‹ vres complètes de Montesquieu avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etcChapitre 659 sur 1131 · LIVRE XXII · texte numérisé non relu

LIVRE XXII

gertt qui couvre le cuivre, tl est parlé de cette monnaie dans un fragment du livre LXXVII de Dion *.

Didius Julien commença l'affaiblissement. On trouve que la monnaie de Caracalla 2 avait plus de la moitié d'alliage; celle d'Alexandre Sévère3, les deux tiers : l'affaiblissement continua ; et , sous Galien4, on ne voyait plus que du cuivre argenté.

On sent que ces opérations violentes ne sauraient avoir lieu dans ces temps-ci ; un prince se tromperait lui-même et ne tromperait personne. Le change a appris au banquier à comparer toutes les monnaies du monde , et à les mettre à leur juste valeur ; le titre des monnaies ne peut plus être un secret. Si un prince commence le billon, tout le monde continue, et le fait pour lui : les espèces fortes sortent d'abord, et on les lui renvoie faibles. Si, comme les empereurs romains , il affaiblissait l'argent sans affaiblir l'or, il verrait tout à coup disparaître l'or, et il serait réduit à son mauvais argent. Le change, comme j'ai dit au livre précédent5 , a ôté les grands coups d'autorité, du moins le succès des grands coups d'autorité.

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