LANDGRAVE DE HESSE
GuillauDQje. W% landgrave de Hesoe, contemporain de Tycho, naquit le 24 juin 1532 et mourut le 2&*i %5Q% à l'Age <Ja soixante ans.
£e l*nc(gra,ve fit tyttir, en 1561, ub observatoire sur le château de Cassel et le pourvut d'une grande variété d'instrumenté en, cuivre, vécûtes avec toute l'wictitode que comportait l'état des arts au xyV siècle. Ces iftstoments lui servirent pour la formation du catalogue de npuf cents étoiles, dopt la science lui est redevable»
Dans l?£t méthode» eroptoyées. par le kovdgrave pour déterminer lep. weensions droites et 1ns déoinaisQna, es remarque particulièrement! celle où il foiseût usage de l'heure ma?qvée pai; «me horloge, ©' est-à-dire du tefflp du, passage dç l'astre dans un azimut déterminé.
Le landgrave connaissait l'existence de la réfracta» atmosphérique, mais il n'en fit pas usage,
Hévéliug pf étendait que le catalogue du landgrave était supérieur à oefyi de Tycho.
. Kepler disait que,, dans tous sos travaux, qui ont duré
CEPLEfc. m
fkm de trente ans, Guillaume IV avait montré un som et t» zèle fort au-dessue de ce qu'on pouvait attendre d'un
L'intervalle de plus de trente ans compris entre 1561 etlSSB doit être partagé en deux périodes : celle où le landgrave observa toat seul ; une seconde, dans laquelle te» les travaux forent exécutés avec le concours de Rothmann et de Juste Byrge, célèbre calculateur et artiste aé en Suisse,
An nombre des principaux résultats obtenus par le todgrave de Basse? on trouve que la parallaxe du Soleil était au-dessous des plus petites quantités dont l'astronomie pèt répondre à la fin du xvie siècle. Voici les obliqniftés de rédiptiqne qoi se déduisent des observations faites à Cassel ; en 1587 1 Rothmann trouvait pour cet élément 2&* 29% 2»- 3©' ou 2&* W *0".
Ajoutons, quand ce ne serait qu'à titre de contraste ivec l'état de la Castille sous le règne d'Alphonse X, que fi^HarmiR IT gouverna ses sujets avec prudence et douet qu'il les maintint dans la paix.
Les immortelles lois de Kepler, fruits (f un des génies scientifiques les plus féconds des temps modernes et d'une indomptable persévérance, ne sont pas les seuls ser-
i. Le véritable nom est Keppler, mais les principaux ouvrage* de l'illustre astronome ayant été écrits en latin , on est générale- ; convenu de rappeler Jean Kepler.
£00 KBPLBR.
vices que cet homme prodigieux ait rendus à l'astronomie. Partout on trouve des empreintes profondes de son iacomparable perspicacité; les vues dont nous lui sommes redevables ont été en partie méconnues, parce qu'elles sont arrivées au public, mêlées à des idées systématiques» On en a pris occasion pour combattre à outrance l'emploi des hypothèses dans toutes les recherches sérieuses, comme s'il était possible d'imaginer des expériences de quelque valeur sans le secours des hypothèses. L'important est de ne regarder toute idée théorique comme parfaitement établie, qu'après qu'elle a été sanctionnée par l'observation et le calcul.
Kepler s'est montré, autant que possible, fidèle à cette règle; il n'a jamais hésité à abandonner ses spéculations les plus chères, lorsque l'expérience venait à les ébranler.
Kepler, réduit par ses besoins poignants et ceux de sa famille, à faire, à la demande des libraires, des publications pour ainsi dire quotidiennes, avait pris l'habitude de penser tout haut et de mettre le public dans la confidence de toutes les idées qui traversaient son cerveau. En est-il beaucoup parmi ceux qu'on appelle les plus sages qui pourraient supporter une pareille épreuve? Je ne prétends pas cependant que les nombreux ouvrages de Kepler ne renferment point des conceptions que les considérations précédentes ne sauraient excuser. Mais du moins une atténuation de leur excentricité se trouvera le plus sour vent dans le genre de vie que les circonstances firent au grand astronome, et dans l'influence que des malheurs de famille sans exemple, avaient dû exercer sur son caractère.
KEPLER. Ml
La liaison que j'essaie d'établir ici entre les embarras de la vie privée de Kepler et ses ouvrages d'imagination , perdra le caractère paradoxal qu'on pourrait de prime abord vouloir lui attribuer, lorsqu'on aura lu la biographie du restaurateur de l'astronomie moderne, fondée en partie sur un ouvrage où M. Breitschwert a analysé des manuscrits inédits découverts en 1831 4.
Jean Kepler naquit le 27 décembre 1571, à Magstatt, village wurtembergeois, à une lieue de la ville impériale de Weil en Souabe. Il vint au monde à sept mois. 11 était très-faible et avait la vue délicate. Son père, Henri Kepler, était fils d'un bourgmestre de la ville de Weil. Sa famille, très-pauvre, avait des prétentions à la no- Messe, un des aïeux de Kepler ayant été fait chevalier à Rome par l'empereur Sigismond. Sa mère , Catherine Guldenmann , fille d'un aubergiste des environs de Weil , s'avait aucune culture intellectuelle ; elle ne savait même ni lire ni écrire ; sa jeunesse s'était passée chez une tante, qui fut brûlée pour cause de sorcellerie.
Le père de Kepler fit la guerre contre les Belges sous le duc d'Albe.
