ACTE III, SCENE V
Trompé par une aveugle erreur, J'allois , d'une main misérable, Assassiner mon bienfailtur!
Pardonne , ami , ce crime involontaire.
O mon héros ! que me dois-tu !
Sans force , hélas ! sans caractère , Le foible Calpigi , de tous les vents battu,
Seroit moins que rien sur la terre, S'il n'étoit pas épris de ta mâle vertu .' Ne perdons point un instant salutaire; Au sérail , la tranquillité Renaît avec l'obscurité.
( Il prend un paquet dans une touffe d'arbre». ) Sous cet habit d'un noir esclave, Cachons des guerriers le plus brave.
D'homme éloquent , deviens un vil muet.
( Il l'habille en muet.) Que mon héros , surtout , jamais n'oublie Que , sons ce masque , un mot est un forfait : (Il lui met un masque noir.) Et qu'en ce lieu de jalousie , Le moindre est payé de la vie !
( Ils s'avancent vers l'appartement d'Astasie. ) CALPIGI l'arrête et recule. .
N'avançons pas ! j'aperçois la simarre , Les brodequins de l'Empereur.
TARARE, e'garé , criant.
Atar chez elle ! Ah ! malheureux Tarare!
Piien ne retiendra ma fureur.
Brama ! Brama !
CALPIGI, lui fermant la bouche.
Renferme donc ta peine !
t'a rare, criant plus fort.
Biâutai Brama !
( Il tombe sur le sein de Calpigi. )
igi TARARE.
C AI- PI GT.
Notre mort est certaine.