‹ Vue générale de la constitution de l'AngleterreChapitre 4 sur 5 · SI · texte numérisé non relu

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àe le dire, ils n'étaient élus que parles propriétaires dès'fièfs relevant àa roi; mais peu à peu on étendit le droit d*étre ^électeurs à touis.ceuic cpii avaient un bien;-fond8 «quelconque en franche-tenure. Enfin, sous Henri \I, on restreignit ce droit à ceux qui aVaiétit tin hien (Jjieehûid) en franche - tenure rapportàxré'4^'^cihelings de rente, somme qui alors éqbWàflàit à près de 4^ livres sterling â!aujourd- hul'* Ob Craignait ledors ^'en accordant aux tréspèftfté^pl«ô^4étaire8 la''Jaoiftité^e,ooficouriT'aux éleotf ebs, ôn-ti-y introduisit un esprit trop démocr atiiquc. €è^{^dii^t Tespérienôe^a fiBiityoir que cette crainte étkit^'Wàl fondée. Par les cbangemen» arrivés dans ja Valeur de IVirgenty 4^ schelings ^«qjowrd'hui^ne représentent que la vingtième partie* de la même sOMme sous flenH VF; et comme le revenu exigé pour être électeur p'a été changé par aucutie loi postérieure, un niombre considérable de pa^sana, possédant très-peu de fortune , sont devenus électeurs. Cependant les élections sont pëut-étte plus aHttocWlS^èi : que èi'ous Henri VI. B'aboM, pins les- -électeurs sofnt' lioihfcipéux , plus là idépense dès candidats est considérable ; car, indépendamment des tnoyéas^éecrets ide teorrupUon- qtt^ls* peuvent employer, ils paieiÀ les, frai* dé voyage de fous lès petit» électeur» qtiî , pour voter pour eux ; agont obligés de se'renfdré auxfaef-Iieu du comté. Pui^^ par l'effet de Tavistôèratie' terri tortale dont' je -^rfrlerai tout à l'heure; tous ces 'petits électeurs sont

plus ou moins daus la dépuiidancie des grands proprictain^s^ ci, au lluu dcleur auire, leur serrent d*auxiliaîrcs pour repousser les hommea de fortnie médiocre ou nouTellemeiit eurichia ou élraugierta comté, qui serraient tentés de se proposer coame condidats. Exemple de J>lus de Tioiprévc^ance du hommes sur les résultats-df^ lois.tioavellea.

Un autre avantage de l'étendue donnée au.dioit d'élire, c'est le système de palronog^^ qu'il a }xnk plus complet. Les plus grands 8eigiiettn>Oiiitiiaifttérét politique à traiter avec bieniveillanpe kon tBnanciers ou fermiers ^ et il s'e^l établi lUnsi anc douce réciprocité de services entre lea dififéreûtei «lasses des ipropriétairea. {Noie anci^Hnem) Les élections se font a haute voix^ si, coauae le veulent les radicaux, on introduisait le £a//b4ag-iy. on açrutiD secret-, ce heau système de patronage aérait en |[rande. partie détruit. (Note nouvelle. ) ,

( 1 4) Ce fut presque vçrs le même tiemps qu^ saiui Louis assembla dans le parlement , poiprla première i'ois , les députés des principales villes de la France.

(i5) L'impôt sur les villes s'appelait par Iç mot irançais jLaillage ^ taudis, que l'argent accordé par le parleii^nt sur les If rrcs de Laitons et chcvalieis portait le oom de subside. La même distinctiou s'observait eu Frauce entre les dons accordés par les nobles et les impôts payés par les roturiers.

-!(i6)' *Iis reMembiaiént pâi^ftitement aui députés deà.tillés en France, qtti ne pouvaient pa^ accorder plus d^ar^NsT t{ueilcbr9'<climitlietl A45 n'en atàieht filé* Ank cÉatB-^généraii» Çihfakfé^^ 1 38is > téë dëptitésf de Senb'iajftiitoiibié^asfté leal' jiè^Vén^, fitrebt dê^ ayonés par leurs cdflMtitgttatfs qtt4 pfe payèi^èut pôtnt l'impôt accordé/ Il «st remarquable que ce fut jus'^ teffaeiitvàf Iv^qveijfâ deu^'^éift' tM)!s^*%ins '{>rè8)'. €[tt'Édèuli^diImr«iihtidiriaîl! ki tétttDcfàl^ réjgfttlièipe des|dÉputé8^ >âèk ^âlv^' «lti< paiiedé^l d^Aii^kii^ln!^ , qm {*hîlîp|pi&4«»^fiol ftMgSiiA"âe' emvé({ilet léi dépMéf ?d]t tid^^lélati aiixiététs^génératrjlr de Fràtfce. L'finnèfvaticiii' ainr * rmaofeM 'ii94gè§ •imiSè^Éirile p'Air ÉdoaMid>«iaâl? lai^tttîteniiltii^i^ dea'cirediistâiifcbs n oi J miBt fci oàé«'txorirai»'la âoéîétfev -^ ne TMVerto aucune institatîon ancienne ; au li>éU ^é'(>elle de Philippe, en détruisant rîmporlance de l'ancien plnismcnt ; etisnr ^fonèant -Ott ^tp9 Wi^Vèéu' sttr de iiblfv<*auK principes, chanta erilîèreWient Fesprit du gbuvernemtsnt. En n'âdm^tiaht qtté 'par reprêaentotion- la noBlww «t te <Dfergér Unicef ât'à-généràiti,. PhUippe 6t ^ei^ire' hnt hÂrbArér'ànk ëilê^uëà piresque toute; leur importance pôlfttqtiie^' et ^ar la uftéméi raison léduisft la «X)rïfl^dé>âttob i^éellé de kmra «Titres.. Les états- géiiératit au*î?î , Viêtakit^hivoqûé&que dans dsis circonstances è'jttraordtnâlires , nepouVatentpasaroir l'importance des' andeifts parliuucns, qui s'assemblaient régulièrement deux ou^ trois^fois par an. C'est depuis le temps de Philippe-

le«Belique les constitations de h France eCdeTAo»gleterre ont ccMé de se rassemliler ; et les écrÎTaus qui comparent le parlement anglais .aux éUta-généraux de la France, montrent une ignorance complète de ces deux institutions, aussi -différentea par leur composition que par leur pouvoir. - •-

. (i^) Dans un parlement tenu en <339 parle dnc Comouailles, régent du royattme pendant l'absence du. roi Edouard IIIj Xaf communes déolarArent qae, malgré leur bonne volonté, ellesla^oaaient pas acocR' der les subsides qu'on leur demandait , .sans avob auparavant consulté leursoommettans; Elles prièrent dope qu'op Gonvoqnftt un. nonveeu» pariément , et qi^' on y flt nommeivdenx des pins, ridiea. olièvatiers de chaque. comté.

( 1 8) Le nom de chambre des*, communes Tient da mot latin commtmitasj collège ou réunion^ qui est le sens ancien du:mot français commune^ laquelle ne signifie une ville que «oms le rapport moral , conmie formant un être intelligent et légal. On disait autrefçis eu Angleterre la commune du comté ^ amuniÊr nitàs cômitatÛ4^ et ce mot commtmitus (^TSamune) se disait avant l'existence de la chambre baisse , de l'assemblée des barons et des chevaliers. Communs n'a jamais signifié uille en anglais , et il ne faut pa$ croire que le nom de cfuimbre des communes doive sou origine aux députés des villes.

Lomot t^glms.borough (bourg) «3! le nom; légal d'une ville quekonque : il est pairfdtement '^yttip

(i 9) . On «e «aitpas au juste quÉnid lés députés :^efs villes cessèrent d'àv6ir'de» cahiers Âe letptf'côftfmettans; mais il y a plusieurs -siècles qu'ils ne suivent que leurs ptopres luntfàres. Il est probable que les chevaliers oesaèrent dereeeioîr des instrn<Cr tio)Bi^ de leu]!s oonimettfinsIonj^-teDïps «vaut les dépoté» de$ villes*: ;-

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. (ao) Dans les commencemensy la pinpart des petites villes teiùtieni si peu au' droit d'envoyer de^ députés ;au parh^l^diînt ^ que* plasseuns \ . pour, se. dispenser de cette charge, offrirent d'employer leur argent plus utilement dans l'entretien d'un pont ou d'un chemin vioinaL lueurs offres, fiunetiit acceptées, et elles ont peinlu ainsi le droit «d'âtre représentées.

(ai) Les nuaacea qui distinguent-les'maiiières dés différente» classes de }»' société sont beaiicoH|> moins marquées* en .^i^leterre que dans les autres monarchies de l'Europe. On y e^t gtossier ou poli/ selon le caractère 'individuel' ou 'la éOôiété dans laquelle on a vécu \ mais cet air bourgeois; qtti*dan^ certains pays ne se -çepà ni âlacùurvA dans\ les camps, n'est guère; connu en Amgléterjre, surtout parmi les hommes. Le mot bourgeois a disparu

même de la langue morale, et celai de gentienum, qai était autrefois nynooyme dn gefvtilhommêf est devenu d*une acception ftrèa^Yagve, tenlAt «lééigiiaiit un homme de naissance , tantôt un homme qui fit noblement, tantôt un homme qui m des mànià«s nobles. Tout le monde se croit doncf plus oa meriiii le droit de mériter, cette appellatioof et ce mot, d'origine noble., dont les acœptions modernes sottt probablement dues au mélange deêrwtgB occ&sioaé par la composition de la chambre dea eommilpes, a eu plus d'influence qu'on ne croit Mir le ea^ctère et les manières des Anglais. La vanité innocente de passer ponr gentleman, et qui est trô«^générale parmi les Anglais., donne un certain esprit aristotocratique même aux classes ioférienes delà société, ï '

(sa) Quelques auteurs anglais, parmi lesquels le célèbre Home, font observer avec surprise qu'on ne trouve parmi les représentans du tiers- état aux états-généraux de France aucune classe de députés analogue aux chevaliers de comtés dans la chambre des communes. Cette observation fait Toir l'igno^ rance de ces auteurs sur la nature différente de ces deux institutions. £n France, la grande et la petite noblesse étaient confondues aux états^énéravx , et un petit noble qui avait acheté sa noblesse pouvait représenter aux états-généraux les plus grands seigneurs de son bailliage, tandis qu'il ir'avait pas

entrée dans les états particuliers de sa .'proFÎnce^ Il fallait donc chercher dans la dépotation de la ik)^ blesse aucx états*généraux les chen^aiiers des comtés anglais, et non pas dai^s le tiers^tat. — Oh peut dire en passant que si les seuls nobles possédant dei fiefs eussent pu être députés de la noblesse aux états^énérauz, les autres pobles se seraient offerts néce^îrement pour représenter le tiea*s*état; par ce n^oyen , l'opposition tranchant^ entre la noblesse et le llers^état aurait étéi adoucie , et les états géné^ raux seniient devenus «ne institutiim utile.

(aS) Pour parler eirôctement, une substitution ne s'étend qu'à la majorité de la dernière personne y désignée, Jiaquelle doit être née lors de la formation de la substitution.

(a4) LesdWa/^^des comtés sont reconnus pour étrç les .membre^ )es plus indépendfios des deux chambres du parlement.'

(a5) Dans le temps de ki> féodalité^ le droit de primogéniture n'avait lieu que pour les fiefs 5 mais peu à peu il s'étendit aux antres propriétés, et, excepté dans quelques petits districts où il y a des coutumes particulières, tous les biens^fonds possédés en franch&>tenure^ à moins d'aune disposition particulière,^ descendent an fils aine à l'exclusion des autres enfans, dont les portions sont prises. sur

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la fortune moliiliàrc du père , iiu bien sont lijpothéquceji sur la terre patrimonUile. De cette manière, la grande aristocratie est appuyée sur la petite, et l'esprit aristocratique anime plus ou moins toutes les classes.