Kepler fut atteint de la petite vérole à six ans. A peine était-il échappé à cette maladie, qu'on l'envoya à l'école de Leonberg, en 1577. Mais lorsque son père revint de Tannée, il se trouva totalement ruiné par la faillite d'un individu qui fit banqueroute, et en faveur duquel il avait imprudemment donné sa garantie. Il ouvrit alors un
L Je suis redevable des emprunts que j'ai pu faire à l'ouvrage de H. Breitschwert, à l'amitié de M. de Humboldt Je lui en témoigne ici toute ma reconnaissance.
«Kl KEPLER.
cabaret à Elmerdingen , retira son fils de l'école où il ne pouvait plus l'entretenir, et lui confia le sois de servir se» pratiques, emploi dont il s'acquitta jusqu'à l'âge de doue ans.
Ainsi, celui qui devait tant illustrer son nom et soi pays, commença par être garçon de cabaret»
À treize ans le jeune Kepler fut atteint d'une notarié maladie, à laquelle pendant quelques jours en crut qu'il ne survivrait pas*
le père de Kepler, dont les affaires ne prospéraient pas, s'engagea dans Tannée autrichienne qui allât cm* battre les Turcs, et depuis lors, on n'en a plus entends parier. Sa mère, dure, d'un caractère tracaasier et rusé, rendit reniant très-malheureux et dissipa Jes fe,<M0 florins que possédait la Camille.
Jean Kepler avait deux frères dont le caractère sympathisait avec celui de leur mère : l'un était fondeur en étain, l'antre soldai; tous deux de véritables vauriens. Le jeune enfant ne trouvait de consolation, au milieu de sa famille, que dans la tendre amitié que lui prodiguait une sœur unique, nommée Marguerite, mariée à un pasteur protestant; quant à ce dernier, il 6e rangea aussi parmi les ennemis du futur astronome.
Kepler fut d'abord employé aux travaux des champs; mais le jeune homme., maigre et très-faible, ne ponrant supporter les fatigues du labourage, on le destina à la théologie. Il entra à dix-huit ans ( 1589) au séminaire de Tubingue, où il fut élevé aux frais de l'État. Dans l'examen qu'il dut subir à Tubingue pour le titre de bachelier, il n'obtint pas le premier rang. Cette distinction fut dé-
KEPLER* m
cernée à Jetan-Hippolyte firent», dont le nom, à ce que je pense, n'est compris dans aucun dictionnaire historique, malgré le peu de soin que mettent les auteurs dç ces ouvrage» à n'y mentionner que de véritables célébrités.
Ce n'est pas la dernière fois: que. nous verrons dans ces notice» les décisions, des autorités universitaires caa* aies impitoyablement par le jugement irrévocable du temps.
Encore assis. sur les bancs de l'école, Kepler prit une part acttoe aux disputes de théologie protestante; mais comme ses brochures étaient contraires à l'orthodoxie vwteanbtrgeoise, on le dédara. in$gne d'avancement dsnarÉglfce.
Heureusement Mœsttin, qui, en 4584, fut appelé oorame professeur de mathématiques de Heidelberg à Tubiogne, donna à l'esprit de Kepler une autre <£rectk>n. Celui-ci abandonna la théologie, mai» sans se débarrasser tout à fait d'une tendance décidée au mysticisme, fait de sa première éducation. De cette époque date Ta première connaissance qu'ait eue Kepler de l'ouvrage de Copernic.
• Dès que je pue apprécier les charmes de la philosophie , dit Kepler lui-même, j'en embrassai avec ardeur toutes les parties; mais je ne donnai pas une attention particulière à r astronomie, quoique je réussisse aisément à bien entendre tout ce qu'on nous enseignait à l'école sur cet objet. J'avais été élevé aux frais du duc de Wurtemberg, et lorsque je vis mes compagnons accepter dans te service du duc des positions pour les-
quelles ils n'avaient pas montre une aptitude particulière, je me décidai à accepter moi-même le premier emploi qu'on m'offrait »
Cet emploi se trouva être celui de professeur d'astronomie.
En 1593, Kepler, âgé de vingt-deux ans, fut nommé professeur de mathématiques et de morale à Graetz, par les États de Styrie. Il débuta par la publication <Fu» calendrier calculé selon la réforme grégorienne.
En 1600, commencèrent les grandes persécutions religieuses en Styrie; tous les professeurs protestants forait chassés du collège de Graetz, y compris Kepler, quoique celui-ci eût été en quelque sorte naturalisé en épousant, en 1597, une femme noble et très-belle, nommée Barbara Muller, qui déjà avait eu deux maris. Cette femme, en se mariant pour la troisième fois, avait exigé des preuves de noblesse que Kepler se vit forcé d'aller recueillir dans le Wurtemberg. Cette union fut peu heureuse.
Dans la môme année, Tycho appela Kepler à Prague en qualité d'aide; mais celui-ci, à peine arrivé, écrivait à ses amis : c Tout est incertain ici, Tycho est un homme avec lequel on ne peut pas vivre sans être sans cesse exposé à de cruelles insultes. La solde est brillante, mais les caisses sont vides, et on ne paie pas. »
Madame Kepler était obligée d'aller demander l'argent à Tycho florin par florin. Cette humiliante dépendance ne dura pas longtemps, Tycho étant mort le 24, octobre 1601.
Kepler fut immédiatement nommé astronome de la cour avec 1500 florins de pension, que du reste on ne
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payait pas : c Je perds mon temps , écrivait-il , à la porte des trésoriers de la couronne et à mendier. »
Une circonstance consola Kepler de tous ces déboires, ce fat la libre disposition qu'il eut dès ce moment des observations originales de Tycho, et la possibilité d'y chercher le secret des mouvements planétaires.
Dans Tannée 1611 , Kepler perdit trois enfants t ainsi que sa femme devenue d'abord épileptique, puis folle. Au nombre des ennuis qu'il eut à endurer nous devons ranger les exigences de l'empereur et d'une foule d'autres princes fort avides d'horoscopes , et la demande qu'ils en frisaient à toutes occasions au célèbre astronome.
