ACTE I, SCE?^E IV. 5i
trouve libre ! Il n'y a pas un moment à perdre , il faut m'en faire aimer, et r;irracber à J'indigne engagement qu'on lui destine. Tu connois donc ce tnteur ?
FIGARO
Comme ma mère.
I, E C O M TE
Quel homme est-ce ?
FIGARO, vivcmeut. C'est un beau gros , court, jeune vieillard . gris pouiraelé , rusé , rasé , blasé , qui guette et fureté , et gronde et geint tout à la fois.
LE COMTE, impatienté.
Tli ! je l'ai vu. Son caractère ?
Brutal, avare, amoureux et jaloux à l'excès de sa pupille , qui le hait à la mort.
Ainsi ses moyens de plaire sont...
F I G AR o.
LE COMTE
lant mieux .' Sa probité.'
• F IGAR o.
Tout juste autant qu'il en faut pour n être poiat pendu.
Tant mieux! Punir un fripon en se rendant heureux...
FIGARO
C'est faire à la fois le bien public et pnrticulifr; cuef-d'œuvre de morale , en vérité . Monseigneur •!
LE C O M 1 E
Tu dis que la crainte des galants lui Fait fermer sa por le ?
FIGARO
A tout le monde : s'il pouvoit la calfeutrer...
Ah , diablfc ! tant pis ! Aurois-tu de l'accès chez lui ?
FIGARO
Si j'en ai ! Primo., la maison que j'occupe a])paitient au docteur, qui m'y loge gratis.
LE COMTE
Ah, ah!
f'igaro.
Oui. Et moi, en reconnoissance, je luipiojuets dix pistoles d'or par au ^gratis aussi. LE COMTE, imiiatientë.
ïu es son locataire ?
F I G Aft o.
De plus , son barhier, son chirurgien , son apothicaire ; il ne se donne pas dans sa maison un coup de rasoir, de lancette ou de piston , qui ne soit de la main de votre serviteur.
LE COMTE TeiuLrasse.
Ah, Figaro, inon amil tu seras mon ange ^ mon libérateur, mou dieu tiitélaire.
FIGARO, à part.
Peste! comme l'utilité vous a bientôt rappr och les distances I Parlee-moi des gens passionnés !
LE CO MX E.
Heureux Figaro ! tu vas voir ma Rosine ! tu vas la voir ! Conçois-tu ton b'juheur ?
FIG ARO
C'est bien là un propos d'amant! Est-ce que je l'adore , moi ? Puissiez- vous prendre ma place !
LE COMTE
Ah ! si l'on ponvoit écarter tous les surveillants !
FIGARO
Ces! à quoi je revois.