GAY-LD&SAC U
riûclDMâson*. On a. appri* également que dana un lieu doué et à uns épeqne donnée, la dorée des oscillation* dtane aiguille dépend de sa température; on j aurait dono maintenant, si Ton entreprenait un voyage magnétique, à tenir compte d» toutes ces oawfies perturbatrice*-; mais, <feon&-4e sea» flatterie, à l'époque où il fut publié, le tra* jail de MM.deHamboidt et Gay-Lussac était un modèles
Si nous jetons le* yeux sur le second volume des Mémoire» d'Arouetl, nous y trouvons, entre autres ta&> vaux très-dignes d'intérêt, un Mémoire mr la canbinmson de* substances gmzeuses entre eliee; ce Mémoire contient des résultats tellement remarquables*, tellement important^ qu'on* a pria l'habitude de les appeler les lois de Gay-Lussac,
11 me serait maintenant très-difficile de tracer un histo? rique détaillé et parfaitement exact de la théorie ato* inique.. Cet historique devrait, je crois, remonter à Higgina, chimiste irlandais,. dont l'ouvrage, publié en 1789* ne m'est connu que par de très-courtes citations de Hum? pkry Davy. Viennent ensuite les recherches de Dation* qui sont de 1802. Ce qu'il y a de eertain, c'est que la loi des volumes fut démontrée expérimentalement par notre confrère en 1808, sans que notre ami eût rien appris des premiers essais plus ou moins systématiques de ses prédécesseurs.
Les lois dont nous parlons peuvent être énoncées en ces termes :
Les gaz, en agissant les uns sur les autres, se combinent en volume dans les rapports les plus simples; tels sont ceux de 1 à 1, de 1 à 2, ou de 2 à 3*
3* GÂT-LUS5AC.
Non-seulement ils ne se réunissent que dans ces proportions, mais encore la contraction apparente de volume qu'ils éprouvent quelquefois par la combinaison , a aussi un rapport simple avec le volume d'un des gaz combinés.
Gay-Lussac a plus tard eu la hardiesse de déduire de ses lois la densité des vapeurs de plusieurs corps solides, tels que le carbone, le mercure, l'iode, parties intégrantes de certaines combinaisons gazeuses. Cette hardiesse, comme des expériences ultérieures Font prouvé , a été couronnée d'un plein succès»
Récemment, on a cru pouvoir déduire de Finégalc dilatation des divers gaz par la chaleur, la preuve que la loi des volumes n'est pas mathématiquement exacte. Supposons, disent implicitement les savants critiques, que deux gaz se combinent à volume égal, à une température déterminée, à celle de 20 degrés centigrades, par exemple , et que la combinaison se fasse de molécule à molécule : portons à 40° la température des deux gaz. Si à 20° des volumes égaux renfermaient le même nombre de particules élémentaires, il n'en sera plus ainsi à 40°; ce seront donc des volumes inégaux qui entreront en combinaison, en supposant -que l'union doive toujours s'effectuer de molécule à molécule.
On voit que la critique implique la vérité absolue de la théorie atomique des combinaisons, laquelle, par parenthèse, peut paraître moins bien établie que la loi de Gay-Lussac.
Ne serait-ce pas d'ailleurs un hasard bien singulier qui aurait conduit notre confrère à opérer précisément aux températures où la loi serait rigoureusement exacte?
% Remarquons, en point de fait, que, dans l'étude de la nature , i\ n'est presque jamais arrivé que l'expérience ait conduit, à travers quelques légères déviations, à des lois simples , sans que ces lois soient devenues les régulatrices définitives des phénomènes : le système du monde offre un exemple frappant de cette vérité. Les lois du mouvement elliptique des planètes ne sont exactes qu'en négligeant les inégalités connues sous le nom de perturbations, et qui placent chaque planète tantôt en avant, tantôt en arrière de la position que les immortelles vues de Kepler lui assignent
Si jamais on établit par des expériences directes que les principes posés par Gay-Lussac ne se vérifient pas lorsque les températures viennent à varier, ce sera le cas de chercher s'il n'existe point une cause naturelle à laquelle ces perturbations puissent être attribuées.
Dans le cadre restreint qui m'est tracé , je ne pouvais présenter sur la question délicate que j'ai osé aborder , que de simples doutes ; en tous cas , l'assimilation dont ils m'ont donné la pensée me semble de nature à satisfaire les partisans les plus enthousiastes delà gloire scientifique de Gay-Lussac.
Lorsque Laplace , envisageant sous un jour nouveau les phénomènes capillaires, désira comparer les résultats de ses savants calculs à ceux de l'observation ; lorsqu'il voulut avoir à ce sujet le dernier mot de l'expérience, il s'adressa à Gay-Lussac. Celui-ci répondit complètement à la confiance de l'immortel géomètre. Je dois faire observer que l'instrument qu'il imagina est dans de petites dimensions, celui-là même qui sous le nom de cathéto-
as GÀY-LUSSÀC.
mètre est devenu d'un usage si général parmi les physiciens. Je laisse à ceux qui se croiront en droit de le faire, le soin de réclamer la priorité quant à l'emploi, du mot de çathétomètre, généralement adopté aujourd'hui; maïs l'instrument, dans son principe et même dans sa forme, n'en restera pas moins une des précieuses inventions dont notre confrère a.doté la science*
HUTMX «rfttGTdS'ATBCILÀ WLE DE L*iO0LE POfaYRCBiaQIE.
Nous voici arrivés à l'époque où, en marchant daos.la voie si heureusement ouverte par Nicholson et Garlisle, et suivie par Berzelius et Hisinger, Humphry J)avy parvint, à l'aide de la pile, à transformer la potasse et la soude en métaux qui se pétrissent seus les doigts, comme de la cire; qui flottent à la surface de l'eau, car ils sont plus légers qu'elle; qui s'allument spontanément dans ce liquide en répandant la plus vive lumière.