Après la mort de l'Empereur Rodolphe, son successeur, l'empereur Mathias, appela Kepler, en 1613, à la diète de Ratisbonhe, pour l'aider à régler la correction du calendrier que les protestants rejetaient en la qualifiant d'odieuse , et, ce qui était bien pis à cette époque , de papale.
Quoiqu'il se trouvât dans la suite du souverain, Kepler était obligé, pour vivre, de composer de petits calendriers renfermant des pronostics : les arrérages qui lui étaient dos à cette époque se montaient à 12,000 écus.
Après avoir plaidé à la diète la cause de la réforme, Kepler se vit forcé d'accepter une chaire de mathématiques au gymnase de Linz. Il y contracta un second mariage avec la belle Susanne Rettinger , dont il eut sept enfants.
Son bonheur intérieur fut de peu de durée.
Les prêtres catholiques de Linz et les prêtres protestants du Wurtemberg lancèrent simultanément contre lui
9* MPLBi.
«ne accusation d'hérésie qu'il ne parvint à repôagw qu'avec beaucoup de peine.
En tfli&, tue lettre de lu **ur de Kepler vital implore* l'appui de ce grand homme en fateur de tfa Aère accusée de sorcellerie. Le procès dora plu de omq m Après avoir inutilement demandé pa* écrit l'iritenfentîM du duc de Wurtemberg pour faire cesëer cette persâcution inouïe, Kepler se rendit k cheval , en 1680, deLim à Stuttgarrd, afin d'essayer l'effet de ses wltfckaliompep' somnelles. Là, il apprit que sa mère, alors âgée de soiatante-quin» ans, était accusée d'avoir été élevée et instruite dans l'art magique, par une tante brûlas à Wfi comme sorcière; d'avoir ensorcelé plusieurs personnes; d'avoir de fréquents entretiens avec le diaMe; de ne pa savoir verser der larmes; de faire périr les cochons * voicsaage sur lesquels elle faisait des promenades nti» tomes; enfin, de ne jamais regarder en face lespersotiinft auxquelles elle parlait, ce qui, disait-on, était une btH* tude cher les sorcières.
On hti reprochait encore d'avoir engagé le fassoyd** lai fournir le crâne de son mari» dont elle voulait, april qu'il aurait été garni d'an cercle d'argent en formel gobelet r faire cadeau à l'astronome Kepler. Celui-ci ne parvint, malgré sa hante renommée, qu'à faire modifltf la sentence qtà derait frapper sa mère* Les juges déei* dèrent que le bourreau terrifierait la vieille femme, en M présentant pièce par pièce les instruments de la tortura» il devait en môme temps lui expliquer leur mode d'action et l'accroissement progressif des douleurs.
Gette épouvantable explication eut Seu : la vietlto
REPU*. Wl
ferme résiste à tontes les menaces ? elle termina par cette déclaration : t Je dirais aa milieu des tourments , je sots UHesftrcière, que ce n'en serait pas moins tm mensonge. »
Tant décourage produisit de l'effet ï la mère de Kepler fct relâchée, et nrourat en août 1929.
Kepler retourna à Linz, mais ses ennemis l'insultèrent à tel point comme fils d'une sorcière, qu'il fut obligé de quitter l'Autriche. Eniia, il fut compris, à l'iwiigation des jésuites, dit-on, dans le traité qui conférait le duché de Meklenbourg au général Wallenstein. Mais l'illustre astronome n'encourageant pas suffisamment le goût décidé da célèbre général pour les prédictions puisées dans l'aspeet des astres, perdit ses faveurs, et fut remplacé par Fastrologue italien Zéno.
H essaya vainement, suivant les conditions du traité passé avec Wallenstein, de se faire payer les arrérages ée ses appointements.
Dams les fréquents voyages à cheval qu'il fit entre Sagan et Ratisbonne pour obtenir qu'on lui rendit justice, sa santé s'altéra , et il mourut âgé de cinquante-neuf ans, le 15 novembre 1630. Kepler laissa à sa mort 22 écus, m habit, deux chemises, et pas d'autres livres que cintjoante-eept exemplaires de ses Épkémérides, et seize eiemplaires de ses Tables rudolphines.
Il avait composé lui-même son épitaphe; on la lit dans Féglfce de Saint-Pierre à Ratisbonne* En voici la traduction :
« J'ai mesuré les deux , h présent je mesure les ombres de la terre. L'intelligence est céleste, ici ne repose que Forobre des corps, »
*tt KEPLER.
Dalberg, le coadjuteur de Mayence, évêque de Ratisbonne, fit élever à Kepler, dans un bosquet dépendant du Jardin botanique de Ratisbonne, un temple d'ordre dorique de dix mètres de haut Le buste et les bas-reliefs sont d'un célèbre sculpteur de Stuttgard. Ceci rappelle ces vers de Voltaire :
Quand dans la tombe un pauvre homme est inclus, Qu'importe un bruit, un nom qu'il n'entend plus? L'ombre de Pope avec les rois repose, Un peuple entier fait son apothéose Et son nom vole à l'immortalité :
De son vivant il fut persécuté.
Nous avons raconté tous les mauvais traitements que Kepler endura pendant sa vie, ajoutons qu'au moment de sa mort les princes qu'il servit même dans leurs caprices, lui devaient 29,000 florins»
Les tristes détails qu'on vient délire assigneraient & la biographie de Kepler une place à part dans le martyrologe de la science. Ils me permettront en tout cas d'aborder avec moins d'embarras, les parties un peu obscures de la carrière de ce grand homme.
