MEL AC PERE, AURELLY
A U R E L li Y, gniciucnl.
Je t'ai bien désiré tout-à-1'heurc à l'intendance , ta m'aurois vu batailler...
Contre qui?
AUR £1. li Y.
Ce nouveau noble , si plein de .sa dignité , si gro.s d'argent et si boiifii d'orgueil , qu'il croit toujours »e commettre lorsqu'il salue un roturier.
mÉlAC PERE, tlistnilt.
s Moins il y a de di.stance entre les hommes , plus ils sont pointilleux pour la faire remarquer.
Celui-ci, qui , jusqu'à l'époque de mes lettres de noblesse, ne m'avoit jamais regardé, s'avise de nie complimenter aujourd'hui d'un ton supérieur: «Je « me ilatte (ni'a-t-il dit) que vous quittez euîîn le « commerce avec la roture ».
M É L A c PERE, à part.
Ah ! dieux !
Quoi ?
MÉt.Ar PERE, s'cffoiçonl (le rire.
Je crois l'enteudre.
as LES DEUX AMIS.
Au contraire, monsieur, ;ii-je réponila ; je ne puis mieux reconnoitre le nouveau bien que je lui dois, qu'en continuant à rexeictr avec honneur. mÉlaC PEKE, rml);iras'é.
Ah . mon ami ! le commerce ex^xîse à de si terribles revers .'
AU R E LLY.
Tu m'v fais sous'ef : l'agi nt de change ne s'explique pas ; mais , à son air, je gageiois que le paiement ne se passera pas sans quelque banqueroute considérable.
MÉLAC PERE
Je ne vois jamais ce temps de crise, sans cprouver un serrement de cœur sur le sort de ceux à qui il peut être fatal.
A tl R E L LY.
Et moi, je dis <|ue la pi lié qu'on a pour les fripons, n'e/.st qn'un.-^ misérable foiblesse; un vol qu'on f;(it aux houiiètes gens. La race des lions est-elle éteinte pour....''
MÉL.VC PERE
Je ne parle jioint des fiipons.
AURELLY, avec chaleur.
Les nialhonnètts geus reconnus sont moins à crai/uhe que ceux-ci : l'on s'en méfie ; leur réputation garaiitii au luoins de leur mauvaise foi.
Fort bien: mais...
Mais un méchant qui Iravailla vingt ans à passer pour honnête homme, porte nu coup mortel à la confiance, quand son fantôme d'honneur di.sparoit: l'exemple Ce !^a fausse probité fait qu'on n'ose plus se lier à la véritable.