‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 7 sur 185 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

FI G A R p.

Furieux ! ( Elle se jove ). Est-ce là notre convention? M'aidez-vous irancheraent , Suzanne, à prévenir un grand désordre? Serois-tu dupe encore de ce trè» méchant liomuie ?

SUZANNE

Non ; mais je crois qu'il se méfie de moi; il ne me dit plus ricu. .l'ai peur , en vérité, qu'il ne nous croie raccommodés.

Feignons toujours d'être brouillés.

Mais qu"as-tu doue appris qui te donne une telle humeur?

FIGARO

Recordons-nous d'abord sur les principes. Depuis fjue nous sommes à Paris , et que M. Alraaviva... (il faut bien lui donner son nom , puisqu'il ne souffre plus qu'on Tappelle Monseigneur...) SUZANNE, avec humeur.

C'est beau ! 'et Madame sort sans livrée ! Nous avons l'air de tout le monde !

FIGARO

Depuis, dis-je qu'il a perdu par une querelle du jeu son libertin de fils aine, tu sais comme tout a changé pour nous î comme l'humeur du Comte est devenue sombre et terrible !

Tu n'es pas mal bourru non plus !

FIGARO

Comme son autre fils paroit lui devenir odieux I

Que trop !

FIGARO

Comme Madame est malheureuse I

i8 LA MERE COUPABLE.

C'est un grand crime qu'il commet!

FIGARO

Comme il redouble de tendresse pour sa pupille Florestine ! Comme il fait , sur-tout , des efforts pour déuaturer sa fortune !

s u z AN N E.

Sais-tu , mon pauvre Figaio ! que tu commences à radoter ? Si je sais tout cela , qu'est-il besoin de me le dire ?

FIGARO

Encore faut-il bien s'expliquer pour s'assurer que l'on s'entend! N'est-il pas avéré pour nous que cet astucieux Irlandais , le fléau de cette famille, après avoir chiffré, comme secrétaire, quelques ambassades auprès du comte, s'est emparé de leurs secrets à tous? que ce profond macbinateur a su les entraîner, de l'indolente Espagne, en ce pays , remué de fond en comble, espérant y mieux profiter de la désunion où ils vivent, pour sépart-r le mari de la femme, épouser la pupille , et envabir les biens d'une maison qui se délabre ?

SUZANNE

Enfin , moi ! que puis-je à cela ?

FIGARO

Ne jamais le perdre de vue ; nie mettre au cours de ses démarcbes.

SUZANNE

Mais je te rends tout ce qu'il dit.

Oh ! ce qu'il dit... n'est que ce qu'il veut dire ! Mais saisir, en parlant, les mots qui lui échappent, le moindre geste , un mouvement; c'est là qu'est le secret de r«me ! il .se trame ici quelque horreur î il faut qu'il s'en croie assuré ; car je lui trouve un air... plus faux, plus perfide , et plus fat ; cet air des sots

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