Kepler, a-t-on prétendu, croyait aux horoscopes; oa serait plus exact en disant qu'à la demande instante des souverains sou6 le gouvernement desquels sa vie se passa, il fit des prédictions; mais il ne s'expliqua jamais à ce sujet avec la clarté qu'il sut mettre dans ses autres publications.
• Les hommes se trompent, dit-il, lorsqu'ils croient que c'est des astres que dérivent les choses d'ici-bas. Les astres ne nous envoient rien que de la lumière, mais»
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selon que ces rayons de lumière saut configurés à la naissance de l'enfant, l'enfant reçoit la vie dans telle ou telle forme. Si la configuration des rayons de lumière est harmonieuse, il se développe une belle forme de l'âme, et cette âme se construit une belle demeure. Cependant les forts naissent toujours des forts, les bons naissent des bons 4. »
Je supprime, comme étant encore plus inintelligible, ce que dit Fauteur de l'influence des astres sur l'âme du monde pour arriver à l'aveu naïf qu'on va lire :
c Les philosophes, tout en se vantant de leur sagesse, devraient ne pas blâmer avec tant d'amertume la fille de Fastronomie; c'est cette fille qui nourrit sa mère. Combien, en effet, serait petit le nombre des savants qui se dévoueraient à l'astronomie, si les hommes n'avaient pas espéré lire les événements futurs dans le ciel! »
A l'occasion du procès intenté à sa mère, Kepler écrivit un grand nombre de lettres , dans lesquelles il parle de la sorcellerie comme d'un phénomène dont l'existence ne saurait être niée. On est peiné de lire de pareilles opinions dans des écrits sortis de la plume de Kepler; mais qui oserait assurer que ces déclarations ne loi furent point dictées par le désir de ne pas indisposer les juges qui devaient prononcer définitivement sur le sort de sa mère? Un peu de diplomatie serait bien excusable dans un fils plaidant pour sa mère menacée du bûcher.
Kepler avait eu le projet, pour populariser le système
i. Le seul des enfants de Kepler qui lai ait survécu était docteur ea médecine à Kcenigsberg. Il publia un ouvrage posthume intitulé: Mve de Jean Kepler sur fastronomie lunaire.
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de Copernic, de faire construire, aux frais du grandduc Frédéric de Wurtemberg, une sphère dans laquelle chaque corps céleste serait représenté par une boule renfermant une liqueur qui aurait rapport à son essence intime. Le Soleil aurait été rempli d'esprit-de-vin; Mercure, d'eau-de-vie commune; Vénus, de miel liquide; Mars , puisqu'il causait tant de chagrin aux astronomes, en ne voulant pas se plier à leurs calculs, d'absinthe; Jupiter , de vin ; Saturne, de bière.
Tout cela est assurément très-puéril; mais ce qmae l'est pas moins, c'est d'avoir pris la conception au sérieux et de s'en être fait un argument pour prouver le dévergondage d'imagination auquel s'abandonnait Kepler,
Le caractère de Kepler était ferme et très-honorable. L'amour de la vérité sans faiblesse était un titre à sot estime, c J'aime Copernic, écrivait-il, nm-seulenefit comme une intelligence supérieure, mais eaoore comme un esprit libre. »
Lorsque, après le procès de sa mère, il fut obligé de quitter Linz et l'Autriche, Jules de Médias le rew»manda à la république de Venise, qui l'appela comme professeur à Padoue, mais il répondit i * Je suis Allemand de naissance, de sentiment, et habitué comme tel à dire imprudemment partout la vérité. Je ne dois pas m'exposer A être jeté dans un bûcher comme Jordaao Brono. «
À la suite de la condamnation fulminée contre fcuvrage de Copernic et la brochure du carme Foscarini, qui avait entrepris de prouver que les passages de l'Ecriture ne doivent pas s'entendre dans le sens littéral qu'ils
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t présenter, TEpitome de l'astronomie copernicienne fut prohibé en Italie et dans la Toscane par la congrégation de l'Index. C'était à l'époque même où Galilée se débattait vivement contre les inquisiteurs. La nouvelle de la condamnation de son livre jeta Kepler dans «De grande perplexité. « Dois-je en eonclure , écrivait-il à Semas son correspondant, que si j* allais en Italie on pourrait se saisir de ma personne? »
Toujours préoccupé des besoins matériels de sa famille, il craignait que la vente des exemplaires de son livre laissés en dépôt chez les libraires autrichiens, ne fût défendue.
t Faut-il, ajoutait Kepler, que je regarde la condamnation de mon livre comme une invitation indirecte de cesser de professer cette astronomie avec les principes de laquelle j'ai vieilli sans rencontrer jusqu'ici de contradicteurs? Je quitterai plutôt l'Autriche que de consentir à laisser indûment resserrer les limites de la liberté philosophique. »
Les malheurs de Kepler dépendirent en grande partie ffes circonstances cruelles au milieu desquelles sa vie rteoola et aussi de la vivacité de son imagination. Cette imagination, certainement incandescente, fut pour lui quelquefois une source de jouissances d'amour-propre ; témoin ee qu'il raconte dans une de ses lettres des embûches que lui tendirent orne demoiselles, toutes amoureuses fa sa personne, et qui voulaient l'épouser; témoin ces paroles prophétiques qu'il prononça après avoir décou-. vtrt la troisième loi qui porte son nom :
«Le sort en est jeté; j'écris mon livre. On le lira dans rage présent ou dans la postérité, que m'importe? il
pourra attendre son lecteur : Dieu n'a-t-il pas attendu six mille ans un contemplateur de ses œuvres? »
Une chose remarquable et qui prouve la force d'âme dont Kepler était doué, c'est qu'il exécuta les plus grands, les plus laborieux travaux dont la science lui sera éternellement redevable, dans un moment où ses malheurs personnels et les calamités de sa patrie étaient arrivés à leur comble.
