‹ vres complètes de Montesquieu avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etcChapitre 620 sur 1131 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Strabon, qui rend raison de l'ignorance où l'on était des pays qui sont entre PHypanis et le Gange , dit que , parmi les navigateurs qui vont de l'Egypte aux Indes, il y en a peu qui aillent jusqu'au Gange. Effectivement, on voit que les flottes n'y allaient pas ; elles allaient , par les moussons de l'ouest à l'est , de l'embouchure de la mer Rouge à la côte de Malabar. Elles s'arrêtaient dans les étapes qui y étaient , et n'allaient point faire le tour de la presqu'île deçà le Gange par le cap de Comorin et la côte de Coromandel. Le plan de la navigation des rois d'Egypte et des Romains était de revenir la même année1.

Ainsi il s'en faut bien que le commerce des Grecs et des Romains aux Indes ait été aussi étendu que le nôtre , nous qui connaissons des pays immenses qu'ils ne connaissaient pas ; nous qui faisons notre commerce avec toutes les nations indiennes , et qui commerçons même pour elles et naviguons pour elles.

Mais ils faisaient ce commerce avec plus de facilité que nous , et si l'on ne négociait aujourd'hui que sur la côte du Guzarat et du Malabar, et que , sans aller chercher les îles du midi , on se contentât des marchandises que les insulaires viendraient apporter, il faudrait préférer la route de l'Egypte à celle du cap de Bonne-Espérance. Strabon dit 2 que l'on négociait ainsi avec les peuples de la ïaprobane.

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