ACTE III, SCENE XV
BAKTHOI.O, vîtc.
Oui ; nous nous marions séparés de biens.
FIGARO, Vite.
Et nous de corps , dès que mariage n'est pas quittance. ( Les juges se lèvent et opinent tout Las. )
BARTHOLO
Plaisant acq^uiltement !
silence , messieurs ! ^
l' H u I s s I E R , glapissant.
Silence !
BARTHOLO
Un pareil fripon appelle cela payer ses dettes.
F I tv A R o.
Est-ce votre c;iuse , avocat , que vous plaidez.^
BARTHOLO
•Te défends cette demoiselle.
Continuez, à déraisonner ; mais cessez d'injurier. Lorsque, craignant l'emportement des plaideurs , les tribunaux ont toléré qu'on appelât des tiers , ils n'ont pas entendu que ces défenseurs modérés deviendroient impunément des insolents privilégiés. Cest dégrader le plus noble institut. (Les juges continuent il'opiner Las. )
ANTOKio,à IMarceline , montrant les juges.
Qu'ont-ils tant à balbucifier.^
MARCELINE
On a corrompu le grand juge, il corrompt l'autre, ft je perds mou procès.
BARTHOLO, Las, d'un Ion somLre.
J'en ai peur.
FIGARO, gaiement ' ^
Courage, Marceline !
D O u B L E - M A I X se levé ; à. Marceline. Ah « c'est trop fort ! je vous dénonce ; et pour
riionneui du tribunal , je demande qu'avant faire droit sur l'autre affaire , il suit pronoucé sur celle-ci.
LE COMTE s'asssîed.
Non , greffier, je ne prononcerai point stir mon injure personnelle : un juge espagnol n'aura point à rougir d'un excès digne au plus des tribunaux asiatiques : c'est assez des autres abus. J'en vais corriger un second en vous motivant mon arrêt : tout juge qui s'y refuse est un grand ennemi des lois. Que peut requéiir la demanderesse ? mariage à défaut de paiement ; les deux ensemble impliqueraient.