La division des propriétés, et par conséquent leur mutation fréquente par l'égal partage deslûeDs entre les eufans , est un mal moaral auasirbiea qu'un mal physique et politique ; il est avantageux pour les mœurs qu'il y ait des petites propriétéa qui se conservent de la même manièrje que les grandes. Depuis l'Introduction en Angleterre des grandes fermes qui nécessitent de grands capitaux^ cette classe de paysans propriétaires p qui étaient pour ainsi dire les fermiers héréditfures des seigneurs, est 1 beaucoup diminuée, et les anciens fei;iiui.era ^nt été remplacés par des capitalistes, spéculateurs agricoles qui ne tiennent au sol que par leurs hénéûfies, et qui ont apporté dans les campagnes l'esprit spéculatif du commerce. Ce changement dans l'économie rurale peut avoir augmenté la masse des produits de la terre, mais a certainement diminué la somme des biens moraux. C'est depuis ce temps aussi que les vieilles mœurs anglaises ont été ébranlées, et que les crimes se sont multipliés non seulement dans les villes et les cantons manufacturiers , mais dans les campagnes éloignées. Les économes politiques ne devraient pas oublier dans leurs recbeircUes que les richesses morales d'un pays sont au moins aussi

importantes que lea richesses physiques. (JYoteancienne.)

Malgré le bill de réforme^ tant qu'on ne détruit pas le droit de primogéifiture , et que par conséquent les pairs et les gentilshommes restent grands propriétaires , ils auront toujours une grande influence sur les élections. Dans ce moment, la division entre les whigs et les torys donne beau )eu aux radicaux. Les whigs au fond sont aussi aristocrates et en général plus hautains que les torys 5 ils veulent la liberté, mais par eux seulement.

L'élection par scrutin secret, que les radicaux voudraient introduire, détruirait presque entièrement l'influence et des whigs et des torys, et produirait un très-grand mal ; mais ce système caché répugne au caractère franc des Anglais , et ne sera , l'espère, jamais établi. ÇJVote nouvelle. )

(26) C'est ce qu'on observe souvent dans les petites villes d'Italie oà il y a une noblesse municipale. Peut-être même que le manque de dignité dans leurs manières, qu'on reproche en général aux noblea de presque toute l'Italie , vient de ce qu'ils passent toute l'année à la ville , excepté quelques semaines de l'automne dans leurs 'villa ou maisons de campagne. A proprement parler, il n'y a que des possessions formant des métairies dans la

plu^ grande partie de l'Italie , et très-peu de terres

aTCjC des ckâteaus habité^. IHuD4 le roya«iae àt Naples, où la noblesse avait et a encore de grandes possessions , il n'y a presque pas une terre ayeo un ch&tçau habitable, et Jet seigneur» yiveiit toato r^auée à Naples ou dans le voisinage, fi mciiu ipi'ili pe fassçnt une visite de ^elquea ]OW(9k dêna leiin possessions pour recevoir leurs fermagea. C'est ce qui contribue à Tétat presque barbare de l'iatéricor de ce l>eau royaume.

On pourrait faire le même reproche aux neblei espagnols, et pour.ia même ri^ison. Depuis Chades- Quint, par la sotte jalousie des rois, il n^étaitiMS pei*xois aux grands seigneurs de résider dUina leurs terres j aussi les anciens çhèt^au:ii aont partout tQui^bés eu ruines. Le proverbe jfrapçaia d'wa cAo^cav en Espagne est foudé sur la nça existence de châteaux d^us ce royaume.

Malgré les grandes possessions de plusieurs seigneurs espagnols, et encore de quelques seigneurs italiens, ils sont en général les Uïis et les autres mal à leur aise par la mauvaise ^idmi^istr^tion de leurs biens, le nombre considérable de le^rs domestiques et la cumulation progressive de leurs dettes. Cela, joint à des habitudes municipales, explique les manières mesquines et un. peu bourgeoises deplu^ sieurs de ces grands seigneurs territoriaux* Quant au royaume de Naples, depuis le temps de Murat^ les majorais ont été détruits, et le. partage est égal entre les ciifaus , de mapière que la plupi^rt des

grands sei|[nears d'autrefois ne le sont plus que de nom. Depuis quelques années aussi , on a introduit le Code civil français en Sicile, ce qui a causé ttne misère extrême dans cette belle ile 9 car en détlnii' sant les majorats on a rendu exigibles tontes les dettes de cent qui lès possédaient. Une grande quantité de terres seigneuriales ont été vendues à vil prix, et les acquéreurs, la plupart gens d'affaires, ne font aucune dépense. La ruine des seigneurs a cAusé la ruine du bas peuple. Je n'aurais pas cru i, une pareille misère si je' n'en avais pas été témoin o(5ulaire.

Je ne suis pâs très-paitisan des ikiajorats d'aucune espèce , mais il fallait modifier ceux du royaume de Naples et de la Sicile, et non pas les détruire d'une manière quasi-révolutionnaire , ou il fallait les remplacer par un droit de primogéniture obligatoire. 11 ti'y a pas de noblesse possible avec l'égal partage des biens, et de grands titres avec une petite existence prêtent un peu au ridicule. Je sais bien quf les grands politiques d'aujourd'hui me répondront que la noblesse n'est qti'un abus, et qu'il nj a pfis de toal de la détruire. Ils en diront peut-être autant de là royauté, et pour être conséquent ils doivent le dire. C'est une autre question à laquelle je me dispenserai de répondre.

Il me semble que le terme gentilhomme ne vu bien qu'aux nobles habitant leurs terres ; on dit un noble vénitien ou génois ou un seigneur napolitain

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en espagnol , mais on emploie rarement 4e termf gentilhomme eu parlant des nobles de ces pajj-4â. On pourrait faire une antre remarque sur les petits États sans aristocratie territoriale , et dont par conséquent la fortune principale des gens rtcbea est en portefeuille : c'est que les habitans de toutes les classes sont en général cités pour leur grande économie,

La valeur continuellement décroissante- de Fargent, et les risques auxquels sont exposés les pré*teurSy les disposent d*abord à faire des épargnes^ puis les rendent avares. Personne, je crois, n'a jamais entendu parler de la prodigalité et même bien rarement de la générosité d'un Genevois. Malgré'le faste de leurs palais , la même remarque pourrait s'appliquer aux Génois et à plusieurs autres petits peuples. L'avarice des juifs a toujours été proverbiale, et ce défaut leur venait de ce qu'ils ne pouvaient pas avoir de possessions territoriales, et de rinsécurîté de leur existence dans plusieurs pays et même partout autrefois. Depuis que tant de chrétiens font le métier de juifs , et que ceux-ci sont reçus dans la bonne compagnie, et même dans plusieurs pays peuvent devenir propriétaires , ils ne méritent plus tant le reproche qu'on leur faisait autrefois. Il est même à remarquer que dans plus d'une grande capitale , où la noblesse dans le temps de sa splendeur était citée pour sa fierté et sa générosité , ce sont des juifs qui font maintenant

le» honncfurs de la ville. — J^a jouterai (jue le oom^ uierc& maritime ne tend pas à rétrécir l'esprit et à rendre avare comme le trafic de l'argent. Les l>an-< quiers aussi dans les grandes capitales, qui font souvent de grandes affaires comme négocians, ont en général des manières largesei ne doivent pas être assimilés aux petits .préteurs d'argent»

Si les étrangers sont fondés dans le reprocl^ d'économie parcimonieuse qu'ils font à plusieurs nobles français qui ont retrouvé de grandes fortunes, ce défaut doit venir des habitudes écono-* miques que les émigrés ont en général contractées dans le temps de leur proscription , et aussi d'une certaine crainte qu'ils ont toujours d'être proscrits de nouveau. Plusieurs d'entre eu& ayant aussi , par «uite de cette crainte, converti une bonne partie de leurs biens-fonds en argent , entrent ainsi un peu dans la catégorie des gens à portefeuille,

(^kj) Les terres données par le parlement comtne récompenses nationales sont les seules qui soient substituées perpétuellement aux descendans de celui ainsi récompensé, et que le roi fait toujours pair auparavant, s'il ne l'est pas déjà.

(tî8) Depuis le bill de réforme:, les bourgs dits pounis et ceux dits clos n'existant plus, l'influence des pairs dans les élections est très-diminuée; Elle se réduità celle que donneront toujours de grandes

propriétés^ mais cctto influence n^exiale presque plus que dans les élections des comtéa*^ Presque aucun pair n'est maintenant sûr de faire nommer un député ; aussi il n'y a plus d'harmoaie entre les deuk chambres. Comme les moins clairvoyana Toieat maintenant la nécessité d'une étroite liaison entre les deux chambres , que j'ai annoncée, \m crois » le premier comme une chose indispensable pour le maintien de la Constitution, les grands réformatems proposent comme supplément au bill de réforme de démocratiser la chambre des pairs , soit en y introduisant un nombre considérable de négc^ans oa< manufacturiers, soit en détruisant rhéréditéde là pairie, ou bien en adoptant ces deux ckangemens à Ifi fois. Sans parler de ce que ces innovations auraient de ^éTolutionnaire , et deâ trovbles que pourrait faire naître l'anéantissement réel de la Constitution , ces changemens mêmes ne produiraient pas le résultat que les politiques à courte-vue en attendent. Tout pair, q[uelle que soiC son origine, prend bientôt un esprit aristocratique, comme on l'a vu en France dans les nominations abusives de pairs depuis la restauration. Des pairs, même à vie, avec de grandes fortunes ne dc^viendraient pas démocrates 5 il faudrait que ces grands réformatemrs fissent encore davantage, il faudrait détruire le di*oit de primogénîture, et rendre le partage cd»ligatoire entre les enfans. On aurait aloi's une Cambre des pairs sans considération et sans utUité

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quelconque f îi vaudrait bleu mieut avoir an« aeconde cbambi^e élective. U faut une gtaode fortune et l'bérédité de la pairie pour qu'une chambre des pairs puisae lutter sans crainte avec une chatiibre élective, et rejeter les mauvaises lois proposées par eeUe-cî* Ude seconde chambre , élue seulement pour la «kirée du parlement 5 aurait plus de considération et plus de force noorafe qu'une chambi*tt des pairs dégradée. ( Note nùwàlh. )

(29) Malgré le droit dfe-prîmogéniture , par Finconduite des propriétaires , la eumulation successive des dettes hypothécaires et autres raisons , i! y a toujours des terres à acheter ; et quoi qu'eu disent quelques auteurs français, à cause de la confiance générale dans tes fonds puUics^ et de la facilité qu^on a de placer son argent dans dec spéculations eom^ flBtereieleSy tes terres sont à meilleur» .«marché eu- Ai^ gleterre qu'elles ne l'étaient autrefois en France^ le taux ordinaire est de 3 ou 4 P* ^o. 11 est vrai que ksi j^opriétaîrea anglais somt exposés à de* glandes eharges indirectes. ( Note ancienne. )

PaT suite des éntmnes MiqE>6ts établis pottr pA^"^ ks intérêts de la dette p6bliq«e contractée d^tt^ k guevre àe la révolution , beaucoup d'anciens propriétaires de moyenne fortune 4mt été obligés dé vendre leurs terres , tesqiielleti ont été acl^tées fkar de nonrcaux cnrvekis. Ces» mmteaux posseseiéttrs n'mcitent paa k benu^einp près le méirte ref^e^

parmi les paysans que les anciens , et ce changement soudain, dans la composition de l'ariatocratie territoriale , a eu un mauvais effet sur les mœurs des babitans des campagnes. {Note nouvelle. )

(3o) Les lits de justice imaginés depuis rorigine des états-généraux étaient un sinnûacre des anciens parlemens , et les rois s'en servaient pour lever l'opposition du parlement ordinaire à l'enregistrement de leurs édits, puisque les anciens parlemens y OÙ les rois se rendaient en personne ,. n'a- { vaient que le droit d'être consultés, et n avaient pas une négative sur les lois politiques proposées par le pouvoir royal,

(3i) Cette vénalité n'était au fond qu'nn cautionnement exigé pourlaLonne conduite des juges. Le prix des charges faisait partie de la. fortune héréditaire des magistrats.

(32) On connaît le mot du maréchal de fiiron allant dîner chez le président Mole : (c Je dîne aujourd'hui chez le premier bourgeois de Paris. » Cependant le président Mole était réellement un plus grand seigneur que le maréchal de Biron. Celui-ci avait beau se vanter d'être d'une plus ancienne race , il n'était politiquement parlant qu'un simple particulier aux ordres du roi. Si ^ profitant de SQu grade et de ses emplois militaires^ il avait

voulu s'opposer à des mesures ordonnées par le gouvernement y regardé comme rebelle à l'auto* rite royale, on l'aurait peut-être traité comme Henri lY traita son ancêtre. La haïue noblesse y qui prétendait descendre des Francs et n'avoir jamais été anoblie, prétention souvent sans foçidement, n'avait plus d'existence féod^e depuis le temps du cardinal de Richelieu ^ et ne devint jamais une aristocratie nationale comme la haute noblesse anglaise. Comme elle dédaignait d'entrer dans les parlemens^ son seul. emplcâ était de servir comme mi<lî taire. Or, comme le mot l'indique, le senkce militaire, tout honorable qu'il est,. est essentiellement ^em/e. —Le président Mole, comme son ancêtre Mathieu Mole , avait le droit de s'opposer aux me-^ sures arbitraires du gouvernement, et sa. résistance, approuvée de. toute la nation, en aurait imposé au. gouvernement.

