CCLX NOTICE CHRONOLOGIQUE
— Kepler avait raison de dire : « Je n'aurais pas cédé mes ouvrages pour le duché de Saxe. »
— Aujourd'hui, comme du temps de Kepler, les géomètres se donnent souvent beaucoup de peine pour des questions inutiles.
— Proverbe arabe : « Parlez vaut cpielquefois de l'argent; se taire vaut toujours de l'or. »
— Pensée de Benjamin Constant : « 11 n'y a aucun but qui mérite aucun effort. » Réfuter cette pensée dans l'occasion.
L'illustre savant aimait aussi à consigner, le soir, dans ses carnets, quelques-unes des anecdotes qu'il avait entendues pendant la journée.
En voici une sur Newton : « De fortes études sont généralement préconisées comme un remède infaillible contre de vives douleurs morales. On a tort de prétendre qu'elles ont aussi le pouvoir de calmer les passions. Voyez Newton! Au milieu de ses sublimes conceptions, il avait formé le projet d'aller rejoindre ses coreligionnaires des Cévennes pour y combattre les dragons de Louis XIV. Un événement fortuit fit manquer son projet, lorsque tout était déjà préparé pour le départ. — Je tiens l'anecdote de lord Brougham. »
L'anecdote suivante témoigne que l'esprit gaulois était aussi celui do l'illustre astronome : « M. Arnaud conduit un jeune poëte chez un poète célèbre. Le pauvre enfant
SUR LES OEUVRES D*ARAGO. ocuu
reçoit an accueil très -froid. Arnaud en deniande la raison : — C'est, répond Thomme illustre, que ce versifi* cateur manquera toujours d'inspiration et de sensibilité.
— Et à quel signe Favei^vous reconnu, s'il vous plaît?
— C*est qu'il n'a pas été ému en me voyant, n
Néanmoins, la bonté même pour les plus petits et les plus faibles était le caractère de M. Arago. Il aimait à élever et non pas à abaisser ceux qui l'approchaient. Les enfants et les femmes se groupaient souvent autour de lui pour l'entendre parler ; jamais il n'était plus heureux que lorsqu'il avait, avec de douces paroles, semé l'amour de la science autour de lui.
Ce n'est pas la vie de mon vénéré maître que je me sois proposé d'écrire. JTai seulement cherché à faire connaître ses travaux scientifiques et à préciser les circonstances au milieu desquelles ils ont été accomplis. Cependant le tableau que j'ai tracé serait incomplet si je n'ajoatais pas encore quelques lignes.
Après la mort de l'illustre secrétaire perpétuel de l'Académie une souscription nationale a été ouverte dans le dessein d'élever un monument qui attestât à la postérité la reconnaissance et le respect des contemporains pour Thomme de génie que ses découvertes avaient mis au premier rang parmi les grands hommes du xix* siècle.
Il a été décidé que ce monument serait un tombeau et une commission a été nommée pour veiller à son érection.
La commission a été composée de MM. Combes, préâdent de l'Académie des sciences l'année de la mort de
ccvai ROTrCE CHRONOLOGIQtE
M. Arago, président; PloureBS, secrélaire perpétuct et TAcadémie des sciences ; YîHemain, secrétaïre perpétuel de TAcacMmic française ; Jomard, membre de FAcadémfe des iiiscriptioiîs j Horace Ternet, membre de TAcadémic des beaux-arte ; L. Harto, ancien président de TAssemblée constituante, directeur politique du Siècle; Barrai , secrétaire.
Le monum«rt eonstrait par M. Doban, membre dé l'Académie desbeaux-arte, consiste en tm cîppe de granR surmonté du bosle raonumeiita! en bronze âe Til lustre astmnome, dû an ciseau de David. Sur chacune des quatre hjces du crppe sont gravées tes inscriptions suivantes :