L'annonce de cette brillante découverte, à k un 4e 1807 , produisit une profonde émotion dans le monde scientifique. L'empereur Napoléon s'y associa , et mit à la disposition de l'École polytechnique les fonds nécessaires à l'exécution d'une pile colossale. Pendant qu'on construisait cet instrument puissant, MM. Gay-Lussac et Thénard , à qui il devait être confié , imaginant que l'affinité ordinaire bien dirigée suffirait à k production du potassium et du sodium, tentèrent des expériences variées, fort dangereuses, et réussirent au delà de leurs espérances. Leur découverte fut publiée le 7 mars 1808. Dès ce moment les deux métaux nouveaux qu'on.n'obte-
StfY*LUSâUL w
nait par la pile .qu'en i très-petite quantité, purent ètie produits en grande abondance,, et devinrent ainsi un instrument usuel d'analyse xhindique»
On » devine facilement que nos deux célèbres compatriotes ne laissèrent ipas inactiis dans leurs mains les moyens d'investigation qu'ils venaient de préparer ei heureusement. <lfe tmiranLie .potassium et te sodium eh contact -avec .presque ? toutes les substances chimiques connues, .et ;remarquèrent, dans .ces .expériences, les réactions -les plus fécondée en conséquences théoriques. Hoie nou» contenterons de citer »ici ia décomposition de L'acide autrefois nommé boraci que, ta découverte de son Tadioal , jgpe des auteurs appelèrent le .bore. "Nous devons mettre aussi à un rang très-élevé dans leurs recherches, les expériences aussi difficiles que variées ai l'aide desquelles ils déterminèrent les actions exercées par les deux jiouveauJL métaux jair Pamraoniaque, les résultats de leur travail rit Taride fiuorique, aujourd'hui appelé fluorhyjfcrique,jet.la découverte du gaz nouveau qu'ils nommésait flaoboiique. Par l' enchaînement de leurs recherches, les deux illustres chimistes furent amenés à .tentée l'analyse du corps qu'onappetait *ators <aoide;muria tique oxygéna; ils firen^xonoattre les résultats dedeurs nombreuses* expé- «nc06fte^7 février 4869. Leur communication se ter* «nait .par cette j phrase que je transcris textuellement : *Dfapiès les<faits qui «ont rapportés dans ce*Mémoire, on pourrait supposer que ce gaz (le gaz acide •muriatique oxygéné)/ est un corps simple. Les phé»omènesfqu'il présente s'oxpltqaeot iassez<bien!drasoeette hypothèse ; nous «jdierohons^peiût'cependailtà la défendre, parée qu'il
40 GÀY-LUSSAC.
nous semble qu'ils s'expliquent encore mieux-en regardant l'acide muriatique oxygéné comme un corps composé. »
Ils faisaient par cette déclaration une large concession aux opinions dominantes dans la Société d'Arcueil, à celles qui étaient patronées avec une grande vivacité par Laplace et Berthollet. Humphry Davy, qui n'était nullement gêné par des considérations personnelles, soutint que la première interprétation était seule admissible; il regarda l'acide muriatique oxygéné comme un corps simple qu'Ampère proposa d'appeler le chlore; l'acide muriatique ordinaire devint alors la combinaison de ce radical avec l'hydrogène sous le nom d'acide hydrochlorique ou chlorhydrique. Cette manière d'interpréter les faits est aujourd'hui généralement adoptée.
On voit par cet exemple qu'il est des cas où les conseils du génie , quand ils prennent le caractère impérieux que des conseils ne devraient jamais avoir, peuvent quelquefois éloigner les esprits droits de la vérité.
Lorsque la pile colossale construite avec les fonds alloués à l'École polytechnique par Napoléon eut été achevée, MM. Gay-Lussac et Thénard s'empressèrent d'étudier ses effets; mais ils furent moins énergiques qu'on ne s'y était attendu. Aussi , après divers essais sans résultats saillants, les deux illustres chimistes se bornèrent-ils à poser des principes généraux sur le mode d'action de ces appareils lorsqu'ils dépassent les dimensions habituelles.
On trouve dans leur ouvrage un chapitre où l'on examine les causes diverses qui font varier l'énergie d'une batterie galvanique; où l'on donne les moyens de mesu-
GAY-LUSSÀC. H
rerses effets; où Ton étudie l'influence qu'exerce, suivant sa nature, le liquide contenu dans les auges, et les variations d'intensité qui peuvent dépendre du nombre et de la surface des plaques employées , etc.
ANALYSE DES MATIÈRES ORGAIfIQCES.
L'analyse des substances animales et végétales a pris depuis quelques années un développement immense, et a conduit aux résultats les plus importants. Ces progrès de la science sont principalement dus à la méthode imaginée par Gay-Lussac pour effectuer les analyses organiques, et que tous les chimistes ont adoptée.
Notre confrère brûlait la substance à analyser par le bioxyde de cuivre. Ce procédé était une grande amélioration de celui dont il s'était servi avec son associé et ami M. Thénard, dans lequel la combustion était opérée à l'aide du muriate suroxygéné de potasse, nommé aujourtfbui chlorate de potasse,
RECHERCHES SDR L\I0DE.
M. Courtois, salpétrier à Paris, découvrit, vers le milieu de 1811, dans les cendres des varechs, une substance solide qui corrodait ses chaudières, et qui , depuis, sur la proposition de Gay-Lussac, a été nommée iode, à cause de la couleur violette extrêmement remarquable que possède sa vapeur. M. Courtois remit des échantillons de cette substance, peu de temps après sa découverte, à MM. Desorines et Clément , qui en firent l'objet de leurs expériences. M. Clément ne rendit publique la découverte
4* 6UYrLUS£ÀG.
de M. Courtois et les résultats qu'il avait obtenue .eu .collaboration .avec M. Desoruies, qœ dans la séance de la première classe de lîlnstitut du 6 décembre 1813» Sir Humphry Davy qui, à cause de son .génie, scientifique, avait obtenu exceptionnellement de l'Empereur la permission de .traverser la France, «e trouvait alors à Paris. Il avait reçu de M. Clément, peu de temps après son arrivée, des échantillons nombreux de la«ubstance mystérieuse. M. Gay- laissas l'apprend, et juge d?tm coup d'œil à combien de trritiques blessantes pour l'honneur de nos expérimentateurs et de nos Académies, pourra donner lieu P antériorité accordée ainsi par le hasard et un peu de légèreté aux: investigations du chimiste étranger. Il va aussitôt rue du Regard, chez le pauvre salpêtrier, en obtient une petite quantité de la matière découverte par lui, se met à l'œuvre et produit en peu de jours un travail également remarquable par la variété, l'importance et la nouveauté des résultats. L'iode devient, sous l'œil scrutateur de notre confrère, un corps simple, fournissant un acide particulier en se combinant avec l'hydrogène, et un second acide par son union avec Poxygène. Le premier de ces acides montrait, . par un exemple. nouveau, que l'oxygène n'était pas le seul principe acidifiant, comme on Pavait cru pendant longtemps* Ce travail de Gay-rLussac-sur l'iode fut complété postérieurement, et Pon trouve dans un très-beau Mémoire iort étendu, lu le 1er. août 4814 et imprimé parmi ceux de l'Académie, les résultats variés des investigations de notre confrère.
Xous les chimistes qui ont lu ce travail .y mt admiré
GÀY-LUSSAC. 43
-st la fécondité de l'auteur pour varier. les ^ocpérienees et la sûreté de jugement qui le dirige toujours, quand il faut les interpréter et en tirer des conséquences générales.
Dans plusieurs chapitres de ce travail si remarquable, Fauteur insiste particulièrement sur l'analogie qu'il a. établie entre le chlore, te soufre et l'iode, ce qui jette «m grand jour sur plusieurs branches de ta science, qui, alors, étaient enveloppées d'obscurité,
BiCOTTOKTB 4DU'CrANOG*TfB.
