LA DUCHESSE DE MIREPOIX
La beauté que je chante ignore ses appas. Mortels qui la voyez , dites-lui qu'elle est belle,
Naïve, simple, naturelle,
Et timide sans embarras.
Telle est la jacinthe nouvelle;
Sa tête ne s'élève pas
Sur les fleurs qui sont autour d'elle;
Sans se montrer , sans se cacher,
Elle se plaît dans la prairie ;
Elle y pourrait finir sa vie , '
Si l'œil ne venait l'y chercher.
Mirepoix reçut en partage La candeur, la douceur, la paix ; Et ce sont , entre mille attraits , Ceux dont elle veut faire usage , Pour altérer la douceur de ses traits.
Le fier dédain n'osa jamais Se faire voir sur son visage.
Son esprit a cette chaleur Du soleil qui commence à naître :
L'Hymen peut parler de son cœur ; L'Amour pourrait le méconnaître.
» En 1731.
en 1728.
Adieu, Gênes détestable; Adieu , séjour de Plutus :
Si le Ciel m'e«t favorable , Je ne vous reverrai plus.
Adieu , bourgeois , et noblesse Qui n'as pour toutes vertus Qu'une inutile richesse; Je ne vous reverrai plus.
Adieu, superbes palais Où l'ennui , par préférence, A choisi sa résidence :
Je vous quitte pour jamais.
Là le magistrat querelle Et veut chasser les amants , Et se plaint que sa chandelle Brûle depuis trop longtemps.
Le vieux noble ( quel délice !) Voit son page à demi nu, Et jouit d'une avarice Qui lui fait montrer le c.
Vous entendez d'un jocrisse Qui ne dort ni nuit ni jour, Qu'il a gagné la jaunisse Par l'excès de son amour.
Mais un vent plus favorable A mes vœux vient se prêter Il n'est rien de comparable Au plaisir de vous quitter.