’expédition , à qui nous l’avons dédié. • • •

H provient du Brésil, et a des rapports avec le pimélode nhamdia ; mais il en diffère par sa première dorsale, qui a un plus grand nombre de rayons. Sa longueur est de huit pouces, sa hauteur de #Iix-sept lignes, et son épaisseur de huit lignes.

• C’est, d’après M. Geoffroy Saint-Hilaire, l’os coracoïde des poissons, trés-dèveloppè dans ce genre pour lui servir d’arme. { F’oyrçia Philosopkit anatomique de ce savant professeur. ) •

ijp ( VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

' v Sous-genre BAGRE. — Bàcrus. Cuv.

BAGRE BARBU. — Bacrus barbatus. N.

' *' PimélOdE barbu. Lacépèrte.

Barbue, MAchOJRAN, par les matelots français.

' PLANCHE 4p, fig. I et 2.

Bagri/s, pinnâ prima dorsali radïis octo, cirris iabiaiibus sex ; coud te tobo supenori elongato. Comm.

Commerson a décrit ce poisson. Comme lui, nous l’avons trouvé en abondance dans les eaux bourbeuses et peu profondes de l’immense Rio de la Plata. Nos matelots, qui le nommoient mâchoiran, ne jetoient pas leurs hameçons- sans en prendre ; et malgré la récente et terrible abstinence à laquelle nous venions d’être astreints' sur ics plages des îles Malouines , nous ne pouvions convenir, avec l’illustre compagnon de Bougainville, que sa chair fût .exquise. Aussi ce poisson est-il peu estime dans la ville de Montevideo. • Nous empruntons à M. le comte de Lacépède, la description jde ce poisson , qu’il a traduite sur les manuscrits de Commerson. . « La couleur générale du barbu est d’un bleu plus ou moins

)> foncé ou plus ou moins semblable à la couleur du plomb ; la *> partie inférieure de l’animal est d’un blanc argenté; les côtés *> réfléchissent quelquefois I éclat de l’or ; quelques nageoires pré- » sentent des teintes d’incarnat La couverture osseuse de la tête ». est comme ciselée, et relevée par des raies distribuées en rayons; » la mâchoire supérieure dépasse et embrasse l’inférieure ; de petites

Digiti.

ZOOLOGIE. . - ■ xj t '

», dents hérissent l’une et l’autre, ainsi que deux croissant osseux.. » situés dans la partie antérieure du palais, et deux tubercules places » auprès du gosier; la langue est trcs-large, unie, cartilagineuse ,

» dure et attachée dans tout son contour; chaque narine a deux » orifices, et- l’orifice ' postérieur, qui est le plus grand, est fermé - » par une petite valvule que le barbu peut relever à volonté , une » carène? osseuse et aigue s’étend depuis l’occiput jusqu'à la première » dorsale ; la ligne latéral^ courbée d’abord en bas, est droite ensuite ;

» le ventre est gros.èt devient très-gonflé et comme pendant, lorsque » l’animal a pris Une quantité de nourriture un peu considérable.

» Le premier rayon de chaque pectorale et de la première nageoire » du dos est dentelé. de deux côtés, très-fort, et assez piquant » pour faire des blessures très-douloureuses, graves et ri profondes » quelles présentent des phénomènes semblables à ceux des plaies » empoisonnées. La nageoire adipeuse est plus ferme que son nom » ne l’indique. On aperçoit au-delà de l’ouverture de l’anus un » second orifice. Le foie est rougeâtre, très-grand, et divisé en » plusieurs lobes; l'estomac, dénué de cæcums ou d’appendices; le » canal intestinal replié plusieurs fois ; la vessie natatoire attachée au- » dessous du dos, entourée de graisse, et séparée en quatre loges.

» Lorsqu’on le tourmente ou l’effraie, il fait entendre une sorte » de murmure, ou plutôt de bruissement. »

Nous ajouterons que ce bagre a six barbillons, dont les deux supérieurs, plus longs, prennent naissance auprès de la commissure des lèvres. La première dorsale a huit rayons; les pectorales onze, le premier très-fort, légèrement courbé et fortement dentelé à sa partie interne. Les ventrales, petites et écartées l’une de l’autre, ont six rayons; l’anale, subtriangulaire , en compte dix-sept, et la caudale* très-fourchue, dix-huit; de ses dçux lobes, le supérieur est le plus long. * •

La longueur de ce poisson est de’ cinq pouces et demi; et celle des forts aiguillons de la dorsale et des pectorales, de dix lignes.

i VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Sous-genre CALLICHTHE: — Callichthys. Linn. Cataphractus. Lacép.

CALLICHTHE RUDE. — Caluchthts asper. »

Callichthys, capite dcpresso; corpore subcylhcfaicco; prima pinnâ dorsale ' . novtm rachis ; squamis rudibuS , cihatis; couda rotundâ,

Ce singulier poisson , si bien revêtu de fortes plaques écailleuses, a le corps épais et subcylindrique , la tête très-large , très-aplatie et arrondie en devant ; la bouche peu grande ; les mâchoires égales et les dents presque imperceptibles; celles qui recouvrent les os pha- ' ryngiens sont plus marquées. La membrane buccale forme un repli demi -circulaire au palais. Les lèvres, proéminentes et charnues, ont de chaque côté de leur commissure deux longs barbillons qui peuvent loger leur base dans un sillon latéral. Les yeux sont trèspetits et placés sur les bords de la tête; entre eux deux, et un • peu en ayant, s’ouvrent les narines.

L’ouverture des ouïes est étroite et susceptible d’être close par la membrane des branchies , qui dépasse de beaucoup l’opercule, lequel est très-petit. C’est probablement à cette disposition que ce poisson doit la faculté de pouvoir vivre hors de l’eau pendant quelque temps.

La première nageoire dorsale , légèrement arrondie , a neuf rayons, dont le premier, tronqué , est très-court; la deuxième, qui touche > " la caudale, n’a qu’un seul et fort rayon à son bord antérieur. Les pectorales , placées au bas de îa poitrine , assez éloignées des ventrales , joignent presque l’opercule ; elles ont un fort rayon osseux ,

mousse et hérissé d’une foule de petites épines , et sept rayons branchus. L os de l’épaule est large , épais , rugueux et très-saillant. Les ventrales correspondent à l’arricre de la première dorsale ; elles sont grandes, arrondies, écartées l’une de l’autre. L’anus, placé à-pèu-près au milieu du corps, s’ouvre dans leur intervalle et présente en arrière une petite languette charnue. La nageoire anale, petite et très-reculée, touche à la caudale et correspond à la seconde dorsale ; elle compte sept rayons , dont le premier est rudimentaire. La caudale, arrondie, en a quatorze.

Le corps est cuirassé de chaque côté par deux rangées de plaques alongées, bombées, un peu obliquement placées d’arrière en avant, et qui, par leur réunion au milieu, forment un sillon représerttant la ligne latérale. Elles sont très-serrées, rugueuses, ciliées sur leur bord ; il y en a vingt-neuf à la rangée supérieure et vingt-huit à l’inférieure. La poitrine et le ventre sont nus, de meme que la partie supérieure et antérieure du dos, tandis que la postérieure présente quelques petites écailles ciliées.

La tète est recouverte au milieu par un écusson irrégulier , entouré d’environ vingt plaques. Au-devant de l’écusson est une petite fossette ovalaire.

La couleur de ce poisson est brune sur toutes ses parties osseuses, et d’un violet foncé au ventre, au bout du museau et sur une portion du dos. Sa longueur est de six pouces, sa hauteur de treize lignes, et son épaisseur da-peu-près autant, ce qui le rend comme carré par-devant.

Les deux individus que nous avons déposés au Muséum , habitoient les eaux douces du Brésil; ils proviennent d’un ruisseau qui coule devant la ferme de Santa-Anna, sur le chemin qui conduit de Rio de Janeiro à la colonie suisse.

V t) açt de l'Unmk, — Zoologie.

CALLICHTHE BARBU. — Callichthïs barbatus.

Calischthys , rostro elongato , setigero ; front* elcvato ; prima pinnâ dorsali elevatâ triangulariqut ; couda bifurcatâ. • -

B. 4- >•" D. 9. P. 1 1. V. 6. A. 8. C. ij.

Cette espèce a le front et la nuque fort élevés, la tête grosse, le museau alongé et pointu; la bouche petite, la mâchoire inférieure moins avancée que celle d’en haut ; les lèvres proéminentes, et pourvues de quatre barbillons; l’œil assez grand, rond, situé au sommet de la tête; les narines s’ouvrent au-devant de lui. Les joues sont parsemées d’assez longs poils rudes.

Le corps est arrondi, gros par-devant, aminci en arrière; la première dorsale est élevée, triangulaire, pointue, formée de neuf rayons, dont le premier seul est osseux et le plus court ; la seconde, très-éloignée, n’est formée que d’une épine. Les pectorales, placées au bas de la poitrine , sont très-longues, pointues; elles dépassent les ventrales et atteignent presque l'anale; leur premier rayon , trèsgros et. très-fort , un peu recourbé et couvert de petites soies roides, se termine en un filament cliarnu. Les ventrales et l’anale sont petites ;t les premières ont au milieu d’elles l'anus; la dernière, touchant à la queue , a huit rayons mous. La caudale , longue et fourchue , en a treize.

.Ce poisson est entièrement- couvert de chaque côté par deux rangées de plaques osseuses, qui se touchent sur le dos et sous le ventre. La rangée supérieure en compte vingt-six et l’inférieure vingt-trois, Sans y comprendre l’os de l’épaule, qui est très-large, et quelques petites écailles, au nombre de six environ, qui embrassent la base de la caudale. Une plaque triangulaire et pointue termine le sommet de la tête.

Dig

La couleur de ce callichthe est d’un brun rougeâtre plus ‘clair sous te ventre. La dorsale et la caudale sont tachetées de brun foncé. .

Sa longueur n’est que de trois p8uces , sa hauteur de sept lignes, et sa plus grande épaisseur de six. .

Cette espèce diffère essentiellement de la précédente par la hauteur de sa tête, par son museau alongé et non aplati, par ses longues pectorales, sa queue fourchue, les poils de ses joues, et enfin par la disposition de ses quatre rangées de plaques qui se touchent toutes entre elles. D’après la grandeur de ses ouïes dépourvues d’une membrane flexible , susceptible de les clore , nous ne pensons pas qu'elle jouisse comme \asper de la faculté de vivre quelque temps hors de l’eau.

Notre individu habitoit aussi les eaux douces du Brésil , et il fut pris par l’un tfe nous dans les petits ruisseaux qui arrosent , près de Rio de Janeiro, la ferme de Mandioca , appartenante à M. LangsdorfF, consul de Russie.

Sous-genre TURBOT. - — Rhombus. Cuv.

TURBOT A LONGS FILETS. — Rhombus macropterus. N.

Rhombus, corpore oblougo , maa/tis fuscis consperso; capitt levi; pinnâ pectorali radiis loti gis sinus dcsinente.

Nous ne connoissons que ce pleuronecte et le mancus de Broussonnet qui aient à une des nageoires pectorales des rayons aussi prodigieusement longs. Ils n’ont de commun entre eux que ce caractère ; car le nôtre est ovalaire comme une sole et le sien arrondi comme une plie. Le premier a la tête lisse; la mâchoire approchant la dorsale , plus alongée que l’autre : c’est le contraire dans le mancus , qui de plus a un appendice à la lèvre d’en haut. Nous ne nous arrêterons point sur une foule d’autres termes de comparaison qui serviroient à les différencier , et nous dirons que le turbot à longs filamens a une couleur fauve bleuâtre , avec des taches irrégulièrement arrondies sur le dos seulement.

La dorsale prend entre les deux yeux, et laisse un espace libre entre elle et la queue: on y compte quarante rayons dont les pointes ne dépassent pas la membrane qui les soutient. L’anale en a un ■peu plus de trente qui finissent vis-à-vis ceux de la dorsale; ils ne commencent qu’à environ dix lignes des ventrales , lesquelles touchent presque l’opercule.

La pectorale supérieure a quatre rayons filamenteux qui , séparés à un pouce de leur naissance, s’étendent jusqu’à la queue, dont la nageoire est arrondie.

V ZOOLOGIE. zyj

Ayant perdu ce, poisson , nous ne pouvons que reproduire ie dessin qu:en fit M. Taunay à l'instant où l’on nous l’apporta. On verra qu’on a oublié de marquer la ligne latérale : peut-être même v netoit-elle pas apparente, comme cela arrive dans quelques pieu-' ronectes. Toutefois cette espèce est si rare, q.ue nous n'avons pas Hésité à la' faire graver telle qu’elle est.

Nous la rencontrâmes parmi les nombreux poissons que; chaque |our, les habitans des îles des Papous nous apportoient, lorsque nous étions mouillés sur l’ile Rawak.

2j8 voyage autour du monde.

Sous-genre MONOCH1RE. — Monochirvs. Cuv.

MONOCHIRE RAYÉ. — Monochirus lineatus. .

Monochirus , corpore prbicuLm , supra fusco cum maculis hnasque transvcrsaliius subnigrts; caudâ Lit à , rotundâ.

Le corps de ce poisson est orbiculaire, assez épais; sa bouche, peu grande, a de fines dents, du côté opposé aux yeux; ceux-ci sont rapprochés l’un de l’autft* de manière que le supérieur est un peu antérieur. La nageoire, du dos, composée de cinquantedeux rayons , commence au-dessus de la mâchoire supérieure et finit au lobe de la queue, dont elle est distincte ainsi que l’anale. Cette dernière, séparée des ventrales seulement par l’anus, a tquarante-deux rayons. Les ventrales, petites, distinctes l’une de l’autre, éloignées de l’extrémité de la mâchoire inférieure de quatre lignes, ont seulement quatre rayons. Ce nombre est aussi celui de la pectorale supérieure, qui. est excessivement petite et touche l’ouïe. La caudale a seize rayons; «lie est très-large, arrondie sur ses bords, et finit en pointe. - .

La ligne latérale est droite , visible des deux côtés ; les yeux sont bleuâtres, avec un contour jaune; les écailles sont fines, serrées; vers le contour supérieur de la tète , on en remarque une petite série de plus larges et finement ciliées. La couleur de ce poisson est d’un brun sombre, avec des taches brunes et blanches sur tout le corps , lequel est traversé par cinq à six lignes déliées et noi râtres. La face inférieure est blanche, et la queue marquée de points bruns. {

itfügle

• Nous l’avons pris dans la baie de Rio de Janeiro. '

Son diamètre longitudinal est de trois pouces quatre lignes ; le transversal , de deux pouces et demi ; et son épaisseur , de deux à trois lignes,

Quelques individus , en tout semblables par la couleur et la forme-, offrent de légères différences dans le nombre des rayons. . •

i4o VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

Sous-genre PLAGUSIE. — Plagusia. Browne.

• PLAGUSIE MARQUETÉE. — Plagusia TESSEI.LATA.

Plagusia, cor pore clou goto , anticè et posticè acuminato ; maculés fuscis transver salébus ; pinnâ pectorali radiés quatuor minimes.

Ce poisson a le corps très-alongé, la tête un peu -pointue, la bouche petite, les yeux très-rapprochés sur une même ligne et de couleur bleue. Sa partie postérieure est acuminée. Les nageoires verticales se réunissent à la caudale; la dorsale, qui prend naissance au-dessus des yeux, est formée de quatre-ving-dix-neuf rayons, et l'anale de soixante-dix-huit. Les ventrales, très-petites et assei: distinctes , en ont quatre. Le contour ale l’ouverture des branchies présente de petites villosités; les écailles sont très-petites. La -ligne latérale, droite en-dessous , n’est pas apparente en-dessus.

La couleur de ce poisson est brune , avec des bandes transversales peu indiquées de la même couleur. Sa longueur est de quatre pouces, sa largeur d’un pouce, et son épaisseur de trois lignes.

Il provient, comme le précédent, de la baie de Rio de Janeiro.

Sous-genre ANGUILLE. — Anguilla. Cuv. ; Mvræna. Lacép.

ANGUILLE MARBRÉE. — Anguilla marmorata. N.

PLANCHE 5 I , fig. 1.

Anguilla, maxillà tnferiore longiore ; tubulis du obus rostro ; viginti radiis pïnnce pectomli ; corporc variegato.

Cette anguille a le museau aplati , la mâchoire inférieure plus longue que la supérieure ; cette dernière est munie de deux petits tubes à son extrémité. Plusieurs rangées de dents aiguës garnissent les deux mâchoires et le vomer. Les ouïes sont très-largeS; la nageoire pectorale , assez petite , a vingt rayons ; la dorsale naît loin des branchies; elle enveloppe la queue de même que l'anale, qui prend naissance un peu après le conduit des excrémens. L’une et l’autre sont tellement adipeuses, qu’il est impossible d’en compter les rayons. ' • .

La couleur générale est brüne sur le dos, avec des marbrures blanchâtres ; le dessous du ventre est plus blanc.

Ce poisson, qui a dix-huit pouces de longueur, provient de l’îlé Vaigiou.

V«7'4gt de f Uranie. — Zoologie.

Sous-genre OPHISURE. — Ophisurus.^ Laccp.

OPHISURE LONG MUSEAU. — Ophisurus rostratus. N.

PLANCHE 5 l , fig. I .

Ophisurus , rostro acuminato ; dentibus magnis , ricurvis ; cor port su prit fusco, subtus argenteo.

Ce poisson, long de trois pieds, vient de la petite île Rawak. Il fut pris de nuit, et depuis a été tellement maltraité, que nous ne pouvons détailler les caractères des nageoires, du dos et de l’anus. Mais nous ferons remarquer qu’il a les mâchoires excessivement longues, très-déliées, ce qui donne une grande ampleur à sa gueule armée de dents fortes et crochues. Tmit-à-fait à fextrémité des mâchoires, on en voit six ou huit en bas, trois en haut, beaucoup plus grandes que les autres. Le palais en a de même une rangée , tandis que 'celles des côtés sont à peine marquées.

La membrane des branchies a dix-neuf rayons; on en compte environ seize à la nageoire pectorale. La ligne latérale est assez large.

La couleur de ce poisson est brune sur le dos, et d’un blanc argenté souple ventre.

OPHISURE ALTERNANT. — Ophisurus alternans. N. - .

PLANCHE 45 , fig. 2.

Ophisurus , cor per ( subcomprcsso , cœ ru le se ente , annu/is et ocubs fusas altematim notâtes ; caudn compressâ,

La forme très-grêle de cet ophisure, jointe à son bariolage . lui donne, plus qua tous ceux du même genre, de la ressemblance avec un serpent d’eau. Il est un peu comprimé latéralement; sa queue l’est davantage ; sa tête est petite et son front se courbe brusquement. La mâchoire supérieure se termine carrément; elle est munie» de chaque côté de son extrémité, de deux petits appendices tubulés qui communiquent avec les narines; la mâchoire inférieure est beaucoup plifc courte que celle d’en haut ; toutes deux ont plusieurs rangées de dents; il s’en trouve «aussi sur le vomer. Les yeux sont recouverts d’une membrane .diaphane. Les branoities forment sous les tégumens un renflement considérable, et s’ouvrent de chaque côté par un trou placé à quatorze lignes du museau.

. La nageoire dorsale naît sur le sommet de la tête et se termine à" dix lignes de l’extrémité, de Ja queue, tandis que l’anale ne commence qua un pouce et demi avant la partie moyenne du corps; elle paroît aussi s’approcher moins de l’extrémité #de la queue que la précédente ; l'une et l’autre ont peu de largeuréet décroissent insensiblement, au point qu’on les aperçoit à peine vers ie bout de la queue. L’anus précède immédiatement la nageoire de ce nom. Les pectorales Sont rudimentaires, et si petites, qu’il faut une loupe pour les voir; elles sqjit placées de chaque côté de l’ouverture des branchies , dont elles semblent former le rebord postérieur.