Le bleu de Prune, matière bien connue desmanufac» tuners et des: peintres, -avait été l'objet des recherches <Tun grand nombre de savants, parmi lesquels nous citerons principalement l'académicien Macquer, Guy ton de Morveau, Bergman, Scheele, JBerthollet, /Proust et M. Porrett
Gay-Lussac entra à son tour dans la lice; ses résultats sont consignés dans un Mémoire qui fut lu devant la première classe de l'Institut, le 18 septembre 1615. À partir de ce moment, tout ce qui était douteux acquit de la certitude ; la lumière succéda à l'obscurité. Ge Mémoire, m des plus- beaux dont la science puisse s'honorer, révéla me muUJtwte de faits nouveaux d'un immense intérêt pour les théories chimiques. Ceux qui le bront avec soin* verront au prix de quelles fatigues, de quelles précautions, de quelle sobriété dans îles déductions, de quelle Bsctitude dans le jugement, :*n observateur parvient .à éviter les faux peseta léguer à. ses successeurs un tra~ «ail définitif; je veux >dire;an.tsavail que des recherches
44 GAY-LUSSÀC.
ultérieures, ce qui est si rare, ne modifieront pas d'une manière essentielle.
Dans cet admirable Mémoire, Fauteur donne d'abord une analyse exacte de l'acide qui entre dans la composition du bleu de Prusse et qui fut nommé par Guyton de Morveau de l'acide prussique, mais qu'on n'avait pas obteuu jusqu'au travail de notre ami à l'état de pureté , mais seulement mélangé à de l'eau. Il montre ensuite comment il est parvenu à isoler le radical de l'acide prussique , qui depuis a été nommé le cyanogène.
Il établit que le cyanogène est un composé d'azote et de carbone, que l'acide prussique est formé définitivement d'hydrogène et de ce radical, et qu'il doit prendre le nom d'acide hydrocyanique auquel les chimistes substituent souvent aujourd'hui celui d'acide cyanhydrique. Il indique avec le plus grand soin ses réactions sur un grand nombre de substances simples ou composées, solides ou gazeuses. Il fait connaître la combinaison du cyanogène avec le chlore, qui doit porter naturellement le nom d'acide chlorocyanique. En résumé, dans ce travail, Gay- Lussac comblait une lacune de la chimie, en montrant qu'il existe une combinaison d'azote et de carbone; il prouvait que le cyanogène, quoique composé, joue le rôle d'un corps simple dans ses combinaisons avec l'hydrogène et avec les métaux , ce qui , à l'époque où notre confrère écrivait, était dans la science un exemple unique. J'ai dit que, pour établir de si magnifiques résultats, Gay-Lussac montra une constance infatigable. Si on en veut la preuve, je rappellerai, par exemple, qu'ayant voulu savoir quelle modification l'électricité pourrait pro-
duire dans le mélange de deux gaz, il y fit passer jusqu'à cinquante-trois mille étincelles.
On lit avec un vif regret, dans le Mémoire de notre confrère, la phrase que je vais transcrire : «Je m'étais flatté, en me livrant à ces recherches, de jeter quelque jour sur toutes les combinaisons de l'acide hydrocyanique; mais les devoirs que j'ai à remplir m'ont forcé de les interrompre avant qu'elles eussent atteint le degré de perfection que je croyais pouvoir leur donner. » Quels étaient ces devoirs qui empêchèrent, en 1815, Gay-Lussac d'achever cette œuvre de génie? C'était, je le dis à regret, l'obligation de pourvoir à ses besoins et à ceux de sa famille, par des leçons publiques presque journalières, qui absorbaient un temps que notre ami eût désiré consacrer plus utilement à l'avancement de la science.
Le cyanogène, ce corps, l'un des principes constituants du bleu de Prusse, fournit, en se combinant avec l'hydrogène, un poison tellement subtil qu'un célèbre physiologiste qui le premier s'en servit dans des expériences sur des animaux vivants, s'écria, en voyant ses effets : • Désormais on peut croire tout ce que l'antiquité a dit de Locuste. » Le même savant académicien a constaté par ses expériences qu'on ne voit chez les animaux empoisonnés aucune lésion dans les organes essentiels de la vie. Cette action du liquide obtenu pour la première fois par Gay-Lussac, paraîtra d'autant plus mystérieuse , qu'elle est produite par un corps composé d'azote, l'un des prin* cipes constituants de l'air atmosphérique, d'hydrogène, l'un des principes constituants de l'eau, et de charbon, dont l'innocuité est proverbiale. Une réflexion encore, et
46* GJu5r-LUaS*C,
j' ai fini isitroetr article» Les chimistes ne manquent jamais*, lorsqu'ils trouvent un produit nouveau, de dira quel goût il possède. Qui ne songe avec effroi que, s'il ne.se fût pas départi de l'habitude générale, que s'iL eût placé uae ample goutte de ce liquide sur sa langue, noire ami. fût tombé à l'instant comme frappé de la foudre 1 L'odeur d'amandes amères qu'exhalùntt dit-on, les cadavres defr animaux qui ont péri sous l'action de l'aoide hydrocyanique, n'eût mis alors personne sur la voie pour faire connaître la cause de cette catastrophe nationale..
BAROHÂTHE A SIPHON — MODE 0B SUSPENSION . DES NUAGES. — NUAGES ORAGEUX. — DIFFUSION DES GAZ ET DES TAPEURS. — CHALEUR CENTRALE DU GLOBE.
Gay-Lussac publia, en 1816, la description d'un baromètre portatif à siphon qui s'est fort répandu, surtout depuis quelques améliorations que l'artiste Bunten lui a fait subir.
Ce n'est pas le seul service que notre ami ait essayé de rendre à la météorologie.
Dans une Note insérée , en 1822 , au tome xxi dçs Annales de chimie et de physique , il a fait connaître ses idées sur le mode de suspension des nuages. En voyant le mouvement ascensionnel que le courant ascendant atmosphérique donne aux bulles de savon, évidemment plus pesantes que l'air, il croit pouvoir attribuer à ce même courant la suspension des molécules vésiculaires aux élévations les plus considérables.
Avant cette époque, en 1818, dans une lettre adressée à M. de Humboldt, Gay-Lussac avait cherché les causes
gày-lussag; 47
de la formation des nçages orageux. Suivant lui, l'éleetricité, habituellement répandue- dans l'air, suffit pour rendre compte des phénomènes présentés • par ce genre de nuage. Lorsque les nuages orageux sont d*un© grande densité ils jouissent des propriétés? des? oorpa solides *. l'électricité primordialementfdissénMiïée dans leur masse se porte à* la surface et y possède une grande tension, envertu de laquelle elle peut vaincre: de tempe- en i temps la> pression dé l'air et ^élancer en longues étincelles, swfc d'un* image à l'autre, soit sur laâiHrfscede^la terre..
On voit combien ces idées aoïit'diffiérentesrde* celles da Tolta, le maître à tous en matière d'électricité; . Quel que: soit le jugement que Ton veuille porter sur les1 théories rivales, on reconnaîtra que dans la discussion de ce que. Gay-Lussoc appelle ses conjecture^ il s'est montré très* habile logicien et parfaitement, au. courant des pror* priétés les plus subtiles du fluide électrique.
Parmi les recherches de notre ami, destinées à éblairer les points les plus délicats de la météorologie, nous devons citer aussi celles qui concernent la vaporisation et la dissémination des vapeurs, soit dans des espaces vides, soit dans des espaces renfermant dès fluides aériformes. Je m'aperçois que, malgré un engagement formel , je {Mirai à peine dire quelques mots de? opinions de Gay- Lossac sur les phénomènes volcaniques* Ces opinions ont été publiées, en 1828, seus le titre de Réflexions, tes un Mémoire inséré au tome xxîi; des Annales de, (Marie et de physique.