Je vais placer à la suite de cette notice biographique, une courte analyse des principaux ouvrages de Kepler, avec la date de leur publication.
10. KEPLERI PRODROMUS DISSERTATIONS COSMOGR APHICARU* , CONTIENS MYSTERIUM GOSMOGRAPBICUM DE ADMIRABILI PRO- PORTIONS ORBIUM GELESTIUM DEQUE CAUSIS CGELORUM HUMER], MAGNITUDINIS, MOTUUMQUE PERIODIGORUH GENUINIS ET PROPRIIS, DBMONSTRATUM PER QUINQUE REGDLARU CORPORA GBOMETRICA.
— Tubingue, 1598.
Je viens de transcrire le titre du premier grand ouvrage sorti de la plume de Kepler. L'auteur y rend compte de ses travaux destinés à lier par des lois régulières tout ce que Copernic avait donné sur les distances et les mouvements des planètes. Kepler était persuadé de l'existence de ces lois en suivant cette pensée de Platon : que Dieu, en créant le monde» avait dû faire de la géométrie.
Les investigations de Kepler sur ce sujet furent longtemps infructueuses; elles eurent cependant pour lui l'avantage, dit-il, de graver dans sa mémoire les distances et les temps des révolutions célestes, de manière à lui permettre des combinaisons qui sans cela ne se seraient pas offertes à son esprit.
Kepler chercha d'abord une loi qui enchaînât les distances considérées isolément ; il n'obtint aucun résultat satisfaisant II voulut ensuite trouver une règle simple et uniforme par laquelle on pût passer du temps de la révolution d'une planète au temps de la révolution d'une autre planète quelconque.
« Je m'abandonnai à ce sujet, dit-il lui-même, à une supposition d'une audace extraordinaire. J'admis qu'outre les planètes visibles, il y en avait deux autres qu'on n'apercevait pas à cause de leur petitesse, l'une comprise entre Mercure et Yénus, l'autre entre Mars et Jupiter. Mais cela même ne me conduisait pas au but. Enfin, j'arrivai à concevoir que le système planétaire avait un rapport direct, quant au nombre des.planètes et à leur distance, avec les corps réguliers dont les anciens géomètres s'étaient occupés. Ces corps sont au nombre de cinq. »
On appelle, comme on sait, corps réguliers, des solides enfermant de toutes parts une portion déterminée de l'espace et composés de figures égales, formant entre elles des angles égaux. Ces corps solides, fort en usage en cristallographie, sont : 1° le tétraèdre ou pyramide triangulaire, composé de quatre triangles équilatéraux; 2* l'hexaèdre ou le cube, formé de six carrés; 8° l'octaèdre, composé de huit triangles équilatéraux ; 4* le dodécaèdre, formé de douze pentagones réguliers; 5* l'icosaèdre, composé de vingt triangles équilatéraux.
Voici d'après Kepler la construction suivant laquelle le rayon d'une orbite peut conduire aux rayons de toutes les autres.
A une sphère dont le rayon serait égal à celui de l'or-
bite de Mercure* circonscrivez l'octaèdre; la sphère circonscrite à ce solide régulier aura un rayon égal à celui de l'orbite de Vénus*
À cette seconde sphère circonscrivez un icosaèdre; la sphère circonscrite à ce solide aura un rayon égal à celui de l'orbite de la Terre.
À cette troisième sphère circonscrivez on dodécaèdre ; la sphère circonscrite à ce solide aura un rayon égal à celui de l'orbite de Mars.
A cette quatrième sphère circonscrivez un tétraèdre, et la sphère circonscrite qui passera par tous les sommets de ce solide aura pour rayon le rayon de l'orbite de Jupiter»
A cette cinquième sphère circonscrivez enfin un hexaèdre ou cube ; la sphère qui passera par tous les sommet* deê angles de oe solide , c'est-à-dire la sphère oirconscrite, donnera le rayon de l'orbite de Saturne.
Kepler ne trouvait pas de mots pour exprimer le plaisir que lui faisait une découverte dans laquelle il voyait non-seulement l'enchaînement régulier des planètes, mais encore la cause de leur nombre.
Les distances obtenues suivant la progression des corps réguliers circonscrits, ne sont pas très-exactement celles que Copernic avait données dans son grand ouvrage , mais les différences semblaient avec raison à Kepler pouvoir être expliquées par l'incertitude des anciennes déterminations. Le Prodromus fut envoyé à Tycho, qui répondit à l'auteur en termes qui l'auraient ravi, dit-il, si la réponse n'eût été suivie tout aussitôt d'une éclipse de soleil qui présageait bien des malheurs !
KEPLER. aift
Os dernières paroles prouvent que Kepler n'était pas parvenu encore à se débarrasser des préjugés de son époque.
On trouve dans le Prodrome un chapitre ou Kepler lait ressortir avec force la simplicité des mouvements célestes dans le système de Copernic, et leur inextricable complication dans les systèmes de Ptotëmée et de Tycho. Ou voit qu'à cette époque (1596) Kepler était déjà un copernicien décidé.
L'auteur ne s'était pas borné à déduire de la conception des corps réguliers les diverses distances des planètes an Soleil, il avait cherché à lier ces distances aux temps des révolutions par une loi mathématique, mais il ne réussît pas. C'est à l'occasion de cette recherche qu'il se posait cette question : Y aurait-il dans le Soleil une âme motrice qui agirait avec plus de force sur les planètes voisines et avec moins de force sur les planètes éloignées? Le mouvement ne serait-*! pas dispensé par le Soleil comme la lumière.
C'est, comme on voit, le premier linéament des dé* couvertes ultérieures de Kepler qui ne s'accomplirent que bien des années après.