Voilà la différence d'une aristocratie politique d'avec une aristocratie purement généalogique, sans d'autres privilèges que de monter dans les caresses du roi , et d'occuper les grandes places de la cour.

Je dois ajouter, par l'amour de la vérité, qu'aucune aristocratie n'était nationale en France , parla raison que les seigneurs , grands ou petits , n'avaient rien à attendre de leurs vassaux ou inférieurs , et pipr conséquent aucun motif de gagner leur bienveiljance, comme ont les seigneurs anglais. Ils pouvaient avoir, selon leur caractère individuel , plus ou moins

de bouté pour leurs vassaux ^ mais il« vivaîeul tmpeii dans leurs terres, et inspmient en général pei d'attachement personnel. C'est pourquoi ikont&if si peu de résistance, au commenoemeiit de la Thth lution y au mouvement révolutionnaire excité fm les intrigfiDs, à Paris, dont plusienra étaient de leur ordre , et la plupart ont été obligés de se atmstrftÎR à la fureur populaire. Ajoutons, contme je Tâidit plus liant, que le service militaire le^ obKgeaiti obéir a leurs chefs naturels, et que ees chefs naturels, les princes, ayant quitté le soi fra«ç»id, ils se so&l crus obligés de les suivre.

Quant à la prétendue tyrannie des aeigpfMurs français d'autrefois , elle est aussi vraieque tant tl'autres | contes faits au commencement de la révolution peor eiciter le peuple.. Dans te grand, nombre de seigneurs , dont beaucoup n'étaient pas naéme nobles, il pouvait y eu avoir quelques uns qui exigeaient leurs fermages ou redevances avec trop de dureté. Mais je crois qu'on pourrait faire le ménae veproche à beaucoup de propriétaires d'auiour<Flmi. A Végard des droits seigneuriaux honorifiques ,. lesquels, variaient selon les terres, ils étaient tout-à-£ail tombés en désuétude. Un seigneur, par exemple (et plusieurs jouissaient de ce droit) ^ qui aurait vottla faire battre par ses paysans Teau d^s fossés de s<m château pour empêcher les grenouilles .de cfoassef pendant les couches de sa femme, se serait fait moquer de lui dans tout le pays- *^- Le seigfk^ur le plu»

eiigeaut pour «es droiU^ dont i'ai<^ entendu parler» élait un nommé Lyoxmet , ci -devant tondeur et u^ér decin de chiens au Pont-Neuf. £n tondant et. guér rissant d'indigeHiems les. petits chiens des vfeil^s dames , il avait fait une fortune considérable , avec laquelle^ quelques années avant la révoIujLion, il acheta un marquisat, et ep exerçait tous les droits avec beaucoup de hauteur. *— Quant aux fourcher patibulaires qu'on voyait sur les terres qui avaient droit de haute justice ^.céiBÀt la marque d'un droit que nul seigneur n'a été tenté d'exercer depuis des siècles. Il y avait un appel régulier de la juri^ diction seigneuriale à la juridiction du bailliage royal, puis au parlement j et un seigneur assez sot pour commencer un procès criminel à un malfai-r teur de sa terré, en aurait été pour ses firâi^. Telle est pourtant , en général , l'ignorance des étrangers sur l'àhcienne France , que j'ai entendu citer \qs fourches patibulaires à quelques Anglais de distinction, çt dernièrement, dans des places éminentes , comme une preuve du despotisme des anciens seigneurs français, qui pendaient, selon eux, leurs vassaux pour la moindi^e faute et presque à leur bon plaisir^

Les mêmes Anglais m'ont dit que la cause princi* pale de la révolutioB. française était le manque d'une classe intermédiaire en France. A les entendre , il n'y avait en France que des nobles et des serfs , et la classe moyenne était preaqae nulle. D'après ees

messieurs , la rcvolutiou française u'aurait dooc clé qu'une révolte d'esdaves » dans le genrede laguem servile des Romains. Tout le monde en France nit au contraire que c'est la classe moyenne ^ aidée de quelques nobles mécotitens^ qui a fait la réfolih tion f et que le peuple des campagnes aérait reité parfaitement tranquille , s'il n'avait pas .été ezdté par toutes sortes de menées^ conduites par les intrigans à Paris , et leurs agens dans les provinces. A propos des droits seigneuriaux^ fafoiiteraiqw c'étaient les droits honorifiques qa'on aurait dû abolir sans indemnité, et non pas les droits réds, comme les redevances et les ixns^ qui étaient des propriétés aussi sacrées que celles des fonds dont elles émanaient. Plusieurs de ces cens avaient été établis depuis peu d'années pour des concessions de fonds. Cependant ils ont été tous détruits par le même coup de balai (pour me servir de l'expressioD anglaise)^ et sans aucune indemnité. Quelques années après, sous le gouvernement impérial , on fit une loi qui avait une apparence de justice , niais qui en réalité n'était qu'une mesure fiscale. Ou obligea tous les possesseurs de biens grevés autrefois d'ua cens f de racheter ce cens à un certain taux. Comme le gouvernement était à la place des ecclésiastiques et des émigrés , dont on avait vendu les Liens ,- c'était au trésor que les acquéreurs de ces biens devaient payer la valeur des cens supprimés. JMais pour empêcher ^ autant que possible y les anciens

seigneurs restés, ou* rentrés en France de profiter de icette loi , on déclara que tous les cens entachés de féodalité restaient supprimés sans rachat. Par la manière dont on interpréta cette clause ^ les anciens seigneurs ne reçurent presque aucune indemnité de leurs cens perdus , tandis qu'ils étaient obligés de racheter les cens qu'ils devaient à des particuliers ou à des monastères qu'ils avaient fondés ou enrichis. — On voit que les réformateurs anglais, en supprimant tant de droits sans indemnité , n'ont pas le mérite de l'invention.

Ayant de remettre au fomieau cette ancienne noblesse française, que j'ai exhumée pour la juger avec une stricte impartialité , j'examinerai en deux mots le reproche à'insolence qu'on lui a .fait , en addition à celui de tyrannie.

Dans tous les siècles et sous tous les gouvernemens 9 les gens d'un rang élevé , ou jouissant d*un grand pouvoir, ont été malheureusement quelquefois tentés de faire sentir à leurs inférieurs la supériorité de leur existence , sinon par leurs actes, iiu. moins par leurs manières. Chez les anciens on ne regardait guère qu'aux actes , et on faisait peu d'attention aux manières , à moins que cela ne fût pour en rire. Mais dans les royaumes modernes de l'Europe, surtout en France, où la chevalerie a laissé (même aujourd'hui) des traces profondes dans toutes les classes de la société, des manières insolentes déplaisent quelquefois plus que des actes tyranni-

qyues, et on aimerait mieux être envoyé iniustcmeiit en prison , que d'étrê menacé d^tin coup de bltoiii Le mot de Thémistocle peut être admiré^ maîft ne sera jamais répété par un Français. Cette irritalH'^ lilé d'âmour-propre, ou, en d'autres mots, ce point d'honneur, qui, en France, autrefois, beaucoajp plus que dans les autres pays de l'Europe , était ré* pandu dans toutes les classes, avait établi une sorte d'égalité dails la société, malgré \6ê distinctions de rang et de fortune. Cette égalité était toftintenue par le préjugé que personne vivant honorablement ne pouvait recevoir un affront de qui que ce fût sans en demander satisfaction, et personne, quel que ftLi son rang , ne pouvait se dispenser d'en offrir à oelni qu'il aurait offensé. De cet esprit chevaleresque, joint à l'esprit de galanterie, il était résulté une trè»» grande urbanité eu France , et la> politesse de la noblesse française était presque proverbiale dans tontr l'Europe. Un gentilhomme français aurait autant aimé être accusé d'un délit que d'avoir comniis une grossièreté. Avec cette disposition générale des esprits, il était impossible que Y insolence fût un ca^ ractère distincfif des nobles français. Il y avait sûrement quelques individus qu'on pouvait accuser de hauteur insolente^ et qui la laissaient voir à travers tous les voiles de la politesse j mais les formes sous lesquelles ils étaient obligés de la déguiser en ôtaient ce qu'elle y avait de plus choquant. An surplus, c'étaient des <?as particuliers.

. Quiknt aux petiU défauts de vanité (si commuiis auiourd't^ui ) y c'était la crainte du ridicule^ plus grande en France que la crainte de l'épée^ qui es faisait justice* Dans la baute société, à Paris ^ autrefois, et on y recevait tout homme spirituel «f aiiB^Ue , quelle que fût aa naissance , il y avait plus d'égalité extérieure que dans aucune autre ^société de l'Europe. Ces formes obséquieuses , qu'on trouve quelquefois dans des pays où l'égalité est plutôt dana les lois que dans les mœurs , en étaient bannies eutiérement. Il fallait un grand tact et un esprit très^xercé pour hasarder une plaisanterie un peu piqi^ntCj. et dans une pareille^ztems de bons mots, tottiours conduite avec la plus grande politesse, c'étaient les gens d'esprit, et non pas les grands seigneurs, qui avaient tout l'avantage.

Un avocat de Dijon se plaignait un jour à moi de l'insolence d'un grand seigneur (le comte de Vienne). K II voua a donc dit, lui répondis-je, des choses bien désobligeantes? — Au contraire, il m'a accablé de po-^ litesses ^ mais i^m'a laissé sentir, par sa grande politesse , combien il se croyait mon supérieur. » — C'était là Y insolence de l'ancien régime. Aujourd'hui, qu'on aime tant le ruUurel, peut-être préférera-t-oft \sk franche insolence d'un ministre du gouvernement impérial, qui reçut, ie ne puis dire comment, une vieille dame , la dernière desceifdaiite de du Guesclin (madam;e la duchesse de Gévres).

Comme cette dame reculait de bonfe', le ministre

lui dît, avec une bonté toute ministérielle : « Pin lez toujours y madame, je vous écouterai tout de même. »

Les Anglais» qui parlent quelquefois delà Aosreiirdcs anciens nobles français, ne devraient pis oublier que beaucoup d'entre eux aoïkC cités pour la mordue qu'ils portent avec eax dans les pajs étrangers.

Il convieift bien, depuis la révolution , de païkr de l'insolence de l'ancien régime. Les descendaiu des anciens nobles, des deux sexes ^ ont perdu une grande partie de cette politesse qui distinguait leurs pères et mères. Quant aux grands seigneurs d'anjouvd'hui, en fait d'insolence, ils ne le cèdent, certes, pas aux grands seigneurs d'autrefois, et ils la montrent avec toute \9l franchise de la politesse moderne. ( Note nouvelle. )

(33) Cette harmonie n'existe plus depuis le bill de réforme. On verra parla suite par quelle combinaison nouvelle elle se rétablira.

(34) Les états-généraux présentaient aussi quelquefois des projets de lois relatifs à leurs griefs; mais les ordonnances rendues par les rois pour remédier même à ces griefs, n'étaient jamais soumises aux délibérations des États. Les principaux magistrats du parlement étaient toujours consultés sur la formation de ces ordonnances.

(35) La vanité bourgeoise , en France , a cru avoir remporté une grande victoire en détruisant l'hérédité de la pairie^ et en mutilant ainsi la constitution. Les petits politiques^ qui cachaient leur vanité dans Famour d'une prétendue égalité , n'ont pas vu qu'indépendamment du presque anéantissement de la seconde branche de la législature qu'ils ont produit par leur victoire, ils ont ainsi ajouté de la considération aux grands noms de l'ancienne monarchie qui excitent tant leur jalousie. Avec l'hérédité de la pairie, les descendant des plébéiens respectables qui forment la moitié de la chambre des pairs seraient devenus, au bout d'une génération ou deux, de grands seigneurs , et auraient fini par Itfè regardés comme les égaux des anciennes fatnilles, comme c'est arrivé en Angleterre. Maintenant la chambre des pairs n'est plus qu'un sénat avec bien moins de pouvoir que n'avait le sénat de Bonaparte, car alors il choisissait les membres de la chambre législative sur une liste de candidats qu'on lui présentait. Les enfans des pairs plébéiens ne seront que des plébéiens , tandis que les enfans des anciennes familles auront toujours pour eAx le prestige de leurs noms , et soutiendront leur existence , s'ils en ont besoin, par des mariages avec les filles riches de familles plébéiennes qui seront charmées de s'allier avec eux.