L'auteur ne croit pas que la chaleur centrale de latent, si cette chaleur existe, contribue en rien à la
*g OAY-LUSSAC.
production des phénomènes volcaniques* Ces phénomènes, suivant lui, sont dus à l'action de l'eau, probablement de l'eau de mer, sur des substances combustibles. Dans cette hypothèse , les torrents de matières gazeuses qui sortent des bouches des volcans devraient renfermer beaucoup d'hydrogène et d'acide hydrochlorique; il faut voir dans le Mémoire original la manière dont l'auteur explique l'absence de l'hydrogène dans ces émanations aérif ormes, et les procédés qu'il indique aux Monticelli, aux Cavelli, et autres savants observateurs, convenablement placés pour s'assurer de l'existence de l'acide hydrochlorique.
Je ne pense pas que ce Mémoire, malgré tout ce qu'il renferme d'ingénieux, ait résolu la question tant controversée des phénomènes volcaniques. Au reste, je ne fais en ceci qu'imiter la réserve de Gay-Lussac; il dit modes^ tement en commençant son Mémoire : « Je n'ai pas ( en géologie) l'étendue des connaissances qu'il faudrait pour traiter un tel sujet, je ne ferai que l'effleurer. »
SERVICES RENDUS PAR GAY-LUSSAC A L'INDUSTRIE. — ALCOOMETRE. — ALCALIMÉTRIE. — FABRICATION DE L'ACIDE SULFURIQUE. — ESSAI DES MATIÈRES D'OR ET D'ARGENT.
S'il fallait s'en rapporter aux conséquences logiques, inévitables, des paroles de certains biographes, dont je me plais d'ailleurs à reconnaître le grand mérite, le jeune homme qui se voue à la science, particulièrement quand d'éclatants succès ont marqué ses premiers pas, abdiquerait par cela même sa liberté. On a, en effet, examiné quelquefois non-seulement ce qu'ont fait ceux
GÀY-LUSSÀC. 4*
dont on écrit l'histoire, mais on a prétendu même pouvoir s'occuper de ce qu'ils auraient dû faire, è l'époque où, faute d'inspiration, ils ont senti, dans l'intérêt bien entendu de leur dignité et de leur gloire, le besoin de se reposer. Dans cet examen, on ne prend aucun souci, ni delà fatigue amenée par l'âge, ni des infirmités qui en sont la conséquence, ni des devoirs de famille, tout aussi sacrés pour l'homme adonné à l'étude que pour tous les autres citoyens.
Gay-Lussac n'a pas échappé à cette façon quelque peu blâmable d'envisager les choses; on s'est plu à signaler dans la carrière de notre illustre confrère deux phases distinctes : la première, consacrée à l'étude spéculative des phénomènes naturels; la seconde, vouée tout entière aux applications et devant amener des profits matériels.
Dans cette seconde partie, qu'on a prétendu, sinon flétrir , du moins amoindrir beaucoup , comparativement à la première, Gay-Lussac, investi de la faveur du gouvernement, fut successivement appelé à éclairer par ses conseils scientifiques la fabrication des poudres, à servir de guide à l'administration des octrois, à diriger le bureau de garantie, devenu vacant par la mort de Vauquelin, etc., etc.
L'invention de procédés nouveaux et marqués au coin de l'exactitude, de la simplicité et de l'élégance, prouve combien Gay-Lussac était esclave de ses devoirs; elle démontre que le gouvernement n'aurait pas pu mieux placer sa confiance.
L'Académie, appelée à se prononcer sur le mérite des alcoomètres devenus usuels de notre confrère, adoptait,. m.— m. 4
le 3 juin 1822, un rapport terminé par les conclusions suivantes :
t On voit, en résumé, que ML Gay-Lussac a traité la question de l'aréométrie sous toutes ses faces et avec son habileté accoutumée. Les tables qu'il a déduites d'un travail pénible de plus de six mois, seront, pour l'industrie et pour la science, une précieuse acquisition; l'autorité y trouvera aussi, suivant son vœu, les moyens d'améliorer et de simplifier la perception de l'impôt, et le guide le plus sûr qu'elle puisse suivre. »
Aussi fécond dans l'invention des procédés industriels que dans la découverte de vérités scientifiques, coup sur coup et comme par enchantement, Gay-Lussac crée la chlorométrie ; invente des méthodes exactes pour déterminer la richesse des alcalis du commerce ; imagine des moyens ingénieux à l'aide desquels la fabrication de l'acide sulfurique est devenue beaucoup plus économique, et n'a pas désormais besoin d'être transportée dans des lieux déserts; il couronne cette série de travaux importants par la découverte d'un procédé qui a été substitué dans tous les pays civilisés à la coupellation, méthode ancienne et défectueuse d'analyser les alliages d'argent et de cuivre.
Vraiment, je me demande par quelles spéculations théoriques Gay-Lussac eût mieux rempli la seconde phase de sa carrière, puisque phase il y a, qu'en produisant des travaux qui à leurs mérites scientifiques joignent l'avantage d'être susceptibles d'applications actuelles et multipliées , de servir de guide sûr aux commerçants , aux industriels, au public, et d'éclairer l'administration.
Ce serait, suivant moi. s'abandonner à l'idée la plus
GAT-urssAC. m
erronée , que de prétendre confiner les hommes de génie dans la voie des pures abstractions, et de leur interdire les découvertes qui peuvent être utiles à leurs semblables. Yeut-on d'ailleurs savoir à quoi Ton s'expose, lorsqu'on juge d'après des idées préconçues, ce qu'un savant aurait pu , aurait dû faire?
Gay-Lussac, suivant vous, jouissait d'une excellente santé 9 et eût pu, septuagénaire, montrer l'ardeur, l'activité y la fécondité de sa jeunesse; et un événement cruel vous a prouvé qu'il portait dans son sein le germe de ta. maladie qui l'a enlevé si inopinément à l'Europe savante.
Vous le croyiez entièrement absorbé dans la voie des affaires, et, au même moment, il construisait à grands frais, dans sa campagne de Lussac, un laboratoire, sur lequel feront bien de se modeler les chimistes qui , pour eux-mêmes ou pour le public , auront à diriger l'exécution d'établissements du même genre.
On représente notre confrère comme exclusivement préoccupé des applications lucratives de la science, à r époque où, se recueillant pour méditer sur des théories m nombreuses et si diverses, il écrivait les premiers chapitres d'un ouvrage qu'il n'a malheureusement pas achevé, intitulé : Philosophie chimique.
J'espère, après ce peu de mots, que les biographes dont les opinions ont rendu cette digression nécessaire, sentiroat , dans l'occasion , le besoin de ne s'expliquer que sur les productions scientifiques qui ont été soumises au public, et de se taire sur celles dont selon leur appréciation le savant eut dû enrichir le monde. C'est presque prêcher l'ingratitude à la postérité!