Le fond de la cdultftr de ce poisson est bleuâtre: trente an-

2if 4 VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

neaux bruns et complets sont répartis sur toute sa longueur; le premier traverse le museau; ils alternent avec des taches rondes de même couleur, inégalement et irrégulièrement placées; car il y en a tantôt une, tantôt deux, dans l’intervalle que laissent entre eux les anneaux ; d’autres fois il ne s’en présente pas du tput, comme en avant des neuf premiers ; dans un endroit seulement , vers le tiers antérieur, trois de ces taches tendent à former un anneau. Nul doute que l’âge ne doive apporter des changemens dans le plus ou moins grand nombre de bandelettes colorées dont est revêtu cet animal , que nous supposons être un jeune. Les deux nageoires ont seulement des taches brunes dans les espaces qui correspondent aux anneaux. La ligne latérale est très-marquée.

Ce poisson a vingt pouces de longueur. Nous l’avons rapporté de l’îie Guam. Ses mouvemens sont assez lents dans l'«mf. Un autre individu beaucoup pjus petit et plus grêle , mais en tout semblable pour la forme et pris dans le même*lieu, a trente-deux cerceaux bruns sans taches dans les intervalles.

ZOOLOGIE. . î4j

— Sous-genre MURÈNE. — Muræna. Thunb.; Mürænophis. Lac <5p.

MURÈNE PINTADE. — Miw.cna meleagkis. Shaw.

PLANCHE 52,fig.-2%

Muræna, cor pore nigricantc , macules creberrimis albis irrorato; maxillâ juperiore longiorc.

Nous conservons à ce .poisson le nom latin que Shaw lui a donné , ainsi que la phrase spécifique qui exprime bien ses principaux caractères. Nous en avons fait faire un dessin exact parce que la figure contenue dans l’ouvrage du naturaliste anglais ( tome VII, planche 220 ) ne correspond point à la description placée à côté. • . • •'

Notre individu a quinze à dix-huit pouces de longueur. L’ouverture.de la bouche est de grandeur médiocre; les mâchoires sont armées de dents aiguës dirigées en arrière.; celles de devant plus longues et plus fortes. La branche inférieure, un peu moins avancée que la supérieure, offre de chaque côté du museau deux petits tubes creux par lesquels il peut jaillir un liquide. Les narines sont placées au-dessus des yeux, lesquels sont’ grands et voilés; Les ouvertures branchiales s’ouvrent à un pouce un quart de la commissure de^èvres. La nageoire du dos commence en avant des branchies ef va s’unir à l’anale à l’extrémité, de la queue, qui est aplatie et pointue. L’anus est placé un peu en avant de la moitié du corps, et aussitôt commence la nageoire anale.

La couleur générale est d’un brun clair, moins foncé sous le ventre, parsemé de tachés rondes blanches, de grandeur inégale;

a4 6 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

elles augmentent de dimension vers la queue , où elles sont plus

alongèes, sur-tout à la partie inférieure. #

Le bord libre des deux nageoires est parcouru par une ligne entrecoupée d’un noir foncé qui forme comme des taches.

Nous avons pris cçtte murène dans la baie de-Uio de Janeiro.

MURENE PRAT-BERNON. — Muræna variecata. N.

PLANCHE 52, fig. I.

Murœna , maxilhî inferiore longiore ; cor pore plurimis guttis subrugris inaqualibui sparso.

La longueur de cette espèce est d’environ deux pieds : sa tête est grosse, élevée ; ses yeux sont voilés; ses dents égales, peu aiguës, dirigées en arrière. La mâchoire inférieure dépasse la supérieure , à l'extrémité de laquelle on remarque deux petits tubes. L’ouverture des branchies est distante de près de deux pouces et demi de la commissure des lèvres; la dorsale naît un demi-pouce en avant de cette ouverture par une ligne insensible : cette nageoire , adipeusj , très-peu élevée d’abord, prend successivement plus de développement, et va se terminer à l’extrémité de la queue avec celle de l’aftus, dont l’origine prend un peu au-delà de la moitié postérieure du corps.

La teinte générale esj noirâtre, ce qui est dû à une multitude de taches de cette couleur, irrégulières et très-rapprochécs.

Nous primes cette murène à file Guam, lorsqu’ellylormoit sur les rochers du bord de la mer. On en trouve aussi si* la côte de Coromandel. Nous l’avons dédiée à la mémoire de M. Prat-Bernon , élève dè la marine de première classe , mort dans les premiers jours de notre voyage.

ZÔOLOGIE.

MURENE MARBRÉE. — Muræna marmorata. N.

Murœna , corpore compresse , subluteo , marmorato ; maxillis œqttalibus.

Le corps de ce poisson est comprimé. Sa coufeur est d’un jaune rougeâtre recouvert de lignes irrégulières affectant une disposition annelée. La bouche est bien fendue , garnie de dents petites et serrées. On aperçoit sur le vomer deux crochets mobiles dirigés en arrière , dont le postérieur est plus grand. L'oeil est près de l’extrémité du museau. Les narines sont tubulées. Lteuverture des branchies est à six lignes de la commissure des lèvres. L'anus est placé au milieu du corps, tout près de la nageoire anale; celle du dos prend naissance près du sommet de la tête.

La longueur de cette murène est de six pouces : elle habitoit les îles Vaigiou et Rawak.

' MURÈNE DENTÉE. — Murxna CANINA.

Murœna, corpore cyltndraceo , ni gri conte ; , capite crasso ; maxillâ superiore longiore ; dentibus longis, acutis.

Le corps de cette murène est moins comprimé que celui de l’espèce précédente ; il est uniformément noirâtre. La tête est grosse , large ; la bouche grande, bien fendue; les mâchoires armées de dents longues , aiguës et recourbées en arrière , d’où lui vient son nom spécifique ; l’inférieure , un peu moins longue que la supérieure, s’emboîte sous cette dernière. Le vomer est garni de deux crochets mobiles susceptibles de se coucher tout-à-fàit en arrière. Les narines sont tubulées ; les yeux grands; l’ouverture des branchies està un peu plus de six lignes de la commissure des lèvres. L’anuî est plus près

248 VOYAGE AUTOUR f)U MONDE.

dé- la tête que de l'extrémité de la queue; il toucha^» nageoire.

La dorsale prend naissance au-dessus de la tête.

Cette espèce , dont la longueur est de sept pouces et demi , habite comme la précédente les îles Vaigiou et Rawak.. •

En terminant cet ordre de poissons anguilliformes, nous parlerons des leptocéphales, que nous avons rencontrés dans presque toutes les mers.

• C’est toujours très au large, soit que la mer fût calme ou agitée, que notre filet a amené ces singuliers poissons. Ils semblent en effet fuir les côtes, sur les rochers desquelles leur mollesse extrême ne pourroit résister. Ils. sont transparens et gélatineux; et .quoique mieux organisés que certains mollusques, ils semblent doués de moins de vie ; car leurs mouvemens sont très-lents et un rien les fait mourir.

Les dents longues et pointues, prolongées en avant, dont leurs mâchoires sont années, doivent leur servir à peu de chose, puisqu’ils manquent de la vivacité nécessaire à la poursuite d’une proie. Leurs grands yeux bleu de ciel occupent toute la tête et côntrasteqt avec, la blancheur du corps.

Il paroît constant que ces animaux changent de peau; car nous en avons pris de plus ou moins mous; et l’enveloppe extérieure de quelques individus conservés dans l’alcool , s’est naturellement séparée sous le ventre dans toute la longueur. Alors on voit le nouvel animal beaucoup plus gélatineux et plus blanc, avec l'indice de toutes les lignes transversales qui le caractérisent, lesquelles sont formées par les côtes ;* -une bande opaque indique le canal vertébral. fc i - •

Les individus que nous avons pris avoient de six à huit pouces de longueur; le plus grand nombre appartenoit à l’espèce connue sous le nom de morissien. D’autres individus nouveaux ont été nommés par M. Cuvier. Il est à. remarquer que l’esprit de -vin

altère les couleurs de quelques-uns et les rend noirâtres, tandis que d’autres conservent toujours leur blanc mat.

On trouve des leptocéphales dans l’Océan atlantique, aux environs du Cap de Bonne -Espérance, dans les Moluques, près des côtes de la Nouvelle -Guinée, des îles de l’Amirauté et des Carolines.

ï ejtige de fl rame. — /jjoiugie.

Sous-genre BLENNIE. — Blenn/us. Cuv.

BLENNIE PONCTUÉ. — Blennius punctatus. N.

Blcnnius , corpore elongato, compresso, plumbeo , punctis fuscis irroruto; maxillis tsqualibus ; dcntibus caninïs quatuor; optrcujo suprà cnuirginato.

La forme de la tête et du corps de ce blennie lui donne quelque ressemblance avec les rasons connus sous le nom de corypbènes ; en effet, sa. tête est grosse, son museau coupé verticalement , et son corps comprimé sur les côtés. *

Les yeux sont placés au sommet de la tête , près l’un de l’autre , et surmontés chacun d’un assez long tentacule pointu. La bouche est grande, la langue obtuse, charnue; les mâchoires presque égales ; les dents longues, aplaties, excessivement fines et serrées, sur une seule rangée demi-circulaire , açrès laquelle , en haut et en bas , sont deux crochets forts et coniques.

La nageoire du dos est très-élevée , de même que celle de l’anus; toutes deux finissent près de la queue : la première a vingt-huit rayons, et la seconde dix-huit. Les pectorales, làrges et arrondies, en ont quatorze, et la caudale, de même forme, onze. Les ventrales , placées sous la gorge , ont trois rayons bien distincts. Les ouïes sont larges et soutenues par six rayons. L’opercule est échancré à sa partie supérieure.

La couleur de ce blennie est plombée, marquée de points bruns irréguliers. La mollesse de son corps un peu altéré, n’a pas permis de voir la direction de la ligne latérale. On distingue seulement

Diaitized

sur la peau les stries musculaires formant des triangles réguliers dirigés en avant.

La longueur de ce ' poisson est de trois pouces et demi ; sa hauteur , de sept lignes. Son estomac contenoit des polypiers flexibles.

Il est indiqué venir de la baie des Chiens-Marins; mais nous n’en sommes pas sûrs, parce qu’ordinairement, dans les lieux où existent les blennies , on les voit sauter à la surface des eaux et se fixer aux rochers en formant ventouse avec leur abdomen et leurs nageoires pectorales et ventrales, ce que nous n’avons point remarqué 4 la baie des Chiens-Marins,

BLENNIE FISSICORNE. — Blenmus fissicornis.

Blinnius , corpore fusco , subcylindracto; cirris ocularibus e Ion pâtis , ramosis , binis; operculo supra emarginato ; lintâ laterali cubitatâ.

D. 26. P. ij. V. 2. A. 18. C. 13.

Ce petit blennie a la tête médiocrement grosse, le corps arrondi en avant, légèrement aplati en arrière, où il finit en pointe. Le front est large , oblique ; les narines sont écartées , l’inférieure tubulée. Les tentacules oculaires sont longs, grêles, avec .quelques légères ramifications à leur base. Les mâchoires sont égales, et, après leur simple rangée de dents, viennent quatre crochets coniques. L’opercule est un peu échancré à sa partie supérieure : cette disposition, qu’on retrouve dans presque tous les blennies, ne seroitelie pas propre à favoriser le séjour momentané que ces poissons font dans l’air! En effet, en rapprochant la partie inférieure de leur opercule, ils ferment leurs ouïes de^nanière à ne laisser qu’une légère ouverture , pourvue d’une membrane , dans l’échancrure que nous signalons. Ce qui n’est formé qu’accidentellement

25 î VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

dans les blennies, existe toujours dans les baudroies, dont l’ouverture des branchies est fistulaire , et qui , comme on sait , peuvent vivre long-temps hors de l’eau. ' ' .

La nageoire dorsale prend naissance au niveau de l’opercule ; quoique tous ses rayons soient mous , elle paroît formée de deux parties contiguës, dont la première a onze rayons, et la seconde, arrondie et fixée au lobe de la queue, quinze. Les. pectorales et la caudale sont arrondies ; elles ont chacune treize rayons; l'anale en a dix-huit, et les ventrales, deux. L’anus est large et son appendice petit.

La ligne latérale, placée à la partie supérieure, est droite d’abord, se courbe brusquement et reprend ensuite sa première direction. La couleur de ce poisson est brunâtre, et le bord des nageoires nyiràtre. Son séjour dans l'alcool l’a couvert d’un dépôt blanc.

Sa longueur est de deux pouces. Nous croyons l’avoir pris dans la baie de Rio de Janeiro.

Sous-genre SALARIAS — Salarias. Cuv.

SALARIAS FRONT BOSSU. — Salarias gibbifrons.

Salarias , capite obtuso , fronte gibboso , verticali; corpore rnarmorato ; pi/mis nigro puncta fis; lineâ latérale mterruptâ.

D. )i. P. >4. V. î. A. îo. C. n.

Cette espèce est remarquable par son front obtus, arrondi, tronqué, et tellement avancé qu'il forme un angle déplus de 90”; de* sorte que les narines se trouvent tout-à-fait dirigées en avant. Au premier abord , à peine aperçoit-on la bouche placée au bas de cette troncature; cependant elle est grande et élargie transversalement. La mâchoire supérieure recouvre l’inférieure ; les dents , excessivement petites , ne sont visibles qu a la loupe ; la mâchoire inférieure seule a deux crochets.

Les yeux sont larges, placés au sommet du front, dirigés obliquement l’un vers l’autre, et surmontés de deux petits cils membraneux. Les opercules sont échancrés à leur partie supérieure , où se remarque une membrane fine; ils sont réunis sous la gorge par une membrane commune, immédiatement après laquelle viennent les ventrales, qui sont petites et bifides. Les pectorales sont arrondies, légèrement acuminées.et formées de quatorze rayons, dont les supérieurs sont les plus petits. La dorsale prend naissance au sommet du front et s’étend jusqu’à l’extrémité de la queue; elle est composée de deux lobes distincts et continus , dont le premier a douze rayons et le second vingt Le ventre est saillant. L’anus et son appendice sont fort petits; il touche presque la nageoire de son

a54 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

nom, laquelle a vingt rayons; ta caudale en a douze. La ligne latérale

est interrompue. .

Ce poisson , assez agréablement nuancé , a. le corps rougeâtre marbré de brun ; la tête et la gorge sont pointillées de la même couleur. Toutes les nageoires, mais principalement celles du dos, de la queue et de l'anus, sont marquées de points très-noirs formant des lignes longitudinales un peu irrégulières. Sa longueur est de trois pouces cinq lignes, et sa hauteur, à la saillie du ventre, de neuf lignes.

Nous l’avons rapporté des îles Sandwich.

Sous-genre CLINUS. — Clinvs. Cuv.

CLINUS BAZET. — Clinus nuchipinnis.

Clinus , corporc fusco, marmorato ; fronte ciliato; macula violaceâ iti apice optrcuL ; caudâ subrotundâ.

B. 6. D. fî, P. 14. V. j. A. -p,. C. 1 j.

• Ce clinus a la tête petite , les nageoires grandes, le corps comprime , très-mou, le museau un peu pointu, la bouche très-grande, les mâchoires égales pourvues de dents à crochets, derrière lesquelles en sont d’autres plus petites, de même qu’au palais et aux os pharyngiens. Les lèvres sont lâches et peuvent recouvrir totalement les mâchoires. Les yeux sont rapprochés du sommet de la tête; leur conjonctive, à la partie supérieure de laquelle adhère un petit faisceau de cirres membraneux, a beaucoup de laxité. On en remarque également un de chaque côté au-dessus de la tête et audevant de la nageoire dorsale. Les orifices des narines sont écartés l’un de l’autre ; les ouïes sont grandes et soutenues par six rayons dont les supérieurs dépassent en arrière le bord de l’opercule. L’os qui supporte les arcs branchiaux faft une saillie tranchante dans le contour de l’opercule. La nageoire dorsale, continue dans toute sa longueur, est cependant comme formée de deux parties, dont la première plus loêgue a dix-huit rayons aiguillonnés, et la seconde, plus élevée, douze branchus ; le dernier adhère à la base de la queue. L’anale a deux rayons aiguillonnés et dix-huit mous; la caudale , arrondie , en compte treize ; et les pectorales , de meme forme et portées sur un pédicule court et écailleux , en ont quatorze ; les ventrales trois.

i5<> VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Les écailles sont fines et serrées; la base des nageoires dorsale ct#anale en est couverte. La ligne latérale, droite d’abord, s’incline fortement vers le bas pour reprendre ensuite sa première direction.

La couleur générale de ce poisson est brun foncé; le corps esr marbré; le bord des nageoires du dos, de l’anus et des pectorales est violacé; une tache de la même couleur occupe le haut de l’opercule ; la nageoire de la queue est ponctuée de brun.

La longueur de ce clinus est de cinq pouces; sa hauteur, de treize lignes, et son épaisseur, de quatre.

Ce clinus, qui se nourrit de petits crustacés, et que nous avons pris dans la baie de Rio de Janeiro, est dédié à M. Bazet, médecin français attaché à la colonie suisse du Brésil.

Un autre individu, entièrement semblable dans son organisation, n'en diffère que par sa couleur plus uniformément sombre et sans marbrures.

Sous-genre PÉRIOPHTHALME. — Periophthalmus. Schn.

PÊRIORHTHALME FREYCINET. -Periophthalmus Freycineti.Cuv.

Periophthalmus, corpore fusco; capite crasso, albido punctato; dentibus

r ali dis ; pirmâ d or sali radiis quatuor , apice albidâ.

* Grande espèce à corps cylindrique par devant, comprimé par

derrière, où il s’amincit en pointe. La tète est large , arrondie , obtuse en face, le front presque vertical, les yeux placés à son sommet, rapprochés l’un de l’autre et munis de paupières lâches. Les narines sont près des yeux. La bouche est très-grande , arrondie ; les lèvres sont amples et molles ; la mâchoire inférieure est plus courte que . . la supérieure, sous laquelle elle s’emboîte; toutes deux sont munies

sur le devant de longs crochets, et de dents coniques sur les côtés. Les crochets supérieurs sont les plus longs; derrière eux est une rangée d’autres dents petites et obtuses. Les os pharyngiens en sont aussi couverts. La langue est arrondie, et la membrane buccale forme un large repli au palais. Les opercules, bombés, présentent dans leur intérieur une assez large excavation, qu’augmente encore l’ampleur de la membrane branchiale disposée de manière à ne laisser qu’une petite ouverture aux ouïes. * *

Les pectorales, arrondies et munies de seize rayons, sont portées sur des espèces de bras écailleux dont l’origine est couverte par des opercules. L,es ventrales, placées sous la gorge, réunies » entre elles par une membrane , fohnfcnt un disque concave. La première dorsale , distante de seize lignes de la seconde, est élevée, peu large et soutenue par quatre rayons flexibles; la seconde en

I oj-tgt d< l' Uranie. — Zoologie, i 3 a

ij8 VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

a quatorze articulés ; ce nombre est aussi celui de l’anale, au-devant de laquelle est placé le petit appendice charnu qu’on retrouve dans tous les mâles de cette famille et de celle des blennies. La caudale, alongée, arrondie, a douze rayons; elle paroît pointue dans le repos.

Les écailles sont lisses, assez grandes, serrées et agréablement striées lorsqu’on les examine à la loupe. Toute la tête en est couverte, ainsi que les joues. La ligne latérale, presque droite, occupe le milieu du corps.