Cette même chambre, avant sa mutilation, avait eu le tort, soit par opposition au ministère, soit

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pour plaire à la clameur populaire, <le reieter une loi qui établissail un«; espèce de droit de priou^éiiiture , en donnant au fils atné d'un père de famille mort intestats la portion avantageuse que aoupèit avait le droit de lui laisser par testameot, C<:ttep(H' tion » comme on sait y dépend dn nombre des enfÎM. \^ loi y il est vrai , était mal faite, car elle aurait dâ déclarer cette portion obligatoire dans toita les cas. Je n'étais pas alors en France , et fe ne sais qods étaient les motifs réels des pairs dans le lejct df cette loi. Ils étaient trop éclairés, îe crois, poor avoir été déterminés par des idées de popularité, lis ne pouvaient croire sérieusement que leur hérédité, avec Ife petits maiorats fondés la pfiipart sur des rentes «sur^rÉtat, pouvait durer long-^tenapa sans Tappui d'un droit de primogéniture quelconque dans les succeasions des autres citoyens. Quoi qu'il ep soity en flattant^ parleur rejet, les idées démocratiques, ils ont préparé l'arrêt de leur propre mort.

La chambre des pairs a eu depuis un plus grand tort, en approuvant la mesure révolutionnaire proposée par une centaine de députés, de priver de la pairie tous les pairs créés par Charles X* Je sais qu'elle l'approuva contre sa conscience, et poméviter , à ce qu'elle croyait , des mesures encore plus révolutionnaires. Je puis me tromper, mais }e crois que les pairs, en rejetant cette mesure, eu auraient imposé aux démagogues, et ils auraient certaine-

meut ajoulé à leur considération dans la nation; Jamais mesitre ne fut plus arbitrera. Les paies de Charles X, créés quand èe malheureux monar^eétait dans Iq plein^exercice de tons ses droits, avaient une origine aussi légale et aussi sacr^ que les grade«f militaires ouJes places dans la magistrature, qui avaient été accordé» sou» son règne. Il valait mieu^V en fait de principèa, que les-iieax chambres j' en abolissant la- Charte: de' Louis XYIH, accordassent ua pouvoir dictatorial au roi , en le priant"* dé proposer une constitution nouvelle. Mais on avait» la prétention de faire seulement quelques légers changement dans la Charte. Il est clair«que les mte-^ neurs de la révolution de juillet avaient en^Vue la révolution anglaise de 1688. Mais quelle différence dans les procédés de ces deux révolutions ! La révo* lution de i>(>88 fut faite par la haute aristocratie d'Angleterre^ ave<^ L'approbation de la majorité édai^ rée de la nation ; le peuple de Londre» et les jotirnaux n'y furenl.pour rien. On n'entendit pias alors, dire en plein parlennent qu'on aurait choisi Guillaume pour roi seulement à cause de 9es qualités persc^-^ nelles> et malgré \êl tache qu'il avait d'être proche parent de Jacques. Un pareil propos aurait bien pis faire envoyer «on auteur à là Tour. On; déclara- au contraire Guillailmeroi d'Angleterre, pour exercer, les droits de la royauté, Conjointement avec sa femme, Marie, fille atnée de Jacques ; mais la succession à la

couronne fut fixée dans U seule postérité de Marie, puis, à défaut de sa postérité, dans Anne', fille cadette du monarque détrôné et dans aa postérité. Guillaume ne fut que roi viager, et la maison d'Orange n'acquit pa» lui aucun droit à la auccesaion de la couronne. Quand Anne mourut sans postérité, on établit la succession dans la postérité de la fille de Jacques I*' d'Angleterre , et la maison de Brunswick gouTeme aujourd'hui l'empire britjuuliiqtiey en vertu de sa descendance de la maison de StaarC. Le nom de Stuart n'était pas alors regardé comme on terme d'Injure , et on était loin de croire qu'il fallait de grandes qualités pour faire oublier tqu'on avait le malheur de le porter.

Quant aux majorats , l'institution ne m'en a jamais paru très^xcelleute. Il valait mieux^ œ me semble, exiger un certain revenu fixe pour exercer le droit de la pairie. Ce n'était pas trop, je crois ^ de fixer ce revenu à a5,ooo fr. Cela aurait d'abord eu l'avantage d'être un frein à la nomination abusive de pairs, et un homme sans fortune, qui serait appelé pai* l'opinion publique à cette haute dignité ^ recevrait du roi , avec l'approbation de la nation , le revenu nécessaire pour l'exercer, comme cela se pratique en Angleterre. L'héritier d'un pair qui n'aurait pas le revenu exigé par la loi, resterait toujours pair, sans pouvoir voter dans la chambre des pairs. Mais ce cas arriverait rarement. Pour éviter à leurs suc-

cesseors un pareil désagrément » il y aurait peu de pairs cpii ne trouvassent moyen de laisser à leur fils aine le revenu exigé par la loi.

Je compte pour rien l'aristocratie des titres. Plusieurs pairs plébéiens , comme d'autres particuliers, ont reçu des titres, soit sous l'empire, soit depuis la restauration ; mais ces titres (je ne dis pas ceci pour les Français^ qui le savent bien, mais pour les Anglais, qui ont la bonhomie d'appeler HO&/i^ma/i^ grand seigneur, tout Français et autre étranger qui se donne le titre de comte ou baron ^ parce, que ces titres ne sont portés que par de grands seigneurs en Angleterre) inspirent bien peu de considération. Les anciennes familles qui avaient reçu des titres de Bonaparte (car les «nciens titres étaient alors abolis ), les ont quittés à la restauration pour reprendre les titres qu'elles avaient sous l'ancienne monarchie.' De* puis la restauration jusqu'à la révolution de juillet, indépendamment des dons que Louis XVIII et Charles X faisaient de ces titres, on pouvait les acquérir en formant un majorât de peu de valeur. Mais personne d'un nom connu n'aurait voulu acquérir ainsi un titre; de même en Angleterre un homme de bonne famille ne voudrait pas recevoir le titre de simple chevalier, lequel donne pourtant celui de lady à sa femme.

Plusieurs nobles vaniteux de l'ancien régime, qui n avaient pas de titres autrefois, maïs qui se croient l>ien les égaux de ces nouveaux titrés , ont pris d'eux^

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mêmes des titres ^ et, ces nonveanx comtes (contes pour rire , comme on appelait aatrefoiff des comtes pareils )y ont augmenté considéraUement le nombre des gens à titre , et contribué y dans la même proportion, à leur ôter de la considération.

Comme c'est de f histoire ancienne ^ pour la génération actuelle, peut-être que quelques lignes sur les anciens titres ne seront pas déplacées ici.

Dans les anciens temps , les titres étaient attachés aux terres ; mais quand une terre titrée était yendae, celui qui l'avait acquise nepouvait en prendre le titre, a moins qu'elle ne fût érigée de nouveau en terre titrée pour lui y par une ordonnance du roi enregistrée au parlement, et s'il était roturier, même pour l'acheter, il fallait payer ce qu'on appelait le droit de franc-fief. Cependant les nobles , et même 'souvent dans les derniers temps, les bourgeois qui achetaient des terres titrées , en prenaient les titres sans aucune permission. Dans leurs provinces, où on riait de leurs prétentions, on les appelait des contes pour rire ; mais à Paris, surtout s'ils donnaient de bons soupers, on les traitait comme d'anciens seigneurs. Dans les parlemens, cependant, on les traitait avec moins de cérémonie 5 on y refusait , non seulement aux comtes ou marquis pareils , les titres qu'ils avaient usurpés, mais on ne permettait pas à un homme, delà plus ancienne famille, de porter un titre , s'il ne possédait pas une terre qui lui en donnât le droit.

loi

Dans un même joui% la chambre des comptes ^ à Dijon 9 refusa le titre de marquis à M. de Lévis, d'une des plus grandes familles <le France , et l'accorda à M. de la Borde , banquier de la cour ^ pour qui le roi avait érigé une tetre en marquisat. M. de la Borde.^ par le noble usage qu'il faisait d'une fortune immense y méritait bien une distinction honorifique , qui n'ajouta rien à la considération dont il jouissait.

A la cour il y avait un usage différent^ là, tout homme de qualité , c'est-à-dire tout homme d'une famille qui remontait au 1 4"^ siècle , pouvait prendre le titre qu'il voulait, excepté celui de duc. Pat tm sot règlement introduit sous Louis XV, à l'instigation d'un grand seigneur , gentilhomme de la cham^ bre, dans la vue, a-t-on dit, d'éloigner de la cour quelques personnes qui n'étaient pas d'anciennes familles, il fut déclaré que, pour monter dans les carrosses du roi , et être présenté à la cour , il fallait faire des preuves qu'on était homme de qualité. C'est ce qu'on appelai traire les prouvées de la cour. On excepta de la mesure les ministres du roi et leurs descendans, et tous ceux, comme déraison, à qui le roi accordait la permission de lui faire sa cour« Mais comme cette permission impliquait un manque de naissance, elle était peu recherchée. Ce règlement produisit beaucoup de mécontentement dans la noblesse.

Le roi accordait aussi quelquefois le brevet d'un

titre saiis terre ^ mais ces titres étaient peo considérés. Les chefs des familles parlementaires (et tons les membres des parlemens étaient nobles par lenn charges)^ bien que plusieurs d*entre eux eussent des ten*es érigées en titres pour eux ou pour leurs ancêtres, ne portaient jamais de titre ^ pas plus qae les intendans et les membres des chambres des comptes. Le chancelier de France s'appelait simpl^ ment chei^alier, La raison eu était que les titres étaient associés avec des idées militaires , et ne convenaient pas , par conséquent , à des ma^strats qui ne portaient pas Tépée. Dans quelques parlemens de province, comme ceux de Grenoble, Rennes et Pau , il entrait quelquefois des gens de qualité qui continuaient à porter leurs anciens titres. Même plusieurs familles anciennes d'épée ne portaient pas de titres. En un mot, en France, autrefois, la noblesse n'était pas fondée sur des titres, et la considération 3'accordait bien plus à la famille qu'an titre ^ le seul titre vraiment re^^pecté comme titre, était celui de duc. Dans le langage de raiicienne cour, duc et homme titré étaient synonymes.

Pour en finir des aristocraties , l'ajouterai quelques mots sur l'aristocratie des talens , que les grands réformateurs prétendent être la seule aristocratie qui doive exister. Ces messieurs ne veulent ni fan>ille, ni fortune, ni considération héréditaire d'aucune ospèce; ce sont des choses positives qu'il faut avoir yccllement pour croire les posséder. Mais il uen.

est pas de même des talens. Chacun se persuade facilement en avoir^ et comme l'ambition^ maintenant^ tourne toutes les têtes , il n'y a presque pas d'avocat bavard qui ne se croie un d'Aguesseau , et digne d'être chancelier; ni petit écrivailleur politique qui nié se croie un Montesquieu ^ et capable des plus hautes fonctions politiques. Et puis d'ailleurs où est le jury qui prononcera sur les véritables talens. Il faut^ pour les connaître , beaucoup d'années ^ et quelquefois ils ne sont appréciés à leur juste valeur qu'après la mort de ceux: qui les ont possédés. Dieu nous garde d'une pareille aristocratie ! Personne plus que moi ne respecte les vrais talens ^ mais il faut d'autres garanties pour être législateur et pour gouverner un État^ que la facilité de tourner une phrase ou de parler d'abondance. Les vrais talens^ percent toujours, même dans les gouvernemens les plus absolus. D'Aguesseau n'était qu'un avocat^ et tous les ministres renommés sous Louis XIY, et plusieurs, sous Louis XVI, n'étaient que de simples bourgeois. En Angleterre, M. Canning était sans famille et presque sans fortune. Le chancelier Eldon est le fils d'un marchand de charbon , et M. Peel , le premier ministre actuel, et qui a sons lui, dans le ministère, les plus grands seigneurs d'Angleterre , est le fils d'un fabricant de coton , qui , d'une trèshumble origine, s'est fait une fortune considérable par ses talens industriels.

