‹ vres choisies de BeaumarchaisChapitre 88 sur 200 · SAINT-ALBAN, PAULINE · texte numérisé non relu

SAINT-ALBAN, PAULINE

SAINT-ALBAN

M.tllieureus* ! à Dieu ne plaise qtie je voulusse \ous obtenir à ce prix !

r A u I. I ÎT E^.

Cepenilant vous abusez de la reronnoissance que je dois à monsieur de Mélac pour exiger ma main.., SAINT-ALBAN s'assied.

Faites-moi la grâce de vous souvenir que mon amour n'a pas attendu cet é-vénement pour se déclarer. Vous savez .'i j'ai souhaité vous devoir à vousmême , et commencer ma recherche par acquérir votre estime...

PAULINE

Que vous comptez pour assez peu de chose,

SAIN T-AL BAN

Daignez ra'apprendre comment je prouverois mieux^Je cas que j'en fais.

PAULINE

Le Voici , monsieur. Si vous croyez votre honneur engagé de rendre un compte rigoureux à votre compagnie, puis -je estimer un hommf qui ue paï'OÎt se souvenir de ses devoirs que pour les sacriiier au premier goùl qu'il veut satisfaire ? Et , si vous avez feint seulement de croire à cette obli^^ation pour vous en prévaloir ici , que j)enser de celui qui se joue de l'infortune des autres , et fait dépendre l'honneur d'une famille resptCtable du caprice de l'amour et des refus d'une jeune lille?

SAIN T- A I, B A N , un [iru décOHCPrle.

Je n'ai à rougir d'aucun oubli de mes devoirs ; mais , en .snppo*ant que le désir de vous plaire eût été capable de ru'égarer... je l'avouerai . niadfuioiselle , je n'en attendois pas de vous le premier reproche.

rAUI,IN E.

Le premier ! vous l'avez reçu de vous-même , lorsque vous avez mis votre silence à prix. SAINT-ALBAN, vivement.

Mon silence! Quelque importance qn'on y attache , il est promis sans conditions ; et c'est sans craindre pour vos amis , que vous êtes libre de nie percer le cœur en refusant ma main.

PACLINE, fermement.

Peut-être avez-vous cru que j'avois, quelque fortune, ou que mon oncle suppléeroit...

SAlNr-ALBAN , vivement.

Pardon, si je vous interromps encore ; je me suis déclaré sur ce point. De tous les biens que vous pourriez ra'apporter, je ne veux que vous : c'est vous seule que je désire.

riU LIN E.

"Votre généro.'-ité , monsieur, excite la mienne ; car il y en a , sans doute , à vous avouer (quand je pourrois le taire) un motif de refus plus humiliant pour moi que le manque de fortune.

s AI NT-AT. B A s.

Votre père m'a tout dit. (Pauline jiaroît extrêmement surprise.) Je vons admire, et voici ma réponse. Je suis indépendant : l'amour vous destina ma main, la réflexion en coijCrme le don, si votre cnr est aussi libre que le mica vous est engagé ; mais, sur ce point seulement, j'ose exiger la jilus grniile franchise.

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