TA P. A RE
Et c'est pour cet indigne objet , C'est pour lui seul qu'elle me brave... .' Calpigi , j e forme un projet :
Coupons 1^, tète à cet esclave ; Défî'::fure-la toul-à-iail; Porte-la de ma part toi-même.
Dis-lui qu'en mes transports jaloux , Surprenant ici 60n époux...
( Il tire le sabre de Calpigi.) C A L P T G I l'arrête et !'■ 'loigue de sou nrui . De cet horrihle stratagème , Ah ! mon ninîfiv, nu'espérez-vous ? Quand elle pourroit s'y méprendre, En deviendroit-elle plus tendre ?
En l'inquiétant sur ses jours , Vous la ramènerez toujours.
A T A. R , furieux.
La ramener.,.! J'adopte une autre idée.
Elle me croit l'ame f achantée :
IVIontrons-lui bie ■; le peu de cas Que je fais de ses /ains appas.
Cette orgueilleuse .. dédaigné son maître' O 1"^ plus cha! lant des projets .' Je pur s l'ar. ace d'un traître Qui m'enleva e cteur de mes sujets ; El j'avilis la saperbe à jamais.
Calpigi....!'
CALPIGI, trooLlé.
Quoi ! Seigneur !
ATAB.
Jure-moi sur ton ame D'obéir.
CALPIGI, plus trouLlé.
Oui, Seigneur.
ATAPw
Point de zèle indiscret
A C 1 Jb 111, f>C ii IN h. VI. 195
Tout-à-rheure.
c A L p I G I , presque égaré.
A linstaut.
ATAR
Prends-moi ce vil muet j
Contîuis-le chez elle en. secret ;
Apprends-lui que ma tendre flimme
La donne à ce monstre pour femme.
Dis-lui bien que j'ai fut serment Qu'elle n'aura jamais d'autre époux, d'autre amant.
Je veux que l'hymen s'accomplisse ;
Et si l'orgueilleuse prétend
S'y dérober, prompte justice.
Qu'a son iit à l'instant conduit.
Avec elle il passe la nuit;
Et qu'à tous les yeux exposée, Demain de mon sérail elle soit la risée ! A présent , Calpigi , de moi je suis content. Toi, par tes signes , fais que cette brute apprenne
Le sort fortuné qui l'attend.
CAI.PIGI, tranquillisé.
Ah! vSeigneur, ce n'est pas la peine;
S'il ne parle pas , il entend.
ATAR
Accompagae ton maître à la garde prochaine. ( Il se retourne pour sortir. ) CALPIGI, en se Laissant pour ramasser la simare de rEni])rreiir, dit tout Jjas à. Tarare.
Quel heureux dénoûment !
(II suit Atar.) TARARE, se relcve à f^cnoux.
• Mais quelle horrible scène!
( Il ôte son masque , qui tombe à terie loin de lui. ) Ah ! respirons.
ATAR revient à rmipartemeut d'Asta.sie, d'un air menaçant , et tlit avec une joie fe'roce. Je pense an plaisir que j'aurai , Superbe ) quand je te verrai Au sort d'un \ieux nègre liée , El par cent cris humiliée !
( Il imite le cliant trivial des esclaves.) Saluons tous la fiere Irza , Qui, regrettant une cabane, Aux vœux d'an roi se refusa :
D'un vil muet elle est sultane.
Hein! (>alpigi ?
( Il va , il V ent. Calpigi , sous prétexte de lui donner sa simare , se met t>mjours entre lui et Tarare , pour qu'il ne le voie pas sans masque , )
CALPIGI, effraye', feint la joie.
Ah ! quel plaisir mon maître aura !
ATAR
Hein ! Calpigi ?
CALPIGI.
Quand le sérail retentira...
ATAR ET CALPIGI, eu duo.
Saluons tous la fiere Irza , Qui, regrettant une cabane, Aux vœux d'un roi se refusa :
D'un vil muet elle est snlîane.
(Le même jeu de scène continue. Ils sortent. )