Ces exemples, je sais, sont rares, et doivent être

rares , mais ils sent néanuioius assex communs , surtout aujouririiui, pour encourager les yraia talens sans exciter (le.a prétentions ridicules.

Quant aux avocats , en Angleterre^ ils sont plus considérés qu*en France ; les cadets des premières familles^ et les aînés des familles deFaristocratie non titrée se font souvent recevoir avocats , et suivent ensuite le barreau , selon leur fortune oa leur talest Mais il est excessivement rare qu'un avocat plaidait se soit distingué comme homme politique. Plusiems avocats riches sont membres de la chambre bass^, et ceux qu'on appelle les officiers légauac de la couronne, comme les procureurs-généraux ^ et les avocats-généraux y le sont toujours y mais ils ne sortent presque jamais de leur sphère de jurisconsultes. M. Erskine, le plus éloquent avocat de son temps, n'a jamais pu faire un bon discours au parlement. Dans les temps modernes , le seul avocat anglais qui fût homme d'État, était M. Dundas, depuis lord Melville. Il avait plaidé très-peu de temps au barreau d'Ecosse, et il y avait la réputation d'être un médiocre avocat^ soit qu'il eût mal étudié les lois civiles , soit que la rectitude de son esprit l'empêchât d'en avoir cette flexibilité qui sait trouver des argumens également bons pour les côtés opposés de cliaque question.

£n France , on so 80uviendi*a long - temps du mal qu'y ont fait les avocats. Ce sont des avocats qui ont détrôné le vertueux et patriote Louis XVI.

Plusieurs des moins violens d'entre eux ont voulu ensuite lui sauver la vie , mais ils ont été eux-mêmes proscrîts par les plus furieux , soutenus par la populace , et ont payé ainsi le prix de leur erreur politique.

La plupart de ces avocats , qui étaient de Bordeaux, n'étaientpas des gens immoraux, et plusieurs d'eux avaient de grands talens oratoires , mais aucun n'était homme d'État ; c'étaient des théorîstes sans aucune des connaissances nécessaires pour être membres d'une assemblée politique, et Surtout pour la diriger.

Je suis loin d'insinuer que la profession d'avocat rende un homme incapable de devenir un homme public, mais pour cela il faut, je crois , qu'il quitte sa profession et fasse de nouvelles études, il y a dans la chambre des pairs des avocats qui , après avoir quitté le barreau , ont exercé avec honneur de trèshautes fonctions politiques , et se sont fait admirer, non seulement par leur éloquence, mais par leur, patriotisme mêlé avec leur amour de la monarchie. ^ Qu'il me soit permis de citer le nom de M. Laine, qui , depuis vingt-cinq ans , avec le plus beau talent oratoire , a montré un caractère égal à tout ce que l'histoire nous a présenté. Je pourrais même citer des avocats , encore au barreau, qui ont eu le temps de s'appliquer avec succès aux affaires publiques; mais je crois que leur nombre est très-limité, et

qu'ils seront toujours meilleurs avocats qu'hommes politiques.

Un des inconvéniens du gouvernement représentatif^ est le besoin qu'a un législateur et un ministre de savoir parler à la tribune ; c'est ce qui a fait croire à des avocats qu'ils étaient particulièrement propres aux plus grandes places politiques ^ et on a été quelquefois assez sot pour les croire sur leur parole. Mais à mesure que l'éducation politique^ qui est encore bien en arrière, se perfectionnera en France, on aimera mieux des idées nettes que des phrases sonores 9 et un député ou ministre qui aura des pensées claires sur un sujet quelconque , trouvera toujours des expressions claires pour >les énoncer. Les avocats alors resteront dans leur sphère, qui sera toujours assez belle, et l'on ne croira plus leurs ser^ vices nécessaires pour sauver TÉtat.

Quant aux grands talens littéraires , il n'est pas très-rare de les voir réunis aux grands talens politiques. Dans l'antiquité, Aristote, Xénophon, Cicéron , Salluste , Tacite et les deux Pline , sans parler de César, cet homme universel ^ dans les ten^s modernes, Morus, Bacon, Locke, Bolingbroke, Burke, Canning, Machiavel, Baudin, Montesquieu, Mirabeau (je parle de ses talens et non de son caractère), et Châteaubriant , dont on doit admirer le caractère autant que les grands talens, avec d'autres noms moins célèbres, se sont fait distinguer par leurs

connaissances politiques aussi bien que par leurs talens littéraires et philosopliiques^ t^t plusieurs d'entre eux ont occupé avec honneur les plus hauts emplois politiques de l'État. Mais des génies pareils n'ont pas besoin, pour s'illustrer , ni d'une réforme parlementaire^ ni d'une révolution de juillet. (Note nouvelle. )

(36) C'est par suite des anciennes attributions judiciaires du parlement , que chaque chambre a le droit de mander à sa barre et d'envoyer en prison ceux qui lui manquent publiquement de respect.

(3^) Depuis le bill de réforme, on ne peut plus dire qu'il n'y a que deux partis dans la chambre des communes, et que le ministère doit dissoudre la chambre ou s'en aller s'il perd la majorité: Sans contredit, s'il était toujours eu minorité, il faudrait bien qu'il prit un de ces deux partis. Mais désormais il sera bien difficile qu'un ministère quelconque ait jamais ce qu'on peut appeler une majorité fixe. Depuis que l'influence des grands propriétaires est considérablement dimiauée dans les élections , tant par la destruction des petits bourgs que par l'extension donnée au droit de voter dans les villes et comtés, il ne peut plus y avoir le même lien qu'autrefois entre les membres de la chambre basse. Les six cent cinqUante-huit membres qui la composaient se réduisaient réellement à un nombre beaucoup moindre

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par l'obligation où étaient tant d'entre eux de voter comme les grands propriétaires qui aTaîent contribné à lenr élection. De manière qu'an mi nistère y eo gagnant une cinquantaine de grands séig^ears^pofivait compter 9ur près de deux cents TOtes dans la chambre basse. Le gouvernement aussi exerçait mie grande influence dans les élections ^ influence qm est de même très-diminuée. Dans le premier bill de réforme proposé par le ministère Grey ^ parmi tant de changemens au moins inutiles f H j en avait m qui me paraissait bon comme la suite des autres; c'était celui qui diminuait le nombre total 'des députés. Les ministres ont alors déclaré que six cent cinquante-huit membres étaient trop pour l'expédition des afiaires. Si cela était vrai autrefois « c'est bien autrement vrai aujourd'hui que les députés sont beaucoup plus indépendaus les uns des autres. Dans une assemblée législative nombreuse ', si chaque député était parfaitement indépendant « et votait d'après ce qu'il appellerait sa conscience^ il n'y aurait pas moyen de faire aller le gouvernement. Le gouvernement représentatif n'est bon que quand il est en partie fictif. Malgré pourtant la rç^rwie , l'influence du ministère et l'influence de ses amis nommeront toujours uu bon noyau de majorité y puis il y aura un grand nombre de membi*es qui voteront selon l'occasion ou la mesure proposée. Si le ministère ne peut plus avoir une majorité compacte , l'opposition ne sera pas compacte. non plus.' Au lieu de

deuic partis dans le parlement , Il pourra y en avoir trois oii quatre. Yoilà pourquoi un ministère pourra même aller quelquefois avec une apparence de maioi'ité contre lui. Autrefois^ une opposition compacte n'aurait pas craint de rejeter le budget et d'arrêter ainsi la marche du gouvernement 3 dorénavant , un ministère 9 à moins d'être détestable, et vouloir des impôts désastreux , n'aura guère à craindre un pareil écbec. De plus, il y aura beaucoup moins, désormais, de ce que les Anglais appellent questions àe cabinet^ de ces mesures , dont le rejet parle parlemont nécessitait la retraite du ministère . Un ministère battu sur plusieurs questions importantes , pourra encore rester en place et gouverner assez tranquillement. Si le malheureux Charles X avait bien compris la nature des élections en France, et qu'il n'eût pas été trompé par une fausse analogie entre' les constitutions de la France et de l'Angleterre alors, il n'aurait pias cassé une assemblée qui aurait certaine* ment voté au moins le budget, et doat it était si facile de gagner l^es membres influens du parti de Topposition. L'histoire, quand on la consulte mal, est souvent un oracle trompeur.

La constitution anglaise, au moins pour la chambre basse, se rapproche maintenant de celle de la France , avec cette différence pourtant que si le gouvernement français a autant de moyens que le gouvernement anglais d'exercer de l'influence sur les élections, l'aristocratie territoriale n'en a point en

France ^ tandis qu'en Angleterre elle en consene encore l>eaucoup. Un ministère anglais sera tôujoun plus sûr d'une majorité qu'un ministère français. M. de Villèle a eu pendant quelques années une majorité presque aussi fixe qu'avait autrefois M. Pitt, mais cela tenait à des circonstances particulières; il faut dire aussi qu'il avait une grande habileté dans Fart de gagner les voix des députés. La révolution de juillet ayant détruit entièrement Tombie d'aristocratie qui restait, et ayant ajouté beaucoup de force aux idées démocratiques ^ a rendu le rôle de ministre y en France , bien plus difficile à joaer qu'auparavant. Il y a une autre espèce de difficulté qui a toujours existé , plus ou moins , depuis la restauration, d'où date la liberté française^ mais qui est bien augmentée depuis la dernière réyolution; elle provient de la composition de la chambre des députés. Toute respectable qu'elle est, elle est en général d'une grande ignorance politique, et souvent pleine de préjugés. Cela tient à la vie antécédente des députés ; la plupart exercent des professions trèshonorables, sans doute, mais qui les empécbent d'avoir le loisir nécessaire pour étudier la politique et devenir propres au rôle de législateurs. Il faudra du temps pour remédier à ce défaut , et je laisse aux Français à en indiquer les moyens.

Bien que les députés anglais soient par la. réforme plus indépendans qu'autrefois les uns des autres ils seront plus dépendans de l'opinion publique, et

par cônsé^ent des journaux qui exercent utie si grande influence snxr cette opinion. Si les journaux étaient rédigés par des philosophes sans esprit de parti, leur influence ne pourrait être que très-utilej ititdis malheui^eusement il n'en est pas ainsi /et la plupart des journaux sont loin d'être rédigés avec une impattialité philosophique. On dira peut-être que les journaux embrassant toutes les opinions po* litiques, leurs différentes doctrines se neutralisent, •pour ainsi dire, par leur opposition. Mais Texpérience malheureusement prouve le contraire, et les articles violens des journaux démagogiques font beaucoup plus d'effet sur la multitude que ne font les raisonnemens des journaux modérés. D'ailhiurs, liiéme dans les classes supérieures, très -peu de ^rsônnes lisent le^ différens journaux pour en peser les mérites respectifs, comme un juge qui écoute les plaidoyers d'avocats opposés. En général, chacun se contente de lire le journal de son parti, et, au lieu d'éclairer ainsi son esprit , il ne fait* que se fortifier dans ses préjugés. —A tout prendre, il me semble qu'on ne peut guère regarder comme une amélioration sociale l'influence croissante de la presse périodique sur l'opinion.

En Amérique , pays classique de la démocratie , on se plaint déjà de la fècheuse influence des journaux démagogiques sur l'esprit public.