Le caractère principal du génie de cet auteur fut la persévérance. Ce n'est, disait-il lui-même, qu'en palpant bas les mars au milieu des ténèbres de l'ignorance, que je ans arrivé à la porte brillante de la vérité.
Je nfai pas besoin de faire remarquer que la conception dont Kepler se montrait si fier, ne pourrait aujourd'hui être soutenue, puisque de nouvelles planètes, Ura- Ms et Neptune, existent au delà de Saturne, et qu'une feule d'astres mobiles très-petits ont été découverts entre
Mars et Jupiter ; puisque d'ailleurs les distances au Soleil des six planètes anciennement connues sont maintenant parfaitement déterminées, et qurelles ne s'accordent pas avec celles qui résultent de la considération des cinq corps réguliers.
C'est dans le Prodrome que se trouvent sous la forme de conseil adressé aux adversaires de Copernic, ces paroles remarquables :
t Le tranchant d'une hache que l'on frappe sur le fer, ne peut plus même ensuite couper le bois. >
AD VITELUONEM PARALIPOMENA, QUI BUS ASTRONOMIE PARS OPTICA TRADITUR ; POTISSIMUM DE ARTIFICIOSA OBSERVATIONS ET JESTI- MATIONE DIAMETRORUM, DELIQUIORUHQUE SOLIS ET LUNA. —
Francfort, 160A.
On trouve dans cet ouvrage, au milieu de beaucoup d'excentricités et d'idées empreintes de tous les préjugés de l'époque, plusieurs traits de génie. Dans l'extrait trèsabrégé que nous allons en donner, le lecteur saura bien lui-même faire la part du vrai et du faux.
La lumière, suivant Kepler, consiste en un écoulement continu de la matière du corps lumineux; il supposait que sa vitesse était infinie.
Elle traverse, dit-il, les corps denses et diaphanes avec plus de difficulté que le vide. L'opacité des corps est attribuée à la disposition irrégulière des interstices compris entre les molécules matérielles. La chaleur est une propriété de la lumière, elle n'a rien de matériel.
Cet ouvrage contient une explication de ce fait mentionné par des auteurs beaucoup plus anciens, que dans une chambre obscure l'image du Soleil, reçue à une
KEPLER. Sa
certaine distance, paraît circulaire lors môme que ses rayons y sont introduits par une ouverture triangulaire, et que pendant les éclipses de Soleil l'image se présente en forme de croissant.
Une démonstration analogue avait déjà été donnée, je crois, par Maurolycus de Sicile.
Kepler rapporte de nombreuses remarques qu'il avait laites en discutant les Tables de Vitellion sur la réfraction de la lumière passant de l'air dans l'eau. Il vit clairement que cette réfraction augmente dans un plus grand rapport que les angles d'incidence comptés à partir de la perpendiculaire; mais il ne découvrit pas la loi expérimentale de la constance du rapport des sinus d'incidence et de réfraction, attribuée par les uns à Descartes, qui la publia le premier, et par les autres au Hollandais Snellius.
En appliquant ce qu'il avait aperçu et en s'occupant de la réfraction de l'eau, il prouva par des raisonnements ingénieux, mais passablement compliqués, comment devait s'opérer la réfraction des rayons lumineux qui passent du vide dans les régions de notre atmosphère. Il reconnut ainsi que la réfraction ne cessait qu'au zénith, et non pas à 45° de hauteur comme Tycho l'avait imaginé.
11 est remarquable que la Table empirique formée par Kepler ne diffère jamais de la réfraction véritable de plus de 9" depuis le zénith jusqu'à 70°.
Kepler a prouvé dans son ouvrage, du moins dans les limites d'exactitude dont les observations étaient alors susceptibles, contre les opinions de Tycho et de Rothmann, que la réfraction de tous les astres à hauteur égale,
est la même, et qu9elle ne dépend ni de la distance de ces astres à la Terre» ni de leur éclat. Il soupçonna aoasi que cette réfraction devait un peu varier avec l'étit de l'air.
Kepler déduisit de ses résultats numériques les densités comparatives de Tair et de l'eau, et trouva les nombres 1 et 1178; le véritable rapport est oelui de 1 à 773.
« Je devine, dit-il, qu'en faisant l'air pesant, je vais soulever contre moi tous les physiciens qui le font léger, mat* la cantemp laiton de la nature m'a fait connaître que notre atmosphère est pesante. » On doit remarquer que ces paroles sont antérieures aux travaux de Torrioetti sur cet objet Torricelli ne naquit qu'en 1608.
Kepler ajoute à l'observation de ViteUion, que les dimensions verticales du Soleil sont diminuées par la réfraction; et il en tire la conséquence, beaucoup plus cachée et beaucoup plus délicate à trouver, que le disque de cet astre doit paraître elliptique.
On trouve dans le même ouvrage une discussion minutieuse et savante de l'observation de réfraction faite en 1596, près de la Nouvelle-Zemble, par des Hollandais.
Kepler attribue la différence qu'on remarque entre le diamètre de la partie de la Lune éclairée par le Soleil et oelui de la portion cendrée, c'est-à-dire le phénomène connu des modernes sous le nom d'irradiation, à une dilatation produite eur la rétine. Il cite à l'appui de cette explication la diminution apparente de diamètre qu'éprouve, suivant lui, une règle opaque dans la portion de son image qui se projette sur la Lune.
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Dana la seconde partie de son ouvrage, Kepler se livre à des conjectures sur des problèmes qu'on ne pouvait pas résoudre alors, Il croit» par exempte , que le Soleil est le corps le plus dense de la nature ; ce cftri a été complète* ment démenti par les résultats des magnifiques combinaisons newtonnienes.
