RŒMER
Olaûs Rœmer naquit à Copenhague, le 25 septembre 1646. H fut amené en France par Picard, en 1672, et devint un des premiers membres de l'Académie
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des sciences de Paris nouvellement créée. On a de lui une grande découverte bien constatée, qui suffira pour immortaliser son nom.
Des observations du premier satellite de Jupiter, faites par Rœiner et par Dominique Gassini, indiquèrent une inégalité que les deux savants astronomes crurent ua moment pouvoir attribuer à la propagation successive de la lumière. Cassini rejeta bientôt cette idée si juste. Rœraer en maintint l'exactitude, et attacha ainsi son nom aune des plus grandes découvertes dont l'astronomie moderne puisse, se glorifier..
Roëmer quitta la France comme Huygens à l'époque de la révocation de redit de Nantes. Frédéric IY le reçut avec une grande faveur, et lui conféra le titre de profesrseur royal. Plus tard, il fut nommé conseiller d'État et premier magistrat de Copenhague, emploi qu'il remplit pendant cinq années à la grande satisfaction du souverain et du public
Condorcet fait à cette occasion les réflexions suivantes:
« Frédéric I Y était heureusement supérieur à ce préjugé si commun dans les cours, que les savants sont incapables des places d'administration, comme si l'habitude de chercher la vérité ne pouvait pas tenir lieu de la routine qui s'acquiert dans les emplois subalternes. Si pourtant l'on prend l'esprit d'intrigue pour celui des affaires, et l'art de tromper ou d'opprimer les hommes pour celui de les gouverner, on a raison de croire que les savants n'y sont pas propres, et qu'une âme qui s'est longtemps nourrie de l'amour de la vérité et de la gloire, ne peut guère sentir la nécessité ni prendre l'habitude
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de ce mélange de fausseté et de bassesse qu'on décore du nom d'habileté. »
Rœmer mourut de la pierre, le 19 septembre 4710, à soixante-six ans.
On a fait remarquer avec raison, qu'après l'idée si heureuse, d'attribuer les différences, qu'on observe entre les retours du premier satellite de Jupiter, aux limites du cône d'ombre pendant la première et pendant la seconde quadrature de la planète, et la propagation successive de la lumière, Rœmer, chose inexplicable, négligea de prouver qu'on trouverait, dans la même hypothèse, l'explication des inégalités présentées par les trois autres satellites.
On pourrait s'étonner avec autant de raison qu'il n'ait pas essayé d'évaluer plus exactement qu'il ne l'a fait la vitesse de la lumière.
Horrebow , l'élève de prédilection de Rœmer et son admirateur sans réserve, fixe à 14" iO" au lieu de 8" ï& le temps que la lumière emploie à franchir L'intervalle qui sépare le Soleil de la Terre.
Rœmer, qui avait été témoin à Paris des difficultés de faire mouvoir dans le plan du méridien la lunette d'un quart de cercle mural , c'est-à-dire une lunette pirouettant sur un, axe très-court et assujettie à s'appliquer sans cesse sur un limbe imparfaitement dressé, imagina et construisit la lunette méridienne. Cet instrument, qu'on voit aujourd'hui dans tous les observatoires, est donc de l'invention de l'astronome danois.
On lui est aussi redevable d'un micromètre ingénieux dont on faisait souvent usage pour l'observation des
éclipses vers la fin du xvir siècle. Avec ce micromètre, on pouvait augmenter ou diminuer l'image du Soleil ou celle de la Lune, de manière qu'elles fussent exactement renfermées entre deux fils situés près de l'oculaire.
Ce fut Rœmer, qui, par son influence, obtint l'introduction du calendrier grégorien en Danemark, qui eut lieu en 1710.
Les manuscrits de l'illustre astronome furent presque tous perdus dans l'horrible incendie qui dévora l'observatoire de Copenhague, le 20 octobre 1728.
Flamsteed naquit à Denby, à 5 milles de Derby, dans le Derbyshire, le 19 août 1646. Il vint au monde dans un tel état de faiblesse que sa famille désespérait de le conserver. Les tendres soins dont il fut l'objet firent disparaître ces appréhensions, mais Flamsteed resta toujours valétudinaire. Sans sortir des écoles du voisinage, il poussa son instruction littéraire assez loin. Ses auteurs favoris étaient Plutarque et Tacite. Plus tard il fut pris d'un goût irrésistible pour la lecture des romans, auquel succéda, chose singulière, un goût également vif pour la gnomonique. Ses journées se passaient alors à dresser des cadrans solaires. Il fit plus, il calcula des éphémérides dans lesquelles il fixait, pour sa station, le commencement et la fin des éclipses de Soleil des années 1666 et 1668; mais les observations de ces phénomènes
n'ayant pas été faites avec des moyens suffisants, elles ne reçurent aucune publicité.
En 1669, Flamsteed rédigea un excellent écrit sur l'équation du temps, qui a vu le jour avec les Œuvres posthumes d'Horroccius.
Nous ne parlerons pas ici de toutes les pratiques auxquelles le jeune Flamsteed se soumit pour essayer de se guérir d'une affection morbide qui se porta subitement sur ses genoux, car nous n'aurions à noter que l'ignorance des médecins de cette époque et la crédulité des malades.
En 1670, le père de Flamsteed s'étant aperçu de la vocation de son fils pour l'astronomie, l'envoya à Cambridge où commencèrent ses premières relations avec Newton , qui alors était occupé de ses recherches optiques et du perfectionnement du télescope à réflexion. Dans les Mémoires qu'il a écrits sur sa vie, Flamsteed explique les doutes qui s'élevèrent dans son esprit sur la composition de la lumière, entre autres sur cette proposition de la théorie newtonienne, que le blanc résulte de toutes les couleurs prismatiques.