La couleur générale de ce périophthalme est sombre , brun foncé sur la partie supérieure du corps et les nageoires, blanchâtre et comme nacrée souple ventre , d’un rouge sale vers la queue. La tête est marquée de points blancs. La première dorsale a une tache blanche à son extrémité, et l’anale est blanchâtre.

Ces poissons habitent l’embouchure des rivières de l’île Timor ; ils se logent dans les trous et sont très - défians. Ils sont remarquables aussi par la facilité qu’ils ont de pouvoir rester long-temps à l’air libre, et de courir avec une étonnante rapidité sur l’eau et la vase , en s’aidant de leurs nageoires pectorales et ventrales ; ce qui leur donne l’air d’avoir de vrais bras pour faciliter leur mafche ; et comme dans cette action les pectorales sont dirigées en avant et en bas, elles élargissent en même temps quelles bouchent l’ouverture operculaire, qui, par ce moyen , peut contenir l’eau dont l’animal a besoin pendant tout le temps qu’il demeure à l’air. Les ventrales lui donnent la facilité de s’appliquer sur les corps lisses. On remarque que, pendant qu’il est hors de l’eau, ses yeux deviennent plus saiilans, ce qui a lieil aussi dans les blennies. Il est probable que la finesse de la peau de la partie interne des bras sert à faciliter le sens du toucher.

Le périophthalme Freycinet, ainsi' nommé par M. Cuvier dans les galeries du Muséum, fut tué par l’un de nous d’un coup de fusil , dans la rivière de Babao. Sa' longueur totale est de sept pouces; sa hauteur, de seize lignes, prise au ventre, qui est assez saillant ; et son épaisseur, de huit lignes.

Sous-genre ÉLÉOTRIS. — Eleotris. Gronov. et Cuv.

ÉLÉOTRIS NOIR. — Eleotris Niger. N.

PLANCHE 6 o, fïg. 2.

Eleotris , corpore nigricante; capite pLigwpLiteo ; maxillû inferiore longtorc ; prœopcrculo aculealo.

i." D. 6. i.e D. io. P. ij. V. 6. A. 9. C. j 2.

Ce poisson a la tête grosse , aplatie , la queue presque aussi large que le corps, le museau arrondi, la bouche dirigée en haut, et les mâchoires garnies de plusieurs rangées de dents aiguës; l’inférieure se portant au-devant de la supérieure, quelle dépasse un peu; la langue est large, lisse et détachée. Les yeux, placés très-près du sommet de la tcte, ont leur orbite qui saille en avant.

L’opercule est fixé dans tout son contour supérieur, et le préopercule présente un aiguillon dirigé en bas et en avant •

La première nageoire du dos a six rayons flexibles, penché? trèsobliquement en arrière comme les dix de la seconde. La caudale, alongée et très-légèrement arrondie , en- a environ trente-deux , et l’anale neuf

Les ventrales, éloignées l’une de l’autre, ont six rayons, et chacune des pectorales quinze. Les membranes de ces dernières sont flexibles et portées sur un pédicule charnu couvert dccailles. ,

L’anus, placé un peu en avant de la nageoire qui en porte le nom , a par derrière un appendice assez alongé.

Les écailles sont arrondies, serrées; toute la tête et les opercules en sont recouverts ; le ventre est saillant et arrondi. La couleur

i6o VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

de ce poisson est d’un brun presque noir, ainsi que l’indique son

nom.

Sa longueur est de trois pouces et denÿ ; nous en avons rapporté un autre individu de plus grande taille, ils proviennent de Vaigiou.

Genre SILLAGO. — Sillaco. Cuv.

SILLAGO MACULÉ. — Sillaco MACULATA. N.

PLANCHE 53 , fig. 2.

Sillago subrosea; cor pore arcuato, maculis o b lupus septem vel octo supcmc infuscato ; macula basé pinnœ pectorales.

B. 6. 1 D. 11. a.' D. ao. P. 16. V. 6. A. a 1 . C. 1 8.

Ce poisson , depuis le bout du museau jusqua la queue , est courbé en arc. Cette disposition de forme, jointe à ses lèvres alongées, protractiies, et à ses grands yeux , lui donne un air stupide. La mâchoire inferieure s’emboîte sous la supérieure ; les dents sont nombreuses et en velours. La langue est tellement reculée au fond du gosier, qu’on dirait que l’animal en est privé. Les narines, placées au sommet de la tête, au-devant des yeux, ont deux ouvertures séparées. L’iris est doré en bas et noir en haut. L’opercule est presque arrondi, et l'aiguillon caractéristique n’est seulement qu’indiqué. A peine aperçoit-on les dentelures des préopercules, qui forment, en se terminant sous la gorge, deux sillons larges et lisses se prolongeant jusqu’au bout de la mâchoire. Les opercules sont couverts d’écailles-, et la membrane des branchies compte six rayons-dont , l’extérieur est le plus large.

•• La première dorsale en a douze, alongés, flexibles à leur extrémité , diminuait insensiblement de hauteur jusqu’au dernier, qui est très-court et se lie par une membrane étroite avec la seconde nageoire, laquelle a vingt rayons mous, couchés en arrière. La queue, légèrement échancrée, en compte dix-huit; les pectorales

seize; les thoraciques, éloignées l’une de l’autre, six; et l’anale, vingt-

un flexibles.

La ligne latérale se courbe d’abord et se dirige ensuite droit vers la queue. Les écailles forment des losanges alongés dont le plus grand diamètre est vertical. La couleur générale est rosée. Une bande argentée prend naissance au-dessus de la nageoire pectorale et finit à la queue. Le corps est marqué en-dessus de sept ou huit taches noirâtres, irrégulières et obliques; et la nageoire pectorale en a une de la même couleur à sa base.

La longueur de ce poisson est d’environ huit pouces. Nous l'avons pris dans la rade de Sydney, au Port-Jackson.

Sous-gf.nre LABRE. — Labrvs. Cuv.

LABRE ARAGO. — Labrus Arago. N.

PLANCHE 6 5, flg. 2.

Labrus, corpore tato viridi ; macularum aurearum tripliez ordine pi unis dur si et ani ; couda rotundâ.

D. ai. P. 1 5* A. i4. C. 19. ^

Ce joli poisson a le corps alongé, un peu arrondi, et le feint élevé. La mâchoire supérieure dépasse celle d'en bas ; toutes fféux ont des dents aigues.

La dorsale prend très-près du front, et laisse un espace entre eHe et la nageoire de la queue ; elle est composée de vingt-un rayons égaux: l'anale, moins étendue, mais de même forme, en compte quatorze; les pectorales, environ quinze; et la caudale, qui est arrondie, à-peu-près dix-neuf.

La couleur générale de l’individu est verte; la tête offre trois lignes violettes bordées de rouge, et Içs joues trois autres de couleur orange, se dirigeant sous la mâchoire inférieure. L’ceil est noirâtre.

Le milieu du corps présente des raies rougeâtres qui, pétant d’en haut et d’en bas, viennent se croiser au centre. Six taches noires et arrondies couvrent la qiieue : les rayons de la nageoire caudale sont alternativement verts et rouges.

L’intervalle de chaque membrane qui réunit entre eux les rayons de l’anaie et de la dorsale, est taché de trois points aurore , placés les uns au-dessus des autres, et dont l’ensemble forme trois lignes parallèles à l’animal. Les pectorales et les ventrales sont rosées. • *

a 64 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Cet individu, dessine au sortir de l’eau par M. Taunay, a été ensuite perdu. Les couleurs ont été appliquées avec exactitude; mais il semble y avoir quelque incorrection dans la ligne latérale, qui ne nous paroît pas être celle des labres.

Ce poisson se trouve dans les eaux des iles des Papous. Nous l’avons dédié à M. Jacques Arago, dessinateur de l’expédition.

Sous-genre GIRELLE. — J vus. Cuv.

Division de celles qui ont des pores à la tête.

GIRELLE GAIMARD. — Juus Gaimard. N.

InarÉa LOU AÎNÉ , dans la langue des Iles Sandwich.

PLANCHE 54, fig. I.

Ju/is, corpore rubro ; primo riidio pinnte dorsalis longissimo , flexibdi ; pinnâ ani quindecim radiis; caudâ rotundâ ,fulvâ.

B. j. D. ai. P. 12. V. 6. A. -à C. i4-

Ce beau poisson a le corps aiongé, arrondi par le haut, presque aplati sur les côtés; scs mâchoires, egalement avancées, sont armées chacune de deux rangées de dents; les extérieures, plus grandes et dirigées en avant ; quatre de celles-ci sont en crochets et font saillie au-dehors. Les deux crochets inférieurs sont reçus dans l’écartement de ceux d’en haut; la langue est courte, et l’pn voit une membrane demi-circulaire au palais. L’oeil est arrondi, rougeâtre, et l’orbite striée dans la partie inférieure de son contour. Les joues sont lisses; l’opercule se termine par un prolongement membraneux, irrégulier et obtus; les ouïes ont cinq rayons. Sept ou huit pores forment sur le sommet de la tête, de chaque côté, une ligne courbe, prenant un peu en avant des narines jusque derrière l’œil ; d’autres, au nombre de^ept ou huit, bordent également la partie inférieure de l’orbite ; enfin , on en compte sept autour de l’opercule. La nageoire dorsale , dont l’origine correspond au pro-

V'oy.tgt dt l' Uranie. — Zoologie. 'J A

longement de l’opercule , est composée d’abord de deux rayons flexibles plus longs que ceux qui suivent : de ces deux rayons , le premier est beaucoup plus alongé ; viennent ensuite sept autres rayons épineux, et enfin douze branchus, qui font en tout vingt- . un. Cette nageoire est rouge , avec deux petits lisérés bleus, et a des points bleus aussi à sa base. L’anale, beaucoup moins étendue, a trois aiguillons et douze rayons articulés; son limbe est jaune, tranché de trois raies bleues, et sa base est d’un rouge ponctué de bleu. La caudale a quatorze rayons ; elle est légèrement arrondie et d’un beau jaune, avec deux rangées de points d’un bleu foncé à son origine. Douze rayons disposés en triangle forment les pectorales , qui sont nuancées de rose et de jaune , avec une tache brune dans l’aisselle. C’est aussi la couleur des ventrales qui ont de plus une ligne bleue longitudinale. L’anus, placé plus près de la nageoire de son nom que des précédentes , a son orifice bleu de ciel.

La couleur générale du corps est d’un beau rouge de carmin , avec des points bleus irréguliers vers la partie postérieure et la queue. Le ventre, le thorax et une portion de l’opercule en remontant vers la nuque, offrent une teinte brune : une large tache jaune occupe les flancs. Les joues et lés lèvres sont rosées, tandis que la base du préopercule et de l’opercule reflète une belle copieur bleu de ciel. Une bandelette ondulée, d’abord verdâtre, puis bleue, part du premier rayon de la dorsale, est à moitié divisée par l’œil, et vient finir sur le museau ; elle passe sur l’extrémité antérieure d’une 'autre bandelette beaucoup plus large, blanchâtre au milieu , rosée sur les bords , qui se porte vers la pointe postérieure de l’opercule; enfin, une troisième de la même couleur, un peu courbée en haut, prend à la lèvre supérieure et se termine au contour operculaire: on remarque dans cet endroit un point blanc.

Deux lignes partant du sternum se dirigent, la première, qui est

ZOOLOGIE. i67

rosee, vers la base de la nageoire pectorale, et la seconde, de couleur bleu de ciel, vers les ventrales.

Les'écarlles sont serrées, médiocrement larges. La ligne latérale est près du dos et en suit le contour ; elle n’est point interrompue , mais brusquement coudée; et avec un peu d’attention, il est facile d’en suivre la trace.

La longueur de ce poisson est de neuf pouces et demi. Il provient des eaux limpides de Mowi. Il fut dessiné, au sortir de la mer, par M. Taunay. Mais depuis, le bocal dans lequel il étoit s’étant cassé, il s’est trouvé altéré au point que des insectes y avoient déposé leurs larves, lorsqu’il fut remis dans l’alcool. Il est au Muséum d’histoire naturelle.

GIRELLE RAIE AURORE. — Julis balteatus. N.

O-ouma M a a o u vélâ , en idiome sandwidiien.

PLANCHE 56, fig. I. «

Julis , pintiis uni et dorsi su 6/lavis; fasciâ subLivâ longttudinali U lata; dcntd'us oris commissurœ.

B. j. D. ■£. P. i}. V. 6. A. dr- c- '}■

On reconnaîtra cette girelfe à sa forme ovoïde, à son museau alongé, à ses mâchoires arrondies, garnies de dents égales; aux deux dents supérieures aigues qui, de la commissure de la bouche, font saillie au-dehors. Mais c’est principalement l’examen de ses couleurs qui fournira les principaux caractères. Ainsi la tcte, et le corps en long, jusqu’au milieu, sont verdâtres; une large raie longitudinale aurore, bordée de violet, prend depuis l’opercule jusqu aja queue. La poitrine, le ventre, les nageoires pectorales, ventrales, anale, sont d’un jaune saie , tandis que celles du dos et de la queue sont aurore.

Trois raies violettes traversent les joues en long : la première correspond à la ligne latérale ; la seconde ou moyenne prend sous l’œil et se continue avec celle qui côtoie la bande aurore. *fca dernière commence à la lèvre inférieure , se courbe en haut et suit le même trajet que la première.

L'œil est jaune; les narines doubles; la membrane branchiostége a cinq rayons, et la ligne latérale ponctuée fléchit brusquement vers la queue.

La nageoire du dos, régulière, est composée de neuf aiguillons et de douze rayons flexibles. L’anale a deux piquans et treize rayons branchus : ce nombre de rayons est aussi celui des pectorales et de la caudale , qui est arrondie.

Les écailles du corps sont larges : les joues en sont dépourvues.

C’est à l’ile Mowi que nous avons pris ce poisson. Il y paroît commun, et nous en avons remis plusieurs individus au Muséum.

Il est figuré de grandeur naturelle.

GIRELLE DUPERREY. — Julis Duperrey. N.

PLANCHE 5 6, fig. 2.

Jults cyanocephalus ; corport fasciâ rubrâ transvtrsc notule ; caudâ valdi

* bifurcatâ.

* B. 6. D. Jç P. ij. V. 6. A. J; C. 14.

Cette girelle a , au premier aspect , beaucoup de rapports avec le labre cyanocéphale de Bloch, mais sr, comme lui, elle a la tête d’un bleu foncé, elle en diffère par une large bande rougeâtre qui vient après Jes opercules. Les nageoires ne sont pas non plus les mêmes : celle de la queue sur-tout, au lieu d’être arrondie , comme dans la girelle tête bleue , a deux longs filamens qui la font ressembler

à la queue d’une hirondelle. La forme de la nôtre est oblongue; sa tcte, arrondie, finit en pointe; ses mâchoires sont égales, armées de dents-, dont celles de devant, plus longues que les autres, se trouvent recouvertes dans l’état naturel par des lèvres rétractiles. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les narines sont doubles ; l’œil petit. L’opercule, divisé inférieurement en deux pièces, se termine par une pointe obtuse. La tête est garnie d’un grand nombre de pores : on en remarque deux rangées autour des yeux , trois rangées sous la gorge et quelques-uns dépars sur le préopercule. La membrane des branchies a six rayons.

La nageoire du dos en a huit aiguillonnés , moins élevés que les mous, qui sont au nombre de quatorze; l’anale a deux aiguillons et onze rayons articulés; les pectorales en comptent quinze; les ventrales, qui sont très - petites , six; et la caudale, qui est carrée, quatorze. La ligne latérale, après avoir suivi la courbure du dos jusqu’à la queue,’ s’incline brusquement en escalier sans s’interrompre. D’espace en espace, deux petites branches latérales dirigées vers l’arrière s’ajoutent à chaque ponctuation.

Les écailles pàroissent finement striées; leur limbe est arrondi. Nous en avons compté vingt-cinq depuf§ l’opercule jusqu’à la queue.

Sous l’opercule et derrière la nageoire pectorale , on remarque deux membranes formant le cu-de-sac.

Nous avons déjà dit que la couleur bleu foncé de la tête étoit circonscrite par l’opercule : la même teinte existe sur la dorsale, l’anale, au milieu de la nageoire de la queue, à la base et à'I’extrémité des pectorales; le reste du corps est brun, avec des stries transversales de la même couleur.

. On pêche ce labroïde aux îles’ Sandwich. •

Nous l’avons dédié à M. Louis-Isidore Duperrey, officier de l’Uranie, qui commande, en ce moment, une expédition scientifique autour du monde. . ' '

GIRELLE GEOFFROY. — Juus Geoffroy, N.

PLANCHE 5 6, fig. 3.

Julis, cor pore subcaruleo , oculis numerosissmts sparso; pinnis uni et dorsi Luis ; caudâ rotundâ. •

Ce poisson a le front élevé, arrondi; le museau peu avancé; la mâchoire supérieure dépassant un peu celle d’en bas : les dents de devant sont plus longues que les autres et saillantes ; on en remarque une déviée en-dehors à chaque commissure de la bouche ; l’ouverture des narines , à peine sensible , touche l’œil. L’opercule se termine par une pointe membraneuse. On compte environ vingt-cinq pores sur le museau , le préopercule et dans le contour de l'orbite.

La queue est large; la nageoire caudale, légèrement arrondie, a quinze rayons. Les nageoires du dos et de l’anus ont la même forme ; la première, qui prend en* avant au sommet de la tête, est composée de neuf rayons aiguillonnés et de onze articulés trifides; la seconde en a quinze, dont deux épineux ; les pectorales, onze; et les thoraciques, réunies à leur base, six.

La membrane qui soutient les branchies a cinq arceaux. La ligne latérale ponctuée et ramifiée se courbe brusquement à sa fin , sans discontinuer son trajet jusqu’à la queue.

La couleur générale est d’un bleuâtre foncé. Cliaque écaille est légèrement ponctuée de la meme couleur. Tout le corps est parsemé âe- lunules bleues bordées de brun, irrégulières sur la queue et les thoraciques, mais décrivant trois ou quatre lignes à la dorsale et à l’anale. Les pectorales sont jaunes; cette couleur est plus inarquée à leur base. On voit sur le front*, les joues et la gorge ,

ZOOLOGIE. ij i

plusieurs lignes et points bleus ; quatre de ces raies , parallèles entre elles, descendent obliquement des environs de l’œil vers la bouche. Les membranes qui unissent les trois premiers rayons de la dorsale, sont tachées de jaune.

Cette girelle, représentée de grandeur naturelle, habitoit les eaux des îles Sandwich. Plusieurs individus ont été déposés au Muséum.

Nous l’avons dédiée au généreux ami de M. Haiiy^à l’auteur de la Philosophie anatomique, M. le professeur Geoffroy Saint- Hilaire.

GIRELLE TÉNIANOTE. — Julis tænianotus. Cuv.

Julis , corpore compresso ; frontc etevato ; spinis p'tnnce dor salis novtm ; vcntralibus filamentosis ; couda rotundâ.

D. P. U..V* 6. A. C. iî.

Cette girelle a le corps très-comprimé ; le front élevé , arrondi; la bouche placée bas, les dents fortes; deux crochets à chaque mâchoire par devant. L’œil est situé au sommet de la tête; les narines s’ouvrent par deux orifices au-devant de lui. On remarque seulement quelques pores au-dessus de l'orbite. Les pectorales, arrondies, comptent onze rayons; les ventrales, placées au-dessous, en ont six, dont le second, filamenteux, s’étend jusqu’à l’anale. Cette dernière nageoire a trois rayons aiguillonnés et treize branchus. La dorsale, qui prend au haut du front, est égaie dans toute sa longueur et formée de vingt-trois rayons, dont les oeuf premiers sont épineux, avec une petite pointe à la membrane qui les soutient. La caudaje , arrondie , est composée de douze rayons.