Kepler a été phi* heureux en maintenant que la masse daSftleil est sopérioire aux masses réunies de toutes les planètes. Il pensait que le Soleil doit être diaphane , fct qa'on voit jusque dans son intérieur lorsqu'on ne croit apercevoir que la superficie. Il y avait dans cette conjecture quelque vérité qu'apprécieront ceux qui connaissent les résultats auxquels les modernes sont arrivés sur ta constitution physique du Soleil.
Kepler croyait avoir remarqué que le bord de la Lune est plus lumineux que le centre. Galilée , comme on sait, s'est occupé postérieurement de cette même question, Kepler imagine que la Lune est de même nature que la Terre, et qu'elle pourrait avoir des habitants. Remarquons que ces conjectures sont de six ans antérieures aux observations faites par Galilée avec une lunette.
Kepler nous apprend que l'explication de la lumière cendrée de la Lune donnée par Moestlin , était contenue dans des thèses soutenues en 1596.
Les observations et les conjectures de Kepler sur la scintillation des étoiles et des planètes sont citées dans la notice que j'ai consacrée à ce phénomène. Il n'est pas nécessaire de les rappeler ici. «
Cest dans YAslronomiœ pars optica que se trouvent les opinions de Kepler sur la nature intime des comètes, et
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sur les phénomènes optiques qui peuvent donner lieu aux apparences des queues droites ou courbes.
Kepler trouve la cause de la lumière rougeâtre que la Lune nous réfléchit pendant les éclipses, dans les rayons réfractés par notre atmosphère, lesquels rayons diminuent la longueur du cône d'ombre projeté par la Terre à l'opposite du Soleil. On a très-peu ajouté depuis Kepler à ce que cette théorie renferme de spécieux et de satisfaisant.
L'auteur, après avoir établi que pendant les éclipses totales du Soleil on voit autour de l'astre éclipsé une couronne de lumière, dit qu'on peut rendre compte de cette couronne, soit par l'atmosphère du Soleil, soit par l'atmosphère de la Lune. Il y a peu d'années, malgré tout le parti qu'on a pu tirer des lunettes, nous n'étions guère plus avancés au sujet de l'auréole que du temps de Kepler.
c D'après des calculs, quelque peu incertains à cause de l'inexactitude des Tables, dit Kepler, Saturne dut être occulté par Jupiter en 1464. L'observation n'a pas été faite, mais les événements qui suivirent cette époque paraissent à l'auteur une preuve suffisante que l'occultation a eu lieu. » Je n'ai sans doute pas besoin de dire dans laquelle des deux catégories signalées plus haut je range cette opinion de l'illustre astronome.
Kepler a indiqué dans l'ouvrage que nous analysons les moyens de déduire la différence de longitude de deux lieux, des observations des éclipses solaires. Ce procédé est plus difficile mais beaucoup plus exact que celui qui résulte des éclipses de Lune.
Les variations perpétuelles dans la parallaxe de la Lune
rendaient le calcul des éclipses de Soleil extrêmement minutieux et délicat. Kepler eut le premier la pensée d'assimiler les éclipses de Soleil aux éclipses de Lune. Il supposa l'observateur situé dans le Soleil, et calcula l'entrée des différentes régions de la Terre dans le cône d'ombre projeté par la Lune à l'opposite de l'astre radieux; c'était, à proprement parler , calculer une éclipse de Terre. C'est en suivant cette conception ingénieuse que les géomètres sont parvenus à donner pour le calcul des éclipses de Soleil des formules presque aussi simples que les procédés relatifs aux calculs des éclipses de Lune proprement dites.
Maurolycus avait cru impossible de considérer la rétine comme l'organe principal de la vision, parce que les images des objets extérieurs doivent y être renversés, et que la vision aurait eu les mêmes défauts. Kepler ne se bissa pas arrêter par une semblable difficulté , et montra que, nonobstant le renversement des images oculaires, nous devions voir les objets droits ; c'est donc à lui qu'est due la découverte de la vraie théorie de la vision.
Kepler explique ensuite la confusion de la vision des myopes , en faisant remarquer que les rayons lumineux partant des divers points d'un objet, se réunissant alors avant la rétine, forment sur cet organe une image d'une certaine étendue, en sorte qu'un point est représenté par une surface. Il ajoute : • De là vient que ceux qui souffrent de ce défaut de la vue, voient doubles ou triples des objets déliés et très-éloignés; de là, quant à ce qui me concerne, résulte qu'au lieu d'une seule Lune, j'en vois dix ou même davantage.
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Il parait avoir senti, pour ce qui est des images multiples, qu'il était nécessaire qu'il se formât dansl'œad» hiatus qu'il attribuait aux procès ciliairea.
Kepler avait remarqué dans le même ouvrage, queli partie brillante du croissant de la Lune semblait avoir un plus grand diamètre que la portion cendrée l# ou, comme on dit en Angleterre, que la nouvelle Lçae«m» brasse l'ancienne. Il donna une explication plausible de cet effet
Kepler s'occupa le premier, à ce qu%il parait, delà recherche du mécanisme à l'aide duquel l'œil peut sV dapter à la vision distincte d'objets diversement éloignés. Il crut trouver ce mécanisme dans l'action des procès ciliaires, par laquelle l'œil se serait allongé ou raccourci à volonté. Cette théorie, qui aujourd'hui même a conservé quelques partisans, est sujette à des difficultés anaton* ques sur lesquelles nous ne saurions insister ici; nous ferons remarquer seulement qu'en posant le problème, qu'en indiquant une de ses solutions possibles, Kepler W vraiment preuve de génie.