Je dois ajouter que les savants illustres dont j'ai cru devoir combattre les opinions sur un point spécial, voudraient aussi réduire ces biographies à des analyses purement techniques ; ils en banniraient tout ce qui concerne les sentiments de l'homme et du citoyen. Ils prétendent que ces détails empruntés à la vie intime (ils les appellent des anecdotes , voulant ainsi les stigmatiser d'un blâme absolu), ne doivent pas être conservés dans nos archives académiques. Lorsque, sans prétendre établir, comme de raison, aucune comparaison entre les productions des anciens secrétaires et mes humbles biographies, je rappelais à ces aristarques les peintures si intéressantes que renferment les admirables éloges de Fontenelle et de Condorcet, ils répondaient que chaque chose est bonne dans son temps, et que le progrès des lumières a rendu indispensable la modification qu'ils demandent Je ne partage pas ces opinions, malgré le respect dû aux savants qui les préconisent.
Je regarde comme une portion essentielle de la mission que j'ai à remplir, de rechercher si les confrères que nous avons eu la douleur de perdre ont fait marcher du même pas le culte de la science et celui de l'honnêteté; s'ils ont, suivant l'expression du poète, allié un beau talent à un beau caractère. Au reste, en pareille matière, le public est seul juge compétent, j'attendrai qu'il ait fait connaître sa décision souveraine, et je m'y conformerai sans réserve.
6AT-LCSSÀC CONSIDÉRÉ COMME PROFESSEUR. — SON LABORATOIRE. — SES BLESSURES. — SIMPLICITÉ DE SES MOEURS.
Je vais donc, sans autre explication, prendre la liberté de vous introduire dans ces amphithéâtres où notre confrère charmait par sa parole un nombreux et brillant auditoire. Nous pénétrerons ensuite dans son laboratoire ; je recueillerai même diverses anecdotes (on voit que je n'hésite pas à prononcer le mot) , qui feront apprécier, sous un nouveau point de vue, toute l'étendue de la perte que r Académie a faite.
Dans la dispute à laquelle les érudits s'abandonnèrent, afin de décider si un Traité sur le monde était ou n'était pas d'Aristote, Daniel Heinsius se prononça pour la négative. Voici son principal argument : « Le Traité en question n'offre nulle part cette majestueuse obscurité qui, dans les ouvrages d'Aristote, repousse les ignorants. »
Gay-Lussac n'eût certainement pas obtenu les éloges du philologue hollandais, car il marchait toujours à son but par les voies les plus directes, les plus nettes, les plus exemptes d'emphase.
Gay-Lussac témoignait à toute occasion sa profonde répugnance pour ces phrases ambitieuses auxquelles son premier professeur titulaire, malgré sa juste célébrité, se laissa si souvent entraîner, et où l'on voyait les mots les plus pompeux marcher côte à côte avec les expressions techniques d'ammoniaque, d'azote, de carbone.
Son langage et son style étaient sobres, corrects, nerveux, toujours parfaitement adaptés au sujet et
empreints de l'esprit mathématique dont il s'était pénétré dans sa jeunesse, à l'École polytechnique.
Il aurait pu, comme un autre , exciter l'étonnement de son auditoire, en se présentant devant lui sans aucune note manuscrite à la main ; mais il eût couru le risque de citer des chiffres erronés, et l'exactitude était le mérite qui le touchait le plus.
La connaissance que Gay-Lussac avait des langues étrangères, de l'italien, de l'anglais, de l'allemand, lui permettait d'enrichir ses leçons d'une érudition de bon aloi et puisée aux sources originales. C'est par lui que les chimistes et les physiciens , nos compatriotes, ont été initiés à plusieurs théories nées sur la rive droite du Rhin, et qu'il avait été chercher dans les brochures les plus obscures, les moins connues. Pour tout dire, en un mot, Gay-Lussac, qu'aucun chimiste contemporain n'a surpassé pour l'importance, la nouveauté, l'éclat des découvertes, a aussi occupé incontestablement le premier rang parmi les professeurs de la capitale, chargés d'enseigner la science à l'École polytechnique.
En entrant dans le laboratoire de Gay-Lussac, on était frappé au premier coup d'œil de l'ordre intelligent qui régnait partout. Les machines et les divers ustensiles qu'on y voyait, préparés la plupart de ses propres mains, se distinguaient par la conception et l'exécution la plus soignée. Vous me pardonnerez, Messieurs, ces détails. Si Buffon a dit, le style c'est l'homme, on pourrait ajouter avec non moins de raison, le grand chimiste et le bon physicien se reconnaissent à la disposition des appareils dont ils font usage. Les imperfections des procédés
se reflètent toujours plus ou moins sur les résultats.
Lorsque le chimiste opère sur des substances ou combinaisons nouvelles à réactions inconnues, il est exposé à des dangers réels et presque inévitables. Gay-Lussac ne réprouva que trop. Pendant ses longues et glorieuses campagnes scientifiques, il fut grièvement blessé dans plusieurs circonstances différentes. La première fois, le 3 juin 1808 , par le potassium , préparé en grande quantité, suivant une méthode nouvelle. MM. de Humboldt et Thénard conduisirent notre ami, les yeux bandés, du laboratoire de l'École polytechnique, où l'accident était arrivé, à sa demeure de la rue des Poules que, par parenthèse, on devrait bien appeler rue Gay-Lussac. Malgré les soins les plus empressés de Dupuytren , il perdit les points lacrymaux et se crut complètement aveugle pendant un mois. Cette perspective désespérante chez un homme de trente ans, fut envisagée par notre ami avec an calme, une sérénité, que les stoïciens de l'antiquité eussent admirée.
t Durant près (Tune année , dit madame Gay-Lussac, (dans une note qu'elle a eu la bonté de me remettre) , les reflets d'une petite veilleuse devant laquelle je me plaçais pour lui faire quelques lectures , furent la seule lumière qu'il put supporter. Toute sa vie ses yeux restèrent rouges et faibles. » '
La dernière explosion dont Gay-Lussac fut la victime eut lieu à une époque de sa vie où des personnes mal informées le placent dans l'inaction. Notre ami s'occupait de l'étude des hydrogènes carbures provenant de la distillation des huiles. Le ballon en verre renfermant les gaz et
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qui était resté à l'écart pendant plusieurs jours, fut pris par M, Larivière, jeune chimiste, pour être soumis à l'inspection de Gay-Lussac. Pendant que notre contrère se livrait à L'examen minutieux qui devait donner aux expériences projetées toute la précision désirable, il se manifesta une épouvantable explosion, dont la cause, même aujourd'hui, n'est pas parfaitement connue , et qui fit Voler le ballon en éclats. Telle fut la vitesse de tous les fragments de verre, qu'ils produisirent dans les vitres du laboratoire des ouvertures nettes sans aucune trace de fissures, ainsi que les auraient faites des projectiles lancés par des armes à feu. Les yeux de Gay-Lussac , qui n'étaient qu'à quelques centimètres du ballon, ne reçurent cette fois aucune atteinte ; mais il fut gravement blessé à la main, ce qui exigea un traitement long et douloureux. Quelques personnes ont vu dans cette terrible blessure la première cause de la cruelle maladie à laquelle notre ami succomba quelques années après.