Les écailles sont très-larges, flexibles. La ligne latérale est interrompue. Quoique les couleurs de ce poisson aient été altérées par l’alcool, on aperçoit -encore sur les joues trois bandes violacées.

î7î VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

des points noirs à la queue , une tache de la même couleur audevant de la nageoire dorsale, et d’autres taches le long de cette nageoire et de celle de l’anus.

Longueur, quatre pouces trois lignes; hauteur, un pouce; épaisseur, trois lignes.

Nous l'avons rapporté de hleVaigiou.

Nous pensons que cet individu pourroit bien être notre labre Arago [pl.tfj .fig.s), qui fut perdu après avoir été dessiné , au sortir de l’eau et avec toutes ses couleurs, parM. Taunay. Si les couleurs de la girelle ténianote ne paroissent pas être semblables en tout point, c’est quelles ont été altérées d’abord par la liqueur et par une dessiccation qu’elle a ensuite subie. Nous indiquons nos doutes, afin qu’on puisse rectifier notre erreur, si cette espèce vient à se retrouver.

GIRELLE AXILLAIRE. — Juus axillaris.

Julis , corpore roseo ; macula lutcH in axillâ ; punchs ni gris duobus basi caudoe ; caudâ subrotundâ.

Cette espèce a le corps assez élevé et le ventre saillant; le front présente, entre les yeux, un petit enfoncement ovalaire; le museau est obtus ; les mâchoires égales , protractiles et recouvertes par les lèvres. Les dents sont aplaties et bien rangées; la bouche est petite; chaque côté de sa commissure est muni d’un crochet horizontalement dirigé en avant comme chez les girelles raie aurore et Geoffroy. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les orifices des narines sont doubles et excessivement étroits. Au-devant d’eux se .trouvent quelques pores; on en voit d’autres, écartés, autour des yeux et sur le préopercule.

Les nageoires pectorales , placées un peu plus haut que le milieu

du corps , petites, triangulaires et arrondies à leur pointe, ont treize rayons; les ventrales, plus petites encore, six; la dorsale, peu élevée, est formée de neuf aiguillons et de douze rayons flexibles; l'anale en a deux des premiers et douze des derniers ; la caudale , légèrement arrondie , a aussi douze rayons.

Les écailles, serrées, ont une forme de losange. La ligne latérale est branchue : après s être fortement courbée vers la queue, elle se termine sur une large écaille triangulaire pointue. Ce poisson a une teinte rosée; tout le corps et la tête, principalement en-dessus, sont garnis de très-petits points bleuâtres ; le dos est enfumé, dè même qu’un plastron qui couvre le front et le museau. Le ventre, la gorge, les nageoires et les yeux tirent sur le jaune; une tache d’un jaune plus éclatant occupe l’aisselle un peu au-dessus des pectorales et très-près de l’opercule, d’où le nom d’axillaire donné à cette espèce. Le lobe de la queue est marqué, de chaque côté, de deux petits points noirs cerclés de jaune ; une tache brune se voit à la base des pectorales.

Longueur, quatre pouces trois lignes ; hauteur, dix-neuf lignes; épaisseur, six lignes.

Nous l’avons rapporté des îles Sandwich et déposé au Muséum.

V'qyagt dt l'L'ranit — Z/x»lngic.

Sous-genre .CHEILION. — Cheilio. Lacép.

CHEILION DORÉ. — Cheilio auratus.

Lacép. loin. 4» pag. 4 3 J»

. IroU , dans la langue, des îles Sandwich; *

PLANCHE 54, fig. 2.

Cheilio, corpore elongato , fasco-fiavo ; vittâ média longitudinal i nigrâ; rostro elongato ; couda rotundâ.

B. 6. D. 2 j. P. ii. V. 6. A. 15. C. 14.

Le genre cheilion est peu nombreux en espèces. Nous avons cru devoir donner une figure de celle-ci, que Commerson a fait connoître et qu'a décrite M. de Lacépède.

Ce poisson sera toujours facile à reconnoître à sa forme trèsalongée: son diamètre vertical, pris de l'extrémitc d’un rayon de la nageoire du dos à celle de l’anus, n’est que le sixième de la longueur totale , qui , dans cette espèce, est de six pouces.

La tète s’unit au corps par une ligne insensible. Le museau est très-pointu ; la mâchoire supérieure, munie de deux crochets, dépasse l’inférieure. Les lèvres sont charnues et extensibles ; les narines ont deux ouvertures ; l’œil est grand ; l’iris couleur d’or. L’opercule se termine en une assez longue pointe émoussée; il est recouvert de quelques écailles, de même que le contour de l’œil. Six rayons soutiennent la membrane des branchies.

La nageoire dorsale, par-tout de la même hauteur, csf composée de vingt -trois rayons égaux, dont aucun n’est épineux. Il en est ainsi de l'anale, qui en a quinze. La caudale , arrondie ,

•Z XOP« «KT tt? - 3

en a quatorze 4>et les pectorales sont composées de onze rayons.

La ligne latérale n’est point interrompue; elle se courbe d’abord un peu et parcourt la partie moyenne du corps jusqu’à la terminaison de la queue. D’espace en espace , elle offre de petites ramifications.

Ce poisson est brun rougeâtre dans la moitié supérieure du corps sous le ventre il est jaune. La séparation de ces deux couleurs est indiquée par une bande noire longitudinale. La nageoire de la queue, l’anale et les pectorales sont jaunes, tandis que la dorsale participe de la couleur brune du Iiaut du corps.

Les écailles , dans leur imbrication , paroissent carrées , quoique leur pointe soit aiguë.

Commerson dit que la chair du cheilion doré de l'île de France est blanche et agréable au goût, mais peu recherchée, parce que ce poisson est très-commun au marché. Apparemment que pendant les trois mois de séjour que nous avons faits dans cette île , en mai , juin et juillet, ce nctoit pas l’époque de la pêche de ce poisson, car nous n’avons point eu occasion de l’y voir.

L’individu que nous avons fait représenter de grandeur naturelle, provient des îles Sandwich ; il est petit, comparé à celui que possédé le Muséum.

Sous-genre ANAMPSÈS. — -An ampses. Cuv.

ANAMPSÉS CUVIER. — Anamhses Cuvier. N.

Opouré, dans la langue des îles Sandwich.

PLANCHE 55, fig. I.

Anampses , corpore subviridi supra , subtus purpureo, punctis alb'ts amussim lineato ; caudâ rotundâ.

B. j. D. i, P. ia. V. 6. A. C. 14.

Nous offrons à M. G. Cuvier le tribut de notre reconnoissance pour les conseils qu’il a bien voulu nous donner, en lui consacrant, dans la classe qu’il a le plus travaillée, l’espèce elle-même qui lui a servi à l’établissement de ce nouveau sous-genre.

Ce beau poisson , dont une esquisse a été faite sur le vivant par M. Taunay, a le corps ovoïde et trcs-comprimé; le front assez brusquement abaissé; le museau saillant et pointu; les mâchoires presque égales; les lèvres charnues; la bouche petite, sans autres dents que quatre crochets aplatis , écartés et faisant saillie audehors ; les deux d’en bas sont reçus dans l’écartement que pré- ' sentent les deux d’en haut. Les dents pharyngiennes sont fortes. Les narines sont doubles, petites; l’œil est grand, rond, avec quelques pores à son contour. La tête et les joues sont sans écailles ; l’opercule présente des stries rayonnées , et se termine en arrière et en haut par une assez longue pointe membraneuse.

Les nageoires, légèrement arrondies, du dos, de l’anus et de la queue , sont rosées ; les deux premières avec quatre lignes longitudinales déliées, ondulées et verdâtres. Dans des individus plus

ZOOLOGIE. i77

petits, ces lignes ne sont encore que des points. Cette teinte verdâtre existe aussi au haut de la tête , sur les flancs et à l’extrémité de la caudale. La poitrine et le dessous du ventre, jusqu'au milieu de l’anale, sont d’un beau rouge pourpre ponctué de blanc. Ces couleurs, jointes au jaune pur des pectorales, aux taches rouges qu’on observe sur les joues et aux douze lignes longitudinales formées par des points blancs comme réunis en chapelet, formant entre elles des contrastes qui tendent à embellir ce poisson. D’autres points blancs plus petits et irréguliers avoisinent la dorsale.

Les écailles du corps sont larges, arrondies et membraneuses; celles qui recouvrent la nuque sont petites et triangulaires. La ligne latérale, placée haut, se recourbe brusquement sans s’interrompre; ■elle offre quelques ramifications.

La nageoire du dos, uniforme dans sa courbure , a neuf aiguillons et treize rayons ; ce dernier nombre est aussi celui de l'anale , qui a de plus trois épines. Les pectorales, pourvues d’une tache brune à leur base, ont douze rayons, et les ventrales six; ces dernières sont réunies entre elles et au corps par une membrane. La caudale a quatorze rayons ; elle est légèrement arrondie.

Cette espèce provient de l’île Mowi. Nous en avons déposé plusieurs individus au Muséum. Les plus grands que nous ayons vus avoient près de huit pouces de longueur.

iy8

Sous-genre CHEILINE. — Cheiunus. Lacép.

CHEIL1NE SINUEUSE. — Cheilinus sinuosus.

Chaînais , rostre acuminato corpore snbviridi , fasciis nigricantibus undulaùs transversi notato ; couda rotundà.

B. j. D. Jj. p. i V. 6. A. | C. ij.

Le corps de ce poisson est moins élevé par derrière que par devant: la tête est conique; le museau aiongé et pointu; les lèvres épaisses ;la bouche médiocrement grande, les mâchoires égales, pourvues de dents fortes et longues et de deux crochets recourbés en avant; les deux supérieurs plus écartés pour recevoir ceux d’en bas dans leur interstice. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Les narines sont à peine perceptibles. Les ouïes sont plus ouvertes que dans les labres proprement dits. Les pectorales, arrondies et munies de onze rayons, sont aussi placées plus bas et plus près des ventrales; ces dernières, appuyées sur une large écaille et couvertes à leur base par d’autres écailles triangulaires, sont fixées au corps par une membrane. La dorsale a neufaiguillons qui augmentent de grandeur en avançant du côté de la queue, et onze rayons branchus très-inclinés en arrière. Cette dernière disposition existe aussi pour l’anale, laquelle a douze rayons, dont trois aiguillonnés. Ces deux nageoires sont presque entièrement revêtues de larges et longues écailles triangulaires; et la membrane qui soutient les rayons aiguillonnés, est découpée en pointe derrière chacun d’eux. Le lobe de la queue est fort large; . la nageoire caudale , arrondie, a quinze rayons qui sont enveloppés de chaque côté par deux très-larges écailles.

La ligne latérale, droite, ramifiée, tout-à-fait interrompue vers

ZOOLOGIE. • i79

la fin de la dorsale, reprend un peu plus bas, et se continue jusque sur l'écaille inférieure qui embrasse la queue : les écailles qui recouvrent toute la tête et le corps sont larges, arrondies et lâches.

Le fond de la couleur, de cette cheiline est verdâtre, coupé transversalement par cinq larges bandes noirâtres, irrégulières, dont » trois parcourent le corps et les nageoires, une le lobe de la queue, et la dernière couvre presque entièrement la nageoire caudale. Les rayons aiguillonnés du dos et de l’anus sont verdâtres.

Longueur totale, trois pouces et demi; hauteur du corps, un pouce; épaisseur, quatre lignes.

Nous avons rapporté cette espèce des îlesSandwich. On la trouve aussi à Madagascar, où elle acquiert un plus grand développement.

Sous-Cenre GOMPHOSE. Lacép. — Elops. Commers. ; Gomphosvs. Cuv.

GOMPHOSE LACÉPÉDE. — Gomphosus tricolor. N.

PLANCHE 55, fig. *.

Gomphosus, corpore viridi ; pin rus vent ris, dorsi , candie et a ni Jlavts , pectoralibus vittà cœruleâ notâtes ; couda paee/ee/iem bifurcatâ.

Ce genre, dont Renard a donné le premier une figure incorrecte, n'a été bien décrit que par Commerson, qui a rapporté des mers de l’Inde et de Taïti les deux seules espèces connues jusqu’à nous, le coeruleus et le viiricgalus. L’archipel des îles Sandwich nous a fourni le tricolor et le pectorales. Il est à remarquer que ces îles, quoique très-éloignées de Taïti, se trouvent avoir avec elle les plus grands rapports, non-seulement par le sol, la ressemblance qu’ont entre eux leurs habitans, mais encore par une foule de productions de la nature que les voyageurs y ont observées. Le singulier genre de poissons qui nous occupe, rare en espèces, en est un exemple.*

Les gomphoscs ont la tête lisse. Ce qui est remarquable en eux est le prolongement de leurs intermaxillaires et de leurs mandibulaires, en forme de tube, que Commerson a comparé à un clou, et qui a quelque ressemblance avec le boutoir d’un sanglier ou plutôt avec le bec d’un oiseau. Le gomphose Lacépèdc a le corps alongé, épais, un peu arqué sur le dos et davantage au-dessous du ventre. Sa tête est médiocre; le front est convexe, arrondi; on voit, en avant des yeux,

Digitfced

ZOOLOGIE. i8r

deux saillies osseuses; le museau est^arrondi à son extrémité; les mâchoires sont égales, munies de dents en crochet , les antérieures un peu plus grandes que les autres ; le pharynx en est aussi pourvu. Les lèvres sont épaisses, rétractiles, et une seconde espèce de lèvre surnuméraire, moins avancée et lâche, recouvre la mâchoire supérieure. L’œil est petit et rapproché des orifices des narines, qui sont doubles; l’antérieure paraît comme recouverte d’un très -petit appendice membraneux. Le sous-orbitaire présente un demi-cercle de stries rayonnées. Les opère» les, membraneux, se dirigent en pointe en arrière, et se réumfsent sous la gorge à l’aide d’une membrane épaisse; ils offrent, dans le haut, des stries ramifiées. Les ouïes sont serrées ; nous n’avons distingué que cinq rayons à la membrane des branchies. Les pectorales, larges, triangulaires, formées de quinze rayons, s’insèrent à la moitié de la hauteur du corps; elles correspondent aux ventrales, très-petites et pointues. La dorsale et l’anale sont peu développées: la première, moins élevée devant que derrière, a huit aiguillons et quatorze rayons branchus; la seconde en a quatorze-, dont deux épineux. Le lobe de la queue est large , comprimé , et prolongé au-delà des deux nageoires dont nous venons de parler. La caudale, légèrement échancrée, a douze rayons.

La ligne latérale, après avoir suivi la convexité du dos, s’incline brusquement vers la queue et devient horizontale. Dans son cours , , elle est marquée de petites raies divergentes, dont quelques-unes sont ramifiées, principalement celles qui avoisinent sa courbure.

Tout le corps et le dessus du front sont recouverts de larges écailles, assez serrées, membraneuses, un peu triangulaires à leur pointe et striées à leur surface ; de plus petites occupent la base des nageoires du dos, de l’anus et de la queue; et une autre écaille, excessivement large, se voit au-dessus des pectorales.

Le fond de la couleur de ce gomphose est un vert bleuâtre ; le bout du museau, l’œil, la partie antérieure du dos et toutes

Voyagt dt l’Uranie. — Zoologie. 2 fi

i8a VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

les nageoires, sont d’un beau jaune; une bande d’un bleu céleste traverse les pectorales , et deux lisérés violacés bordent la dorsale et l’anale. Les deux rayons extrêmes de la caudale sont bleuâtres. Une tache d'un bleu foncé se voit à la partie inférieure de l’aisselle, et toutes les écailles de ce poisson sont marquées d’une tache de la même couleur.

Ce gomphose a huit pouces de long, deux de hauteur et neuf lignes d’épaisseur. La distance de l’œil au bout du museau est d’un pouce et demi. Il provient lie l’île Mowi.

Nous l’avons dédié à M. de Lacrpède, au savant ichthyologiste à qui l’on doit l’établissement du genre gomphose.

GOMPHOSE COMMERSON. — Gomphosus pectoralis.

Gomphosus, corpore ni prie an te ; pinnis omnibus subjlavis ; pinnâ dors ah fi sco maculatâ; couda subœquali.

Ce gomphose a les plus grands rapports avec le précédent pour la forme du corps : son museau est tout aussi alongé ; mais ses mandibules ne sont point égales, et la supérieure dépasse de beaucoup celle d’en bas. Les dents, petites et serrées, sont coniques ; celles de devant, un peu plus grandes, sur-tout à la mâchoire supérieure, où l’on remarque deux crochets. Les os pharyngiens ont aussi des dents. Nous n’avons point remarqué de langue, à moins que l’on ne veuille considérer comme cet organe le long repli membraneux qui occupe toute la gouttière que forme le maxillaire inférieur.

Le double repli des lèvres est semblable à celui du tricolor. L’œil est plus petit; le sous-orbitaire et le haut de l’opercule sont couverts de stries divergentes. Les narines sont doubles. Les opercules, membraneux, pointus en arrière, touchent les pectorales et

ZOOLOGIE. i8j

vont se réunir sous la gorge. La ligne du front est surbaissée et un peu carénée. Les pectorales, larges, subtriangulaires, sont formées de quatorze rayons; les ventrales sont petites et pointues : la nageoire dorsale a huit rayons épineux et quatorze rameux ; les premiers, accompagnés d’une pointe membraneuse, sont plus élevés que les seconds : l’anale a deux rayons épineux et douze articulés. Ces deux nageoires paroissent plus larges que dans l’espèce précédente ; elles sont recouvertes d’écailles à leur base. La caudale, élargie et droite, est composée de quatorze rayons. La ligne latérale est presque droite jusqu’à l’endroit de sa courbure : chacun de ses points est formé de trois ramifications. Les écailles de ce gomphose sont larges, assez serrées, membraneuses sur leur bord et striées à leur milieu; une, très-large, surmonte les pectorales, et de trèsalongécs recouvrent la base de la caudale. La couleur générale du corps est un brun très-foncé, tandis que les nageoires sont d’un jaune très-clair, les pectorales exceptées, dont le limbe seul est de cette dernière couleur. Le premier et le dernier rayon de fa caudale sont bruns, de meme que la base de la dorsale et de l’anale. De plus , on remarque trois ou quatre taches brunes sur cette dernière; nageoire , et une tache noire au-dedans de l’aisselle. L’œil est blanchâtre.

Longueur, sept pouces et demi; hauteur, vingt lignes; épaisseur, huit lignes; distance de l’œil au bout du museau, un pouce et demi.

Il provient des mêmes lieux que le. précédent.

Nous avons dédié ce gomphose â 1* mémoire du célèbre Com-

merson.

a84 VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Genre RASON. — Xyrîchthys. Cuv.

RASON LÉCLUSE. — Xïrichthts Lecluse. N.

PLANCHE 65, fig. I.

Xyrîchthys roseus; spinis pinnce dorsalis novem ; lincâ laterali duohus punctis calculas u trinque intermis sâ ; caudâ subrotundâ.

