HALLEY
Edmond Halley naquit à Londres, le 8 novembre 1656. Il ne nous est rien parvenu sur son enfance ; mais nous savons qu'à dix-sept ans il étudiait avec le plus grand succès, dans un des collèges d'Oxford, le latin,. le grec, l'hébreu, l'arabe, l'algèbre et la géométrie. Bientôt l'astronomie eut toutes ses préférences. Persuadé dès ses premiers pas que les progrès de cette science dépendaient de la formation d'un catalogue d'étoiles méridionales qui serait le complément de celui de Tycho, il résolut de se transporter dans l'hémisphère austral pour y exécuter ce travail. Muni des pressantes recommandations du roi Charles II et des directeurs de la Compagnie des Indes, il s'embarqua au mois de novembre 1676 pour Sainte-Hélène, où il espérait trouver un climat très-propre aux observations astronomiques; mais il fut cruellement trompé : des brumes lui dérobaient presque continuellement la vue du ciel. Découragé par ces contrariétés et par les tracasseries que lui suscitait sans cesse un employé supérieur de l'administration dont le nom ne nous est pas parvenu, il quitta cette île maudite aprè#y avoir fait un séjour d'environ une année, et retourna en Angle-
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terre où il s'occupa sans relâche de la rédaction de son voyage et d'une foule d'autres recherches importantes.
Le désir de lever les scrupules d'Hévélius sur les observations faites avec des instruments divisés, armés de pinnules télescopiques (lunettes) au lieu de pinnules ordinaires, le conduisit à Danzig où il eut une conférence avec l'astronome polonais. Il avait alors vingt-trois ans. Il parcourut ensuite l'Allemagne, l'Italie, la France, laissant partout le souvenir d'un homme aimable et d'une rare intelligence. De retour en Angleterre, il reprit avec ardeur le cours de ses travaux. Il se maria en 1682.
Un Mémoire, qu'il avait publié sur la déclinaison de l'aiguille aimantée, fit naître le désir de soumettre la théorie nouvelle à l'épreuve d'expériences décisives. Le gouvernement lui confia le commandement d'un navire avec lequel il quitta les côtes d'Angleterre, le S novembre 1698. Mais quelques accidents de navigation et l'insubordination du commandant en second, le forcèrent de rentrer au commencement de juillet 1699 , avant d'avoir accompli totalement sa mission. L'autorité cassa le lieutenant, et Halley repartit au mois de septembre 1699» Il poussa ses investigations dans l'Atlantique jusqu'au moment où des barrières de glaces l'arrêtèrent au 52e degré de latitude australe» Son retour en Angleterre eut lieu le 18 sep* tembre 1700. On remarqua, avec une juste surprise, que pendant un voyage si long et dans des climats si divers, il n'avait pas perdu un seul homme de son équipage.
Parmi les travaux du capitaine Halley (car il porta quelque- temps ce nom) , bous pourrions citer une carto des côtes de la Manche qu'il exécuta avec toute l'exac-
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titude que comportaient les instruments de son époque.
En 1703, il remplaça Wallis comme professeur de géométrie à Oxford. En 1713, il fut nommé secrétaire de la Société royale de Londres.
A la mort de Flamsteed, en 1720, Halley fut appelé à lui succéder dans la place de directeur de F observatoire de Greenwich.
Pendant Tannée 1729, l'Académie des Sciences de Paris lui conféra le titre d'associé étranger.
Il s'éteignit le 25 janvier 1742, à l'âge de quatrevigtaix ans, des suites d'une paralysie dont il avait été atteint quelques années auparavant
Nous allons indiquer successivement ses principales découvertes.
Halley signala le premier les inégalités en sens contraires qu'éprouvent Jupiter et Saturne dans leurs vitesses de circulation autour du Soleil.
Il montra le parti qu'on pouvait tirer des passages de Vénus pour déterminer la distance du Soleil. à la Terre.
Il prouva que certaines comètes décrivent des ellipses, et indiqua un moyen très-simple de prédire leur retour.
C'est à lui qu'on est redevable des premières idées qu'on ait eues sur le mouvement propre des étoiles.
On le voit par ce court résumé, Halley méritera de vivre dans la postérité comme un des savants qui ont le plus contribué aux progrès de l'astronomie. Son génie scientifique fut apprécié de bonne heure, parce qu'il était uni au plus noble caractère.
Weidler, en commençant le récit de son voyage à