ACTE III, SCENE I
M K r- A C FIT, S.
Vons m'avez appris i'i respecter tous ceux qui sont sacrés pour vous. Ayez coa(îaiice aux principes de TOfre iils; ce sont les vôtres.
MÉLAC PERE, aviT hoiilc.
Mon ami , tu commences la carrière quand je lînis ]a mienne; et l'on voit différemment. L'intérêt du passé touche peu les jeunes gens , ils sacrifient beaucoup à l'espérance. Mais quand la vieillesse vient 7ions rider le visage et nous courber le corps , défTOÙfés du présent, effrayés sur l'avenir, que restet-il à riiorame? l'unique plaisir d'être content du passe, (d'un (ou plus ferme.) J'ai fait ce que j'ai dû; je vous défends de me presser davantage.
Les suites de cette journée me font mourir de fi'syeur.
MÉLAC PERE
Sainl-Al'ian est généreux, il ne se déterminera pas iégérement à perdre url homme dont il a pensé du bien jusqu'à ce jour.
M É I. A c; FI r, s.
Ah! mon père, si c'est là l'espoir qui soutient votre courage , le mien m'abandonne entièrement. Sjiint-Alban est notre ennemi.
Ne faisons j^oint injure, mon fds, à celui qui n'écoute que la voix de son devoir.
BiÉLAc Fil, s, viveiiieiif .
Il aime Pauline. Il n'est revenu que pour elle , il i:ie croit son rival. Jugez s'il nous hait, et si la jalousie ne lui fera pas pousser les choses... JI F. I, A r: p E R E.
EllepoutToit 1 indisposer. Mais quelle apparence
que Satnt-Alban..,.^
56 LES DEl'X AJÏIS.
mélac fils.
En me confiant ce secret . Pauline ne m'a pas ca« clic combien elle s'alarme pour vous.
MÉLACPERE.
D'où naîtroiî sa jaljusif ? — Nuire à ses desseins! Nous! Y a-t-il un seul instant lîe notre vie où nous ne missions pas tous no--; soin.sà faire entrer Aurellv dans des vues au -si avantageuses pour sa nièce, s'il avoit la ft)lic de s'v refuser? Courez donc le tirer d'erreur, mon lils. — INIais non : il convient que ce soit moi-même; et ce soir... (H fait un mouvement pour sortir. )
M É r. A c F 1 1, s , se iiiPltaul ilcvonl lui.
Ab , mon père! arrêtez... Elle luaime, elle vient de me l'avouer. N'aurai-je donc reçu sa foi que pour la trahira Tinstant!
M E I. A <: PERE, surpris.
Reçu sa foi !
M K r. A c FILS.
Le premier usage que je ferois des droits qu'elle m'a donnés , seroit de les iransmettre à mon ennemi!
MhLAC PERE, .s'ëiiiaulï.iul.
Des droits.' Quel discours! Quel délire!
'mélac fils.
La céder à Saint-Alban me couvnroit de hont» ànutilement.
M K L A c PERE.
Mon fils...
M É L A c FILS.
Pauline outrai(ée me niépriseroit sans ratifier cet i ndigne traité.
M É L A c PERE, Cil colcre.
Quoi donc, luousieur! me crovez-vons déjà si méprisable? Mon inf )rtune a-t-elle éteint en vous le respect."" Vous ne m'écoutcz plus...