Les membres de l'Académie qui allaient journellement le visiter sur son lit de douleur ne l'entendaient pas sans émotion se féliciter que les blessures de son jeune préparateur etami, M.Larivière, fussent insignifiantes, et que, dans cette occurrence, sa propre vie eût été seule menacée.
On a voulu voir dans ces accidents les conséquences de l'imprévoyance ou de l'étourderie ; dites plutôt, par une assimilation dont tous ceux qui connurent notre ami proclameront la justesse, que s'il fut souvent blessé, c'est qu'il alla souvent au feu , et qu'il n'hésita jamais à examiner les choses de très-près, lors même qu'il y avait un grand danger à le faire.
On a pu croire que les succès de Gay-Lussac, dans ses recherches scientifiques, ne lui faisaient éprouver que cette satisfaction calme que doit naturellement produire la découverte de quelques vérités nouvelles; les apparences étaient trompeuses. Pour se soustraire à l'humidité des laboratoires situés au rez-de-chaussée, Gay-Lussac mettait ordinairement des sabots par-dessus ses souliers; eb bien, Pelouze, un de ses élèves de prédilection, m'a raconté qu'après la réussite d'une expérience capitale , il rayait vu souvent, par la porte entre-bâillée de son cabinet, donner les marques de la joie la plus vive, et même danser malgré les inconvénients de sa chaussure.
Ceci nous rappelle une anecdote que j'emprunterai à mon ami M. Brewster, ne fût-ce, je l'avouerai, que parce qu'elle me fournit une occasion de rapprocher le nom de Gay-Lussac de celui du savant immortel dont Voltaire a pu dire sans que personne ait crié à l'exagération :
Confidents du Très-Haut, substances éternelles, Qui brûlez de ses feux, qui couvrez de vos ailes Le trône où votre maître est assis parmi vous, Parlez ; du grand Newton n'étiez-vous point jaloux?
En 1682, le grand Newton, mettant à profit les dimenâons de la terre obtenues par Picard, de cette Acadédémie, recommença un calcul qu'il avait déjà tenté, mais sans succès, d'après les anciennes déterminations de Norwood. Son but était de s'assurer si la force qui retient la lune dans son orbite et l'empêche de s'échapper par la tangente, en vertu de la force centrifuge, ne serait pas la même que celle qui fait tomber les corps à k surface de la terre, diminuée seulement en raison du
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carré des distances mesurées à partir du centre de notre globe. Cette fois, le calcul numérique justifia les prévisions; le grand homme en éprouva une telle joie, cette coïncidence produisit chez lui une telle excitation nerveuse, qu'il fut incapable de vérifier son calcul numérique, tout simple qu'il était, et se vit obligé pour cela de recourir à un ami.
N'oublions jamais, lorsque l'occasion s'en présente, de montrer que les travaux calmes de la science procurent non-seulement des émotions plus durables que celles qu'on va puiser au milieu des frivolités du monde, mais qu'elles en ont aussi assez souvent la vivacité.
On voyait, dans le laboratoire de Gay-Lussac, à côté des fourneaux, des cornues, des appareils de tout genre, une petite table en bois blanc, sur laquelle notre ami consignait le résultat de ses expériences, au fur et à mesure de leurs progrès* C'était, qu'on me passe l'assimilation, le bulletin exact, écrit pendant la bataille.
C'est sur cette petite table que furent aussi tracés des articles concernant divers points de doctrine ou des questions de priorité.
Il était impossible qu'en racontant la vie d'un homme dont les principaux travaux remontent au commencement de ce siècle, époque de la rénovation entière de la chimie, nous n'eussions pas à signaler des discussions de ce genre.
Cette polémique scientifique a particulièrement eu lieu entre Gay-Lussac, Dalton, Davy, Berzélius, etc. On voit que notre ami eut affaire à de rudes jouteurs, à des adversaires dignes de lui.
Dans ces discussions, notre ancien confrère marchait droit devant lui, abstraction faite des personnes, avec la rigueur, disons plus, avec la sécheresse d'une démonstration mathématique. Rarement on y trouve de ces phrases qui sont comme une sorte de baume jeté sur la blessure qu'on a faite. Mais comment n'a-t-on pas remarqué que Gay-Lussac se traitait lui-même avec on sans-façon au moins égal à celui dont il faisait preuve en parlant d* autrui?
Les paroles suivantes sont tirées textuellement d'un de ses écrits :
c Les résultats que j'ai donnés, dit-il, dans les Mémoires (TArcueil, sur les diverses combinaisons de l'azote et de l'oxygène ne sont pas exacts. •
Celui qui parle avec une telle franchise de ses propres travaux ne serait-il pas excusable de s'être exclusivement préoccupé, dans l'examen des travaux des autres , des intérêts de la vérité ?
MARIAGE DE GAY-LUSSAC. — SOU AMOUR POUR SON PATS NATAL. — DÉVOUEMENT INALTÉRABLE ENVERS SZS ABUS. — SA NOMINA- TION A LA PAIRIE.
Les personnes qui ne connurent Gay-Lussac que superficiellement, se persuadent qu'il ne dut y avoir dans sa vie privée rien de romanesque. Peut-être changeront-elles d'opinion après avoir entendu ce récit :
Il y avait à Auxerre, au commencement de notre première révolution, un artiste musicien qui était attaché aux quatre grandes communautés et au collège de cette ville. La suppression de ces établissements, en 1791,
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apporta une grande gêne dans la situation pécuniaire de ce respectable père de famille. Cependant il ne perdit pas courage, et consacra la petite fortune de sa femme à l'éducation de ses trois filles, qu'il destinait aux honorables fonctions d'institutrices. Mais l'aînée de ces jeunes personnes, Joséphine, se rendant parfaitement compte du peu d'aisance de ses parents et des sacrifices qu'ils auraient à s'imposer avant d'atteindre leur but, voulut absolument être placée dans une maison de commerce à Paris, et attendre là que l'âge de ses soeurs et leur éducation permissent de réaliser l'espoir que ses parents avaient conçu.
C'est dans un magasin de lingerie, refuge ordinaire des femmes de toutes les conditions et de tous les âges, dont les révolutions ont ébranlé l'existence, où Joséphine s'était placée, que Gay-Lussac fit sa connaissance. Il vit avec curiosité une jeune personne de dix-sept ans, assise derrière le comptoir et tenant à la main un petit livre" qui paraissait fixer vivement son attention. «Que lisezvous, Mademoiselle? fit notre ami. — Un ouvrage, peutêtre au-dessus de ma portée; en tout cas, il m'intéresse beaucoup : un traité de chimie. »
Cette singularité piqua notre jeune ami ; à partir de ce moment, les besoins inusités d'effets de lingerie le rappelaient incessamment au magasin, où il liait de nouveau conversation avec la jeune lectrice du traité de chimie ; il l'aima, s'en fit aimer, et obtint une promesse de mariage. Notre illustre confrère plaça, par imputation sur le futur douaire, la jeune Joséphine dans une pension, pour compléter son éducation, surtout pour y apprendre l'an-
glais et r italien. Quelque temps après, elle devint sa compagne.
