I. A COMTESSE
Mais , comme si le ciel n'eût atten lu aussi longtemps , que pour me mieux punir d une imprudence tant pleurée : tout semble s'unir à bi fois pour renverser mes espérances. Mon éj)oux déteste mon fils... I loiestine renonce à lui. Aigrie par je ne sais quel motif, elle veut le fuir pour toujours. Il *'n mourra
le malheureux! Yoilà ce qui est bien certain. (Elle joint les mains ). Ciel vengeur ! après vingt années de larmes et de repentir, ijje réservez-vous à l'horreur de voir lua faute découverte ? Ah! que je sois seule misérable! mou Dieu, je ne m'en plaindrai pas! mais que mon fils ne porte point la peine d'un ci ime qu'il n'a pas commis ! Connoissez-vous , monsieur Kégearss , quelque remède à tant de maux ?
BÉGEARSS
Oui , femme respectable I et je venois exprès dissiper vos terreurs. Quand ou craint une chose, tous nos regards se portent vers cet objet trop alarmant: quoi qu'on dise ou qu'on fasse , la frayeur empoisonue tout. Enfin je lieus la clé de ces énigmes. Tous pouvez encore être heureuse.
T, A COMTESSE
L'est-on avec une ame déchirée de remords.'
BÉGEARSS
Votre époux ne fuit point Léon ; il ne soupçonne iieu sur le secret de sa naissance.
L, A COMTESSE, vivement.
Monsieur Bégearss !
BÉGEARSS
Et tous ces mouvements que vous prenez pour de la haine , ne sont que l'ef/et d'un scrupule. Oh ! que je vais vous soulager!
î. A c o M T E s js E , ardemment.
Mon cher monsieur Bégearss !
BÉGEARSS
Mais enterrez dan.s ce cœur ^anégé le grand mot que je vais vous dire. Votre secret à vous, c'est la naissance de Léon! Le sien est celle de Fiorestine ; ( plus Las ) : ii est son tuteur... et son père. • LA COMTESSE, joignant les mains.
Dieu tout-Pttissant qui me prends en pitié !