‹ Voygae Autour du MondeChapitre 38 sur 53 · SECTION · texte numérisé non relu

SECTION

Des Arachnides et des Insectes.

Plusieurs des pays que nous avons parcourus sont riches en insectes : le Brésil sur-tout plus qu’aucun autre. Mais on s’est tellement livré à ce genre de recherches, qu’il reste aujourd’hui peu d’espèces à décrire parmi celles qui vivent sur le littoral de cette contrée. Ce n’est vraiment qu’aux voyageurs qui pénètrent fort avant dans l’intérieur, qu’il est donné de faire de nouvelles découvertes dans cette classe d’êtres.

Nous n’avons rencontré, à proprement parler, que deux endroits qui nous aient mis à portée de faire une récolte, aussi ample que belle , d’insectes de toute espèce ; ce sont les îles des Papous et le Port-Jackson. Le premier lieu, placé directement sous lequateur, se prétoit merveilleusement, par la nature de son sol tout-à-lafois humide et montueux et recouvert d’une épaisse végétation , à î a génération de ces animaux. Les lépidoptères sur-tout y sont d’une beauté admirable, et pour la plupart inconnus aux naturalistes. Les espèces que nous donnons, conservées par hasard dans des boîtes séparées, attesteront ce qu’eût offert le résultat de nos re>cherches, si la collection entière n’eût pas été ensevelie sous les eaux lors de notre naufrage.

Rawak, Boni, Vaigiou, sont en général pauvres en coléoptères ; quoique les cétoines, les cicindèles,&c. qu’on y trouve , soient trèsbelles. A l’exception du rhynchène doryphore , nous n'y avons presque pas remarqué d’autres individus de la famille des charansons, tandis quelle est si nombreuse au Brésil. Parmi les cicadaires, il s’en trouve une grosse espèce assez commune, qui fait retentir les

forêts de son bruit aigu et monotone : il est si fort qu’on l’entend même de la rade.

Au Port-Jackson, notre voyage au-delà des Montagnes-bleues nous avoit procuré des espèces très-remarquables de coléoptères , de tipules, de sauterelles et de papillons proprement dits; et meme, dans les lépidoptères nocturnes et les 'crépusculaires , nous aurions pu ajouter aux richesses si importantes rapportées de ce pays par nos devanciers , si cette collection n’eût pas eu , ainsi que celles que nous avions réunies dans d’autres lieux, le sort de la précédente.

Timor recèle aussi de très-beaux insectes que l'expédition du capitaine Baudin a dil faire connoître. Ils sont en petit nombre et peu brillans aux Mariannes, où il n’existe presque pas de coléoptères;’ encore plus rares aux Sandwich : il faut aller sur les montagnes et dans les lieux humides pour y apercevoir quelques papillons. Sur le bord de la mer, on .trouve des fourmilions et de grands sphinx grisâtres, avec lesquels les enfans s’amusent, en leur attachant à la trompe un long filament délié qu’ils prennent sur une plante rampante. Ils nous les apportoient ainsi voltigeant.

Les îles Malouines sont le pays le plus dépourvu d’insectes' qu’on puisse rencontrer. Deux espèces de charansons, un staphylifl , sont les seuls individus que nous ayons pu en rapporter; et comme, à l’époque de l’automne où nous y étions, la température étoit fraîche, nous fûmes surpris de la longue conservation des substances animales exposées à l’air, et dans lesquelles nous ne trouvions jamais de larves d’insectes.

Genre ARAIGNÉE. — Aranea. Linn. • Sous-genre ÉPÉIRE! Walck.

ARAIGNÉE NOTACANTHE. — Aranea notacantha. N.

PLANCHE 82, fig. 6, 7 et 8.

Aranea pallidi fusca ; abdom'me subcordiformi ; maculis occllaùs marginaJibus ; dorso turriculato.

Il semble que tout ce qui vient de la Nouvelle-Hollande doive affecter, jusque dans les plus petites choses, des formes extraordinaires et bizarres, dont on ne retrouve pas les analogues dans d'autres contrées. Le simple insecte qui va nous occuper en fournit une nouvelle preuve ; car, unique dans son espèce, il porte sur sa partie postérieure un long tube cylindrique surmonté de deux yeux.

