A Mme LA COMTESSE DE PONTAC
De Clérac, à Bordeaux.
Vous êtes bien aimable , madame , de m'avoir écrit sur le mariage de ma fille 4; elle et moi vous som-
1 V Esprit des Lois.
* Il s'agit ici d'une petite pièce de poésie envoyée pour étrennes de la nouvelle année à mademoiselle de Montesquieu. Cette pièce a été imprimée dans le Mercure de 1745, avec la traduction en français, par M. le Franc de Pompignan.
3 Madame la comtesse de Pontac se fit autant remarquer par son esprit et par ses liaisons avec les gens de lettres qu'elle brilla par sa beauté.
4 II venait de la marier à M. de Secondât d'Agen , gentilhomme d'une autre branche de sa maison , dans la vue de conserver ses terres dans la famille, au cas que son fils, qui était marié depuis plusieurs années, continuât de n'avoir point d'enfants. Mademoiselle de Montesquieu fut d'un grand se-
més très-dévoués; et nous vous demandons tous deux l'honneur de vos bontés. J'apprends que les jurats ■ ont envoyé une bourse de jetons, de velours brodé, à l'abbé Venuti : je croyais qu'ils ne sauraient pas faire cela même. Le présent n'est pas important; mais c'est le présent d'une grande cité; et ce régal aurait encore très-bon air en Italie : mais là il n'a pas besoin de bon air, parce que l'abbé y est si connu , qu'on ne peut rien ajouter à sa considération. Dites, je vous prie, à l'abbé de Guasco que je ne puis comprendre comment les échos ont pu porter à monsieur le Mercure de Paris des vers * faits dans le bois de la Brède. Je suis fort fâché de ne l'avoir pas su plus tôt, parce que j'aurais donné ce sonnet en dot à ma fille. J'ai l'honneur d'être , madame, avec toute sorte de respect.