En Angleterre cependant, l'influence des journaux sur les députés au parlemM^ sera moins

^iW»]^ ^f^r^rm^j Us 900l pkis indépendans de JiçiVrs qon$tîtiians,^pui« Jte^r^^iiM^i^tipYi.Jpolitiqiiecit

^iaaçe n'axas ^^oip ,d'attQod«ç .««Mii Joiinoi4 ^]pev ,sftYX)ir ce fju'U ^it penjsex.d'iwç ^iti^urie poof^^iée

jiéfom^e il ppiora y ^voir pl^j(^e^I»,p»(^l9alj;]^6.de k cb^qibi:e jba^se çlqçit l'é^ucatiopi rf^.sai^a ;guèr^'phtf ay^açée que celJ,e,4e.la .plupairt ^ débités .fimiçw. La Q^si^^^utioB française mairqh^ei^pQre nfi içUi^ii ,^^^tout/e^ jce^ difficultés £t av;ec Ipi luc^tiJiitiaa 4e Jf^ fP^irie , .mfLÎs elle mardie d^.ui^e ^ii^nièpre ^i^i^jop]^, t;t ^tqut en boitant ,ellc pqui;r^ ma;rç}i£r;ÇifCÇ^ Xoog- .tçmps..Çopp^e oçkijoit 4^,3 ia4iv,i4i:^jpr£^qiiemoii- %;ant,de Uixp. toute leur vie^ ^ d'i^utrea tpuip^rs pu- I^4e|5 ^ ;ai;i:iYer ,à upe.e;xtréme jvieiJLlesfie , ;^ même on v.(Ht djE^.Çoustitqtioj^s ou des gpu;^er|ie{ii^n8 le^ nlii^ mal orga^i^js durer pendant des &iè;clea, et donner un démenti continui^l à ceux qui ont pn^dit le^ir d^structiqn. J,e si^islaiu de faire ces cowipfir2|is€iD5 pour U Cpuati^^ion française qui, m^aJigré sçfi 4^ fautSy .a au^îsi ses avantages; je yeux dir^ ^efilement, en thèse générale, qAie la 4^r^ d'^"^ Const^tutiç^ç ^u d'un .gQuv.^rnement p'.e^t pfis toujpurp u,!?e preuve de ?» bojgité. ( J^qtfi ^^if^lfe, )

Post^criptuni' — J'ai écrit 1^ n,pte pi^écédonte pondant }j^lf^ptS^f^f ^ngl^isef , et je fi'ai p^

parler qu'en théorie des clifféren^ paptis Âiblus U chamiMre df« eenrnim^s. Depuis que mon ùnwrtLgt est chez l'iniprimeur , j'ai tu €$i matin ( 19 février) un article trés-biem fait dans le Times, stir ta «ok mination à faire du speaker ou président de la okam^ iure des communes. On y lit que la ckambre actuelle est composée de deux cent qualipe-^viiigt-seize con-^ servateursy décent cmquante^x radicétuœ.^àejteiSl qnaran(e-six M^kdgs et de soixante M^iigs cofi" selyate^rs• Il est certain que si cfs trois déniiers partis votent ensemble dans toutes les questions importantes I ils pourront culbuter le minisière. Maïs malgré l'irritation des wfaigs y de la manière pcu^cépémonieuse dont leur ministèi*e a été renroy é> iln'est guère possible que leur nouvelle amitiépour les radicaux dure long--temps. Les whigs conserva-^ ' teurs surtout , qui ne diffèrent que d'une nuance d'opinion dQS'.toi:ysm<Mlérés, sentiront les premiers la dauger des em&m^jsma/if des radioaux. Dans les premiers momens^ les trois oppositions réunies pourront l'emporter pour la nomination du président > ou quelque léger amendement sur l'adresse. IbKs si le ministère, sentant la nouvelle |>ositioii des choses y et .oubliant tous les anciens précidens ^ persiste, comme je l'espère, à rester en, place, il aura bimità^ quelques déserteurs des autres partis. D'ailleuflrs une pareille opposition n'oserait pas re-^ fiftser les subsides , o^ ^ ce qui est plus fprt , le rettouvellement du muiimy*bill {hiïL sïiï la diseipline

de l'armée > et qui se renouvelle tous les ans). Dr plus » si les conservateurs étaient obligés de sa aller^ les whigs ne pourraient pas former un ministère sans y mettre des radicaux. Pais, commot pourraient-ils gouverner avec l'opposition compacte des conservateurs? Ils seraient obligés de casser de nouveau la chambre. Mais de si fréquens appels m peuple produisent rarement de bons effets. D'ailleurs il se fait insensiblement une réaction da» l'opinion publique. La nation anglaise a pu ébe égarée un instant par des espérances illusoires d'ui bonheur impraticable , mais eUe est essentiellemeal CQV^^vatrice. Elle voit déjà que les théories des whigs n'ont pas diminué les impôts ni rendu ploi aboudans les objets nécessaires à la vie^ et elle reviendra peu à peu à son ancien bon sens.

(38) M. Fox, qui voulait donner au parlement la surveillance de la Compagnie des Indes 5 le roi le renvoya peu après.

(39) Quand un 1*01 en serait la, il serait bien près de tirer l'épée et de s'en remettre de ses droits âcce dernier arbitre des choses humaines.

(4o) Avec tous les bills de réforme possibles, à moins d'établir le suffrage universel > il y aura toujours des gens qui n'auront pas droit de voter, et des endroiis qui ne seront pas représentés. Cette

prétention d'arriver à une précision arithmétique, ^jÈ établissant la représentation sur la population , est une espèce de niaiserie politique digne de» écoles françaises des Condorcet et des abbés Sieyes. (iVbtè homélie, )

(40 On entend souvent crier contre ces bourg» qu'on appelle pourris^ dont plusieurs étaient des petites villes quand ils acquirent le droit de nommer des dépotés, mais sont maintenant des villages dans' la dépendance de quelques grands propriétaires. C'est pourtant par le patronage de ces propriétaires que beaucoup de gens à talent , comme MM. Tiemey et Brougbam maintenant , et autrefois MM. Pitt, Burke, Fox, Shéridan,Canuing, Windhaih, Huskisson , etc. ont fait leur entrée au parlement ; leurs talens une fois connus , ils ont fini par représenter de plus grandes villes.

(4^) On appelle ces villes des bourgs clos.

(43) Une des trois dirions politiques de la c»-pitale 5 les deux autres, Westminster et Soutbwark, ne sont presque jamais représentées par des commerçans.

(44) La ville de Liverpool, la seconde du royaume, et presque l'égale de Londres pour le commerce, est représentée (en 1820) par un général et nn

membre du miuistèlre ; ce miuisiré ( M. Cabninj) ^vait pour concurrent dans les dernières électMu, non un négociant, mais un pair d'Irlande.

Tandis que la ville de Liverpool Bomme poan»

représentans ou plutôt ses protecteurs des miniiba ou des hommes puissans par leur rang , de riclies aégocians de la même ville se font souvent nommer députés d'un petit bourg. Les grands négociaiis « banquiers de Londres ne représentent )amaifk eité de Londres , dont les députés sont pris èm une classe inférieure du commerce f mais plusienn d'entre eux entrent au parlement par le mojea dn petits bourgs. De même à Manchester y Birminghan, (<eeds et autres grandes villes manufacturières ([» n'ont pas le droit d'envoyer des députés aa paiement , il y a plusieurs riches manufacturiers qui se font nommer députés de petits bourgs ; de manière que ces petits bourgs , dont quelq^ues personafis disent tant de mal , représentent réellement les plus grandes villes du royaume. C'est ainsi que les vieilles institutions portent souvent dans leurs abns apparens les remèdes propres à les corriger. (^NoU ancienne* )

La but de réforme ayant détruit cinquante*six pe> tits bourgs qui nommaient entre eux cent onze députés, et ayant ôlé à trente autres bourgs plus grands, à chacun un député, a «rendu peut-être plus difficile qu'autrefois , aux négocians et manufaoturiçrs, Ventrée à la chambre des communes^ (jitoimi'il ait

joimé deuT députés à chicane dett^ gi'à'iidiss vîHèir commerçantes:, qui n'aivait pi^ atipfii*kV&nt le dVait d'élection. Beaucoup de ces villes- noiiimeroiit |ii^ bcdilement, comimie Liverpool , de grands ^ers^ii^ nafpesrpoliticpies potur l>e«irs représfeutatiiy^ aUfautyét' méine plut6t que des n^gociabs d<5 la ville. Mkisr je^ suis toujours' timidleen pitédisatit refTét des lois'noù^

Dans la discussion sur le bill def^fonn&, uii pair a produitun docnmetlt qui nte paraît tï*è9-iuterë9-' siat. Comme persouâé ne l'a contredit, je dois' le' croire esact. Ce documt^nt- protivte que pal'îtir les députés? dés botitgs qu'ort aïJaît' déïl^rfe , et cjù'On af dSeotivem«nt détruits, il* y araît dans le pài'lenictot' d^alors quatorze grands négocians du* manufàt^riers, dix*$ep1 grands jurisc<Hi6tiItès', pairttii lés*quels les officiers légauiv de la cdûrouué, vic/gt-*^ sept grands propriétaires, vingt niditairés' dîstin*gués de l'armée' de terre, sept ofBclers* distingués de la marine^ huit personnes ayant fait de grai^des fortunes dans nnde> et ayant encore de graiïdes relations avec ce pays-là, puis enfii* tr^nte-neul: ricbes rentiers. De mahiére que ces bourgs repré^ sentaient réellement, nati seulement ks richesdie'set les talens dé l'Angleterre, mais indirectement l'armée ,. la marine et les colonies ;.

J allais* oublier de parler d-un autre afvaiaitfrge <ley petits bourgs^ c est qu'ils assuraient l'entrée a-fLpÉr- Leiiient «ceux <]fie le gouvertiement nommait à {flu^

sieurs places I dont, par un usage parlementaire , les possesseurs doivent être membres de la chambre basse. Indépendamment des places des membres da ministère 9 il y en a beaucoup d'autres , comme les sous-secrétaires d'État , les secrétaires de l'amirauté et de la trésorerie, les officiers légaux de T Angleterre et de l'Irlande 9 etc., qui sont de cette description. Je vois y pai: les journaux^ que quelques hommes de mérite, que le gouvernement avait désignés pour quelques unes de ces places, n'ont pas été confirmés dans leurs nominations , faute de n'avoir pas été élus membres du parlement. Je ne sais si M; Croker, ancien secrétaire de l'amirauté avant le ministère whig , est dans ce cas , ou bien s'il s'est retiré des affaires. En tout cas, il est à regretter que le parlement et la nation soient priyéa des lumières d'un homme d'un si grand talent , avec une si grande habitude des affaires.

Ces petits bourgs, de même, facilitaient la réélection des membres du parlement à qui le roi accordait certaines places, l'acceptation desquelles, par une loi faite dans le siècle passé , exigeait une nouvelle élection. Cette loi était, comme bien d'autres, que dans les Constitutions mixtes on accorde quelquefois, comme concessions à l'opinion populaire , quand elles ne nuisent en rien à la force du gouvernement. Elle n'était, au fond , d'aucune importance, car quand un membre du parlement, en acceptant une place qui demandait une nouvelle

élection, ne pouvait pas se faire nommer de nou-i ' veau. dans la ville ou comté qu'il représentait aupa^: ravant, il était sâr de se faire nommer par uni petit boiirg. Quand même tous les petits bourgsauraient nommé leurs députés , le gouvernement avait assez d'influence pour faire donner sa démission à un membre peu important, en le dédommageant d'une autre manière. Actuellement cette loi doit beaucoup eatraver le choix du roi, et empêcher quelquefois un homme de gi*and mérite d'être : utile à son pays. Les réformateurs théoristes me diront peut-être qu'un ministre non réélu prouve ainsi > qu'il ne mérite pas la confiance publique. Mais quand on sait comment les électipns sont conduites partout, il est permis de traiter une pareille asser-. tlon de niaiserie d'écolier.

Sans parler des Intrigues qui accompagnent les > élections partout , et qui font souvent nommer député le candidat qui mérite le moins cette distinction^ je veux montrer, par un calcul arithmétique, combien, dans beaucoup de cas, la majorité qui' décide d'une élection diffère de la majorité réelle des électeurs. En Angleterre., toutes les élections se font à la majorité relative des candidats. Supposez ; donc qu'il y ait un seul député à nommer pour un endroit où il y a deux cents électeurs, et qu'il se présente quatre candidats. Le premier, A y a cinquante-deux voix ^ le second , By a cinquante et une voix 5 le troisième, Cy a cinquante voix 5 et le qua-%

' Irièinc, D^ a quaraDCe*iepl TOfx. A eali nommé dépoté^ quoiqu'il ait lei trois quarts des Toir contre lui; — En France , on veut là) majonté absolue des voir \ maiis , au fond , Vâection oe décide pu ]^lu8 de la vraie majorité des électeur»^ Dans le cas que fo Tiens de citer , on ballottcvait le premier elle second candidat. Les électeurs. qui «araietft voté pour 6^ et />^ ou ne voteraient plusy (^ A serait nommé avec ses cinquante-deux V0f£^ ou bien ils voteraient pour A ou pour B^ tout eu n'aimant as l'un ni l'autre. Enfin un des deux candidats restant l'emporterait sur l'autre^ et passerait pour être élu à la majorité absolue des électeurs vOtaiis; cependant toutes les voix qu'il aurait gagtiées par le ballottage seraient plutôt àitB voix contre son adversaire que pour lui. Il arrive continuellement en France que^ pour exclure le candidat d^un parti ^ onpoite les voix sur le candidat d'un autre parti ^ qu'on n-'aime pas davantage^ et qu'on préfère platôt.pour son insignifiance que pour son mérite. — Voilà souvent comment les élections font connaître l'opinion des électeurs.

