‹ Vue générale de la constitution de l'AngleterreChapitre 5 sur 5 · POST'SCRIPTUM · texte numérisé non relu

POST'SCRIPTUM

iO avril.

En parlant du clergé catholique d'Irlande, j'ai dit, et je suis toujours de cet avis, que, pour raisons très- importantes , il devrait être salarié par l'État. Préoccupé de cette idée, j'ai ajouté, sans trop y faire attention, (c soit aux dépens du trésor public, soit avec le surplus des revenus de l'Église protestante , quand on aura réformé celle-ci avec tous les ménagemens nécessaires. » J^étais alors, comme presque tout le monde , dans une grande ignorance des revenus de l'Église protestante , que je croyais, d'après les exagérations des w^higs réformateurs , infiniment plus riche qu'elle ne l'est réellement. Les débats sur la motion insidieuse de lord John Russell m'ont éclairé là-dessus. M. Peel a montré, d'une manière admirable, que cette motion était, non seulement intempestive (appliquant à un but vague un surplus iiicertain , puisqu'on ne savait encore ni l'exact revenu de l'Église protestante, ni les sommes très-considérables nécessaires pour les réparations des églises , ni les traitemens réformés qu'on accorderait aux évéques et aux curés ), Inais qu'elle était très-dangereuse pour le repos de l'Irlande. Lord Jobn Russell a prétendu que les revenus de l'Église protestante étaient au moins de 800,000 liv. sterl., qtil voudrait en prendre i^oo^ooo liv. sterl. pour l'éducation des Irlandais, sans spécifier aucun plan U-dessus. Quoique le rappoi*t des commissaires

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chargés (Vcxaminer les revenas de l^glise ne soit pas encore fait, M. Pecl a déclaré qu'il saTait parfaitement I)ien qu<; tous les revenus de l'Églisr protestante irlandaise ne montaient pas a 4^0,000 livres slerl. , par conséquent j5o,ooo lîv. de mob que lord John Russell voulait Lien lui laisser. Ilnv avait donc pas moyen d'approprier un surplus oui n'existait pas. M. Peel a prouvé l'absurdité d'établi un principe abstrait, sans aucune utilité pratique: c'est agir contre tous les usages parlementaires, ti» de plus , M. Peel a nié le droit moral du parlemenl de toucher aux biens des corporations quelconque<i (et l'Église est la première des corporations), à moins d'un excédant fort au-dessus des besoins possibles des corporations et sans une nécessité publique bien reconnue. D'ailleurs , dans le cas pa^ ticulier, l'approbation de la motion de lord Job

Russell réveilleraitdesanimosités presque assoupies, en excitant les catholiques par des espérances imaginaires , à désirer la destruction de TÉglise protestante, ou au moins à en persécuter les membres dans les pays où ils sont peu nombreux. Le seul moyen de conserver la paix en Irlande, est de regarderies biens de l'Eglise protestante comme inviolables le parlement se réservant le droit de les distribuer entre les dîfferens membres du clergé protestant, de la manière qu'il jugera la plus utile aux besoins spirituels de l'Eglise. D'ailleurs , par un des articles de Yunion des deux parlemens (et que j'ignorais), l'Eglise protestante de l'Irlande a été déclarée réunie

à l'Eglise prolestaote de TAngleterre 5 et si on touche aux bieïis d'une de ces églises , ce serait un précédent pour toucher à ceux de l'autre. Quant à TEglise d'Angleterre , il eist prouvé , par le rapport dieè coïnmîssaires , que son revenu , ep le répartissant d'une toanière plus égale qu'il ne Ta été jusqu'à présent, «uffit à peine à ées besoins, et il est à croire qu'il en sera de inêftie de l'Eglise d'Irlande.

Quelle <pié soit l'origine des biens de ces deux Églises, ih sfotït fondéis sur une prescription de prête de tl^dili ceiitâ ans , et, pour évîtief le bouleversement cMtinuel de la société, on a établi dans presque tous les pays civilisés, qu'une possession de trente ans suffit '|>our assurer un droit irrévocable à une propriété paificnlrère.Que dirait lôrd John Ru^sell, si 00 proposàit'de prendre, en tout ou en partie, les biens des couvens'què Henri VIII donna à son ancêtre?

D'iaprès dofic lé principe général de l'inviolabilité dc^ propriétés cJUelconques, principe qu'il faut respecter aujourd'Ktii plus que jafntfîs , coAime dernier bduievard de la société contre lei projeta destrttc*teurs des réformateurs 'ttidicâùx , et d'après les àsntgèts dû cas particulier', il est aussi sage q*ué juste de laisser à l'Eglise protestante les biens qu'elle pô^ tède , et dfe pourvoir aux besoins de l'Eglise catholiqtie d'une autre mahière.

Lès càfthbliq^esiVànçâiâ^ ne c6tiïprennênt pas bi^h la question qui a fait doniiefr sa démission à M. Peel, le plus grand ministre et le plus désintéressé qtie l'Angleterre a eu depuis M. Pitt. M. Peel n'a paa

voulu établir la réforme de l'Eglise anglicane sur un principe spoliateur et par conséquent révolutionnaire ; il n'a pas voulu ranimer les haines religieuses qui ont désolé l'Angleterre et tant de pays en Europe ; et pour cela il mérite l'approbation des bons catholiques de tous les pays. Il faut que lei étrangers honnêtes prennent garde à ne pas se laisser duper par des phrases spécieuses. La tendres» des wbigs et des radicaux pour les catholiques d fondée sur l'indifférence des uns et la haine des av très pour tout établissement religieux. Quant M. O'Connelly tous les catholiques irlandais raison-l nabi es le regardent comme un démagogue ambitieux, qui fait servir la religion de masque à son ambition Toute son importance est fondée sur l'agitation qu'il excite. Selon la démocratie religieuse de la Gazetu de France jM. O'Connell est le type du catholicisme, il est presque un nouvel apôtre chargé de la conversion des protestans des trois royaumes. Je ne sais dans quel but un journal , qui se dit royaliste et codservateur , peut avancer les principes radicaux qu'il prêche depuis quelque temps sur l'Angleterre. Ce n'est certes pas le moyen de rendre le catholicisme agréable aux Anglais , que de l'accoler au ^enve^ sèment de toutes leurs anciennes institutions, h sainte Gazette, avec saint O'Connell et-compagnie, ont là une rude mission à remplir, quand même ils y associeraient M. de la Mennais avec tout son talent.

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