‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 153 sur 185 · TA P. A RE · texte numérisé non relu

TA P. A RE

Et c'est pour cet indigne objet , C'est pour lui seul qu'elle me brave... .' Calpigi , j e forme un projet :

Coupons 1^, tète à cet esclave ; Défî'::fure-la toul-à-iail; Porte-la de ma part toi-même.

Dis-lui qu'en mes transports jaloux , Surprenant ici 60n époux...

( Il tire le sabre de Calpigi.) C A L P T G I l'arrête et !'■ 'loigue de sou nrui . De cet horrihle stratagème , Ah ! mon ninîfiv, nu'espérez-vous ? Quand elle pourroit s'y méprendre, En deviendroit-elle plus tendre ?

En l'inquiétant sur ses jours , Vous la ramènerez toujours.

A T A. R , furieux.

La ramener.,.! J'adopte une autre idée.

Elle me croit l'ame f achantée :

IVIontrons-lui bie ■; le peu de cas Que je fais de ses /ains appas.

Cette orgueilleuse .. dédaigné son maître' O 1"^ plus cha! lant des projets .' Je pur s l'ar. ace d'un traître Qui m'enleva e cteur de mes sujets ; El j'avilis la saperbe à jamais.

Calpigi....!'

CALPIGI, trooLlé.

Quoi ! Seigneur !

ATAB.

Jure-moi sur ton ame D'obéir.

CALPIGI, plus trouLlé.

Oui, Seigneur.

ATAPw

Point de zèle indiscret

A C 1 Jb 111, f>C ii IN h. VI. 195

Tout-à-rheure.

c A L p I G I , presque égaré.

A linstaut.

ATAR

Prends-moi ce vil muet j

Contîuis-le chez elle en. secret ;

Apprends-lui que ma tendre flimme

La donne à ce monstre pour femme.

Dis-lui bien que j'ai fut serment Qu'elle n'aura jamais d'autre époux, d'autre amant.

Je veux que l'hymen s'accomplisse ;

Et si l'orgueilleuse prétend

S'y dérober, prompte justice.

Qu'a son iit à l'instant conduit.

Avec elle il passe la nuit;

Et qu'à tous les yeux exposée, Demain de mon sérail elle soit la risée ! A présent , Calpigi , de moi je suis content. Toi, par tes signes , fais que cette brute apprenne

Le sort fortuné qui l'attend.

CAI.PIGI, tranquillisé.

Ah! vSeigneur, ce n'est pas la peine;

S'il ne parle pas , il entend.

ATAR

Accompagae ton maître à la garde prochaine. ( Il se retourne pour sortir. ) CALPIGI, en se Laissant pour ramasser la simare de rEni])rreiir, dit tout Jjas à. Tarare.

Quel heureux dénoûment !

(II suit Atar.) TARARE, se relcve à f^cnoux.

• Mais quelle horrible scène!

( Il ôte son masque , qui tombe à terie loin de lui. ) Ah ! respirons.

ATAR revient à rmipartemeut d'Asta.sie, d'un air menaçant , et tlit avec une joie fe'roce. Je pense an plaisir que j'aurai , Superbe ) quand je te verrai Au sort d'un \ieux nègre liée , El par cent cris humiliée !

( Il imite le cliant trivial des esclaves.) Saluons tous la fiere Irza , Qui, regrettant une cabane, Aux vœux d'an roi se refusa :

D'un vil muet elle est sultane.

Hein! (>alpigi ?

( Il va , il V ent. Calpigi , sous prétexte de lui donner sa simare , se met t>mjours entre lui et Tarare , pour qu'il ne le voie pas sans masque , )

CALPIGI, effraye', feint la joie.

Ah ! quel plaisir mon maître aura !

ATAR

Hein ! Calpigi ?

CALPIGI.

Quand le sérail retentira...

ATAR ET CALPIGI, eu duo.

Saluons tous la fiere Irza , Qui, regrettant une cabane, Aux vœux d'un roi se refusa :

D'un vil muet elle est snlîane.

(Le même jeu de scène continue. Ils sortent. )

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