De retour à Derby, Flamsteed s'occupa, autant que ses moyens le permettaient, d'observations astronomiques isolées qu'il communiquait de temps à autre à la Société royale et qu'Oldenburg faisait imprimer dans les Transactions philosophiques. En 1675 il obtint, par la protection de M. Jonas Moore, professeur dé mathématiques du prince qui fut depuis Jacques II , la place d'astronome royal avec 2,500 francs d'appointements annuels. Cette même année il entra dans les ordres sacrés.
Une anecdote, racontée par Flamsteed lui-même,
assigne une origine curieuse à rétablissement de l'Observatoire de Greenwich. Il y avait à Londres, en 1675, un individu nommé M. de Saint-Pierre, protégé par une dame française fort en crédit à la cour. IL de Saint-Pierre croyait avoir trouvé une méthode pour la détermination des longitudes. Le roi la fit examiner par une commission dans laquelle on remarquait entre autres lord Browncker, sir Christophe Wren, sir Jonas Moore et M. Hooke. La commission s'adjoignit Flamsteed, à qui fut confiée plus spécialement la. discussion de la méthode nouvelle. Flamsteed fit voir clairement l'insuffisance des données que M. de Saint-Pierre empruntait aux tables astronomiques de l'époque, et le projet fut abandonné. Mais Charles II ayant compris ainsi le besoin de perfectionner les catalogues d'étoiles, décida qu'un observatoire, oii l'on s'occuperait spécialement de cet objet, serait immédiatement construit aux frais de l'État, et que Flamsteed en aurait la direction. On eut d'abord la pensée de rétablir à Cheisea ou à Hyde-Park., mais sir Christophe Wren, le célèbre architecte de Saint-Paul , recommanda une colline située dans le parc de Greenwich. Son avis ayant été adopté, Ton se mit immédiatement à l'oeuvre. L'observatoire ne fut guère muni à l'origine que d'instruments dont FIam~ steerl s'était servi à Derby et de quelques autres pour lesquels, dit-il, la mauvaise nature (M nature) de M. Hooke et son caractère altier exercèrent la plus fâcheuse in<fluence.
On lit avec tristesse dans les Mémoires que Flamsteed a laissés pour ses biographes, le récit des essais répétés et presque toujours infructueux que l'inhabileté des artistes
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de l'époque lui imposa. On admire en même temps sa constance et sa libéralité , car les essais dont nous parlons absorbèrent une bonne partie de son patrimoine.
C'est de Flamsteed que date l'emploi , chez, nos voisins, des instruments méridiens si vivement et si inutilement recommandés auparavant par Picard.
En 1694 et 1695 prit naissance un différend qui apporta un grand trouble dans la vie de Flamsteed. Newton, naturellement désireux de comparer sa théorie de la Lune avec les positions observées, alla à Greenwich demander des observations de notre satellite» Flamsteed lui en fournit 150, mais sous la condition expresse qu'on ne communiquerait à personne ni les observations elles-mêmes ni les conséquences qui s'en déduiraient. Flamsteed crut que la condition n'avait pas été observée, et se plaignit de ce qu'il appelait un manque de foi ; de là un commencement de froideur entre lui et l'auteur des Principes mathématiques de la philosophie naturelle. Cette froideur dégénéra en une véritable hostilité pendant les négociations qui amenèrent l'impression des nombreuses observations faites à Greenwich* Les torts ne furent pas tout à fait du côté de Flamsteed , quoiqu'on doive les attribuer principalement à son extrême susceptibilité.
Flamsteed, peu satisfait de ses instruments et par conséquent des résultats qu'ils avaient pu lui fournir, ne se bâtait pas de publier ses observations. Les esprits soupçonneux répandirent le bruit que le directeur de Greenwich ne publiait rien parce que ses registres étaient presque vides et qu'il passait son temps dans l'indolence. Les choses allèrent à ce point, qu'un commissaire royal fut
nommé pour prendre connaissance des travaux de Flamsteed. On reconnut bientôt alors combien le soupçori de paresse était mal fondé, mais on n'en persista pas moins à chercher les moyens de faire jouir les astronomes des travaux exécutés avec tant de peine et, disait-on, aux frais de l'État. La commission, dans laquelle on comptait deux hommes très-compétents, Newton et Halley, et des amateurs tels que le médecin Arbuthnot, décida que l'un de ses membres, Halley, ne tiendrait aucun compte des objections du directeur de Greenwich et procéderait à la publication des observations désirées. Le prince Georges de Danemark, mari de la reine Anne, pourvut aux premiers frais.
C'est donc par une sorte de violence que les travaux exécutés à l'observatoire de Greenwich virent d'abord le jour. Mécontent de cette publication, dans laquelle il s'était glissé plus d'une erreur, Flamsteed entreprit à ses propres frais une édition nouvelle que la mort l'empêcha de conduire à son terme, et que ses héritiers achevèrent en 1725.
Flamsteed mourut à Greenwich le M décembre 1719, à l'âge de soixante-treize ans. Près de cinquante années de cette longue vie furent utilement consacrées à l'astronomie pratique, à Derby, à Londres, et définitivement à Greenwich. L'ouvrage capital de Flamsteed, celui qui recommandera son nom à la postérité, est le Catalogue britannique contenant, défalcation faite des doubles emplois, les positions de 2852 étoiles. On a de lui aussi des cartes célestes très-répandues, et dont on a publié diverses réductions.