CHAPITRE VII
Continuation du même sujet. Nécessité de bien compo&er les lois.
La loi de l'ostracisme fut établie à Athènes , à Argos et à Syracuse «. A Syracuse elle fit mille maux , parce qu'elle fut faite sans prudence. Les principaux citoyens se bannissaient les uns les autres en se mettant une feuille de figuier a à la main 3 ; de sorte que ceux qui avaient quelque mérite quittèrent les affaires. A Athènes , où le législateur avait senti l'extension et les bornes qu'il devait donner à sa loi , l'ostracisme fut une chose admirable : on n'y soumettait jamais qu'une seule personne; il fallait un si grand nombre de suffrages , qu'il était difficile qu'on exilât quelqu'un dont l'absence ne fut pas nécessaire.
On ne pouvait bannir que tous les cinq ans : en effet , dès que l'ostracisme ne devait s'exercer que contre un grand personnage qui donnerait de la crainte à ses concitoyens, ce ne devait pas être une affaire de tous les jours.