Je n'oserais conseiller cette façon aventureuse de se choisir une femme, quoiqu'elle ait parfaitement réussi au célèbre chimiste.
Belle, pétillante d'esprit, brillant dans le monde, que du reste elle n'aimait guère, par la grâce et la distinction de ses manières, madame Gay-Lussac a fait, pendant plus de quarante années, le bonheur de son mari.
Dès l'origine , ils prirent la douce habitude de faire , à la suite de petites concessions mutuelles, de leurs pensées, de leurs désirs, de leurs sentiments, une pensée, un désir et un sentiment communs. Cette identification en toute chose fut telle, qu'ils finirent par avoir la même écriture, en sorte qu'un amateur d'autographes peut croire de bonne foi qu'un Mémoire copié par madame Gay-Lussac a été tracé par la plume du célèbre académicien.
Trois jours avant sa mort, touché des soins infinis dont il était l'objet , Gay-Lussac disait à sa compagne : t Aimons-nous jusqu'au dernier moment; la sincérité des attachements est le seul bonheur. •
Ces mots tendres, affectueux, ne dépareront pas le tableau que j'ai voulu tracer de la vie de notre confrère.
Le maintien de Gay-Lussac était toujours très-grave; il s'associait franchement aux élans de galté qu'une anecdote bien choisie amenait dans les sociétés où il se trouvait réuni à ses amis; mais il ne les provoquait jamais lui-même.
Gay-Lussac porta l'amour de son pays natal jusqu'au
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point de n'avoir jamais voulu assister à une représentation de Pourceaugnac, que Molière avait fait naître à Limoges; aussi, sa joie ne connut pas de bornes lorsque parut, sous le nom du Nouveau Pourceaugnac , un van-. deville de M. Scribe, dans lequel le personnage principal, AL de Roufignac, également Limousin, au Heu d'être mystifié, rend tous les autres acteurs les jouets de ses spirituelles mystifications.
On raconte que La Fontaine , a une certaine époque , abordait tous ses amis en leur disant : « Àvcz-vous lu le Prophète Baruch? » Ainsi était Gay-Lussac; il ne manquait jamais, pour peu que la circonstance l'y autorisât, de demander avec une candeur égale à celle du fabuliste : « Connaissez-vous le Nouveau Pourceaugnac ? c'est une pièce charmante ; je vous engage à l'aller voir. » Et je dois dire que lui, si ménager de son temps, prêchait d'exemple.
Un seul fait suffira pour montrer que Gay-Lussac s'abandonnait avec ardeur aux inspirations honnêtes de son âme, lorsqu'il fallait, à ses risques et périls, déjouer une intrigue ou défendre un ami. Nous étions à la seconde restauration. On avait, dit-on, décidé en haut lieu d'éloigner de l'École polytechnique un professeur que ses sentiments libéraux avaient rendu suspect 4. Mais, comment opérer cette destitution sans soulever de nombreuses réclamations? Le professeur était plein de zèle, considéré, et même, je dœs le dire, aimé de tous les élèves : le cas était embarrassant ; lorsqu'on découvre que la personne
i. M. Arago»
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vouée aux animosités du pouvoir , a, dans les cent jours, âgné l'acte additionnel. Le professeur de littérature (ce n'était pas, bien entendu, M. Andrieux, c'était son successeur) , se charge d'exploiter cette découverte. Dans ne réunion du Conseil d'instruction, il déclare que, «rivant lui , ceux qui ont donné leur appui à l'usurpateur, à l'ogre de Corse, quels qu'aient été leurs motifs, ne sont pas dignes de professer devant la jeunesse à laquelle sera confié l'avenir du pays, et qu'ils doivent se récuser eux-mêmes. Le membre du corps enseignant contre lequel était dirigée cette attaque avait demandé la parole pour s'expliquer, lorsque Gay-Lussac m lève avec impétuosité, interrompt son ami, et déclare d'une voix retentissante, que lui aussi a signé l'acte additionnel, qu'il n'hésitera pas dans l'avenir à soutenir le gouvernement, quel qu'il puisse être, même le gouvernement de Robespierre , lorsque des étrangers menaceront la frontière ; que si les vues patriotiques qui l'ont dirigé sont un sujet de réprobation , il demande formellement que répudiation qu'on projette commence par sa personne. M. le professeur de littérature vit alors que sa proposition aurait des conséquences qui iraient bien au delà des limites dans lesquelles il voulait la circonscrire, et tout fut (Ut.
Berthollet mourut en 1822; on sut alors qu'il avait légué l'épée , partie intégrante de son costume de pair de France, à Gay-Lussac : cette disposition testamentaire excita beaucoup de surprise. Mais on la trouvera toute wturelle si on soit la filiation d'idées qui déterminèrent le vénérable académicien.
Berthollet avait été sénateur sous l'Empire, pair de
France pendant la Restauration, comme le plus illustre de nos chimistes. Doit-on s'étonner qu'il se fût persuadé qu'une science, source de gloire et de richesse pour notre pays, ne cesserait pas d'avoir un représentant dans les premiers corps de l'État? Près de sa fin, Berthollet examina avec l'indépendance, le tact et l'esprit de justice qui sont l'apanage ordinaire d'un mourant, quel serait celui des chimistes vivants à qui devrait revenir cet honneur; son opinion fut décidément en faveur de son ami et confrère Gay-Lussac, et il la manifesta autant que sa réserve habituelle le lui permettait, en donnant à celui-ci une partie de son futur costume de pair. Voilà ce que signifiait ce cadeau; sans cette explication, on aurait de la peine à en assigner la cause. Berthollet avait entendu souvent parler, pendant son séjour en Egypte, du langage symbolique des fleurs, fréquemment employé chez les musulmans, langage qui a fait la gloire de plusieurs poètes orientaux. L'anecdote que je viens de rapporter est, à vrai dire, une extension de ces coutumes poétiques. Le vénérable académicien exprimait par le don d'un objet si peu en harmonie avec les occupations ordinaires de Gay- Lussac, l'estime qu'il faisait de notre ami, et l'inviolable attachement qu'il lui avait voué.
Toutefois, cet acte de justice éclairée ne se réalisa pas aussi promptement qu'on aurait pu l'espérer. «Pourquoi, disaient les amis de Gay-Lussac aux dispensateurs des faveurs royales, pourquoi lui faire si longtemps attendre une récompense à laquelle il faudra bien tôt ou tard arriver? Trouvez-vous son illustration insuffisante? — Vous nous faites injure , répondait-on. — Àvez-vous quelque
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chose à redire à ses relations? — Nous n'ignorons pas qu'elles sont toutes honorables et de Tordre le plus distingué. — Serait-il par hasard question de fortune? — Nous savons que Gay-Lussac jouit d'une grande aisance, et qu'elle est le fruit de son travail. — Qu'est-ce qui peut donc vous arrêter? » Et alors on avouait doucement, tout doucement, en s'enveloppant de mystère, comme si on était honteux d'une semblable déclaration , que tous les matins, au bureau de garantie, le grand chimiste tra- Taillait de ses mains, ce qui paraissait incompatible avec la dignité de pair de France.