Cette araignée est coriace , de couleur roussâtre tirant sur le jaune. Son corselet, presque quadrilatère , offre par devant, sur un tubercule , quatre yeux placés carrément, les deux supérieurs plus gros; latéralement et un peu en bas s’en trouvent deux autres. Le corps est revêtu ou plutôt formé d’un écusson subcordiforme , libre dans son contour , finissant en pointe en arrière , où sont les filières. C’est de son milieu que s’élève l’aiguillon qui caractérise cette aranéide, et au bout duquel, comme nous venons de le dire, est située la quatrième paire d’yeux. La surface de cette espèce de carapace est parsemée de lunules et de taches carrées symétriques, marquées d’un point noir au milieu. ,

Les pattes, dans leur dimension, affectent l’ordre suivant: les dernières sont les plus longues, ensuite les premières, puis viennent les secondes et les troisièmes.

Nous l’avons trouvée dans une petite île de la rade de Sydney, au Port-Jackson. Elle étoit au milieu d’une toile irrégulière fixée à des arbustes, et fit la morte lorsque nous la prîmes.

Ne possédant qu’un seul individu, nous n’avons pas pu nous assurer si cette espèce est réellement du sous -genre épéire de M. Walckenaer.

Afin de la mieux foire voir, le dessinateur l’a placée la tête en bas. A côté sont ses détails.

/ »jr>ig€ de l'L nmit. — Z*K>Ugic.

Genre FAUCHEUR. — Phalancium. Linn. Fabr.

FAUCHEUR ACANTHOPE. — Phalancium acanthopus. N.

PLANCHE 82, fig. 2, le mâle; fig. 3 , la femelle.

Phahtngium , corpore fusco triangulari ; Jemoribtts posùcis dcntaùs aculeatisque ; abdomine spinis duabus posùcis furcaüs.

Ces deux faucheurs proviennent du Brésil. Us vivent en commun, . car nous les avons trouvés réunis dans un trou en terre, tapissé d’un tissu serré, sur l’aqueduc de la montagne du Corcovado. Nous supposons que le plus gros est le mâle. Ils sont bien moins vifs et moins agiles que les faucheurs d’Europe. Nous croyons nous rappeler que lorsque nous nous en emparâmes, ils laissèrent échapper une liqueur blanche par leur partie postérieure.

Ces animaux, trcs-coriaces, sont bruns; leur corps est triangulaire, élargi en arrière. Le dos présente un écusson qui suit à-peu-près la forme du corps. Au-dessus des yeux s’élèvent deux petites pointes. Plus en arrière on en voit deux autres plus grandes.

De chaque côté de l’abdomen et en dessus, part un très-long aiguillon dirigé horizontalement etjùfurquc à son extrémité. Inférieurement s’en trouve un autre plus petit. C’est entre eux deux que naissent les deux dernières pattes, beaucoup plus grandes et plus fortes que les antérieures, desquelles elles sont séparées par un espace assez étendu. Leur surface est recouverte de plusieurs rangées de fortes épines. Près de leur origine, une pointe plus saillante se dirige en dedans.

Les côtés et le dessous du ventre sont lisses. Les six pattes antérieures sont très-rapprochées. De ces dernières, c’est la seconde

paire qui a le plus detendue, puis la troisième, et enfin la première. Les palpes sont très-déveioppés.

L’individu n." 3 , que nous croyons être la femelle , est plus petit ; ses pattes de derrière sont aussi moins épineuses, et à leur origine on ne voit pas en dessous l’aiguillon qui existe dans celui que nous venons de décrire.

