‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 139 sur 185 · ACTE II, SCENE VIII. i^ij · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. i^ij

L'arrogant soldat de fortune Doit-il aux grands dicter des lois ?

TARARE, fièrement.

Apprends, fils orgueilleux des prêtres ! Qu'élevé parmi les soldats , Tarare avoit , au lieu d'ancêtres, Déjà vaincu dans cent combats ;

(avec un graud dédain.) Qu'A-ltamort enfant , dans la plaine , Poursuivoit les fleurs des cliardons Que les Zépbirs , de leur haleine , Font voler au sommet des monts.

A LT A M O R T, la njain nu .sabre. Sans le respect d'Atar, vil objet de ma haine...

T A R A R E , Lien dédaigneux. Du destin de l'état tu prétends décider! Fougueux adolescent , qui veux nous commander, Pour titre ici, n'as-tu que des injures? Quels ennemis t'a-t-on vu terrasser?

Quels lorrents osas-tu passer.'' Où sont tes exploits, tes blessures?

A L T A M o R T, en fureur Toi , qui de ce haut rang brûles de t'approcher. Apprends que sur mon corps il te faudra marcher. ( Il tire son sabre. ) ARTHENÉE, tlOuLlé.

o désespoir ! ô frénésie !

Mon fils...!

A L T A M o R T , ]ilu.s furieux.

A ce brigand j'arracherai la vie.

TARARE, Iroidement.

Calme ta fureur, Altamort.

Ce sombre feu, quand il s'allume.

Détruit les forces, nous consume :

Le guerrier en colère est mort.

(Il tire son sabre.)

i8o ACTE II, SCENE VIII.

ARTHENÉÉ s'écrie.

Le temple de nos dieux est-il donc une arene?

ATAR sp levé.

Arrêtez.

TARA.RE

J'obéis...

(A Altamort , lui prenant la main. ) Toi , ce soir, à la plaine.

(A Calpigi , à part, pendant qu'Atar descend de son trône. ) Et toi, fidèle ami, sans fanal et sans bruit, Au verger du sérail attends-moi cette nuit.

(Atarlui remet le bâton de commandement, au Lruit d'une fanfare. )

GRANDE MARCHE pour sortir.

CHOEUR GÉNÉRAL SUT le cbant de la marche. Brama ! si la vertu t'est chère ; Si la voix du peuple est ta voix ; Par des succès soutiens le choix Que le peuple entier vient de faire.

Que sur ses pas ,

Tous nos soldats Marchent d'une audace plus fiere !

Que l'ennemi , triste, abattu, Par son aspect déjà vaincu , Sous nos coups morde la poussière !

Page 1