B. 5. D. •£. P. 11. V. 6. A. tV C. ia.

La forme de ce poisson est aiongée , très-comprimce sur les côtés, presque sans courbure au dos ni au ventre. Le front va en s’arrondissant jusqu’au museau. Les lèvres sont charnues ; les mâchoires égales , protractiles , garnies de plusieurs rangées de dents coniques. Quatre forts crochets font saillie en avant ; les deux d’en bas sont reçus dans l’écartement de ceux d’en haut. Les o§ pharyngiens ont aussi des dents. Les joues sont lisses; et l’opercule, arrondi , se termine en haut par une pointe obtuse. L’œil est rouge et placé au sommet de la tête. La partie supérieure du corps est légèrement rosée; l’inférieure, d’un blanc bleuâtre, ainsi que la tête. Une teinte de la première couleur se fait remarquer sur le bord de la nageoire d’en haut et.à l'extrémité de la caudale. L’anale est rougeâtre. Deux points bleu*! outremer, peu éloignés i’un de l’autre, se voient aux deux côtés de la ligne latérale, laquelle est trèsprès du dos , et interrompue avant de se terminer à la queue.

La nageoire dorsale , uniforme dans son étendue , a neuf aiguillons peu saillans et quatorze rayons articulés; les pectorales, onze; la caudale, qui est légèrement arrondie, douze; et l’anale, seize, dont les deux premiers sont épineux. Les ventrales, peu développées.

sont retenues à l’abdomen par une membrane; leur premier rayon est aiguillonné et court. Les écailles sont petites et arrondies.

Ce poisson a six pouces de longueur, sur un peu plus d’un et demi de hauteur. Nous l’avons rapporté de l’île Owhyhi. M. Taunay en a fait une esquisse sur le vivant.

Nous l’avons dédié à la mémoire de M. de Lécluse, chirurgien de la marine , mort de la fièvre jaune.

Genre CHROMIS. — Chromis. Cuv.

CHROMIS DU BRÉSIL. — Chromis brasiliensis. N.

Chromis , s finis dorsaübus quindecim ; macuLi nigrâ in u troque latere ; caudâ rotundâ , punctis conspersâ.

Ce poisson a le dos arrondi, la tête grosse, le front élevé, le museau obtus , la bouche placée bas , petite , les lèvres et les intermaxillaires protractiles; les mâchoires égales, munies d’une rangée de petites dents en crochet, derrière lesquelles en sont d’autres en carde; il y en a aussi aux os pharyngiens. Nous n'avons pu trouver qu’une ouverture à chaque narine.

Les pectorales sont larges, pointues, formées de quatorze rayons. Le deuxième rayon des ventrales, filiforme, atteint jusqu’à la nageoire de l’anus; cette dernière se prolonge en pointe en arriére, et a douze rayons , dont trois aiguillonnés. La dorsale a quinze épines et douze rayons mous : sa partie postérieure se prolonge aussi en arrière ; elle offre cela de particulier que chaque aiguillon est accompagné d’une petite pointe membraneuse.

Les écailles sont arrondies, serrées, un peu bombées; la ligne latérale , courbée d’abord , s’interrompt brusquement vers la queue pour reparoftre ensuite plus bas. La couleur générale de ce chromis est jaunâtre. Une large tache noire est empreinte sur chaque flanc. Le museau est brun ; des taches de cette couleur se voient au limbe de la dorsale, des pectorales et de l’anale. Ces deux dernières sont ponctuées ; mais c’est sur-tout à la queue que cette

ZOOLOGIE. î87

moucheture a le plus de régularité ; car là les points décrivent des lignes demi -circulaires, comme le contour de cette nageoire.

Longueur, cinq pouces; hauteur, dix-huit lignes; épaisseur, sept lignes.

Nous avons pris cette espèce dans la haie de Rio de Janeiro.

Genre SCARE. — Scarus. Linn.

SCARE DE VA1GIOU. — Scarus vaiciensis. N.

Scarus , corpore elongato ; capite compressa; pirmâ dorsali undevigmti radiis ; couda lunata.

Ce petit scare a le corps effilé, le dos peu élevé, la nageoire dorsale haute, la tête alongée, le front aplati, le museau arrondi, obtus , les dents peu saillantes , les yeux jaunes.

Les pectorales sont petites, arrondies, de même que la caudale; les premières ont douze rayons et la dernière quatorze. La dorsale en a dix-neuf, tous très-flexibles ; et l’anale , dix.

La tête et le corps sont couverts de larges écailles subtriangulaires ; celles qui embrassent le lobe de la queue sont beaucoup plus alongées. La ligne latérale est ramifiée et interrompue vers sa fin.

La couleur de ce poisson est verdâtre, avec une large tache brune sur le front; le corps est tacheté de brun-rougeâtre, de même que la nageoire de l’anus. La caudale et la dorsale sont vert de mer.

Sa longueur est de trois pouces cinq lignes ; sa hauteur, de dix lignes; et son épaisseur, de quatre.

Nous l’avons rapporté de l’île Vaigiou,

SCARE A DENTS ÉPINEUSES. — Scarus SPINIDENS.

Scarus, c api te çrasso ; de ntt bu s sptnosis ; ventre prominenti ; caudâ rotundâ. '■ *

B. 4- D. îo. P. 12. V. 6. A. 11. C. 11.

Ce scare, dont la tête est grosse mais peu élevée, ressemble beaucoup aux labres proprement dits. Son museau est obtus; sa mâchoire supérieure se dirige un peu en haut, et l’inférieure s’arrondit pour aller à sa rencontre : elles sont égales entre elles, armées de dents pointues, dont les supérieures sont en crochet et rayonnantes ; les plaques pharyngiennes ont aussi des dents. Les lèvres sont rétractiles; la langue obtuse, cartilagineuse ;Je front aplati; les yeux grands, rapprochés et placés au sommet delà tête. Les joues sont écailleuses, le bord de l’opercule membraneux , et les ouïes bien ouvertes. La Courbure du dos est à peine sensible, tandis que le ventre forme au contraire une saillie très-remarquable. Les nageoires dorsales, pectorales et ventrales se correspondent à leur origine : la première a vingt rayons mous ; les secondes, arrondies, en ont douze , de même que l’anale .et la caudale ; les ventrales sont petites.

Les écailles, larges, assez serrées et membraneuses , sont arrondies ; plusieurs d’entre elles , très-longues , couvrent la base des rayons de la -queue, qui est ronde. La ligne latérale e,st ramifiée, presque droite jusque vers le lobe de la queue , où elle se courbe fortement sans s'interrompre. .

La couleur de ce scare est verdâtre, avec des taches rougeâtres sur les écailles ; le sommet de la tête est brun ; la caudale et les pectorales sont ponctuées de brun pâle.

Sa longueur est de trois pouces dix lignes; sa hauteur, de quatorze lignes, et son épaisseur, de cinq.-

Nous l’avons rapporté de file Vaigiou.

Vtyagt de !' Uranie. — Zoologie

Genre PICAREL. — Smaris. Cuv.

PICAREL RAILLIARD. — Smaris mauritianus. N.

PLANCHE 44 , 6g. 3.

Smaris , carpore plumbto; spinis pinna dor salis ttovcm; couda raidi bifurcâ.

B. 6. D. P. 19. V. 6. À.'-fL. c. 20.

Ge smaris a quelques rapports de forme avec le ciupca sprattus de nos côtes; il* a le dos un peû arrondi, la tête assez grosse, l'œil grand, très-rapproché de la commissure des mâchoires, dont l’inférieure dépasse un peu la supérieure ; toutes deux n’ont que des dents à peine perceptibles. Les narines ont chacune deux orifices. Les ouïes sont grandes , et l’opercule présente en arrière une pointe membraneuse sur laquelle repose un piquant osseux. La membrane branchiostége a six rayons ; le premier arceau branchial seul est pectiné dans sa partie concave.

La nageoire dorsale, élevée d’abord , décroît insensiblement jusque près delà queue; elle est formée de neuf rayons simples et de seize branchus. L’anale en a trois des premiers et douze des derniers ; les pectorales en ont dix-neuf. Les ventrales sont réunies au corps par une membrane, et la caudale est très-fourchue. On remarque, vers les dernières vertèbres de la queue, une saillie osseuse sous-cutanée , formant un petit crochet immobile , dirigé en arrière. L’anus occupe la partie moyenne du corps.

Les écailles sont lâches ; celles qui recouvrent la tête sont plus serrées; les abdominales offrent de légères stries , formant des lignes

ZOOLOGIE. 29i

longitudinales qu’on ne peut voir qu’en les examinant attentivement. La ligne latérale , presque droite, est placée vers le tiers supérieur du poisson. # •

La couleur de ce smaris est plombée en-dessus et sur les flancs , êt* légèrement argentée sous le ventre. Sa longueur est de quatre pouces, ,

Nous l’avons rapporté dei’île de Erance.et'dédiéà M. Railliard, l’un des officiers de l'Urtinic.

Genre GERRÈS. — Gerres. Cuv.

GEREES DE VA1GIOU. — Gerres vaigiensis. N.

Gènes, corpore argenteo subluteo; ore protractili; spinis pinnee dor salis novem; squamis lotis; couda vald'e btfurcâ.

Ce poisson est ovoïde , médiocrement comprimé ; sa tête est grosse, assez large, couverte dccailles; ses yeux sont très-grands et de couleur d’or. Les narines ont deux orifices. Lorsque la bouche est dans le repos, elle est très-oblique en haut et paroît comme pointue ; mais, par la faculté qu’a l'animal de faire saillir ses intermaxillaires, comme les sublets et les filous, elle s’alonge de huit lignes , et son ouverture devient alors inférieure. En l'examinant dans cet état, on voit quelle est peu grande et que les mâchoires sont égaies; les dents sont petites, en velours, et dirigées sur plusieurs rangées en arrière ; il y en a aussi sur les os pharyngiens. Les ouïes , grandes et bien détachées, sont soutenues par six rayons.

Le dos présente une courbure uniforme, avec une carène remarquable par-devant. La dorsale, très-élevée d’abord, décroît successivement ; elle est formée de neuf aiguillons et de onze rayons ; l’anale , très-petite , a trois des premiers et huit des seconds. Les pectorales, longues et effilées, en ont seize, et les ventrales six. Ces deux dernières sont accompagnées, à leur origine, par un long appendice écailleux. La caudale, très-profondément fourchue, adixsept rayons.

La couleur de ce poisson est d'un blanc sale argenté. Ses écailles , très-larges, tiennent fort peu. La ligne latérale, légèrement courbée,’ traverse une série d’écailles.plus petites et. arrondies.

ZOOLOGIE. .. " îpj

Sa longueur est de cinq pouces deux lignes : sa hauteur, d’un pouce cinq lignes ; et son épaisseur, de six lignes.

Il habite les îles Rawak et Vaigiou, d’où nous l’avons rapporté.

GERRES PETITE BOUCHE. — Gerbes gula.

Gares, corpore argenteo subrubro ; ocuüs magnis ; ore protracùk; squamis longitudme punctaùs; pectorahbus longés, angusùs; caudâ bifufcâ.

B. 6. D. •£. P. ij. V. 6. A. J. C. 19. ' -

Cette espèce a le corps moins oblong que celui de la précédente : son front est beaucoup plus élevé , et l’arête qui en part est plus arrondie et plus saillante. Le dos est aussi plus courbé, et l’œil infiniment plus grand. Du reste, la bouche est absolument semblable à celle du vaigiensis.

La nageoire dorsale , garnie de chaque côté de sa base par une bandelette membraneuse recouverte decailles, a neuf aiguillons et onze rayons ; l’anale, qui est petite, trois des premiers et huit dés seconds; les pectorales, très-longues et effilées, en ont treize, et les ventrales six : un long appendice écailleux accompagne la base de ces nageoires. La caudale, profohdément*échancfée, a environ dix-neuf rayons. - ' *,

La couleur de ce gerrès est un rougeâtre argenté; l’œil reflète une belle couleur d’or. Ses écailles sont très-larges., assez serrées, et ponctuées de manière à former des stries longitudinales. La ligne latérale est légèrement arquée.

Longueur, cinq pouces; hauteur, un pouce six lignes ; épaisseur, six lignes.

Nous l’avons pris dans la baie de Rio de Janeiro. Il habite aussi la Martinique, où il est connu sous le nom de petite bouche.

yOYAGE AUTOUR DU MONDE.

Genre PENTAPODE. — Pentapodus. Cuv.

PENTAPODE BANDELETTE. — Pentapodus vitta. N.

* V PLANCHE 44, fig. 4.

Pentapodus , corpore supra fusco; vittâ longitudinal / nigrâ; spinis dorsalibus dents ; couda bifurcâ.

B. 6. D. ff. P. 16. V. 6. A. f C. 17.

Ce poisson , qui a de la ressemblance avec les harengs, a la tête grosse , les yeux larges à pupille jaune, le museau arrondi, légèrement pointu, les mâchoires égales, les dents fines et nombreuses, avec quatre crochets par-devant; la langue est rudimentaire ; chaque narine a deux ouvertures, et I on remarque tout autour, ainsi que sous la gorge , une foule de pores arrondis. Le préopercule est strié en-dessus vers le bord, sans être dentelé. L’opercule est muni, à sa partie supérieure ..d’une pointe assez forte , mais peu apparente. Les . arcs branchiaux" sont pectinés dans leur concavité ; le plus extérieur présente trois appendices mobiles et comme osseux.

La nageoire supérieure, légèrement arrondie, commence à l’opercule et finit à la queue ; en s’abaissant , elle est comme cachée entre les écailles qui bordent sa base ; elle est formée de dix aiguillons et de dix rayons simples ; les pectorales en ont seize et les. ventrales six. Les rayons de ces dernières, très-longs, couverts à leur base par des écailles larges et triangulaires , sont aplatis et se recouvrent obliquement entre eüx comme des jalousies. L’anus touche presque fa nageoire de son nom, laquelle, peu étendue, a

ZOOLOGIE. • • ' lÿj

trois épines et huit rayons mous; là caudale , grande et fouréhue,. en a dix-sept. • ' . • • •

Le corps ■ est couvert dccailles assez larges ét assez serrées, -très-finement ciliées sur leur bord , comme on peut le voir dans celle qui est figurée grossie. L’opercule et le préopercule en sont également revêtus, mais elles y sont plus denses. La ligne latérale, légèrement courbée, avoisine le dos. Én l'examinant avec attention, on voit que chaque point est formé d’un axe d’où partent de • petites branches supérieures et inférieures dirigées en arrière. La couleur de ce poisson est brun ardoisé en- dessus, s'éclaircissant et passant à l’argenté à mesure qufon descend vers le ventre, Il est remarquable par une bande noire qui pan -de la mâchoire supérieure , reprend derrière l’œil , arque un peu et s’étend en s’élargissant jusqu’à la nageoire de la queue. Vers cette région , elle traverse la ligne latérale. .

Sa longueur est d’un peu plus de sept pouces , et sa hauteur dedeux. * ’ •

Nous favons rapporté de la baie- des Chiens-Marins.

Une variété de cette espèce, prise dans le meme lieu, a le ventre • et les Hancs plus clairs et plus argentés; on remarque aussi vers l’extrémité de la dorsale une tache brune. Du reste, même forme et même nombre de rayons aux nageoires.

i96 ’ VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

• . * . Genre BOGUE. — Boops. Cuv,

BOGUE TRICUSPIDÉ. — Boops tricuspidatus.

Boops , corpore ovoïde, compresso,fusco; rostro oètuso; denübus tricuspidatts; caudâ bifurcaUï. ■

Le corps de ce poisson est ovale alongé , comprimé ; il a ie front peu élevé, caréné; le museau obtus; les mâchoires arrondies, pourvues dune rangée de dents extérieures serrées, aplaties, à trois pointes, et derrière ces dents on en voit d’autres en velours très-petites ; les os pharyngiens en sont aussi pourvus.- Les orifices ■des narines sont doubles et très -rapprochés des y eu*. La membrane des branchies a six rayons."

La dorsale est composée de quinze rayons articulés, et de quatorze branchus ; l’anale a trois des premiers et douze des derniers ; les' pectorales quatorze, et la caudale, qui est fourchue, dix-sept. Les ventrales, placées un peu en arrière des pectorales, atteignent jusqu’à l'anus.

Les écailles sont denticulées, plus hautes que larges, peu adhérentes ; l’opercule , le préopercule et Je sommet de la tête en .sont recouverts. La Jigne» latérale décrit deux courbures; l’une, antérieure, vers le dos, et l’autre, en bas et en arrière, moins marquée vers la queue.

La couleur de ce bogue est brune en-dessus , un peu plus foncée au museau , et rougeâtre au ventre.

^$a longueur est de quatre pouces; sa hauteur, de quinze lignes; dt son épaisseur, de quatre.

Nous l'avons pris à la baie des Chiens-Marins.

Sous-genre SARGUE. — Sargus. Cuv. '

SARGUE HUMÉRAL. — Sargus humerimaculatus. N.

Sargus , corpore rubente ; Jiumeris ocelle nigro ; squamis rotundis longitrorsùm linealis ; caudû paulul'um bifureâ.

B. j. D. fi. P. 14. V. 6. A. Vf. c. 17.

Ce sargue#a le museau obtus, coupé presque verticalement; le haut du front et de la nuque , taillé en carène , s’élève beaucoup en s’arrondissant. La bouche est petite, protractile et placée trèsbas presque au niveau de la ligne abdominale. La mâchoire in- •férieure s’emboîte sous celle d’en haut : la première a huit dents incisives, légèrement bifûrquées ; la seconde n’en présente que six. Derrière ces dents , on en voit plusieurs rangées d’autres , arrondies et en pavé. Les os pharyngiens en sont hérissés.

L’œil est grand, de couleur d’or, et placé au sommet de la tète. L’orbite fait en avant une saillie sous laquelle on aperçoit l’orifice supérieur de la narine, percé en fente, et long de deux lignes; l’inférieur est très-petit et arrondi. Le contour de l’opercule présente une pointe peu saillante, un peu au-dessus des pectorales. La membrane branchiostége a cinq rayons.

Les nageoire* dorsale et anale ont peu d’élévation , vu la grandeur du poisson ; la première a treize rayons aiguillonnés, dont l’antérieur est immobile et dirigé en avant comme dans les sidjans. Les douze rayons qui viennent ensuite sont articulés. L’anale a trois rayons épineux, dont le moyen est très-fort, et onze branchus. Les pectorales en ont quatorze ; elles sont longues , falciformes , placées au bas du corps, et atteignent jusqu’à l’anale. Les

V'cyage Je V Uranie. — Zoologie. O 3

i98 voyage autour du monde.

ventrales ont à leur base et de chaque côté un long appendice écailleux et pointu. La caudale, peu échancrée , a dix-sept rayons.

Le haut de la tête et les joues sont recouverts d’écaiiles : celles du corps, larges, arrondies, un peu lâches, présentent des stries dont l’ensemble forme des espèces de lignes longitudinales peu apparentes. La courbure de la ligne latérale est peu considérable.

La couleur de ce poisson est un r.ougeâtre argenté assez brillant. Le dessus de la tête est brun; une tache noire et ronde occupe l’origine de la ligne latérale , au-dessus de l’épaule ; une autre tache linéaire se fait remarquer au milieu de la caudale ; on en voit aussi plusieurs au contour de la membrane de la nageoire dorsale. . >

La longueur de ce sargue est de six pouces et demi ; sa hauteur, de deux pouces trois lignes ; et son épaisseur, de huit lignes.

Il a été pêché dans la rade de Rio de Janeiro. Un autre individu , en tout semblable , n’a que onze rayons articulés à la dorsale. *

Sous-genre DAURADE. — Chrysophrys. Cuv. .

DAURADE UNICOLORE. — Chbtsophrts unicolor. N. •

Chrysophrys , corpore compresso , rosto; dorso tlevtuo ; pinnis pecloralibus iongis; caudâ valdt hifurcâ. . .