M. Kirby a tiré des phalangium , un genre qu’il a nommé gonyleptes, dont une espèce, g. horridus , approche de celle que nous donnons ici. Elle paroît cependant en différer par le dos, qui est plus lisse , parles aiguillons de la partie postérieure, qui ne sont pas bifitrqués , et par des lignes rouges dont la nôtre est dépourvue. ( Voyez les Transactions de la société Linnéenne, vol. 1 2. )

Le Brésil fournit plusieurs espèces de faucheurs. Sous les voûtes humides et sombres de l’aqueduc du Corcovado, qui parcourt la montagne de ce nom, nous en vîmes une qui a le corps petit, arrondi, et les pattes excessivement longues et résistantes; jamais elles ne se brisoient ni ne se séparoient lorsque nous prenions ces animaux.

Nous en avons aussi trouvé dans les grands bois, sur les arbres, de triangulaires , verdâtres , avec des épines à la partie postérieure de leur corps, de la base desquelles ils laissoicnt échapper une humeur blanche comme du lait.

Genre CÉTOINE. — Cetonia. Fabr.

CÉTOINE DEUX-BANDES. — Cetonia bifasciata. N.

PLANCHE 82, fi g. 5.

Cetonia viridissima; dytris fasciis duabus nigris transver sis ; clypeo bifido.

On doit cette belle cétoine à M. Arago, qui a bien voulu la mettre dans les collections de l’expédition. Elle provient de l’île Vaigiou. Elle a seize lignes de longueur sur six de large. Son corps est alongé. L’abdomen dépasse les élytres, qui sont arrondis à leur extrémité et presque aplatis en dessus.

Le fond de la couleur est d’un beau vert velouté , avec de légers reflets dorés. Le dos est traversé par deux bandes noires un pieu arquées. La première touche au corselet, et l’inférieure occupe le milieu des élytres. Le chaperon est bifide.

Genre CHARANSON. — Curculio. Linn. Fabr.

CHARANSON GALONNÉ. — Curculio lemniscatus. N.

• . PLANCHE 82 , fig. 4.

Curculio brevirostris , œnco-fuscus ; femoribus simplicibus ; thorucis latc ribus ely truque albo longitrorsùm bneatis.

Ce charanson, dont les couleurs sont peu brillantes, a été recueilli par M. Gaudichaud sur les sables de la baie des Chiens- Marins. Il a neuf lignes dans son plus grand diamètre. Son corps est ovale-oblong , convexe , d’un brun avec des reflets bronzés , plus sensibles sur le dos. La trompe est courte et large. Le corselet s’élargit vers le milieu de ses côtés, qui sont marqués d’une ligne longitudinale blanche. Les élytres sont rayés, sur toute leur surface, de la même manière : les intervalles des lignes sont un peu élevés. On observe aussi, sur les flancs, des points de la même couleur et disposés en lignes.

Genre RHYNCHÈNE. — Rhynchænus. Fabr.

RHYNCHÈNE DORYPHORE. — Rhynchœnus doryphorus. N.

PLANCHE 82, fig. 9 et 10. *

Rhynchœnus niger ; pectort subtils bispinoso ; efytris lineis stx, aJbis, longittuünalibus.

Cet insecte provient des îles des Papous : nous le trouvâmes à Rawak.en petites troupes, courant et sautant au soleil avec beaucoup d’agilité ; ce qui nous étonna, parce que ses pieds postérieurs ne semblent point propres à cette faculté.

Le corps de ce rhynchène a un peu plus de si* lignes de longueur. Les deux premières pattes de devant, très-longues, en occupent plus de treize lorsquelles sont étendues. La tête est ronde , les yeux gros ; la trompe qui en part est recourbée légèrement , aplatie , et aussi longue que les élytres. Le corselet’, arrondi, est marqué de cinq lignes blanches longitudinales , dont il ne paroît que trois dans le dessin : il présente en devant de la poitrine deux pointes saillantes et recourbées, d’où l’insecte tire son caractère spécifique.

Le dos, arrondi, est marqué en long de six lignes blanches, les deux du milieu plus rapprochées. Les élytres dépassent l’abdomen , qui est renflé au milieu , et comme tronqué en arrière , endroit où l'on remarque cinq lignes blanches transversales et rapprochées. Les côtés ont aussi des taches de cette même teinte. Le fond de la couleur générale est noir , de même que les pattes et la trompe.