En faisant d'un seul jet une nouvelle Constitution, •n ne créerait pas des bourgs pourris; mais? quand ils se trouvent établis par le temps , et que leur uti"lité est prouvée par l'expérience, il faudrait une grande sagesse en les réformant. Un grand- philosophe ai un grand honime d'État, en parlant des^ mesures révolutionnaires et destructives Aes rcfor-

tn

maicvàii^ français y am- odiniiifeiicem^tit de la réflridlu^ tiody sr dît avec prèfoncledr : it La sagesse humàiAène peut s exerces* que sur' les matériaux qu'elle trouve devant eUe^ elle ne doit s^enorgueitiii^ qtib de l'usage qil^elle enfaîA^ )i Ilest fïicile de déttunréy ikiâis'Ja vraie sagesse comiste à s^scf^raptier ce qjiï-iV y à de htm tt d'utile diEruÀ* le^ dons qu'elle reçoif? de lu main du- ttmps^et non' pas en les te\etsiii aV6c un arre^amt dédaim ( Note ncnwëhle, ) •

(45) Voyeï ce quiB dit Adam Smith sur l'esprit intéressé des négociant et manufacturiers ^ et srur les' mauvais effets^^ potir hr dation en général^ dies lois commerciales qii^ils^ sdtit parvenus souvent à feire adopter au {liarlement anglais^.

(46) Par hk même loi oii exigea un revenu de 600 liv. sterling' e» terre (i5,ooo fr. ) pour étw député d'un comté. Il n'y a pa^ un député dé comtÊ qui n'iiit SRi moins dix fois ^ et la plupart ont vinrgi et même trente fôiy oe revenu. La plupart des dé- • pûtes des villes ont de même beaucoup plus que le revenu exigé par la loi.

(47) A croire Qetrtains auteurs français-, lé parlement aurais n'est composé que de oômmerçans, et la plupart', même' des pair», sont- sortis du commierce^ I^e ft«l est qu'avant le ministère de M. Pîtt , qui donna la pairie d^Irland<^ â deux ou .trois

banquiers , grands propriétaires (M. Smith ^ no d'eux , a été créé depuis baron de la Grande-Bre^ tagne) , il n'y a presque pas d'exemple qu'on ait créé pair un homme exerçant le commerce , quelque riche qu'il fût. DeYenu grand. propriétaire^ et entrant dans sa carrière politique, uncomnoLerçant^sll rend de grands services nationaux , peut prétendre aux honneurs comme tout le monde. Tous les nonveaux pairs sont des gens illustrés par leurs services civils ou militaires, ou bien de grands propriétaires de familles anciennes. — Quant aux chei^aliers^ on députés des comtés, une des premières qualités re* quises par l'opinion pour représenter son comté, est celle d'être d'une famille qui y soit anciennement établie. On a plus d'une fois traité d* hommes nouidéaux des fils de pairs, qui prétendaient à être députés d'un comté où leurs familles n'étaient pas anciennes. En Angleterre, quand on parle d'un bomme que l'opinion porte aux premières places de sa province (aucune place n'est payée) , on dit un homme . de naissance et de grande fortune j a ^ man offa^ mily and fortune. » (^ Note ancienne.)

Depuis quelques années, la composition des cAeualiers des comtés est un peu changée , par suite des grandes propriétés territoriales que de riches capitalistes ont acquises dans les comtés, et qui commencent à être regardés comme membres de Tàrislocratie territoriale. Dans la liste des cheualiers élus dans les dernières élections, je vois quelques noms

de grands banquiers (qui autrefois étaient députés de petiteis villes)^ soit par l'effet des chang^nens dans l'aristocratie territoriale^ soit plutôt par l'effet du bill de réforme et de l'influence qu'il a donnéeaux villes dans les élections des comtés. Je ne parle pas du comté de Middlesex, dont les deux chevaliers sont nommés par les voix des hahitans de la capitale y et représentent plutôt la démocratie de Londi*e5 que l'aristocratie territoriale du comté. { iPfote noui^elle.} •*

(48) Voici les détails de la composition de la chambre des communes avant le bill de réforme. Il y avait quatre-vingt-deux députés pour les comtés anglais^ deux pour chaque comté , excepté le comté d'York qui en nommait quatre. Il y avait douze députés pour les comtés du pays de Galles ^ dont un député pour chaque comté ^ en tout quatre-vingtquatorze che\faliers de comté \ puis quatre cent dixneuf députés pour les villes et bourgs anglais^ dont chacun nommait deux députés^ excepté Londres qui en nommait huit^ eu tout cinq cent treize députés pour l'Angleterre. Il y avait quarante - cinq députés pour l'Ecosse et cent pour Flrlande.

Par le hill de réforme ^ qui règle maintenant les élections y cinquante-six des plus petits boUrgs, qui avaient chacun moins de deux mille âmes y et qui nommaient entre eux cent onze députés, ont été privés du droit d'élection ^ et trente autres bourgs >

...Il'

des pairs y îl y <^ toujours seize pairs écossais et vingMiuit pairs irlandaif , les premiers^ nommb pour la durée du parlement^ les derniers , pour leur vie.

Quoiqu'on ait ôté le droit d'élection^ sur un calcul de population y on n'a pas suivi un calcul pareil en conférant les nouveaux droits d'élection : ainsi on a laissé à tontes les villes qui avaient antrefob des députés 9 et dont on n'a pas détruit ni diminué lé droit d'élection , le même nombre de députés qu'auparavant, c'est-à-dire deux députés à chacune, quelle que soit leur population. On a donné de même seulement deux députés à chacune de ces grandes villes manufacturières qui n'en avaient pas, quoique plusieurs de ces villes^ comme Manchester, Leeds, Sheffield, aient une population de près de deux cent mille âmes ^ tandis qu'on ai donné aussi deux député^ à plusieurs villes nouvelles ayec Une population de moins de trente mille âmes. On a plus que doublé le nombre des députés de la capitale , le siège du gouvernement ^ qui n'était déjà que trop exposé à l'influence de la populace^ et on n'a rien ajouté à la députation de Liverpool^ la seconde ville de l'Angleterre , avec une population de deux cent mille âmes, et cpii , depuis quelques années , a augmenté en richesse et en population , proportionnellement plus que Londres. On voit clairement que le ministère Grey voulait se rendre populaire à Londres , dont la popula-

4)011 , escitée par des meneurs et pai' des iouroam ipîiilstéi'iels et radicaux, menaçait les deux cttamiires dtt parlement, si elles rejetaient le bili de réforme.

Lam£ine disproportion existe dans la nouvelle «ugmentatioa de députés accordée aux comtés.

Ainsi il y a des comtés avec une population de .cent soixante raille âmes, auxquels on a accoi-dé ■deux députés de plus qu'autrefois, tandis qu'on A ajouté le même nombre de députés à des comiés avec une population de pius de quatre cent mille âmes; et le Laucasliire, avec une population de plus d'un million trois cent mille âmes, na de même qu'une addition de deux députés à sa dépu- , tatîou, tandis que l'Yorkshire, qui n'a qu'une population de cent mille âmes de plus, a maiiit<?uant six députés.

De plus grands détails sur les auomalies du biil tie r^orme seraient fastidieux pour un lecteur français. Comme on ne peut accuser le ministère Crey u! d'incapacité, ni d'immoralité, il faut at- Iribuei- l'arbitraire qui règne dans leur bill de réforme à l'indécision de leurs principes et à la difficulté de leui' position. Individuellement ils n'étaient rien moins que démocrates, et ils ont uni pai- donner une réj'onne beaucoup plus graude qu'ils ne voulaient d'abord. Ils ont été entraînés par le moavemeul populaire qu'ils ont d'abord excité pour éloigner les torys des affaires, et les «m-

péf^er êt*y refrnir de long • temps. Pour plm luz réfomuileara théoristes et amx radicaiix^ ils ont ▼ouIq d*aboTd faire des calculs de population; mi» voyant o& cela les menait , ils ont bientôt recnlé d^ Tant une pareille base de réforme. On ne peut tpt les en louer, mais il ne fallait pas conunencer pir tant parler de tbéories générales » et détruire do seul trait de plume tant de bourgs ^ dont quelqno uns étaient d'une si grande utilité » en regardjat pour rien les chartes dont ces villes îonissaient, d qui avaientlamémc origineet devaient avoir la mèoe force que les autres cbartes accordées par les rok Je sais que Tomnipotenoe parlementaire estunpriiH cipe reconnu et nécessaire , autremmt il y auraîtaa pouvoir omnipotent hors du parlement , leqndaie serai^ autre que la souveraineté du peuple , primipci dçstiructeur de toute liberté et de tout gouYjememcrt. Mais cette omnipotence a des bornes morales^ eftoe doit pas s'exercer au préjudice d*un individu ou d'im corps quelconque , à moins que son utilité ne soit clairement reconnue. On a vu autrefois le parlement âter les possessions et même la vie à un homme sauf jugement préalable (par un bill d'attminder) \ rau* si, aujourd'hui, en vertu de ce droit onuûpôtnti le parlement s'avisait d'ôter un seul arpent de teir^ au dernier paysan sans une utilité publique Im prouvée, et alors avec pleine indeamiCé ^ il j aurait dans toutes les parties du royaumç un^crî^géuinl contre l'oppression. Cependant les çkarteam'éaa

fT9

«léitiutés Avec n |tea de cérlmotiiê , et sans aiirëîriiè iaâemniCéy avaient établi de tràisf dr(4t5 de proipri^tét Mais il y a Un autte reproche à faire au ministère Orej y pins grand encore €[ue celui d'avoir été et accofrdé arbitrà^irement le droit d'élection ^ c*est célifi' d'avoir établi pour toutes les viltè^i dn royauÉae une seule et même qualificatioU pcMir être électeur. Ceaft cette hiesure générale ^i a particulièrement un 4:atactère révolutionnaire^ et elle est digne des écoles françaises Xi la révolution. Autrefois , en Angleterre ^ pres^bS immB cbaque TÎlle^ il y avait un droit particulier d'éleetîony ou, eomme disent les Anglais^ une^/r^ndkiiepavticttlière^ depuis le bourg de Gatton , où il y «avattielÉiléiiient deux électeurs ^ jusqu'à la ville de Vistlôn; où cbaràn^ qui avait tin potr-au-feù (un pM'^wailepêr)^ avait droit de voter. Cette variété dé Jranehifês^^qBii tenait à d'anciens ju^^s, avait 'ses afiaatagea itans nul inconvénient ; mais! elle doit dé'i plaire aux politiques géomètres , qui aiment tant léfS sjistèmes iMiiformes , quoique , Uors leurs abstractÎ0DS j il n'y a rien d'uniforme dahs la nature. Ak Uea;donc de ces différentes jfhtncAi^j,' on a établi qatf^tdans toutes les villes y le droit d'électeur serait conférii àî tout homme qui paie uii loyer de ^ o H v ! «lorL (a5o fif.de France). Gomme en Angl)eterre , plnt^encoate ij^'en Fitinee^ la valeur dé Targëiit' va-S milMaiidQiup'd'on'eMlroit i un autre , cette Unifoî^ milé8r{if>areiité pvodtttn<éSeHèîaient utte tfèH^fiichélisié

variété. Par exemple, dana les provinces écartées^ comme dana le paya de Gallea, la Comouatlle, etc.; un homme payant lo liv. aterl. de loyer eatàsoo aiae , et peut avoir une certaine éducation ; au lien que dans les grandes villes commerçantea , surtoat dans Londres, il n* y a pas un hovune de: la baise populace qui ne paie un loyer pareil. 11 faut même ajouter que pour plaire aux démagogues, i Londres, on a inséré une clause dana le bill qu'il n'est pas nécessaire de payer les lo liv. aterl. par no l^il annuel , ni même pour six mois : il sofiBt d'avoir un loyer pour un mois, et même pour huit jours, à raison de i o liv. par an ; de manière qae dans les grandes villes les élections seront à la merci de la canaille. Elles seront trèa-démocratiqnes oi fxès corrompues, et probablement toutes les demi U ibis. On a calculé qu'à Liverpool il y aura séK mille électeurs, plus de trois fois plus <{u*autrefois; par conséquent, à Londres , avec six fois autant de population, et une plus grande dépréciation dans la valeur de l'argent, on peut calculer sur au moins deux cent mille électeurs. Il n'en est pas de même des villes que des campagnes , où les petits propriétaires sont plus ou moins sous riiifi9ence des grands. Dans les villes , il n'y a presque pas de liens entre les riches et les pauvres, par consécjuent ceuxci voteront pour des déinagogues qui flatteront leurs passions, ou bien pour des candidats cpii seront assez riches pour acheter leurs voix.

