SCENE XVIII
rES PRÉCÉDEWTS, FIGARO.
FIGARO, accourant.
Elle a repris sa connoissance ?
SUZANNE
Ab , Dien ! j'étouffe aussi. ( Elle se desserre. )
LE COMTE., crie.
Figaro ! vos secours !
FIGARO, étouffe'.
Un moment; calmez-vous. Son état n'est plus si pressant. Moi qui étois dehors , grand Dieu! je suis rentré bien à propos...! Elle m'avoit fort effrayé ! Allons, madame , du courage !
tiA COMTESSE, })riant , reuvcrsée.
Dieu de bonté , fais que je meure î li É o N , eu Fassejant mieux.
Non maman, vous ne mourrez point, et nous réparerons nos torts. Monsieur î vous que je n'outragerai plus en vous donnant un autre nom , reprenez vos titres, vos biens ; je n'y avois nul droit ; bêlas ! je l'ignorois. Mais , jiar pitié , n'écrasez point d'un déshonneur public cette infortunée qui fut votre... Une erreur expiée par vingt années de larmes est -elle encore un crime alors qu'on fait justice ? Ma mère et moi , nous nous bannissons dé chez vous.
i E COMTE, exalte'.
Jamais ! vous n'en sortirez point.
Lfe o N.
Un couvent sera sa retraite; et moi, sous mou nom de Léon, sous le simple habit d'un soldat, je défendrai la liberté de notre nouvelle patri*^. Incon-
nn, je nionnai ppwr elle, ou je la servirai en zélé citoyen. (Suzanne pleure dans un coin; Figaro est aJjsorhé dans TauLTc. )
La comtesse, pi'niLlement.
Léon ! mon cher enfant ! trm conrajre me rend I3 vie ! Je puis encore la snppor?pr, puisque mon fils a la vcTtu de ne pas détester sa niere. Cette fierté dans le malheur sera ton noble patrimoine. Il m'épousa sans biens ; n'exigeons rJeu de lui. Le travail «le mes mains soutiendra ma foible existence; et toi , tu serviras l'état.
LE COMTE, aVPC (Ir.S'-SpoiT-.
!Xon . Piosine.' jamais. C est moi qui suis le "".Tai coupable ! de combien de vertus je privois ma triste vieillesse...!
LA COMTESSE
Tous en serrz enveloppe. — Florestjne et Fiéc^earss vous restent. Floresta , votre iilie, l'enfant chéri de votre cœur... .'
LE COMTE, ('tonni'
Comment....'' d'où savez - vous...? qui vous la dit....'
LA COMTESSE
Monsieur, donnez-lui tous vos biens , mon fils et moi n'v mettrons point d'obstacle; son bonheur nous consoîeja. T'.Iais, avant de nous séparer, que j'obtienne au moias une gr;ice I Anpreuez-moi copjnieat vous êtes possesseur d'une terrible lettre que je croyois brûlée avec les autres i' Quelqu'un m'a-t-il trahie.^
F r G A. R O , s'écriaQf.
Oui ! l'infâme îiégearss ; je l'ai surpris tantôt qui la reiiicltoità Monsieur.
LE COMTE, parl.nnt vite.
Non . je la dois au seul hasard. Ce matin, lui et aïOî, pour nn tont antre objet, nous examini(»us
I02 LA iWJiJih, C() U FAUL JK.
votre éerin, sans nous douter qu'il eiit un double fond. Dans le débat et sous ses doigts, le secret s'est ouvert soudain ^ à son très grand étonnement. Il a cru le cof/re brisé !
FIGARO, criant plus fort.
Son étonnemeut d'un secret? monstre î C'est lui qui l'a fait faire !
. Est-il possible !
LA. COMTESSE
Il est trop vrai!
LE COMTE
Des papiers frappent nos regards; il en ignoroit l'existence, et, quand j'ai voulu les lui lire, il H refusé de les voir.
SUZANNE, s'ëcriant.
Il les a lus cent fois avec Madame !
LE COMTE
Est-il vrai ? Les oonnois.soit-il ?
LA COMTESSE
Ce fut lui qui me les remit, qui les apporta de l'armée , lorsqu'un infortuné mourut.