‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 2)Chapitre 78 sur 185 · I- A c o m T E s s E , effrayée · texte numérisé non relu

I- A c o m T E s s E , effrayée

Je voudrois bien , monsieur, ne pas vous offenser.

T. E COMTE, plus fort.

Ce qu'il a fait, madame! et c'est vous qui le demandez ?

LA COMTESSE.'-u désoi dre .

Monsieur, monsieur ! vous m'effrayez beaucoup ?

LE COMTE, avec fureur.

Puisque vous avez provoqué l'explo-'^icn du ressc'ntiment qu'un respect humain euchaînoit , vous enttudrez son arrêt et le votre.'

LA COMTES S E , plus trouluée.

Ah, monsieur! ah, monsieur...!

LE COMTE

"Vous demandez ce qu'il a fait ?

j.x COMTESSE, levant Ips Lra*.

Non, naonsieur, ne me dites rien!

LE COMTE, hors Je lui.

Rappelez-vous, t'emtue perfide , ce que vous avez

fait vous-même ! et comment , recevant un adultère

dans vos bras, vous avez mis dans ma maison cet

enfant étranger, que vous osez nommer mon iils.

LA r o M T E s s E , au désespoir, veut se lever.

Laissez-moi m'enfuir, je vous prie.

LE COMTE, la clouaiit sur sou fauteuil.

Non , vous ne fuirez pas ; vous n'échapperez point à la conviction qui vous presse. (Lui montrant sa lettre.) Conuoissez-vous cette écriture .'' Elle est tracée de votre main coupable ! et ces caractères .'•anglants qui lui servirent de réponse...

LA COMTESSE, ane'autie.

Je vais mourir î je vais mourir !

LE COMTE, avac force.

Non, non; vous entendrez les traits que j'en al soulignes.' (Il lit avec égarement.) « Malheureux in- « sensé ! notre sort est rempli ; votre crime , le mien, "reçoit sa punition. Aujourd'hui, jour de Saint- «Léon, patron de ce lieu, et le vôtre, je viens de « mettre au monde un Iils, mon opprobre et mon « désespoir »... ( Il parle. ) Et cet enfant est né le jour de la Saint-Léon , plus de dix mois après mon départ pour la Vera Ceux i ( Pendant qu'il lit très fort , ou entend la Comtesse, égarée, dire des mots coupés q^ui partent du de'lire. )

LA COMTESSE, priant , les mains jointes.

Grand Dieu ! tu ne permets donc pas que le crime le plus caché demeure toujours impuni ! LE co M T i..

... Et de la main du corrupteur. ( Il lit. ) « L'ami M qui vous rendra ceci, quand je ne serai plus, est « sur. »

LA CO M TE S S E , priant.

Frajipes , mon Dieu I car je l'ai mérité !

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