B. 6. D. çf. P. 15. V- 6. A. f C 1?.

Le corps de ce poisson est comprimé*, le front et le dos, trèsélevés , décrivent un demi-cercle , tandis que la ligne de la poitrine et de l'abdomen est presque droite. Le museau est obtus ; la bouche médiocrement grande ; les mâchoires sont égales , avec plusieurs rangées de petites dents coniques; la supérieure présente en avant quatre crochets recourbés , et l’inférieure , six plus petits. Les os pharyngiens ont aussi des dents. L’œil est très-grand , placé au sommet de la tête; au devant de lui sont les deux orifices des narines , assez éloignés l’un de l’autre , le supérieur ovalaire et l’inférieur arrondi. L’opercule présente vers son bord supérieur un rudiment d’aiguillon couvert par la membrane.

La nageoire dorsale, médiocrement élevée, se cache, quand elle est immobile, dans une rainure propre à la recevoir ; elle est formée de douze rayons aiguillonnés et de onze articulés : l’anale, qui est petite , en a trois des premiers et neuf des derniers. . Les pecto-, raies, placées un peu bas, au-dessus des ventrales, sont effilées, trèslongues, et atteignent jusqu’au milieu de l’anale; elles ont quinze rayons. Les ventrales ont à leur base un appendice écailleux; la caudale est grande et profondément fourchue.

Les écailles qui couvrent la- tête et le corps sont larges et peu . 18*

yoo VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

serrées. La ligne latérale forme une légère courbure ; les points qui

la composent sont très-rapprochés.

La couleur de ce chrysophrys est d’un rose tendre, par-tout argenté. Il abonde et vit en troupes dans la vaste baie des Chiens- Marins. Nous en primes beaucoup .à l’hameçon , à l’île Dirck- Hatichs ; les plus grands pouvoient avoir environ un pied de longueur.

Genre DENTÉ. — Dentex. Cuv.

DENTÉ A SIX DENTS. — Dentex hexodon. N.

Daitex , cor pore rubescente ; spinis dorsalibus dccem ; utrâque maxillâ denùbus majoribus sex ; caudâ bifurcatâ.

a 5. D. if. P >7- V. 6. A. 4. C. 17.

Le corps de ce poisson a la forme d’un ovale aiongé ; ses flancs sont arrondis, son museau très-obtus, sa bouche grande. Six crochets, dont le devant de chaque mâchoire est armé, ont fait donner à cette espèce le nom d 'hexodon : derrière ces crochets sont de petites .dents en velours ; il y en a aussi aux arceaux des branchies et stir les os pharyngiens. La langue est petite et charnue. L’œil, placé au sommet du front, est de couleur d’or; les narines s’ouvrent chacune par deux orifices.

La nageoire supérieure, peu élevée, a dix aiguillons et le même nombre de rayons brançhus ; l’anale est petite , et en a trois des premiers et huit des seconds. Les pectorales, peu développées, ont dix-sept rayons, de même que la caudale, qui est fourchue. Les ventrales ont dans leur intervalle , et de chaque côté de leur base, des appendices écailleux et triangulaires. L’anus est éloigné d’un demi-pouce de sa nageoire.

Les écailles sont larges et serrées; leur plus grande étendue est dans le sens vertical. Les joues en sont couvertes, de même qu’une partie de la nageoire de la queue. La ligne latérale est fort peu courbée, placée très-haut et branchue.

La couleur de cet individu est un rouge tendre uniforme et

3oï VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

argenté. Sa longueur est de sept pouces et demi; sa fiauteur, de

deux pouces, et son épaisseur, de onze lignes.

Cette espècee habite l’île Timor. Il est probable quelle se tient à de grandes profondeurs , ce que semble indiquer la portion d’estomac • qui fait saillie dans la bouche ; phénomène qui arrive à la plupart des poissons brusquement soustraits à la forte pression à laquelle ils sont habitués.

DENTÉ DE VAIGIOÜ. — Dentex vaigiensis. N.

Dtntex, spirùs pmnœ dor salis noms ; rostro acuminato ; maxilüs œqualibus ; s quamis lotis ciliatis ; couda bifurcatâ.

Cette espèce, plus petite que la précédente, a le corps comprimé , la tête grosse , le front abaissé assez brusquement ; le museau alongé, pointu. Les mâchoires sont égales, et la supérieure a quatre crochets : le palais et les arceaux des branchies ont aussi des dents.

La membrane qui soutient les branchies a six rayons. L’œil est grand et doré.

La nageoire du dos a dix aiguillons et neuf rayons; celle de l’anus douze rayons, dont trois sont épineux. Les pectorales, assez longues, pointues, en ont douze ; et la caudale, qui est fourchue, dix-sept. Les ventrales sont entourées d’écailies triangulaires à leur insertion.

Les écailles sont larges et peu serrées. La ligne latérale est trèslégèrement courbée.

La couleur de ce poisson est d’un blanc argenté, mêlé de taches brunes, plus foncées sur le museau et à la base de la nageoire de la queue. '• •

Sa longueur est de quatre pouces et demi; sa hauteur, de quatorze lignes. Nous l’avons rapporté des îles Vaigiou et Rawak.

Genre LUTJAN. — Lvtjanus. Cuv.

LUTJAN DEMI-CERCLÉ. — Lütjanus semicinctus.

Lutj anus, rostre elongato , conico ; s finis dorsaübus dectm ; corpore gristo, vittis fuscis scmicincto ; caudâ, vix bifurcâ, maculâ nigrâ in lobo Æstinctâ.

B. 7. D.-fi- P. 15. V. fi. A. i. C. 17.

Ce poisson a le corps alongé, assez gros; le dos peu élevé, la tête conique; le museau alongé, obtus; les mâchoires égales, la bouche grande, les lèvres extensibles, et celle d’en haut bordée de noir. La langue est longue et bien détachée. Les dents de la première rangée sont aiguës, mais peu longues; celles qui viennent après sont en velours ; la mâchoire supérieure en a six en crochet sur le devant ; le vomer, les parties latérales des maxillaires, les arcs branchiaux et les os pharyngiens sont aussi pourvus de dents. Lœil est grand et de couleur d’or. Les orifices des narines sorti éloignés l'un de l’autre. Ces ouïes sont très-ouvertes et soutenues par sept rayons. Le préopercule est dentelé ; l’opercule se termine par une pointe membraneuse en arrière, et il est surmonté par une plaque osseuse denticulée. . , ,

Les pectorales, placées bas, sont alongées, pointues et formées de quinze rayons ; les ventrales en ont six. L'anus est un peu éloigné de sa nageoire, laquelle a trois aiguillons et neuf rayons branchus. La dorsale en a dix des premiers et quatorze des derniers ; la caudale , à peine fourchue , en a dix-sept.

Les écailles sont peu grandes , peu serrées , et ciliées sur leur bord ; les joues, le museau et le sommet de la tête en sont dépourvus. La ligne latérale décrit une courbe dans toute sa longueur.

3o4 ■ . VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

La couleur du corps est d’un gris bleuâtre, plus pâle et argenté sous le ventre, brune au sommet de la tête, où elle forme un . triangle dont la pointe est en avant. Sept à huit bandelettes brunes ceignent le haut du corps jusque vers son milieu ; de petites lignes très-fines et brunâtres en sillonnent en long la partie inférieure. L’extrémité du lobe de la queue est tachée de brun.

La longueur de ce lutjan est de quatre pouces cinq lignes; sa hauteur, de quinze lignes ; et son épaisseur, de six. Nous l’avons rapporte des îles Rawak et Vaigiou.

LUTJAN UNIMACULÉ. — Lutjanus unjmaculatus. N.

Lutj anus, cor pore elongato, macula nigrâ notât o; rostro conico; maxilüs cequnhbus ; spims pi mite dor salis deccm ; caudâ paululitm bifurcâ.

B. 7. D. -JJ. P. 16. V. 6. A.f C. 17.

On reconnoîtra cette espèce à la grosseur de sa tête, à son museau alongé, conique et obtus à la pointe ; à sa bouche grande, à, ses mâchoires égales, munies d’une rangée de dents fortes et coniques sur les côtés, derrière lesquelles en sont d’autres en carde. La mâchoire supérieure présente-sur le devant quatre crochets. Le vomer, le palais, les branchies et le pharynx ont aussi des dents. Les orifices des narines sont éloignés l’un de l’autre. L’œil, placé près du sommet de la tête, est grand et de couleur d’or. Le préopercule est dentelé : l’opercule se termine par une pointe membraneuse ; il est surmonté d’une pièce osseuse denticulée.

La nageoire dorsale est formée de dix forts aiguillons et de quatorze rayons mous ; l’anale a trois des premiers et neuf des seconds. Les pectorales, très-pointues, rapprochées des ventrales,

ont seize rayons. La caudale, à peine échancrée, en a dix -sept.

Les écailles sont serrées et ciliées sur leur bord ; leur plus grand diamètre paroît être le vertical. Les opercules, la ba5e des nageoires , du dos, de l'anus et de la queue , sont recouverts par de plus fines écailles. La ligne latérale est très-peu courbée. •

La couleur de ce lufjan est jaunâtre , un peu plus brune sur la tête et le dos, argentée sous la gorge et le ventre. Une tache noire, ovoïde, est placée sur fa ligne latérale, à la partie postérieure du corps.

Longueur, quatre pouces trois lignes; hauteur, quinze lignes; épaisseur, six lignes.

Ce poissoîl nous a été fourni par les habitans des îles Rawak et Vaigiou. •*

de l' U t uni . — Zoologie

Genre DIACOPE. — D/acope. Cuv.

DiACOPf CALVET. — Diacope timoriensis. N.

PLANCHE 57, fig. I.

Diacope, corpore rubro, aurato; pintiâ dorsali radiis qmnque et viginli; pmnâ atti undecim; caudà rectè terminatâ.

.Le nom donné à ce poisson est encore celui d'un des médecins de la marine morts de la fièvre jaune. Cette maladie sévit avec beaucoup de violence sur le navire dont M. Calvet étoit le chirurgiei*major; car son collègue, M. Vidal, y succomba aussi *.

Ce diacope est comprimé latéralement; son dos est très-arrondi, sa bouche grande ; ses mâchoires, presque égales, sont armées par devant de dents aiguës, derrière lesquelles on en trouve d’autres plus petites; la lèvre supérieure est un peu rétractile. Chaque narine s’ouvre par deux ouvertures assez éloignées l’une de l’autre, au-devant de l’œil , qui est grand et de couleur d’or.

Le préopercule est finement dentelé dans tout son contour; l’opercule , lisse au contraire , se termine en arrière par une pointe membraneuse, aplatie, sur laquelle est appliqué un aiguillon peu apparent Ces deux pièces sont recouvertes d 'écaillés. A leur partie inférieure, se montrent plusieurs rayons des branchies, qui dans cet individu sont au nombre de sept.

* M. Calvet, si digne de nos regrets par son instruction, son caractère et son courageux dévouement, s’enferma avec un officier de la marine atteint de la fièvre jaune, pour lui donner ses soins. L’officier mourut. On trouva l'histoire de sa maladie complètement rédigée par ce médecin; elle se terminoitpar ces mots : Le rj, mort, M. Calvet mourut le >4- ( D* Fihvre jaune observée aux Antilles et sur les vaisseaux du Roi; parM. Kéraudren. Paris, 1823.)

La nageoire du dos, arrondie , composée de vingt-cin payons , en a onze fortement aiguillonnés,' le premier plus petit; des quatorze articulés, quelques-uns sont plus longs et embrassés à leur base par de nombreuses écailles, ce qui leur donne l’air d’être supportés par un appendice charnu. Il en est de même pour la nageoire de l’anus, qui a trois forts aiguillons, celui du milieu infiniment plus développé, lesquels sont suivis de huit rayons articulés.

La queue semble sortir de l’espèce d’échancrure que forment entre elles ces deux nageoires. Ses rayons, au nombre de dix-sept, sont coupés droit, et recouverts, assez loin de leur base, par de petites écailles formant des bandes longitudinales, symétriques et séparées.

Les pectorales , falciformes , atteignent le milieu de l’anale; elles ont seize rayons, et les ventrales six, dont le ppemieç, plus court est aiguillonné.

La ligne latérale suit la courbure du dos. Les écailles sont petites, serrées, denticulées sur leurs bords, comme chez les mulles.

La couleur générale est un rouge brillamment doré. Au milieu de la partie supérieure de la nageoire dorsale paroît une strie noirâtre.

Ce diacope a été pêché à la ligne dans la rade de Coupang, à Timor : quoiqu’il n’y eût que quatorze brasses d’eau, dès qu’il fut à l’air, on vit sortir son estomac boursouflé, comme dans les poissons qui, vivant à de très-grandes profondeurs, supportent une pression considérable.

DIACOPE DE VAIGIOU. — Diacope vaigiensis. N.

Diacope, corpore supra arcuato, sublu tco , line olis fuscis obliqué superpositis; aculeis dorsahbus decem ; rostro subacuto.

B. 6. D. if. P. 14. V. 6. A. |. C. 17.

Le dos de ce poisson décrit une courbure régulière : son front est élevé; son museau alongé, pointu ; sa bouche assez grande,

placée ba$. Ses mâchoires sont égales, avec plusieurs rangées de dents, dont les extérieures sont plus fortes et coniques; le vomer, les maxillaires sur les côtés, les arcs- branchiaux et le pharynx, en sont aussi pourvus; la mâchoire supérieure a quatre crochets par devant. La langue est grande et bien détachée, l’œil ovoïde et jaune verdâtre. Les narines sont à égale distance de l’œil et du museau. La base du préopercule est arrondie en roue dentelée; au-dessus de l’opercule est une pièce osseuse denticulée.

La nageoire du dos, médiocrement élevée, est formée de dix rayons aiguillonnés et de quinze articulés; l’anale en a trois des premiers et neuf des seconds ; les pectorales, triangulaires et pointues, en ont quatorze , et la caudale , qui n’est qu’échancrée , dix-sept.

Les écailles sont grandes, pressées, denticulées sur leur bord; les inférieures présentent de petites stries qui forment des lignes longitudinales. Les joues en sont recouvertes; mais le front et le museau sont lisses. La ligne latérale suit la courbure du dos et devient droite à l’extrémité de la queue.

La couleur de ce diacope est jaunâtre ; cette teinte est plus claire sur le ventre , où elle passe à l’argenté ; la gorge est blanchâtre. Le dos est couvert de petites lignes brunes et obliques. Les nageoires ventrales et anale sont d’un assez beau jaune; les premières ontàleurbase un appendice membraneux recouvert d écaillés. La dorsale est blanchâtre , avec une ligne noire sur le limbe de sa membrane. Lorsque les lobes de la caudale sont réunis, on voit dans son milieu une tache brune.

La longueur de ce poisson est de cinq pouces trois lignes; sa hauteur, d’un pouce et demi; et son épaisseur, de sept lignes.

Nous l’avons rapporté de l’île Vaigiou.

DIACOPE RAYÉ. — Diacope lineata. N.

Diacope , corpore griseo, lineis fuscis oblique ornato; aculeis dorsalibus decem ; pectoralibus longis; caudâ bifurcatâ.

Cettf. espèce a à-peu-près la même forme que la précédente ; c’est-à-dire que le dos est élevé, arrondi; le museau pointu et aJongé; les mâchoires égales, armées de plusieurs rangées de dents, dont les plus extérieures sont les plus longues ; on en trouve aussi au palais et sur les arceaux des branchies. Les narines sont à égale distance des lèvres et de l’œil. Ce dernier est grand, un peu ovoïde, recouvert d’une conjonctive lâche. Le bas du préopercuie est dentelé et arrondi ; l’opercule s’alonge en pointe membraneuse , et l’on voit au-dessus une plaque osseuse dentelée.

La dorsale , assez élevée , a dix rayons aiguillonnés et quinze qui ne le sont pas ; l’anaJe, trois épineux et huit branchus ; la caudale, dix-sept; elle est fourchue et son lobe alongé. Les pectorales, triangulaires, pointues, placées près des ventrales, atteignent jusqu’à l'anus ; elles sont formées de seize rayons.

Les écailles, serrées et striées sur leur bord, ont plus d’étendue en hauteur qu’en largeur. La ligne latérale suit le contour du dos.

La couleur de ce poisson est gris de lin. Un grand nombre de petites lignes brunes rapprochées se dirigent obliquement d’arrière en avant. La gorge et le ventre sont argentés. La dorsale a des taches noirâtres sur le bord de la membrane qui unit ses rayons. La caudale est brune.

Longueur, quatre pouces; hauteur, quatorze lignes; épaisseur, quatre lignes.

il habite les îles Rawak et Vaigiou.

Genre BODIAN. — Bodianus. Bloch et Lacép.

BODIAN ONDULÉ. — Bodianus undulosus.

Bodianus , cor pore lineis inœqualibus in longitudinem un du lato ; spinis dorsalibus undecim ; maxitlâ inferiore longiore ; pinnis omnilrus r o tandis ; caudâ lunata.

U. 7. D. P. ij. V. 6. A. A C. 17.

Ce poisson a le corps alongé, comprimé; le dos peu courbé; le museau pointu, conique; la mâchoire inférieure dépassant un peu la supérieure ; les dents petites et aiguës : en haut sont deux crochets écartés de manière à recevoir la mâchoire d’en bas. Le palais et les arcs branchiaux ont aussi des dents. La langue est étroite, flexible et bien détachée; l’œil, placé près de l’extrémité du museau, est ovalaire, et recouvert d’une conjonctive lâche et noirâtre. Le préopercule , finement dentelé en haut , l’est plus fortement en bas ; l’opercule a trois aiguillons et une pointe membraneuse dirigés en arrière. Les ouïes sont très- lâches et grandement ouvertes.

Les nageoires sont arrondies : la dorsale a onze rayons épineux et dix-sept branchus plus élevés; l’anale, quinze, dont trois sont aiguillonnés ; les pectorales , rapprochées des ventrales , en ont quinze; et la caudale, qui est arrondie, dix-sept. L’anus est distant de quatre lignes de sa nageoire.

Les écailles sont excessivement fines et rapprochées ; les opercules et le haut de la tête en sont recouverts. La ligne latérale est presque droite.

La couleur générale de ce bodian est un brun clair, recouvert de

ZOOLOGIE. 3 . i

lignes longitudinales irrégulières, ondulées, d’une teinte brune peu foncée. Le museau est noirâtre, de même que toutes les nageoires sur leur bord. Plusieurs lignes brunes parcourent les joues en long : on en remarque une noire qui part des intermaxillaires et va finir au préopercule.

Sa longueur est de quatre poucfs. neuf lignes ; sa hauteur, de quatorze lignes; et son épaisseur, de cinq.

Nous l’avons rapporté des îles Vaigiou et Rawak.

. Jt2

Genre SERRAN. — Serranus. Cuv.

SERRAN BOURIGNON. — Serranus borbonicus. N.

PLANCHE 57, fig. 1.

Serranus , corpore caeruleo ferè nigro ; pinnis omnibus et basi caudce lutcis ; duodecim vel quindecim punctis cyaneis in u troque latere.

Cette espèce est encore dédiée à l’une des nombreuses victimes que la fièvre jaune a moissonnées parmi les médecins de la marine « c’est un hommage dû à la mémoire d’un de nos collègues, dont l’esprit et l’amabilité ont mérité tous nos regrets.

Le corps de ce poisson, à l’exception de la queue, est d’une couleur bleue si foncée, quelle en paroît noire; l’extrémité de la queue, ainsi que toutes les nageoires, sont d’un beau jaune : le bleu anticipe un peu et décrit une ligne sur la base de la dorsale;

• il tache aussi l’insertion de l’anale et de la pectorale. La lèvre supérieure est rayée de jaune, et douze ou quinze points d’un beau bleu d’outremer occupent le milieu de chaque flanc.

