‹ vres complètes de Montesquieu avec des notes de Dupin, Crevier, Voltaire, Mably, Servan, La Harpe, etc., etcChapitre 845 sur 1131 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Que les lois qui paraissent les mêmes n'ont pas toujours eu le même motif.

On reçoit en France la plupart des lois des Romains sur les substitutions ; mais les substitutions y ont tout un autre motif que chez les Romains. Chez ceux-ci, l'hérédité était jointe à de certains sacrifices qui devaient être faits par l'héritier, et qui étaient réglés par le droit des pontifes 4. Cela fit qu'ils tinrent à déshonneur de mourir sans héritier ; qu'ils prirent pour héritiers leurs esclaves , et qu'ils inventèrent les substitutions. La substitution vulgaire, qui fut la première inventée, et

1 Aristote, République, liv. V, chap. m

2 Plutarque et Diodore de Sicile disent « une feuille d'olivier, lîÉTaXov èXaîa;- Voyez dans Diodore, liv. XI, la cause de l'établissement de cette loi , qu'on appelait à Syracuse le Pétalisme, la manière dont elle s'exécutait, et les raisons qui la lirent abolir.

3 Plutarque , Vie de Denys.

4 Lorsque l'hérédité était trop chargée, on éludait le droi? des pontifes par de certaines ventes; d'où vint le mot smc sacris hœreditas.

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