‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 75 sur 237 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

BARTHOLO; DON BAZILE, une lanterne de papier à la main.

CBARTHOLO.

OMMEîfT, Bazile , vous ne ]e coûnoissez pas : c» que vous dites est-il possible?

Tous minterrogeriez cent fois , que je vous ferois toujours la même réponse. S'il vous a remis la lettre de Rosine , c'est sans doute un des émissaires du Comte. Mais , à la magnificence du présent quii m'a fait, il se pourroit que ce fût le Comte luimême.

EARTHOLO.

Quelle apparence ? AJais à propos de ce présent, eh ! pourquoi l'avez- vous reçu ?

BAZILE

Vous aviez l'air d'accord ; je n'y entendois rien ; «l dans les cas difficiles à juger, une bourse d or me paroit toujours un argument sans réplique. Et puis, comme dit le proverbe, ce qui est bon à prendre...

BA R THO LO

J'entends , est bon...

B A ZILE.

A garder,

BARTHOLO, Surpris.

Ah î ah !

B A ZI LE

Oui, j'ai arrangé comme cela plusieurs petits proverbes avec des variations. Mais allons au fait : à quoi vous anétez-vous?

B A R T H OLO.

En ma place , Bnzile , ne feiiez-vous pas les derniers tffurts pour la posséder?

B AZI L £.

Ma foi non. docteur. En toute espèce de biens, •posséder est peu de chose: c'est jouir qui rend beuren.. : mon avis est qu'épouser une femme dont on. n'est point aimé , c'est s'exposer...

BARTHOLO

Vous craindriez les accidents ?

B A Z I LE

Eh , eh 1 monsieur... on en voit beaucoup cette année. Je ne ferois point violence à son cœur. B A R T u o L o .

Votre valet , Bazile. Il vaut mieux quelle pleure de m'avoir, que moi je meure de ne l'avoir pas.

BAZILE

Il y va de la vie .'' Epousez , docteur, épousez.

Aussi ferai^je , et cette nuit même.

BAZILE

Adieu donc. — Souvenez-vous , en parlant à la pupille , de les rendre tous plus noirs que l'enfer.

BARTHOLO

Vous avez raison.

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