Le ventre est proéminent, la tcte grosse, le museau un peu pointu, les lèvres égales, et la bouche presque verticale. Les mâchoires sont garnies de plusieurs rangées de dents fines et aiguës; le palais en a aussi , de même que les arceaux intérieurs des branchies. On en voit deux beaucoup plus fortes à l’extrémité de chaque maxillaire. La langue est fisse, détachée et pointue.

Les narines sont doubles, et s’ouvrent devant l’œil, dont l’iris est d’un jaune verdâtre. Le préopercule est finement dentelé dans une

partie de son contour ; et l’opercule, qui se termine en une pointe alongée, charnue, est muni de trois aiguillons, dont le plus long occupe le milieu.

Les branchies, saillantes au dehors, montrent cinq de leurs rayons. La ligne latérale suit la courbure du dos et finit à la queue. Les écailles sont fines. . . '

La nageoire du dos est formée de onze rayons aiguillonnés et de seize articulés, plus longs et dirigés en arrière, assez près de la caudale, qui en a dix -sept presque egalement longs. L’anale est petite, arrondie, composée de onze rayons, dont les trois premiers sont fortement épineux; les ventrales en ont six; les pectorales, arrondies, dix-sept. L’anus est près de la nageoire de son nom.

La longueur de ce serran est de sept pouces et sa hauteur de trois. Il provient de l’île de Bourbon, et a été dessine sur le vivant* par M. Taunay. La figure que nous en donnons a dçs rapports avec celle de l’holoccntre gymnose de M. de Lacépèdc ( tom. III, planche 27 ,fig. j) , dont notre individu pourrait bien netre qu’une variété.

SERRAN RAYONNANT. — Serranus radians. N.

PLANCHE 58, fi g. 2.

Serranus subfulvus , plurimis nigricantibus vittis transver si, tribus longitrorsùm , u trinque virgatus ; prœoperculo bilobato , échina ta,

■ La forme de ce poisson est alongée. La courbure du dos, peu sensible, devient plus marquée depuis la nuque jusqu’au bout du , museau. La mâchoire inférieure dépasse celle d’en haut; toutes deux sont munies d’une première rangée de dents crochues , re-

Vffagt étVUraMU, — "Zoologie.

courbées en arrière, et d’une seconde rangée de crénelées comme

celles qui sont au palais.

Les narines sont doubles ; l’œil grand , doré , et placé au sommet de la tête. Le préopercule est divisé en deux parties arrondies, hérissées de longues épines aiguës divergentes; l’opercule, terminé par une longue pointe, a deux aiguillons, et les branchies sont soutenues par sept rayons.

La nageoire dorsale, qui commence au point où finit le prolongement de l’opercule, est uniforme, composée de dix rayons aiguillonnés et de douze branchus. La caudale en a dix-sept; elle est fourchue, et le lobe supérieur dépasse un peu l’inférieur.

Les pectorales et les ventrales s’insèrent au-dessus les unes des autres; les premières ont quinze rayons, les dernières six; l’anale dix, dont trois épineux. L’anus est peu distant de cette dernière. • Le fond de la couleur de l’animal est jaunâtre. Ses côtés sont marqués chacun de huit ou neuf raies transversales noirâtres de diverses largeurs , qui sont coupées d’abord par une bande longitudinale de fa même couleur, au-dessous de laquelle en sont deux autres launâtrcs et beaucoup moins larges. Les points d’intersection de ces lignes acquièrent une teinte plus foncée. De plus, trois ou quatre autres raies, bleuâtres, parcourent obliquement les joues.

La ligne latérale n’a qu’une très-légère courbure. Les écailles sont fines , arrondies , profondément dentelées et striées.

Cette espèce habite les eaux de Rio de Janeiro. Notre serran est représenté de grandeur naturelle.

SERRAN BANDELETTE. — Serranus vitta. N.

PLANCHE 58, fig. 3.

Serranus subalbus ; vittâ longitudinal ï nigrâ; plurifnis lineis fuscis , suprà in obliquum , infrà in longum prolatis.

B. 7. D. fy V. 6. A.}. C. 17.

Le dos de ce serran décrit un arc assez élevé. Ses mâchoires un peu alongées sont égales ; celle d’en bas a des dents de même longueur, et la supérieure est munie de deux crochets qui soarent en dehors quand la bouche est close. Derrière ces premières rangées de dents, il y en a d’autres en velours, de meme qu’au palais et sur les arcs des branchies. La langue est alongée , bien détachée et lisse., , ,

Les narines ont chacune deux orifices; les yeux,*rapprochés , très-grands , sont placés au sommet de la tête. Le préopercule et . l’opercule sont couverts de fines écailles : l'un n’a que deux petits aiguillons ; l’autre est dentelé. La membrane branchiostége a sept împukîi'.jjH; Wn» ’ «•

La nageoire du dos, plus élevée à son origine, devient uniforme ensuite ; elle a dix aiguillons et treize rayons branchus : celle de la queue, médiocrement échancrée, a dix- sept rayons. Le lobe supérieur est un peu plus long que j’arutre.

L’anale, étroite, placée très en arrière, est formée de trois aiguillons et, de huit rayons. L^mus est plus près 'de cette nageoire que des ventrales. Celles-ci ont à leur base une écaille triangulaire alongée. Les pectorales sont en faulx et dépassent les ventrales. Toutes Içs nageoires sont incolores.

, Les écailles, trçs-fines et serrées, reflètent à la partie supérieure

3i G VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

du poisson une couleur bruge, sur laquelle tranchent de petites lignes obliques d’une teinte plus foncée, qui aboutissent à la ligne latérale et paroissent formées de points rapprochés.

Au milieu du corps, une bande- noire assez large part de l’œil et va se terminer à la queue. Au-dessous de cette bande, on re- -marque plusieurs lignes semblables à celles du dos, pour la forme et la couleur, mais qui sont longitudinales : elles deviennent graduellement moins apparentes, à mesure quelles se rapprochent du ventre, qui finit par être d’un blanc argentin.

La ligne latérale suit la courbure du dos et traverse la bande noire.

Ce serran est représenté de grandeur naturelle. No.us l’avons rapporté de l’île Vaigiou.

SERRAN BOURSIN. — Serranus raoialis.

Serranus, cor pore supra fasco, xnfrh albido subroseo; rit lis transversaübus fusets ; prœoperculo valdc arniato; couda paululùm bifitrcü. .

' Ce serran a beaucoup de rapports avec notre radians : comme lui, il est alongé, épais, arrondi, avec des couleurs ternes, mais dHEremment disposées , de même que les épines du préopeVcule.

Cette espèce a la tête grosse , conoïdc , le museau obtus , le front très-peu élevé ; les mâchoires égales, .l’inférieure remontant un peu vers la supérieure. Elles sont munies de plusieurs rangées de dents- très-fines, à l’extérieur desquelles sont de- petits crochets espacés ; ceux d’en haut recouvrent .les inférieurs. A la jéunion des intermaxillaires se trouve un petit espace dépourvu de dents. Le vomer, le palais et les -arceaux des branchies ont aussi des dents. La langue est aplatie et bien détachée.

Les yeux sont grands, ovalaires, placés au sommet de la tête.

et» recouverts d’une conjonctive lâche. Les narines ont deux orifices un peu distans i'un de l’autre. Le préopercule présente en arrière et inférieurement un prolongement arrondi, garni depointes rayonnantes; le reste de son étendue. est finement dentelé. L’opercule a deux piquans couchés sur un appendice membraneux. Les ouïes sont larges, et la membrane qui les soutient a six rayons.

La ligne du dos est presque droite. La nageoire dorsale, sans être divisée, présente cependant deux lobes distincts, dont le premier a dix rayons épineux, et le second, treize- articulés, L'anale, petite, en a trois des premiers et huit des derniers; les pectorales, qui sont larges, ont seize rayons ;ce nombre est aussi celui de la caudale, qui. est grande. . ' ' • ■ '

Ce poisson est brun en-dessus. Des bandes transversales et irré- ' gulières dç cette couleur descendent jusqu a fabdomen. La poitrine * et le ventre sont rosés, de même que les nageoires inférieures; la dorsale a des taches brunes en arrière , et la caudale plusieurs lignes transversales de la meme teinte. Les écailles du corps sont rondes, serrées et finement striées sur leur bord; celles- • qui recouvrent les opercules et les joues sont plus fines. La ligne latérale est presque droite. * . * • • ». *•

La longueur de ce serran est d’un peu plus de six" pouces; sa ■ hauteur, de quinze lignes, et son épaisseur, de dix. Il provient du Brésil.

•Un autre individu de la même espèce se faisoit remarquer par ■ une teinte plus rougeâtre. ■ v ...... •

Ce poisson est dédié à la mémoire de M. Boursin , médecin de la marine, mort de la fièvre jaune, qui, lorsqu’il en fut atteint, désespérant de sa guérison et voulant que sa maladie ne fiât fatale qu a dui-méme , se renferma dans si chambre , refusa tout secoùrs et expira le .surlendemain. * •“ •

Genre PLECTROPOME. — Plectropoma. Cuv.

PLECTROPOME PONCTUÉ. — Plectropoma punctatum! N, PLANCHE 45 , fig. I. ■ / '

Plectropoma, corpore fusco, maculés subcarulàs longiusculis perfuso; aculeis octo infirma dorsi; maxillâ inferiore lotigiorc; caudâ æqualiter desinente.

B. 7. D. Jj . P. 1 6. V.6. A. i. C. 1 6.

Ce poisson a ie corps alongé . un peu aplati; les chairs molles, la tête grosse, le front abaissé assez brusquement, les lèvres exten- * sibles, la bouche grande, la langue mince, alongée et bien détachée. La mâchoire inférieure dépasse la supérieure toutes deux sont munies de plusieurs rangées de dents dirigées en arrière , de même •que le vomer et les arcs branchiaux. En avant de chaque mâchoire sont deux forts crochets. Les yeux sont grands , placés au sommet de la tête et rapprochés l’un de l’autre. L’orifice de chaque narine est double. “Les ouïes, très-écartées , permettent de voir dans l’intérieur de la bouche; leur membrane est lâche et soutenue par sept rayons. Les dentelures du contour du préopercule sont à

• peine perceptibles; mais les trois pointes dirigées en bas , qui formant le caractère de ce genre, sont très-visibles. L’opercule a deux aiguillons très-saillans dont l’inférieur repose sur un prolongement' membraneux taillé en pointe et dirigé en arrière.

La nageoire du dos, petite d’abord, s’élève ensuite en s’arrondissant ; elle est formée de huit aiguillons et de onze rayons

• flexibles. Celle de la queue dit grande, carrée,- et composée d’environ seize rayons. Ce nombre est aussi celui des pectorales.

lesquelles sont placées un peu bas. L’anale est petite; elle a deux' aiguillons et neuf rayons. L’anus, placé plus près de cette nageoire que des pectorales, laisse apercevoir dans son ouverture un cu-desac dirigé en avant. • • * ‘ !

Les écailles de ce poisson sont fines et assez serrées sur le corps; celles qui couvrent la tête et la base des nageoires du dos , de l’anus, et de la queue, le sont davantage. La ligne latérale décrit vers son milieu une forte courbure dirigée en bas.

Le fond dç ta, couleur est un brun très-légèrement rougeâtre, agréablement parsemé d’une infinité de taches alongées bleuâtres, placées sans ordr» par devant, et formant des lignes régulières vers la queue. Ces taches. sont plus petites et rondes sous la gorge et sur la membrane des nageoires dorsale , caudale et anale. La membrane qui soutient les rayons épineux de la nageoire supérieure est presque noire , de même que la partie supérieure de la sclérotique. •

La longueur de ce plectropome est de six pouces et demi. Nous l’avons rapporté de l’île de France. Il a des rapports avec ■

. le bodian tacheté de Bloch ; mais ce n’est pas la même espèce.; il en diffère par sa forme générale , par ses couleurs , et sur tout par la disposition de sa queue, qui est terminée carrément..

Genre PRISTIPOME. — Pristipoma. Cuv.

PRIST1POME SIX LIGNES. — Pristipoma sexuneatum. N.

Pristipoma JLivo-argenteum ; spinis dorsalibus duodecim ) lintis fuscis iongitudinalibus sex; caudâ bifidâ. * #

B. 6. D.fi. P. té. V. é. A. i-. C.m 7.

La tête et le corps oblongs de ce pristipome, son museau obtus, sa couleur argentée, ses petites écailles, et ses six bandelettes étroites, le font ressembler à notre esclave six lignes ( planche tfo-, figure /).

Du reste, çes deux genres , qui ne diffèrent que parce que les esclaves ont une fcgèrc séparation dans la nageoire du dos, ne devroient être que fort peu éloignés l’un de l’autre. Quoiqu’il en soit , le corps du pristipome est comprimé ; sa tête décrit une ligne oblique jusqu’à l’origine de la dorsale; le dos est presque droit;, la bouche est grande, arrondie; les mâchoires égales , garnies d’une rangée de dents fines, derrière lesquelles en sont d’autres plus petites. La langue est peu saillante; les narines ont deux orifices • éloignés l’un de l’autre ; l’iris est argenté ; le sous-orbitaire a des dentelures en avant, de même que le préopercule ; l'opercule a deux piquans dirigés en arrière ; les ouïes sont grandes, leur membrane a six rayons , la plupart visibles à l’extérieur. Comme dans les térapons, l’os de l’épaulé est dentelé au-dessus des pectorales.

La dc^ale, élevée, arrondie, disparoît presque entièrement dans une rainure f^tand l’animal est en repos ;«lle a douze aiguillons', dont ceujc du milieu sont plus longs, et dix rayons; les pectorales, seize rayons ; les ventrales , six ; et l’anale, quatorze, en y comprenant les

ZOOLOGIE. 3ii

trois cplneux. La queue est alongée ; sa nageoire, légèrement échancrce , a dix-sept rayons.

La couleur de ce poisson , d’un bel argenté sous le ventre, devient • plus foncée au dos; les nageoires sont blanches; la dorsale seule présente quelques taches noirâtres sur son bord. Six lignes longitudinales presque noires ornent le c.orps de ce poisson ; les quatre supérieures, se réunissent sur la tête. Toutes les écailles sont excessivement fines et tombent facilement. La ligne latérale décrit une légère courbure ondulée ^t affecte ensuite une direction droite.

Nous avons rapporté de la rade de Sydney, au Port-Jackson, trois pristipomes, dont le plus grand a quatre pouces de longueur et quatorze lignes de hauteur, sans y comprendre la dorsale. Ces trois individus sont parfaitement semblables, à quelques légères différences près dans le nombre des rayons des nageoires du dos et de l’anus.

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Poy.xgt dt FUnrtrt. — Zoologie.

Genre SCOLOPSIS. — Scolcps/s. Cuv.

SCOLOPSIS RAYÉ. — Scolopsis lineatus. N,

KATBOTTO, en idiome de Hle Guébé.

PLANCHE 6 O, fîp 3.

Scolopsis, capite crasso; u troque latcrc tribus recurvis linos submgris tri longkudintm virgato.

Cette espèce a la tête courte, le front aplati, le museau irèsobtus. Ses mâchoires sont également avancées, rétrécies, armées de dents aiguës à crochet simple. Les yeux, très-grands, occupent toute la largeur de la tête ; ils sont recouverts d’une membrane lâche. Au bas de chaque orbite est un fort aiguillon mobile, avec deux autres plus petits, tous dirigés en arrière. Le préopercule est dentelé , et l’opercule a un aiguillon ; l’un et l’autre sont couverts d’écailles. La membrane des branchies a cinq arceaux.

Trois larges raies longitudinales et noirâtres occupent la partie supérieure du corps. La première part du front , et finit après avoir côtoyé les deux tiers de la nageoire dorsale; elle ne se réunit point sur le front à celle du côté opposé ; là une ligne blanche les sépare. Il n’en est pas de même de la seconde, qui, après avoir formé avec la raie correspondante un demi-cercle vers le même point , traverse et noircit la partie supérieure d» elobe de l’oeil , et va aboutir à l’extrémité de la nageoire du doT.Enfin , la troisième décrit une courbe pareille sur le bout du museau , couvre le

milieu de l’orbite, se marie un instant avec la seconde ligne, et l’abandonne pour aller aboutir au haut de la queue.

La nageoire du dos a dix rayons aiguillonnés et neuf qui ne le sont pas; la caudale, échancrée, en a dix-sept de ces derniers; les pectorales, quinze, et l’anale, dix, dont les trois premiers sont épineux.

Chez quelques-uns de ces poissons, ces bandes sont quelquefois interrompues dans deux endroits, et l’espèce de membrane conjonctive qui couvre l’œil est susceptible de beaucoup d’extension.

Les écailles sont larges, d’un blanc sale un peu argenté. La ligne latérale se courbe vers* le dos.

Ces animaux, qui proviennent des petites rivières salées de Vaigiou, nous rappellent l’adresse d’un Portugais élevé parmi les Malais, qui nous les procura en les frappant à coups de sabre pendant la nuit, à la lueur d’une torche.

D’après les couleurs de cette espèce, on pourroit la confondre au premier aspect avec \'holoccntre esclave de Bloch , si un examen attentif ne venoit pas bientôt faire connoître les différences génériques qui caractérisent ces poissons.

Sous-genre SCORPÈNE. — Scorpæna. Schn.

SCORPÊNE DE VAIGIOU. — Scorpæna vaigiensis. N.

PLANCHE 58, fig. T.

Scorpæna , corporc fusco , ma eu lis imparibus submgris notato; binis tentaculis naribus preefixis ; fronte rttrorsum depresso.

Le corps de ce poisson est élevé, sa tête grosse; derrière le front , qui est arrondi , on remarque un enfoncement , puis une bosselure, au-dessus de laquelle la dorsale prend naissance. La mâchoire inférieure est un peu moins avancée que celle d’en haut; les dents sont presque imperceptibles et serrées; le palais et les arceaux des branchies en sont munis. On voit à l'orifice antérieur de chaque narine un tentacule charnu-, très-mou, aplati et peu long. L’œil est très-grand, recouvert d’une membrane sur laquelle est tracé un cercle de points noirs, qui semble indiquer les limites de l’agrandissement de la pupille. Le contour postérieur du préopercuie est dentelé, l’inférieur aiguillonné. L’opercule est triangulaire , alongé.avec une seule épine : il est débordé en bas par le dernier des sept rayons branchiostéges.

La nageoire du dos est arrondie; elle est formée de quatorze forts aiguillons et de onze rayons branchus: les pectorales, larges et arrondies , ont treize rayons , la caudale dix-sept , et les ventrales six; ces dernières sont fixées au corps par une membrane. L’anus occupe le milieu de l’espace compris entre elles et la nageoire de son nom, laquelle a cinq rayons mous et trois aiguillonnés,

dont le second, très-long et très-fort, atteiht le milieu de la Caudale.

La ligne latérale, très-peu courbée, est placée assez près du dos; les écailles sont denticulées sur leur bord libre, qui est un peu relevé.

La couleur générale de cette scorpène est brune , avec de nombreuses maculatures : une entre autres, plus saillante, coupe transversalement la base de la queue , et deux plus larges couvrent la nageoire de l’anus. Les taches des pectorales et des ventrales tendent à former trois lignes régulières.

Ce poisson, placé dans le genre scorpène, en diffère cependant sous plus d’un rapport. Il est représenté de grandeur naturelle, et provient de l’île Vaigiou.

SCORPÈNE DE RAWAK. — Scorp.ena rawakensis. N.

S cor pana, ore imber bi ; capite subcavernoso , aculàs armato; cor pore maculis subnigris notato ; caudâ' rotundâ.

