‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 17 sur 185 · ACTE I, SCENE VIII. 3i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII. 3i

qnc hasard ,lieureux ou malheureux , vous eiit présenté certains faits, je vous excujierois de les approfonilir. Mais tendre un piège ! des surprises ! Eh! quel homme , un peu délicat , voudroit prendre un tel avantage sur sou plus mortel ennemi;*

LE COMTE

Il est trop tard pour reculer; le bracelet est fait, le portrait du page est dedans...

bÉGearss prend récrin.

Monsieiir au nom du véritable honneur...

t E C O M T E , a enlevé le ])racelet de l'é.crin. Ah! mon cher portrait, je te tiens! J'aurai du moins la joie d'en orner le bras de ma fille, cent fois plus digne de le porfer...! (Il y substitue l'autre. ) BÉGEARSS feint de s'j opposer. Ils tirent chacun l'écrin de leur côté; Bégearss fait ouvrir adroitement le douLJe fond, et dit. avpc colère :

Ah : voilà la boîte brisée!

LE COMTE, regarde. Non ; ce n'est qu'un secret que le débat a fait ouvrir. Ce double foud renferme des papiers ! BÉGEARSS, s'y opposant .Te me flatte, monsieur, que vous n'abuserez point...

LE COMTE, impatient.

« Si quelque heureux hasard vous eût présenté ^< certains faits , me disois-tu dans le moment , je « vous excaserois de les approfondir... » Le hasard me les offre, et je vais suivre ton conseil. (^11 arrache les papiers. )

BÉGEARSS, avec chaleur.

Pour l'espoir de ma vie entière, je ne voudrois pas devenir com})lice d'un tel attentat ! Remettez ces papiers . luoiiMeur , ou souffrez que je me retire. ( il s'éloigne. )

I. E COMTE, tient des papiers et lit. ( Begears le regarde en dessous, et s'applaudit secrètement.

( Avec fureur. ) Je n'en veux pa.s apprendre davantage ; renferme tous les autres , et moi je garde oeliii-ci.

Non ; quel qu'il soit , vous avez trop d'honneur pour commettre une...

tj E c O M TE , fièrement.

Une....^* Achevez; tranchez le mot. Je puis l'entendre.

BÉGEARSS,se courbant.

Pardon , monsieur, mon bienfaiteur! et n'imputez qu'à ma douleur l'indéceace de mon reproche.

LE COMTE

Loin de t'en savoir mauvais gré , je t'en estime davantage. ( Il se jette sur un fauteuil. ) Ah, periîde llosiue...! Car, malgré mes légér<^és , elle est la seule pour qui j'aie éprouvé... J'ai subjugué les autres femmes! Ah ! je sens à ma rage combien cet indigne passion...! Je me détesie de l'aimer! B É G £ A R s s.

Au nom de Dieu, monsieur, remettez ce fatal papier.

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