‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 152 sur 185 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Tu inaudis quelquefois tou être...

Je venois , les sens agités,

L'honorei- de quelques bontés ,

Soupirer l'amour auprès d'elle.

A peiur étois-je à ses côtés ,

Elle s'échappe, la rebelle!

Je l'arrête et saisis sa inain;

Tu u'as YU chez nulle mortelle

L'exemple d'un pareil dédain!

« Farouche Atar, quelle est donc ton envie ?

« Avant de me ravir l'honneur,

« Il faudra m 'arracher la vie... »

Ses yeux pétiil oient de fureur.

Farouche Atar... son honneur... La sauvage ,

Ap})elant la mort à grands cris...

Atar, enfin, a connu le mépris.

( Il tire son poignard. )

Yingt fois j'ai voulu , dans ma rage , '

Epargner moi-même à sou bras...

Allons , Calpigi , suis mes pas.

CALPIGI lui présente sa simare.

Seigneur, prenez votre simare.

ATAR

Rattache avant mon brodequin Sur le corps de cet Africain...

( Il met son pied sur le corps de Tarare. ) Je sens que la fureur m'égare...!

( Il regarde Tarare.) Malheureux nègre , abject et nu Au lieu d'un reptile inconnu Que du néant rien ne sépare , Que n'es-tu l'odieux Tarare .' Avec quel plaisir, de ce flanc, Ma main épuiseroit le sang... !

Si l'insolent pouvoit jamais counoître Quels dédains il vaut à son maître.,.!

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