‹ vres choisies de BeaumarchaisChapitre 80 sur 200 · ACTE IV, SCENE X · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE X

MÉLAC Fil, S, avec iinlignalioii.

Au prix de m'épouser!... Nous n'ctiousitas assez avilis ; il nous manquoit cet opprobre, p A u I, iV E , pleurant.

.Tai bien prévu que votre aine orgueillense rejetteroit un pareil bienfait.

M É L A C F 1 1 s , furieux.

Il Boe fait horreur. Le service , et celai qui l'offre , et celle qui le rend, je les dctegte tous... C'étoit donc pour cela qu'il éloignoit toute idée de notre nnion? Il me gardoit cette houle : il me raéprisoit , luème avant que le malheur m'eût réduit à souflnc tous le.s outrages. Mais , je le jure à vos pieds , Pauline, fût-elle cent fois plus généreuse, la lille sans iJoiïi,^ans état, et désavouée de ses parents, ne m'appartiendra jamais.

PAULINE

Vous la connoisser, mal ; elle n'a eu en vue que votre père.

MÉt-AC FIL.'!.

Mon père ! faut-il donc nous sauver d'une infamie par nue antre.**... Vous pleurez, ma chère Pauline I Craignez-vous que la nécessité ne me fasse enfin contracter un indigne engagement ?

PA U L, I N E, outrée.

Non, je ne suis plus même assez heureuse pour le craindre. Vous avez prononcé votre arrêt et le mien. Cette infortunée, que -vous insultez avec tant d'inhumanité...

MÉLAC FILS, effravé.

Cette infortunée ?

Elle est devant vos yeux.

MÉLAC FILS

Vons .'

PAU L I >■ E , tomliaut sur un siéj^e. J'avois le cœur percé de cette nouvelle , et vous ayez achevé de le déchirer.

MÉLAC FILS, à ses pietls.

O douleur.'... Pauline! ne nie tendiez-vons ce piège que pour me rendre aussi coupable .•'

PAULINE

Lais.sez-moi.

MÉtAC FILS.

Pourquoi ne pas m'apprendre T...

PAULINE

L'avez-Toas permis . Votre emportement a fait sortir de votre bouche l'affreuse vérité. Monsieur, il n'est plus temps de désavouer vos sentiments. MÉlac FiLS.-ie relevé furieux.

Osez-vous bien vous prévaloir d'une erreur qui fut votre ouvrage.^ Osez-vous m'opposer le désorilre d'un désespoir que vous avez causé vous-même ;' .le vovois les puissants ressorts qu'on foisoit agir contre nous. Je disois : je la perds. Je m'ariiiois, à vos yeux, de toute la force dont je prévoyois avoir besoin. Suis-je donc un dénature ! un monstre! Et quel est l'homme assez barbare [)our imputer à d'innocentes créatures un mal qu'elles ne purent ernpècher .•'

' PAUnîfE, pleurant.

Non , non.

aiÉLAC FILS, plus vîte.

La faute de leurs parents leur 6fe-t-el!e une qualité .•* une seule vertu.' Au contraire, Pauline, et vous eu êtes la preuve, il semble que la nature se plaise à les dédoiiimager de nos cruels préjuges par an mérite plus essentiel.

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