II est représenté de grandeur naturelle, et grossi.

Genre PAPILLON *. — Papij.io. Latr.

PAPILLON PRIAM, var. — Papilio priamus.

Papilio £. -T. Priamus. Linn. Syy. ml. «dit. iî,tom. î,p.744>n." *• Papilio E. T. PanthoI's. Ibid. pag. 748, n.“ 17.

PLANCHE 83, fig, 3.

Papilio , alis subdcntatis , maris viridibus , margine insùùsqut a tris; fœmittœ , fusas , albido macula lis.

Le mâle et la femelle de ce papillon diffèrent tellement l’un de l’autre , sous le rapport des couleurs, que presque tous les auteurs en ont fait deux espèces séparées.

Le mâle ou le priamus proprement dit de Linné, a environ six pouces et demi d’envergure. Ses premières ailes sont ovales , entières, d’un noir mat et velouté en dessus, avec deux bandes arquées d’un vert doré. La bande supérieure suit le contour de la côte ou bord d’en haut. La bande inférieure longe le bord d’en bas , ainsi que la plus grande partie du bord postérieur , et elle a le milieu de son côté interne avoisiné par une tache brune, grande, disposée longitudinalement. Les secondes ailes sont arrondies, un peu dentelées, d'un vert doré en dessus, avec la tranche du bord postérieur très-noire et précédée d’un rang de quatre taches orbiculaires de cette dernière couleur. On y voit en outre trois taches orangées, luisantes, dont une plus grande vers le milieu du bord antérieur; les deux autres placées entre les taches noires susdites et le milieu du bord terminal.

Le dessous des premières ailes est d’un vert doré , avec les

* L’auteur de l'ouvrage sur les papillons de France, M. Godari, a bien voulu décrire le petit nombre d’espèces nouvelles de lépidoptères que nous avons rapportées.

5jî VOYAGE AUTOUR DU MONDE,

bords , les nervures , une raie transverse et maculaire , très-noirs. Le dessous des secondes ailes ne diffère du dessus que parce que les taches noires orbiculairesy sont plus grandes et ordinairement au nombre de sept. Le bord interne de ces memes ailes est garni de poils soyeux d’un brurt jaunâtre.

La tcte, les antennes, les pattes, le corselet et la poitrine sont noirs, et l’abdomen est d’un beau jaune, tant en dessus qu’en dessous.

Le milieu du corselet offre trois taches vertes, et il y a sur chaque côté de la poitrine dcs«aches d’un rouge cinabre.

La femelle, que Linné a nommée panthoüs , est d’environ un pouce plus grande que le mâle, auquel elle ressemble parla couleur de l’abdomen et des taches de la poitrine. Ses ailes, dont le dessous est plus gai que le dessus, sont d’un brun noirâtre, avec l’extrémité plus foncée. Les premières ont de part et d’autre, entre le milieu et le bord terminal , une bande transverse de taches blanchâtres inégales, interrompues ou échancrées , à l’exception des trois supérieures.qui sont presque en fer de flèche. Les secondes ailes offrent, sur la partie correspondante, une rangée également transverse de six taches blanchâtres , grandes , en forme de coin , sablées de brun jaunâtre en arrière, et marquées chacune, sur leur milieu, d'une tache noire orbiculaire , ou un peu cordiforme. Outre cela , les échancrures de ces ailes sont d’un blanc jaunâtre, et les ailes de devant ont un liséré interrompu de cette couleur.

Tels sont ordinairement, aux Moiuques, les deux sexes du pa- * piilon priant.

Nous avons rapporté de l’île Rawak un mâle un peu plus petit, et qui se distingue des autres par une ligne verte rameuse, disposée longitudinalement sur le milieu de la surface supérieure des premières ailes. Cet individu étoit accompagné d’une femelle qui forme aussi variété, en ce quelle a une grande tache blanchâtre sur le disque des premières ailes , et en ce que les taches de ses secondes ailes sont réunies.

