‹ vres complètes de Montesquieu avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etcChapitre 671 sur 1131 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Des hommes et des animaux , par rapport à la multiplication de leur espèce.

O Vénus ! ô mère de l'Amour !

Dès le premier beau jour que ton astre ramène, Les zéphyrs font sentir leur amoureuse haleine, La terre orne son sein de brillantes couleurs , Et l'air est parfumé du doux esprit des fleurs. On entend les oiseaux, frappés de ta puissance, Par mille sons lascifs célébrer ta présence : Pour la belle génisse on voit les fiers taureaux , Ou bondir dans la plaine, ou traverser les eaux. Enfin les habitants des bois et des montagnes , Des fleuves et des mers , et des vertes campagnes , Brûlant, à ton aspect, d'amour et de désir, S'engagent à peupler par l'attrait du plaisir : Tant on aime à te suivre , et ce charmant empire Que donne la beauté sur tout ce qui respire l !

Les femelles des animaux ont à peu près une fécondité constante. Mais , dans l'espèce humaine , la manière de penser, le caractère, les passions,, les fantaisies, les caprices, l'idée de conserver sa beauté , l'embarras de la grossesse , celui d'une famille trop nombreuse , troublent la propagation de mille manières.

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