Tel est le misérable motif qui, pendant plusieurs années, empêcha l'ingénieux horoscope de Berthollet de s'accomplir.
En vérité, j'ai peine à concevoir qu'un homme se dégrade lorsqu'il essaie de prouver, en faisant œuvre de ses mains, la réalité de ses conceptions théoriques.
Est-ce que, par hasard, pour ne citer que des exemples étrangers, les découvertes de Huygens et de Newton perdirent rien de leur importance, de leur éclat, quand le premier se mit à fabriquer des lunettes et le second à exécuter des télescopes? Est-ce que les immortelles vues «THerschel sur la constitution des cieux seraient amoindries pour avoir été obtenues avec des instruments façonnés par l'illustre observateur lui-même?
Est-ce que dans la chambre des lords, si fière de ses antiques privilèges, une seule voix a prétendu que lord Ross s'était récemment dégradé , en devenant successivement fondeur, forgeron et polisseur de métaux, lorsque, avec cette triple qualification, il a doté la science astronoul— m. 6
6é GAY-LUSSAC.
inique du colossal télescope qui forme maintenant une des merveilles de l'Irlande?
Y aurait-il eu jamais une puérilité plus digne de mépris que celle dont se serait rendu coupable celui qui, au moment où Watt essayait, par des expériences minutieuses, de donner à la machine à impeur les perfections qui ont fait la gloire de l'inventeur et la puissance de sa patrie, aurait recherché., si les mains de l'illustre mécanicien étaient couvertes de Touille ou de poussière de charbon? Quoi qu'il en soit., la raison finit par triompher de ridicules préjugés , et Gay-Lussac entra à k chambre des pairs.
MORT DE GÀT-LUSSAG. — SES DERNIÈRES PAROLES. — JL FAIT
brûler son traité INTITULÉ Philosophie chimique.
Gay-Lussac vit approcher sa fin avec la résignation que doit inspirer une conscience pure ; il envisagea avec cahne non-seulement la mort, mais encore le mourir , comme eût dit Montaigne.
Lorsque arriva à Paris, comme un coup de foudre, la triste nouvelle que la santé de notre confrère inspirait de vives inquiétudes, un de ses amis s9 empressa d'écrire à la famille désolée qui l'entourait, pour savoir la vérité. Gay-Lussac voulut répondre lui-même.
Voici quelles furent les paroles du mourant :
t Mon cher ami,
• Mon fils vient de me parler de la lettre que vous lui avez adressée. Il n'est que trop vrai que j'ai un pied dans la tombe et que bientôt elle se fermera sur moi ; mais je
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rassemble mes forces pour vous remercie* de l'intérêt que vous prenez à mon état , potff vous dire que jSi ifté très-heurettx toute ma vie de l'attachement mutuel de nos deux familles.
• Adieu , mon cher Àrago. i
Me sèraïs-je trompé, Messieurs, en me persuadant que dans cette occasion solennelle^ je pouvais me parer à vas yeux d'an sentiment exprimé en termes si simples, si peu apprêtés, si exempts enfin de cette tendance à l'effet qui amena jadis madame de Sévigné à parier des amitiés d'agonie? Une illusion, partant dû cosur, ifie serait «1 tout cas pardonnes.
Les sinistres pressentiments de Gay-Lussac, de sa famille et du public, firent plaoe momentanément t des idées plus rassurantes. Notre confrère Magendie, qui s'était empressé d'apporter les secours de sa science à son vieil ami , s'associa lui-même un moment à l'opinion commune.
Gay-Ijussac fut transporté k Paris, où son état parut pendant quelques jours s'améliorer. Il nous parlait alors de ses futurs travaux et du regret qu'il éprouvait d'avoir, dans ma moment où sa vie ne semblait pas devoir se pn> longer, donné l'ordrô à son fils Loais de brûler un traité intitulé : Philosophie chimique, et dont les premiers chapitres étaient entièrement achevés. Hais bientôt il fallut renoncer à toute espérance. L'hydropisie dont il avait été subitement atteint fit des progrès rapides, et notre ami expira sans forfanterie et sans faiblesse, le 9 mai 1850, k l'âge de soixante- dix ans, pouvant dire comme un
ancien : t S'il m'était donné de recommencer ma vie, je
ferais en toute circonstance ce que j'ai déjà fait une fois, t
Les obsèques du savant académicien furent célébrées le 11 mai, au milieu d'un nombreux concours dans lequel on remarquait la presque totalité de ses anciens confrères de l'Académie des sciences et quelques membres les plus illustres des autres Académies ; l'Institut tout entier témoignait ainsi qu'il n'eût pas pu faire alors une plus grande perte. D'anciens élèves de l'École polytechnique, la totalité des deux promotions présentes à l'École, des amis des sciences et beaucoup d'auditeurs reconnaissants des excellents cours de la Sorbonne et du Jardin des Plantes, se pressaient aussi autour du char funèbre.
Les opinions diverses qui, malheureusement, divisent notre pays, se trouvaient confondues dans cette foule recueillie et morne. Et qui aurait pu dire, en effet, à laquelle de ces opinions Gay-Lussac appartenait? Quel parti pouvait se flatter d'avoir compté dans ses rangs le savant illustre? Les compatriotes de notre confrère lui confièrent une fois l'honneur de les représenter à la Chambre des députés. Plus tard, comme on l'a vu, Louis- Philippe le nomma pair de France; mais il n'aborda les tribunes de ces deux assemblées que fort rarement, et seulement pour y traiter des questions spéciales, objet de ses études favorites. Doit-on attribuer cette réserve à la timidité? Faut-il seulement l'expliquer par le désir qu'avait Gay-Lussac de ne pas troubler sa vie? Dans cette dernière supposition, il aurait parfaitement réussi. Jamais, la pire de toutes les calomnies, la calomnie politique , ne s'exerça sur la carrière scientifique de notre
confrère. Ses travaux ont échappé aux critiques quotidiennes de ces écrivains à gages qui, avant de prendre la plume, se demandent, non pas ce que valent les Mémoires dont ils vont publier l'analyse, mais quelles sont les opinions présumées de leurs auteurs sur lès questions si brûlantes et surtout si obscures d'organisation sociale. Les découvertes de notre confrère ont été toujours appréciées en France à leur juste valeur. Ainsi on pourra dire de loi ce que Voltaire écrivait sous un portait de Leibnitz :
Môme dans son pays il vécut respecté.
Dominé par le souvenir de rattachement profond qui m'unit à Gay-L-ussac pendant plus de quarante années, je me suis peut-être laissé entraîner à tracer sa biographie avec des détails trop minutieux. Quoi qu'il en soit, je pourrais résumer l'histoire de cette belle vie en ce peu de paroles : Gay-Lussac fut bon père de famille, excellent citoyen , honnête homme dans toutes les circonstances de sa vie; physicien ingénieux, chimiste hors ligne. Il honora la France par ses qualités morales, l'Académie par ses découvertes. Son nom sera prononcé avec admiration et respect dans tous les pays où l'on cultivera la science. L.* académicien illustre vivra enfin éternellement dans le cœur et dans le souvenir de ceux qui eurent le bonheur de jouir de son amitié»