‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 55 sur 185 · I. A COMTESSE · texte numérisé non relu

I. A COMTESSE

Mais , comme si le ciel n'eût atten lu aussi longtemps , que pour me mieux punir d une imprudence tant pleurée : tout semble s'unir à bi fois pour renverser mes espérances. Mon éj)oux déteste mon fils... I loiestine renonce à lui. Aigrie par je ne sais quel motif, elle veut le fuir pour toujours. Il *'n mourra

le malheureux! Yoilà ce qui est bien certain. (Elle joint les mains ). Ciel vengeur ! après vingt années de larmes et de repentir, ijje réservez-vous à l'horreur de voir lua faute découverte ? Ah! que je sois seule misérable! mou Dieu, je ne m'en plaindrai pas! mais que mon fils ne porte point la peine d'un ci ime qu'il n'a pas commis ! Connoissez-vous , monsieur Kégearss , quelque remède à tant de maux ?

BÉGEARSS

Oui , femme respectable I et je venois exprès dissiper vos terreurs. Quand ou craint une chose, tous nos regards se portent vers cet objet trop alarmant: quoi qu'on dise ou qu'on fasse , la frayeur empoisonue tout. Enfin je lieus la clé de ces énigmes. Tous pouvez encore être heureuse.

T, A COMTESSE

L'est-on avec une ame déchirée de remords.'

BÉGEARSS

Votre époux ne fuit point Léon ; il ne soupçonne iieu sur le secret de sa naissance.

L, A COMTESSE, vivement.

Monsieur Bégearss !

BÉGEARSS

Et tous ces mouvements que vous prenez pour de la haine , ne sont que l'ef/et d'un scrupule. Oh ! que je vais vous soulager!

î. A c o M T E s js E , ardemment.

Mon cher monsieur Bégearss !

BÉGEARSS

Mais enterrez dan.s ce cœur ^anégé le grand mot que je vais vous dire. Votre secret à vous, c'est la naissance de Léon! Le sien est celle de Fiorestine ; ( plus Las ) : ii est son tuteur... et son père. • LA COMTESSE, joignant les mains.

Dieu tout-Pttissant qui me prends en pitié !

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