Dans la très -petite île où nous rencontrâmes le priant, les mâles étoient séparés des femelles, dans un lieu sombre, frais et touffu, au pied de la petite montagne qui est à gauche en • entrant dans la rade. Ils voloient rarement et se tenoient. cachés sous les feuilles des arbres. Les femelles , au contraire , beaucoup plus grandes, fréquentoient les taillis où le soleil dardoit ses rayons ; elles s’embarrassoient dans l'épaisseur de cette vigoureuse végétation, et il étoit facile de s’en emparer, même avec la main : aussi prîmes-nous un grand nombre des uns et des autres. Ils ont tous été perdus, à l’exception d’un seul, qui appartenoit à l’un de nous. Ces papillons sont encore assez chers dans le commerce : à notre arrivée au Havre, on nous offrit 30 francs de l’unique individu qui nous restoit, et qui a été déposé au Muséum.

Vtyagt Je l* Uranie. — Z*>ok>gK.

Genre DAN AIDE. — Dan aïs. Latr.

DAN AIDE ELEUTHO. — Danaîs eleutho.

Laireilfe et Godart , Encycl. méth. tom. 9, partie a.*, supplément.

PLANCHE 83, fig. 2.

Danaîs , ait s répandis, fusas, fus et A maculart punctisque marginal! bu s alhis.

Cette danaïde se distingue de ses analogues par la concavité du bord postérieur des premières ailes , et par les sinus du bord correspondant des secondes.

Elle a environ trois pouces d’envergure. Le dessus des ailes est d’un brun noirâtre, avec une bande maculaire postérieure, et des points marginaux, blancs. La bande des premières ailes n’atteint pas la côte ; celle des secondes est échancrée sur les côtés et dans son milieu. Le dessous ressemble au dessus, mais il est plus pâle; la bande des premières ailes est plus longue, et le disque des secondes offre trois petits points violâtres. Le corps est brun , avec des points blancs sur la poitrine. Les antennes sont noires.

Elle habite l’fle Guam. Nous n’avons rapporté que des mâles: * ils ont aux ailes supérieures, comme plusieurs de leurs congénères, une raie longitudinale plus claire que le fond.

Ce papillon est très-répandu aux Mariannés ; on doit meme le considérer comme l’espèce la plus commune. Il se plaît sur les fleurs #d’ un petit arbrisseau qui croît sur les bords de la mer et forme des buissons touffus.

Il existe à l’Ile-de-France une danaïde qui ressemble beaucoup à celle-ci, si ce n’est- pas la même espèce. On la trouve, en assez

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grand nombre, par-tout où croît le veloutier, sur-tout lorsque cet arbre est en fleur.».

DANAIDE EUNICE. — DanaIs eunice.

Latreilk et Godart, Encyd. mltk. tom. 9, part, t.'", pag. 177, n.” a.

PLANCHE 83, fig. I.*

Douais , alis integris , fuscis , violaceo-micanùbus , anticarum utrinqui macula mediâ cyancâ omniumque punctis apicalibus cœrulcis aut albis.

Elle a environ trois pouces et demi d’envergure. Le mâle a le dessus des ailes d’un brun noirâtre à reflet violet, avec une rangée courbe et plus ou moins longue de points bleus sur le bord postérieur, lequel a un petit liséré blanc interrompu. Les premières ailes, dont le bord interne est fortement arqué, offrent vers le milieu de ce bord une tache azurée, orbiculaire, et sur le milieu de la côte un point semblable à ceux dont il vient d’être question. Tous ces caractères se répètent en dessous; mais le fond y a moins d’intensité, et les points du bord postérieur y forment deux rangées. Le corps est de la couleur des ailes , avec des points blancs sur la tête, la poitrine et le devant du corselet. Les antennes sont noires, 'avec la sommité ferrugineuse.

'La femelle se distingue du mâle, en ce quelle a le bord interne des premières ailes droit, et les points du bord postérieur des quatre, blancs, au lieu de les avoir bleus.

Cette espèce liabite Java et les îles Mariannes.

