SECTION V
Iles Sandwich. ' -,
Nous n’avons que fort peu de chose à dire des oiseaux propres* aux trois côiies volcaniques de cet archipel que nous avons visités, et rien, absolument rien sur les mammifères , qui paroissent se borner aux cochons et aux chiens. On mange aussi ces derniers, dont les variétés sont très-nombreuses, comme en Europe.
N’ayant eu que peu de temps à rester sur chacune de ces îles ,nous ne pûmes parcourir leurs hautes montagnes intérieures; et nos courses se bornèrent à celles des côtes, déjà assez élevées pour que très-souvent elles soient couvertes de nuages.
En oiseaux, nous ne citerons que deux moucherolles noir et blanc ; de petits figuiers d’un vert jaunâtre, le nouveau genre psittasin de M. Temminck, nommé raouhi par les Sandwichiens-, qui a des rapports avec les perroquets pour les formes, mais qui en diffère beaucoup par un vol lent, soutenu et uniforme , tandis que celui des perroquets est brusque, et s’opère comme si le corps étoit placé de travers.
* Ainsi, c'est à tort et par une fausse indication, que dernièrement on a du, dans un bel ouvrage, que le calao à casque sillonné habitoit les Marianne; :ces oiseaux ne se touvent point dans cet archipel.
Les plantations d’arum, toujours inondées, recèlent des foulques et des poules d’eau ordinaires. On trouve au bord de la mer des çorlieux gris et des chevaliers, et sur les rimas ou arbres à pain, la chouette commune , que les indigènes connoissent sous le nom de pouéhou Mais, chose surprenante, malgré toutes nos recherches et nos courses dans les montagnes environnant les bords de la mer, des trois îles d’OwByhi, Mowi et Wahou, nous n'avons pu nous procurer ni même voir l’héorotaire [ certhni yrsùarta ], très - petit oiseau dont les plumes d’un rouge éclatant forment les élégans manteaux des chefs. Quand on pense que , pour fabriquer un de ces omemens, qui a quelquefois cinq, pieds de hauteur, il faut des centaines, peut-être des milliers de ces oiseaux, i étonnement redouble de ne pas en rencontrer à chaque pas. Il faut croire qu’on a fini par en diminuer tellement le nombre, que maintenant ils se trouvent relégués dans les profondes vallées ou sur les trèshautes montagnes que nous apercevions dans l’éloignement \ •
On peut faire quelques rapprochemens naturels entre les Sandwich et les îles de France et dç Bourbon. Leur sol a par-tout Subi l’action du fefi. Les hautes montagnes de Mowna Roa et Mowna Kaah ressemblent aux Salazes de Bourbon. Leur pente commence au bord de la mer et s’élève successivement jusqu’à deux mille Cinq cents toises, dit-on, pour les premières; lès secondés, moins imposantes, mais peut-être plus abruptes, n’en comptent que quinze cents. Très-souvent on se méprendroit sur la nature des produits volcaniques des unes et des autres, tant la similitude est parfaite; et sur la plage qu’habite une partie de la population d’Owhyhi , on diroit que la. lave vient d’y. couler.
* Ii paroitroit, d'après ce que rapporte Dix'on , que l’oiseau qui fournit les plumes jauties, seroit un promerops ou un guêpier , dont les naturels s’empareroient facilement, et auquel ils arracheroient le peu de plumes colorées dont il est orné , et qu'ils renverroient ensuite. Nous avons bien aperçu dans les vallées profondes quelques-uqs de ces oiseaux , mais qui ne nous ont pas paru faciles à approcher. Nous pensons donc que le fait avancé par le voyageur anglais demande confirmation.. *. * * • •
Wahoti, au contraire, ressemble à file de France; ce sont ses montagnes peu élevées , affaissées, dont 'les arêtes adoucies et décomposées par le temps , fournissent abondamment aux vallons .une excellente terre végétale qu’on s’empresse de cultiver. Par-tout la végétation y est vigoureuse et pressée. Il n’en est pas de même à Owhyhi, la plus considérable de ces îles, où d’immenses coulées de laves plus récentes opt tout envahi, et dû l’on est obligé de pratiquer des cultures à travers leurs interstices.
.-Enfin, de même qu’aux îles de France et de Bourbon (avant qu’on y transportât des cerfs* et plusieurs espèces d’oiseaux) ,- on ne peut faire aux Sandwich qq’une très-mince récolte en zoologie.