CHAPITRE IV
ique. Droits de l'Espagne sur elle,
teuscmcnt ces cas sont rares, car ils supposent des positions extrêmes 3 Us sont faits pour remédier à ces positions : ce serait tourmenter IW mariitc, bien loin de la servir, que d’en multiplier Implication. Aussi, dans la discussion qui nous occupe, n’avons-nous à nous assurer que d’une seule chose, c’est de savoir, si dans la cause de Amérique et de la Grèce, cette distinction entre e droit primitif et Je droit secondaire peut trouver place; ce point établi, tout le reste suivra avec cette facilité qui résulte toujours de l’adontion de principes reconnus. ‘
Q*«l Amérique? Une immense couWe ,
tuee a une f ürt gnnie dlstauce de , ^ ’
1 Espagne, infiniment pins étendue que ceüe-o plu» nd» et plu» abondante ,,,,’elle en tonte e. pe™ de moyens de prospérité. L’Amérique a-t-cl] aile pour I Espagne? Comme Plïspagne pou
l’Amérique. L’Espagne avait-elle quelques droits sur l’Amérique? Comme l’Amérique sur l’Espagne. Quels sont donc les droits de l’Espagne sur l’Amérique? Ceux de la force, revêtue du titre de conquête, comme plus sonore, et propre à cacher ce qui manque air droit et à la beauté des moyens qui donnent les conquêtes. La découverte d’un pays en donne-t-elle la propriété ? Quand il est vacant. S’il est occupé, d’où le nouveau venu prend-il un droit contre 1 ancien propriétaire? Celui-ci n’a causé ni dommage ni injure, puisqu’il n’était pas même connu... Quel est donc le droit de l’Espagne sur l’Amérique ? Le droit colonial, créé par l’Europe... Expliquons ceci. Quand le Portugal, violant le droit de 1 Inde, et l’ Espagne en faisant autant à l’égard de l’Amérique, eurent attiré sur leurs traces tous les peuples de l’Europe, il fallut mettre de l’ordre dans ce pillage de- l’univers: et pour cela on convint d’un droit colonial : on se donna mutuellement le sol et les habitans, comme on s est donné les Nègres, et avec autant de droit dans un cas que dans l’autre. Laissons là les mots avec desquels on déguise tant de choses et ou abuse tant d esprits, et définissons le droit de propriété coloniale tel qu’il est, une amnistie mutuelle que les Européens se sont donnée pour le vice, du titre de leur
domination sur des contrées et des hommes plus faibles qu’eux. AL ! s’ils eussent été aussi forts I On na pas colonisé la Chine, et on en sait bien la raison... Les Européens ont été pour les peuples de 1 Inde et de l’Amérique ce que les Cimbres, les Teutons, les*Goths et les Vandales furent . pour leurs pères... Ainsi roule le monde dans un cerde.de violences et de spoliations ; parlant du droit, et se réglant sur les intérêts. Mais, comme les torrens s’arrêtent, de même les conquérons se fixent : alors Us font des conventions, et, sous leur abri, iis gardent mutuellement leurs conquêtes. Mais ce droit conventionnel, excellent et légitimé pour eux, est-il obligatoire pour le sujet de la conquête? Ainsi l’Europe doit respect aux colonies de l’Espagne, qui, à son tour, est tenue aux mêmes égards pour celles de l’Europe; ruais J Amérique subit-elle les devoirs de traités et de conventions faites sans elle, contre elle, dont elle n est pas l’objet, mais seulement le sujet? Le principe de la spoliation n’a-t-il pas été la force? Quels droits confère celle-ci? Ne peuvent-ils pas nnr de la même manière qu’ils ont été formés?
. U ^ e ’ 6 tem P s > Ia continuité de la soumission, impliquent- ils le consentement qui supplée au dé-
f8Ut du Ütre P™*?? Mais* si cette soumission prmicnt de la continuité de la pression de la
fiirce, à qtfdi vemédie-t-elle? Il faut remohtèt* toujours au principe, qui est la force et la surprisfe, cette surprise qui provient des nouveautés de toute espèce dont l’Europe étonna et accabla Fignorance de ï’Àsîe et de FÀtnëriqiié. Ici il faut tle plus distinguer entre les deux populations de PA metique, les indigènes et les créoles. Les descendant des soldats de Gortez et de Pizarre sont inégaux eh droits avec Pindigène américain, péruvien èt mexicain : à cela il n’ÿ a aucun doute ; mais qu’est-ce que cela fait à ces indigènes? e\ n’eh existât -il qu’un seul dans toute F Amérique, rPa lirait-il pas le droit de Farraeher rVI’Espagne? L’indigène américain se sert du bras du créole pour reprendre son faiën Sur PEspagne, et le créole combat F Espagne comme tyrannique, et ne remplissant pas les conditions des associations humaines : tous les deux rentrent dans le droit primitif à deux titras et plir deux chemins différens; mais ils finissent par Vy rencontrer, et usent également de droits d une origine inégale. Cette distinction a échappé h ceux qui se sont occupés de cette question, et qui tous on t ; également confondu la position des deux populations de FÀmériqoe. Tl sort de ce doublement "üne doublé position; mais fune rrc cônfet^eancun droit sur Fautre, et ne peut lui préjudicier. L’Espagne a sur lés eu faits de'sdti sol des droits qû elle
ue peut faire valoir sur ceux de la terre d’Amérique ; niais les obligations des premiers n’annulent pas les droits des seconds. A cel égard, les deux parties ne se présentent pas sur la même ligue de droits* mais cela est indifférent a la position actuelle ? celle du principe de la souveraineté de l’Espagne sur F Amérique, principe qui est la conquête* Celle-ci peut finir comme elle a commencé; à leur tour les conquérans peuvent être conquis, subjugués, expulsés; le monde a été et sera le théâtre eternel de ces vicissitudes/relle est la Toi de nature, à laquelle il faut savoir se soumettre- L’Espagne la subit dans ce moment* Elle a surpris E Amérique, sux jours de sa grandeur a elle et de l'ignorance de ceile-Ia; elle 1 a plongée dans la stupeur par la supériorité de ses arts et de ses lumières ; cellesci, modèlesd impartialité^ semblables à leur père, au soleil, qui Toit pour tout le monde, avec le temps ont lui pour T Amérique; par elles, Eéquilibre moral s’est rétabli entre EEspagwe etlA métrique * sa rupture avait fait l'inégalité d 5 où était provenue la sujétion ; sou rétablissement a ramené légalité, qui, à son tour, a produitréœaucipalion. Dans tout cela , il n’y a rien qui ue soit dans 1 ordre de là nature. 11 y a là beaucoup de sujets de 1 éflexion, et pas un seul de courroux ; il y a beaucoup pour la raison, rien, absoUnuenl
rien contre le droit. La mort est dans l’humamté; pourquoi les conquêtes seraient-elles exemptes de la loi commune? et est-ce faire tort aux conquêtes que dé les assimiler à Inhumanité?