‹ vres choisies de Beaumarchais (volume 3)Chapitre 91 sur 237 · CARACTERES ET HABILLEMENTS DE LA PIECE · texte numérisé non relu

CARACTERES ET HABILLEMENTS DE LA PIECE

LE COMTE ALMAVIVA doit être joué très noblement, mais avec grâce et liberté. La corruption du cœur ne doit rien ôter au bon ton de ses manière» . Dans les mœurs de ce temps-là , les grands traitoient eu badinant toute entreprise sur les femmes. Ce rôle est d'autant plus pénible à bien rendre , que le personnage est toujours sacrifié. Mais joué par un comé^ dien excellent ( M. Mole) , il a fait ressortir tous les rôles , et assuré le succès de la pièce.

Son vêtement des premier et second actes est un habit de chasse avec des bottines à mi-jambe , de l'ancien costume espagnol. Du troisième acte jusqu'à la fin, uu habit superbe de ce costume.

LA COMTESSE , agitée de deux sentiments contraires, ne doit montrer qu'uue sensibilité réprimée , ou une colère très modérée ; neu surtout qui dégrade aux yeux du spectateur son caractère aimable et vertueux. Ce rôle , un des plus difficiles de la pièce , a fait infiniment d'honueur au grand talent de mademoiselle Saint-Val cadette.

Son vêtement des premier, second et quatrième actes, est une lévite commode , et nul ornemeut sur la tète : elle est chez elle , et censée incommodée. Au cinquième acte , elle a rhabillement et la haute coiffure de Suzanne .

FIGARO. L'on ne peut trop recommander à Facteur qui jouera ce rùle de bien se péuétrer de son esprit, comme l'a fait M. Dazincourt. S'il v voyoit autre chose que de la raison assaisonnée de gaieté et de saillies , surtout s'il y mettoit la moindre charge , il aviliroit un rôle que le premier comique du théâtre , M. Préville , a jugé dev-oir honorer le talent de tout BEAUMARCHAIS. ?.. lÔ

coint(ken gui »aiiroiten saisir les nuances muîti^Iiéfs, et pourroit s'élever à son entière couception. Son vêtement comme dans le BarJiier de Séville.

SUZAISIVE, jeune personiie adroite, spiritaelle et rieuse, mais non de cette gaieté presque effronîée de nos soubrettes corruptrices . Son joli caractère est dessiné dans la préface ; et c'est là que l'actrice qui n'a point vu mademoiselle Contât , doit l'étudier pour le bien vendre.

Son vêtement des quatre premiers actes est un juste blanc à basquines , très élégant, la jnpe de même, arec une toque appelée depuis par nos marchandes , à la Suzanne. Dans la ftte d'i quatrième acte, le Comte lui po-^e sur la tête une toque à long voile, a • hautts plumes , et à rubans blancs. Elle porte au cinquième acle la lévite de sa maîtresse , et nul oruement iur la tête,

'MARCELI>'E est une femme d'esprit, née un peu vive , mais dont les fautes et rexpéiience ont réformé le caractère. Si l'actrice qui le foue s'élève avec une fierté bien placée à la hauteur très morale gui suit la reconnaissance au troisième acte , elle ajoutera beaucoup à l'intérêt de l'ouvrage.

Son vêtement est celui des duègnes espagnoles , d'une couleur modeste , un bonnet noir sur la tête.

ANTO^NTO ne doit montrer qu'une demi-ivresse , qui se

dissipe par degrés ; de sorte qu'au cinquième acte on

n'en aperçoive presque plus.

Son vêtement est celui d'un paysan espagnol , où les

manches pei.deut par derrière ; un chapeau et des

souliers blancs.'

FANCHETTE est une enfant de dor^ze ans , très naïve. Son petit habit est un juste brun avec des gauces et

des boutons d'argf-nt , la jupe de co'dear trancliante, et nue toque noire à plumes sur la tête. Il sera celui des autres paysanius de la noce.

CHFRUBIX. Ce rùle ne peut être joué comme il l'a été que par une jeune et très jolie fen.>me ; nous n'avons point à nos théâtres de très jeune homme assez formé pour en bien sentir les fiuesses. Timide à l'exoès devant la Comtesse, ailleurs un charmant polisson ; un désir inquiet et vasque est le fond de son caractère. Il s'élance à la puberté , mais sans projet , sans connoissacces , et tout entier à chaque événement ; enfin il est ce que toute mère , au fond du cœur, voudroit peutêtre que fût son fds , quoiqu'elle dût beaucoup en souffrir.

Sou riche vêtement aux premier et sccoud actes est celui d'un page de cour espagnol, blanc et brodé d'argent ; le léger manteau bleu sur l'épaule, et un chapeau chargé de plumes. Au quatrième acte , il a le corset , la jupe et la toque des jeunes paysannes qui l'amènent. Au cinquième acte , un habit uniforme d'officier, une cocarde et une épée.

EARTHOLO. Le caractère et l'habit comme dans le Barbier de Sévilîe; il n'est ici qu'un rôle secondaire.

BAZILE. Caractère et vêtement comme dans le Barbier de Sévdle ; il n'est aussi qu'un rôle secondaire.

BRID'OISON doit avoir cette bonne et franche assurance des bêtes qui n'ont plus leur timidité. Son bégaiement n'est qu une grâce de plus , qui doit être à peine sentie; et l'acteur se tromperoit lourdement et jouernit à contre-sens , s'il y clierchoit le plaisant de son rôle. Il est tout entier dans l'oppo/itiou delà gravité de son état au ridicule du caractère ; et moins l'acteur le chargera . plus il montrera de vrii talent.

Son habit est une robe de juge espagnol , moins ample que celle de nos procureurs , presque une soutanne ; une grosse perruque , une gonille ou rabat espagnol au cou, et une longue baguette blanche à la main.

DOUBLE-MAI?» . Vêtu comme le juge , mais la baguette blanche plus courte.

L'HUISSIER ou ALGUAZIL. Habit , manteau , épée de Crispin , mais portée à son côté sans ceinture de cuir. Point de bottines , une chaussure noire , une perruque blanche naissante et longue à mille boucles , une courte baguette blanche.

CRÎPE-SOLEIL. Habit de paysan, les manches pendantes , veste de couleur tranchée , chapeau blanc.

U>'E JEUNE BERGERE. Son vêtement comme celui de Fanchette.

PEDRILLE. En veste , gilet, ceinture", fouet et bottes de poste, une rescille sur la tète, eliapeau de courrier.

PersojcîAges muets. Les uns en habits de juges , d'autres en habits de paysans , les autres en habits de livrée.

LE

Page 1