Les observations variées de Délavai prouvèrent, dans le siècle dernier, que la lumière que les corps colorés ep* voient à notre ceil n'est pas seulement réfléchie à la surface extérieure des molécules dont ces corps peuvent être censés formés comme le supposait Newton, mais que cette lumière a pénétré dans l'intérieur de ces corps d'où elle s'est réfléchie. Kepler avait déduit de ses expériences, faites plus d'un demi-siècle auparavant, une conséquence analogue,
Kepler a expliqué d'une manière satisfaisante pour-
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quoi la Loue et le Soleil paraissent beaucoup plus grands i Fhorizon qu'à une certaine hauteur au-dessus de ce plan.
DE STELLA NOYA ITT PEDE SERPENTARIÏ, ET QUI STJB EJM EXOR- T» DE HOTO I2II1T TR1GONO I6RE0» URELLUS A&TRONOMICI9, PBYS1C1S, METAPHTS1CIS ET A3TROLOGICIS DISPUTATIONIBUS EU- DOXIS ET PARADOXIS PLENUS. — ANNEXERONT, 1° DE STELLA
ihoqghita cygni narratio astrokomica ; V db issu christi
SERYATORI0 VERO AlftO HATALITIO CONSIBfiRATIO NOYISSIMJL SENTENTLE LAURENTII SUSLYGiE POLONI , QUATUOR ANNOS IN USI- TATA EPOCHA DESIDERANTIS. — fragile, 1660.
Dans cet ouvrage, Kepler se montre copernicien ardent En parlant des objections faites contre le système 4e l'astronome de Thorn, il s'écrie : « Comment les philosophes ne voienWte pas qu'ils veulent ôter un fétu de Foeil de Copernic, et n'aperçoivent pas une poutre dans l'œil de Ptolémée?»
Après un historique détaillé de la découverte de l'étoile nouvelle du Serpentaire et des considérations théoriques sur sa scintillation, Fauteur discute les observations qui en avaient été faites en divers lieux, et prouve qu'elle l'était douée ni d'un mouvement propre ni d'une parallaxe aimueUe.
Quoique Kepler affecte, en général, dans cet ouvrage de mépriser l'astrologie, après avoir réfuté longuement les critiques de Pic de la Mirandole, il y maintient la réalité de l'influence des planètes sur la Terre lorsqu'elles mk disposées les unes relativement aux autres de certaines manières. On y voit, entre autres, avec étonneflfeot qie Mercure a beaucoup de pouvoir pour amener les tempêtes.
Tycho soutenait que l'étoile de 1572 avait été formée de la matière de la Voie lactée. Quoique rétoile de 1604 fût voisine de cette zone lumineuse, Kepler ne pensait pas qu'on dût lui donner la même origine, la Voie lactée n'ayant pas changé depuis le temps de Ptolémée. Mais qu'en pouvait-il savoir? Ce qu'il y a de certain, dit Kepler, c'est que l'apparition de cette nouvelle étoile réduit au néant les idées d'Aristote sur l'incorruptibilité des deux.
Kepler examine si l'apparition de l'étoile nouvelle avait quelque rapport avec la conjonction des planètes qui eut lieu peu de temps auparavant dans son voisinage. Mais bientôt, renonçant ^trouver des causes physiques propres à expliquer la formation de l'astre nouveau, il s'écrie : « Dieu qui se plaît à donner aux hommes des preuves de ses soins constants, a pu ordonner l'apparition de l'étoile dans un lieu et dans un temps où elle ne pouvait échapper aux recherches des astronomes, t
En Allemagne avait cours la locution, nouvelle étoile nouveau roi; « il est étonnant, dit Kepler, qu'aucun ambitieux n'ait cherché à profiter du préjugé vulgaire. »
Nous ne dirons rien de la dissertation de Kepler sur l'étoile nouvelle du Cygne, qui parut de son temps, si ce n'est que l'auteur y a réuni tout ce que l'érudition la plus vaste pouvait lui fournir pour démontrer que cette étoile était nouvelle et non pas seulement variable,
Kepler cherche à prouver que l'année de la naissance de Jésus-Christ n'a pas été fixée avec précision, que 'e commencement de notre ère devait être reculé de quatre et peut-être de cinq ans , en sorte que Tannée 1606 devrait prendre le millésime de 1610 ou de 1611.
ASTROffOMIA NOYA «wtcXapiTOÇ ", SITE PHTSICA COELESTIS, TRADITA COmfEftTARÛS DE MOTIBCS STELLA MARTIS EX OBSERVATION I- BtS TTCHOÏUS-BRAHE. — Prague, 1609.
Dans ses premières recherches pour perfectionner les Tables Rudolphines, Kepler n'avait pas encore eu la hardiesse de se séparer entièrement du système des excentriques et des épicycles longuement expliqué dans Y Aimageste, et adopté par Copernic et Tycho. Seulement, il avait maintenu par des raisons empruntées à la métaphysique ou, si on l'aime mieux, à la physique, que les conjonctions devaient être rapportées au Soleil vrai et non pas, comme on l'avait fait généralement avant lui, au Soleil moyen. Mais des calculs très-laborieux, et continués pendant un grand nombre d'années , ne le satisfirent pas : il restait désormais de 5 à 6 minutes dont il voulut se débarrasser. Cest à ces petites erreurs que fut due définitivement la découverte du vrai système du monde. Kepler osa alors rompre entièrement avec le vieux système des mouvements circulaires uniformes autour d'un point excentrique, idéal, vide de toute matière, et des mouvements qui se faisaient dans une épicycle. Il supposa que le Soleil était le centre des mouvements s'effectuant le long de la circonférence d'une ellipse dont cet astre occupait un des foyers. Pour ôter à cette suposition son caractère hypothétique, il exécuta un nombre prodigieux de calculs, avec une infatigable persévérance et une ténacité sans exemple.
11 reconnut ainsi que sa théorie représentait l'ensemble