Les individus pris dans i’île Guam ont constamment la tache orbiculaire des premières ailes plus grande que ceux qui habitent l’île de Java.

Ce lépidoptère, le plus beau de l’île Guam, n’y est pas trèscommun. Il est facile à prendre , et , dans le repos , ses ailes sont plus souvent étendues horizontalement que relevées.

Ge$re ARGYNNE. — Argynnjç. Latr.

ARGYNNE ÉGESTINE. — Arcynnis egestina.

Latreille et Godart , Encycl. mtth. lom. 9 , Suppl.

. . ' PLANCHE 83, fig. 4.

Argynms , ali s suprà basi f u/vis , apice tligris ; posücii exths subcaudatis , subtùs rntidè glanas , strigâ occllorum.

Ce papillon, du genre argynne de M. Latreille, a près de deux pouces , les ailes étendues. Le dessus de ses quatre ailes est fauve depuis la base jusqu'au milieu, ensuite noir jusqu’au bout.

Le dessous des ailes supérieures est jaunâtre et sans taches vers le bord interne, brun vers le bord antérieur, avec la base verdâtre et coupée transversalement par quatre traits noirs, et le milieu marqué d’une petite bande verdâtre peu prononcée.

Le dessous des secondes ailes est d’un vert blanchâtre, luisant, avec une rangée transverse de cinq yeux noirs à iris roux sur le milieu , et un double cordon de lunules nacrées le long du bord postérieur.

Le corps est noirâtre en dessus, jaunâtre en dessous. Les antennes sont ferrugineuses ou couleur de rouille.

Nous l’avons rapporté de l’île Guam.

Genre NYMPHALE. — Nymphalis. Latr.

NYMPHALE ACILIA. — Nïmphalis acilia.

Latreillc et Godart, Encyd.méth. loin, 9, a.' part. pag. 378, n.“ 94.

PLANCHE 83, fig. 5'.

Nymphalis , alis denUibs , fusas , strigis griseis, fasciâ commuai albâ, sericquc posticâ ocellorum cacorum.

Elle a environ deux pouces Ct demi d’envergure. Le dessus de ses ailes est d’un brun noirâtre , avec une bande blanche , commune, large, oblique, centrale, précédée et suivie de plusieurs lignes grisâtres, transversales. Entre les lignes de l’extrémité, il y a une série d’yeux noirs sans prunelles, et ayant pour la>piupart un iris roussâtre. Indépendamment de cela, l’angle anal ou interne des ailes inférieures offre un espace fauve dans lequel se perd la bande blanche susdite.

Le dessous ne différé du dessus que parce que les lignes transversales sont blanchâtres au lieu d’étre grises.

Cette nymphaie a été décrite d’après un individu unique pris dans l’ile Rawak.

Genre CALLIMORPHE. — Calumorpha. Latr.

CALLIMORPHE REQUIN. — Calumorpha rawakensis. N.

PLANCHE 83, fig .6.

CaUtmorpha , (dis integernmis , atns , viotaceo- submicantibus ; anticis suprà macula baseos f ascitique mediâ coccineis; posticis u trinque extimo aurantio punctorum nigrorum série.

Elle a un peu plus de deu* pouces et demi d’envergure. Ses ailes sont d’un noir foncé et chatoyant en violet. Le dessus des supérieures offre à la naissance du bord interne une tache longitudinale, et au milieu de la surface une bande transverse, d’un rouge écarlate. Leur dessous ne diffère du dessus que parce que la tache rouge de la base est remplacée par du bleu luisanL Les ailes inférieures sont terminées de part et d’autre par une large bande orangée, sur le côté externe de laquelle sont alignés six points noirs, dont le troisième et le sixième, à compter d’en haut, plus grands! Outre cela, la base de ces ailes est rayonnée de bleu luisant en dessous. Le corps est noir, glacé de bleu, avec le milieu du corselet et l’anus roussàtres. Les antennes sont noires.

Ce beau papillon, décrit d’après un sujet mâle et unique, a été rapporté de l’île Rawak. Nous le dédions à M. Requin, commis aux revues de l’expédition.

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