B. 7. D. P. 19. V. 6. A. } C. îj.

Cette scorpène a le corps alongé, assez épais; le dos médiocrement élevé, la tête grosse, caverneuse, formant plus du tiers du poisson, armée de forts piquans, dont quatre au-dessus des orbites, cinq sur une seule rangée au sous-orbitaire ; les autres irrégulièrement placés. Les narines ont quatre grands orifices. La laxité de toutes les pièces de la tcte laisse à ce poisson la faculté d’ouvrir une large gueule. Les mâqjtoires sont égales; l’inférieure remonte vers la supérieure ; les intermaxillaires sont écartés en devant pour recevoir une protuBérance déjà mâchoire d'en bas. Les dents sont ên velours : il y en a sur le vomer , les branchies et les os pharyngiens.

Les nageoires pectorales sont larges , arrondies , couvertes d écaillés à leur base, et formées de dix-neuf rayons, dont les inférieurs touchent aux ventrales; ces dernières sont arrondies aussi. L’anale , placée en arrière , a trois aiguillons et six rayons ; la dorsale en a treize des premiers et neuf des derniers. La .caudale est orbiculaire; elle a vingt-trois rayons, dont six, placés à la base, sont aiguillonnés.

Les écailles sont serrées , plus hautes que larges. La ligne latérale est presque droite; on voit à son origine un grand piquant, ainsi qu’à l’os de l’épaule.

Ce poisson, comme la plupart de ceux de ce genre, a des couleurs sombres; il est tacheté de larges plaques brunes irrégulièrement placées sur la tête , le corps , les nageoires du dos et de l’anus. La pectorale et la caudale sont mouchetées de points de la même couleur.

Sa longueur est de trois pouces et demi; sa hauteur, d’un pouce; Icpaisseur du corps est^le six lignes, et celle de la tête, de huit.

Nous l’avons rapporté des îles Rawak. et Vaigiou.

SCORPÉNE DE GUAM. — Scorpæna guamensis. N.

Scorpœna, ore tmbtrbi ; corpore elevato ; capite subcavernoso , acu/eis itrmato; macu/â nigrâ in cperculo.

Cette petite espèce, semblable à la précédente par la disposition des nageoires et le nombre de leurs rayons , n en diffère que parce que son dos est un pjeu plus élevé et que les aiguillons du sousorbitaire sont moins nombreux. La nageoire dorsale présente aussi quelque différence, en ce quelle paroît conîîne formée de deux parties distinctes , dont la première a douze rayons épineux , et la seconde un épineux et neuf branchus.

Le corps, sur un fond brunâtre, est marqué de bandes transversales brunes, irrégulières, et d’une tache noire sur l’opercule, ce qui forme le caractère distinctif de cette espèce, dont la longueur est de deux pouces trois lignes et la hauteur de huit lignes.

Ce poisson habite l’île Guam, d’où nous l’avons rapporté.

SCORPÈNE DU PORT-JACKSON. — Scorpæna jacksoniana. N.

Scorpænu , transversim fasciata ; sptnis dorsaübus sexdccim ; coud A subaquali .

. Cette espèce a le corps alongé, la tête grosse et obtuse, hérissée d’épines peu saillantes: Les orbites, élevées, forment un sinus au milieu du front ; les yeux sont grands, la pupille jaune. Les narines n’ont que deux ouvertures. La bouche est grande; les mâchoires sont égales et munies de plusieurs rangées de très-petites dents; il y en a aussi au fond de la gorge et sur les arcs branchiaux. On voit au-dessus de la mâchoire supérieure , de chaque côté , un long aiguillon mobile dirigé en arrière; des quatre qui' couvrent le préoperçule, un seul est bien saillant; ceux de l’opercule sont peu visibles. La membrane branchiostége a six rayons.

La nageoire, dorsale , très-élevée, est formée de seize forts aiguillons et de huit rayons branchus; l’anale a huit rayons, dont trois épineux; les pectorales, quatorze; les ventrales, six, et fa caudale, douze : cette dernière est presque carrée.

La ligne latérale est droite , et l’anus est à égale distance des ventrales et de la nageoire de son nom. Les écailles sont fines et serrées.

La couleur de ce poisson est brune en-dessus et d’un rosé sale en-dessous; quatre bandelettes verticales, presque noires, se par-

-j28 • ‘ VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

lapent l 'étendue du corps; une très-large, inégale, prend à la poitrine; une seconde, au milieu de la nageoire de l'anus; la troisième termine le lobe de la queue, et la dernière en traverse la nageoire : des taches de la même couleur couvrent la tcte, les joues et les diverses nageoires. . .

Longueur totale, un peu plus de trois pouces.

Cette espèce habite la rade de Sydney, au Port-Jackson.

Sous-genre PTEROIS. — Pteroîs. Cuv. • • .

PTÉROlS ZÈBRE. — Pteroîs zébra.

P (croîs , dorso clcvato , cariruUo ; spinis dorsalibus trcdccim ; cirris binis longissimis supr/j oculos ; vitds transversa/ibus quinque. '

■ B. 7 . D. fl P. 17. V. 6. À. \ C. II. • • .

On reconnoîtra ce pteroîs à la grosseur de. sa tête armée d’épines, à l’élévation de son dos, qui est caréné, aux deux longs iîlamens qui s’élèvent au-dessus des orbites, et aux cinq larges bandelettes de couleur rougeâtre qui traversent te corps. Les mâchoires sont presque égales, armées de petites dents; l’inférieure, moins large , va à la rencontre de la supérieure , et s’insère dans un angle rentrant que cette dernière fait à son extrémité. L’œil est grand; les Orbites, saillantes, forment une gouttière au sommet de la tête; les joues ont plusieurs barbillons. Le préopercule a trois épines; les ouïes, bien détachées, sont soutenues par sept rayons.

Les pectorales, larges, composées de dix-sept rayons, s’étendent jusqu’au lobe de la queue;Je$ ventrales, quelles touchent presque, atteignent jusqu’à la nageoire de l’anus : cette dernière a trois aiguillons et sept rayons branchus ; la dorsale en a treize des premiers , dont ceux du milieu sont très-élevés, et onze des seconds; la caudale, pointue, en a douze. Toutes ces nageoires sont traversées par des raies ponctuées, de même couleur que celles du corps. La tête en est aussi couverte, et l’une de ces raies occupe l’œil.

La longueur de ce poisson est de deux pouces et demi; sa hauteur, de neuf lignes, et son épaisseur, de cinq.-

Nous l’avons pris dans la baie de Coupang.

de VU renie. — Zoologie- ^ 2

VOYAGE AUTOUR DU MONDE. - MULLE ou SURMULET. — Mullvs. Linn.

MULLE MULTIBANDE. — Mullus multifasciatus. N.

Mouano, en idiome sandwichien.

PLANCHE 55>, Ûg. I. • • .

Muüus, cirris gemini s ; maculis quinque fuscis , transVcrsis ; altéra pont oculum ; caudâ bisulçâ. •

Ce muile, qui a pour patrie les îles Sandwich, a le corps légèrement arrondi, les mâchoires égales, les dents fines et séparées. Les deux barbillons ne dépassent pas l'opercule ; l’os qui les supporte est très-proéminent. L’œil est couleur d’or, et les narines n’ont qu’une seule ouverture. L’opercule a un aiguillon court, mais acéré: il est recouvert, ainsi que les joues, de larges écailles; inférieurement, il est débordé par une portion de la membrane des ouïes.’ •• ■

La première nageoire du dos est triangulaire et armée de sept rayons aiguillonnés, dont le premier est plus court et plus fort: la seconde en a neuf articulés ; le dernier, beaucoup plus long, et divisé en deux par la base, se porte très-obliquement en arrière. La queue est fourchue, à lobes égaux, avec quinze rayons recouverts d’écailles à leur origine. Les pectorales en ont le même nombre l’anale, sept dirigés en arrière ; et lès ventrales, six, avec une écaille alongée et pointue de chaque côté de leur base.

La ligne latérale est peu courbée: sur toute sa longueur, et de distance en distance, de petits groupes de rayons forment

Genre

Digitîzed by Goegle

comme des fragmens d’étoile. Ce caractère est commun à plusieurs espèces de ces poissons; ainsi que diivoir des écailles larges et trèsfinement dentelées sur les tords, de sorte que, comme le remarque :M. de Lacépède, on éprouve une résistance en promenant la main, de la queue vers la tête de l’animal.

Celui qui nous occupe, de couleur rougeâtre, a une tache . noirâtre derrière l’œil ; une légère ligne semblable passe au-dessus de l'-orbite : cinq bandes perpendiculaires de la même couleur régnent de distance en distance sur toute la longueur du corps dans sa partie supérieure. Deux ou trois petites raies jaunes se font remarquer à la nageoire de l’anus et à la deuxième dorsale : le dernier rayon de- celle-ci est alongé et noir. • •

On trouve, à la page 29 du singulier et intéressant Recueil dus poissons de. Renard, un m'ulle qüi approche beaucoup de celui-ci. Ce seroit le même, que cela ne nous aurait point empêchés de le faire représenter, parce que les figures de ce livre, bonnes à consulter pour connoître quel étoit alors l’état de la science, sont loin de suffire aujourd’hui. \ •

C’est à ûwhyhi que nous nous procurâmes le nôtre. Nous vîmes • la femme d’un chef de cette île se régaler d’un de ces poissons, ainsi que de beaucoup d’autres : l’apprêt n’en étoit ni long ni recher- Vhé, car elle les dévorait crus de la manière la plus dégoûtante;

• ôn avoit seulement l’attention de les tremper dans de l’eau de mer, apparemment pour en faciliter fa déglutition.

l VOYAGE AUTOÜR DU MONDE.

Genre ATHÉRINJi. — Atherina. Linn.

ATHÉRINE DU BRÉSIL. — Atherina brasiliensis. N.

Atherina , corpore ruhente , fascni longitudxnah ‘argenteâ; pinnâ uni

rodas viginti , primâque dorsali quatuor spinis ; caudâ b furcatn. ' .

‘ B. 5. 1." D. 4. a.' D. 8. P. 14. V. 6. A. io. C. 17.

, Cette athérrne a le corps alongc, épais; le dos droit; le ventre saillant, décrivant même une courbure; le sommet de ta tête large et aplati, le museau proéminent, la mâchoire inférieure plus courte et plus rétrécie que Ja supérieure , au-devant de laquelle elle se porte; toutes les deux sont années de petites dents très-pointues, dont les plus extérieures sont les plus saillantes. L’œil est grand , doré; les narines sont larges; les ouïes bien fendues, soutenues par cinq rayons; les joues et le sommet de la tête couverts d écaillés, lesquelles sont arrondies dans cette dernière partie.

Les pectorales, placées très-haut, au niveau de la partie supérieure de l’opercule, sont larges, subtriangulaires, formées de quatorze rayons. Les ventrales, courtes, et placées’ plus en arrière, sont sépa- . rées par une écaille triangulaire et accompagnées latéralement par un appendice écailleux. L’anus précède de quelques lignes la nageoire de son nom, qui est grande et composée de vingt rayons. Le lobe de la queue est alongé, épais; sa nageoire, fourchue, a dixsept rayons. Les deux dorsales, très-petites et bien séparées, correspondent à l’anale : la première, à peine perceptible, a quatre rayons épineux; la seconde ^un peu plus développée, huit branchus.

• Les écailles du corps de ce poisson sont larges et très-serrées. La ligne latérale est presque droite; peut-être y en a-t-il deux en

partie masquées par l’éclat de la large bandelette argentée que ï on voit dans toute l’étendue du corps.

•Le fond de la couleur est rouge tendre , plus foncé au-dessus de la ligne latérale, avec une tache brune au bout du museau et à l’ex- . trémité de la queue. La tètç est argentée. • .

Nous avons rapporté de la baie de Rio de Janeiro des individus qui avoient une longueur de trois à cinq pouces. La hauteur du

corps , dans les plus grands, est de onze lignes , et lepaisseur, de six.

ATHÉRINE DU PORT -JACKSON. — Atherina jacksoniana. N.

Atherina , -corpore graàli , elongatû ; rostro actiminalo ; prtpiâ dorsah eltvatâ , radiis sep te m ; caudà vtddè bifurcatâ.

Cette athérine a, comme la précédente. Je corps alongé, * arrondi, mais plus grêle; la tête effilée, aplatie en-dessus; la mâchoire inférieure plus courte que celle d’en haut; toutes deux munies de dents petites et pointues; l’œil grand, rond, de couleur d’or. Mais ce qui distingue sur-tout cette espèce de l’autre, c’est sa première nageoire dorsale, élevée, et corjpspondante à l’intervalle qui sépare les Ventrales de l’anale : elle est formée de sept rayons ; la seconde dorsale en a douze; les pectorales, quatorze; l’anale, vingt; et la caudale , profondément fourchue , dix-sept.

Les écailles sont très-fines, argentées, si peu adhérentes que le moindre contact les enlève. Le fond de la couleur est rougeâtre , marque de taches brunes sur le bout du museau, le sommet de la tête , le haut du corps et les nageoires pectorales et caudale. Les joues et l’opercule Sont argentés. La bandelette éclatante, de même couleur, qui occupe ordinairement le corps de ce poisson , est ici bleuâtre dans sa partie supérieure; elle est parcourue par la ligne

latérale, qui est presque droite. On remarque au-devant de l’oeil une

ligne demi-circulaire de pores assez grands. •

La longueur de cet individu est de quatre pouces et demi; sa hauteur, de six lignes, et son épaisseur, de quatre.

Nous l’avons pris dans la rade de Sydney,- au Port-Jackson.

ATHÉR1NE DENDRACHT. — Atherina ENDRACHTENS1S. N.

Atherina, corpore hrevi, suhcylindraceo, vittis punctatis lonfftuditiaubus nottito 7 capite crasso , quadrato ; ocuüs mafftis ; prima pinnâ dorsali radiis quinque.

i.” D. u i.' D. io. P. i>. V. 6 A. ii. C. 17.

Cette espèce, très-différente des deux précédentes, a Je corps gros, assez court; la tête large, carrée, aplatie, et se rapprochant ' beaucoup de celle des muges. Ert dessus, le crâne forme une saillie triangulaire dont la pointe est dirigée en avant. La bouche est grande ; la mâchoire inférieure , un peu plus courte que la supé- . ■ rieure, se porte au-devant de celle-ci. Les dents sont en velours et -sur plusieurs rangées ; il y en a aussi Sur le vomer. L’œil occupe presque toute la tête, et l’orbite fâ|j même saillie en-dessus. Les narines sont à l’extrémité du museau, latéralement placées, et susceptibles detre confondues avec de larges pores qui s’ouvrent près d’elles. L’opercule et le préopercule sont lisses et argentés.

Les nageoires pectorales, placées liaut, ont quinze rayons; la première dorsale correspond à l’intervalle qui sépare les ventrales de l’anale; elle a cinq rayons, et la seconde, dix; l’anale, peu étendue, douze, et la caudale, qui est fourchue , dix-sept.

Les écailles sont larges, si peu adhérentes , que le moindre contact les fait tomber, même du vivant de l’animal. La ligne latérale est droite

La couleur de ^:e poisson est fauve, argentée sous le ventre, inarquée de taches noires au-dessus de l’œil, sur le haut du corps et à la queue. On remarque inférieurement trois petites stries longitudinales formées de séries de points noirs ; d’autres stries semblables, mais moins colorées, sillonnent le haut du corps. La bande argentée est moins saillante que dans les espèces précédemment décrites. . ‘

Cet individu étoit femelle, d’où provenoit peut-être la saillie de son ventre. Sa longueur est de quatre pouces ; sa hauteur , de neuf lignes, et son épaisseur, de cinq.

Nous l’avons rapporté de la baie des Chiens-Marins, à la terre d’Endracht.

ATHÉRINE DE VAIGIOU. — Atherina vaigiensis. N.

Atherina , cor pore subcytindraceo , vittis punctatis longiiudtruihbus

notato ; capite crasso , quadrato ; pinnâ anali radüs quatuordecim.

. i.” D. 5. ».* D. II. P. 18. Y. 6: A. 14. C. *7.

Cette athérine a les plus grands rapports avec celle de la terre d’Endracht. On pourroit, dans ce genre, former une division de celles à tête alongée et une autre de celles qui l’ont aplatie et carrée. L’espèce décrite ici appartiendroit à la seconde division.

Comme la précédente , elle est peu alongée, arrondie; sa bandelette argentée est peu saillante. Ses écailles présentent aussi des ' stries ponctuées qui forment des lignes longitudinales.

La première dorsale correspond à l’intervalle des ventrales et de l’anale; elle est formée de cinq rayons, et la seconde de onze. Les pectorales en ont dix-huit; l’anale, quatorze : cette dernière correspond, à la seconde dorsale. Le lobe de la queue est arrondi

3 j<? VOYAGE AUTOUR DU &ONDE.

et sa nageoire fourchue. L’œil est doré. Le ham du corps est brunâtre,.et sa partie inférieure argentée, de même que le préopercule.

La longueur de- ce poisson est de quatre pouces;' sa hauteur et son épaisseur, de six lignes. :

Nous l’avons rapporté des îles Vaigiou et Rawak.

ZOOLOGIE. . , • j37

Genre MUGE ou MULET. — Mugïl. Linn.

MUGE CHRÉTIEN. — Mugïl vaiciensis. N.

•PLANCHE 59, fig. 2.

M'ugil, pirniâ dors ali anteriorc radiis quatuor , fortiter aculeatis , postfriort octo radiatâ; s quami s magnis ; punctis plurimis longitrorsvm.

Ce poisson a la tête large, excessivement aplatie ; le museau court et arrondi, ce qui lui donne l’aspect de celui de certains squales; la bouche petite, comparée au volume du corps; la lèvre inférieure lisse et la supérieure crénelée. L’œil est très-grand ; le peu d’intervalle qui existe entre lui et la bouche est occupé par une petite plaque saillante, arrondie et dentelée. Lfs narines ont chacune deux ouvertures rondes , et l’opercule est entièrement recouvert de cinq rangs de larges écailles;

La première nageoire du dos a quatre fortes épines qui peuvent ' se loger dans une ‘rainure que borde de chaque côté une longue écaille; la seconde a huit rayons articulés; la queue • qui est à peine fourchue, en a seize; les pectorales, quatorze, et les ventrales, six. Une membrane unit la ba?e de ces dernières au corps, et elles sont recouvertes et accompagnées d’écailles alongées, plus ou moins pointues; de sorte que, gênées dans quelques-uns de leurs mouvemens, elles ne peuvent former, comme celles de certains poissons, un angle droit avec le corps. L’anale est composée de" dix rayons, dont deux aiguillonnés, accolés l’un à l’autre, sont peu sensibles. -

Vyagt de ŸUranit. — Zoologie. ^*7

Les écailles sont larges , peu serrées : nous en avons compté vingt-quatre , depuis la base de la pectorale jusqua la queue: leur bord est uni; mais on voit sur le milieu une ligne délice, dont l’ensemble forme sept à huit raies longitudinales, c’est-à-dire, autant, que l'animal a d’écailles dans sa largeur. , ..

La couleur de ce poisson est jaunâtre , un peu plus foncée endessus ; sa longueur est de quinze pouces. N<jus l’avons rapporté de l’île Vaigiou , et dédié à la mémoire de M. Chrétien , chirurgien de la marine, mort de la fièvre jaune aux Antilles. ;

MUGE FERRAND. — Mugil argenteu*v N.

Mugrt, pirmâ anterion dorsi radin quatuor, pinnoe posteriori proxtma; ventre prominenti; s quanti 5 argentaüs.

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