- Puisqu'on voulait établir une uaiformité àe franchise, il valait mieux hi: "baser sur un loyer dé ao Kv. sterl. pour les villes; par ce moyen, dans les petites villes , le» élections auraient été entre les maiilsde gens ayant un pétt d'éducation et d'aisance, et dans les grandes villes le bas peuple en aurait été écarté.

Dans les comtés on a conservé SLVLxfrancS'ienancîers ayant à eux une franche tenure de ^o cbelins annuellement le droit de voter; mais on a ajouté à ceux-ci tous ceux qiii possèdent un fonds quelconque ou une place du revenu annuel de i o lîv. sterl., et tous les fermiers ayant un bail de 5o lîv. sterl. pour vingt ans 5 de plus tous les fermiers à volonté, c'est-à-dire sans bail , pour une ferme de la ménie valeur, puis , tous les fermiers ayant un restlp quelconque de bail de 10 liv. sterl. pour soixante ans. ilnèfranche-tenure du revenu de 4o chelihs, située dans une ville , donne au propriétaire le droit de voter pour lé comté dans lequel se trouve lii ville» mais non pas pour la ville. *-<- Pàt une clause particulière du bill, il est dit que, quà^d Àiémè une maison dans une ville àùrak' assez de revenu ( 1 iivres sterlîngs) pour doniier à'son proprîétail*e'le droiï de volbr dans l'élection du- comté, 'èfle lie 3oit donneï que ledvôît de voter pour hi Vilîe. Il li'y est pas question de- /J*drtfcAe-fe>ïiiré , tiiaîs îl'me paraît , par le ixlëmc' fÀisoiiÀèitiéu t , qu'une tfiaison

tnfraHch&-tenuref dont le loyer donnerail dfbitdf ▼oler pour la tIUc, ne doit pat donner droit deith ter ponr le comté » quand son reTcnu serait de lo on de 100 Ht. sterl. Il s'ensuit qae les francstenanciers de 4o clielins de revenu dans les Yille^^ ^pii ont maintenant droit de voter pour les comtés, ne paient pas un loyer de lo Ht. sterl. ou n'habitent pas une maison d^un revenu de c^tte valem. Par conséquent ils doivent, être toul-à-lait de la por pulace. -— Autrefois chaque ville ^ comme je l'ai déjà dit^ avait une^hmcAî^e électorale partîéalière, mais unejranche'tenure de 4o chelins et aiHkssas> soit dans une ville, soit i la campagne ^ donnant toujours droit de voter dans l'élection du comté, ^and même par la franchise de la ville ùà elle était située, elle aurait déjà donné le droit de voter dans Félection de la ville. On voit combien, en détruisant le double vote, les électeurs citadins d'an-» îiourd'hui qui votent pour les comtés doivent étrç plus démocrates qu'autrefois, et par conséquent combien ils doivent nuire à l'influence des propriétaires. Les sevls francs-tenanciers riches des bourgs ayant droit d'élection , qui conservent leur droit d'électeurs dans les comtés, sont ceux qui , par len^ non résidence dans les bourgs, ne peuvrent pbisf voter. Quant aux biens à la campagne ou dans lei^ villes' sans députés, qui donnent droit de vbtefi pour les comtés , ces Jiiens, possédés par les babi^^

ians des bourgs 4 dépU$és, leor dooomit toui<>iir9| comme de raison^ le droit de voter dans lq« él^q^ tions de9 comtéa.

Malgré ponrUnt i'iaflueace d^s yi|lQ^ dau \f# élections des comtés^ je crois que l'iafluenQ^d^^ propriétaires ruraux sera eucore considérable , et que l'augmentation des députés des comtés r leur sera arantageuse. — C'est une compensation donnéa à la propriété pour le grand accroissement d'in<^ iluence donné au commerce par la réforme. Ea augmentant le nombre des chevaliers des comtés n on diminue y il est vrai, leur importance, et la division des. comtés, ajoutant peut-être à l'influencedes électeurs citadins, pourra rendre plus façili» aux commerçans de se faire pommer chex^atiçrSfJfti temps seul nous éclairera là-^dessu^^ ,

Le bill de r^rme pour l'Ecosse a aussi ses inju^ tices et &es anomalies^ mais, eu tout, il y a i|ioins>d'objections à lui faire qu'au bill pour l'Angleterre.

Autrefois Edimbourg nommaft^n ^eul député, f\t c'était la seule ville d'Ecosse qui eût ce droit. Elle eiv nomme deux aujourd'hui, de même, qu,e Glascow^ etciqiq.a;Utres villes ont acquit le droit dç npiSL9jic;c

cbdçiiae un, député^-A^eipii^,^ excepté j^difpbpju^ les .autres viJiles qui ^vf^ul le .4r<4t, ,d'4}.^t^ étaient classées en districts,^ et il jQdlait.deuiç Pl^ trois villes, et quelquefois davantage ,.poip: formf»* an district. Chaque ville du distijict nommait un d4-gué, et les délégués choisissaient le député au parle-

ment, k rexception de ces villes , qui ont maintenant une représentation particulière, on a côntiinié l'usage des districts , et Ton a ajouté deux ou trois districts nouveaux. Mais l'élection des. députés et des délégués est changée 5 autrefois ils étaient nommés par les conseils municipaux 5 aujourd'hui le droit d'élection est accordé, comme en Angleterre, à tout habitant d^'une maison qui vaut annuellement 10 liv. stevl. La représentation des. bourgs écossais est augmentée de huit députés sur les treize qu'on a ôtés À la représentation de l'Angleterre.

Dans les comtés écossais, autrefois, les tenanciers de la couronne avaient seuls le droit de voter f mais il s'était introduit dans ce droit une subtOité métaphysique. Un tenancier de la couronne, en Tendant son bien , pouvait s^en réserver la propriété fictive , qu*on appelait la supériorité. Il était ainsi toujours censé vassal direct de la couronne, et l'acquéreur notait regardé que comme sous-vassal, ou fermier à perpétuité. Comme le fonds se vendait smna la supériorité^ de même la supériorité pouvait se vendre sans le fonds. Cet usage avait fait que dans plusieurs eudrt^its les gens ayant droit de voter n'y avaient pas de propriétés , et les vrais propriétaires , par censé* queni» u étaient pas électeurs. En général, ponrtant^ la supériorité et la possession du fomls étaient réiruies. Tar le nouveau bill, le droit de s^péritmié est alH>li ^ mais sans indemnité, comme Font été tons les dix^its supprimés» et tout propriétaiir de tenrainï»

de maisons ou de cens rapportant lo liv. j$terl. par an. ; tous les fermiers à vie ou pour cinquante-sepf ans, payant lO liv. sterl. annuellement^ et tout fermier ayant un bail de dix-neuf ans, de la valeur de 5o liv. sterl. annuellement, ont droit d'être électeurs.

En Irlande, le bill de réforme fait aussi de grands changemens. On a augmenté la représentation des villes , des cinq députés qui restaient après l'augmentation* de- huit députés donnés à l'Ecosse, sur les treize députés retranchés de la représentation des villes anglaises. On n'a pas créé de nouveaux bourgs, mais on a ajouté un député à la représentation de l'université de Dablin , qui en nommait déjà un ^ et on a ajouté un député à quati*e grandes villes qui nommaient auparavant un seul député chacune. On n'a détruit aucun bourg, mais on en a rendu ouverts ou popu/aire^ vingt-quatre qui étaient ce qu'on appelle c/oj , c'e^t-à-dîre où le droit d'élection résidait dans le conseil municipal. Ces bourgs avaient été ainsi établis lors de Y union pour empê-' cher la trop grande influence des catholiques dans les élections , et on les avait laissés lors de Témàncipation catholique. En Irlande presque tout le bas pteuple est catholique \ et catholique et démocrate sont quasi-synonymes.

Dans toutes les villes irlandaises, comme dahs celles de la Grande-Bretagne, tout homme <|ui 'habite une maison valant roliv. sterl. dé Idyèr a droTIt

de voter. 0e plus, le« francs^enanciers de 4o cll^ lins pourront voler dans les villes (créa votcnrt mt en général de la basse populace) ^ mais sontexdu des élections des comtés } c'est Fopposé de ce qa'oi a établi en Angleterre et en Ecosse. Les votes de ca francs-tenanciers dans les villes rendront les éieC' tions irv8 démocratiques.

Dans les comtés dont il jr a trente-deux , cka^ comté nomme, comme auparavant, deux députa Lors de l'émancipation catholique , tant dans li crainte de l'influence des prêtres catholi^jues sur lo | basses classes , que parce que la plupart des petb électeurs possédant une propriété de la valeur è 4o chclins annuellement , sont d'une extréns ignorance , et infiniment au-dessous de pareils éleoleurs en Angleterre (en Irlande toutes les propiiités sont tenues enfranche^tenure), on avait troan convenable de leur ôter le droit d'élection pour les comtés, et on avait exigé que pour exercer ce droit il fallût avoir une propriété rapportant i o liv» sterl. Cela avait beaucoup réduit le nombre dea lecteurs. Cette qualification de i o liv. sterl . a été maintenue dans le nouveau bill. Mais on a aussi donné le droit de voter à différentes classes de fermiers, les uss ayant une ferme à vie , de i o liv. sterl. , les autrei ayant un bail de 5o liv. sterl. annuellement pov quatorze ans, etc. Il y a d'autres petits détails, comme sur la possession et transmission du droit de bourgeoisie dans 1rs villes, dont je ne parle

pBSy comme Je ne l'ai pas fait aussi en rendant compte des élections de la Grande-Bretagne^. Ces détails ne peuvent intéresser qu'un Anglais.

. On a beaucoup reproché au bill de réforme d'Irlande sa tendance à augmenter considérablement l'influence des catholiques dans les élections , ce qui serait, politiquement parlant , un mal, parce que les catholiques , en général ^ sont supposés, plus que les protes tans, avoir de l'aversion pour les Anglais , et vouloir l'abolition de l'union. J'avoue que je n'ai pas assez de connaissances locales pour juger de la vérité du prétendu danger d'une représentation catholique , ni du reproche qu'on fait aux catholiques. Je crois même que quelques catholiques de plus dans le parlement ne seraient qu'un bien. Mais il n'en serait peut-être pas de même si la grande majorité des députés irlandais était catholique. Ils ne pourraientjamais, avec les membres catholiques anglais, former une majorité catholique dans le parlement j mais on a prétendu, et il me parait avec raison, que cent députés catholiques, réunis aux radicaux anglais et aux membres dissidens , seraient un grand obstaele à la marche du gouvernement. J'avoue pourtant que je crois ce danger un peu imaginaire. Si les trois quarts de la population d'Irlande sont ca^ tholiques, les sept huitièmes des biens-fonds et des ridicises commerciales sont entre les mains des proliestaàs. C'est un grand mal , sans doute, sous bien des rapports , i^iais c'est une garantie politique con-^

tre le danger quou craint. Je croi#^ arasai que qmri réducation politîqae des catheli^es*^ maiotcaiÉ très en arriére par réloigBement où ila oiil<iét»a long-temps des affaires poMiqws, sera planp»

iectionnée , ils perdront beaucoup de leurs préitgt de toute espèce, et penseront j en politique , oomm les protestans éclairés. Les agitateurs^ qui fontmi» tenant tant de mal, perdront alors toute leor^n'l fluence.

PhlIosopliiquemeQt parlant j il serait à 'déintrl que tous les habitans de l'Irlande fussent ^&rt| seule religion. Il n'y aurait plus alors qû'ifaïki établissement religieux, et l'Irlande dévieiïdttitl aussi tranquille que l'Ecosse l'est depuis tjMlk religion presbytérienne y a été établie légaléAKéHL Mais des législateurs doivent agir' selon' fe!( chrcMsstances. — Je ne vois pourtant audûtf^'t^i^od^de'À pas salarier le clergé catholique, soit du Wéttrf^ blîc, soit plutôt du surplus dés reirentis'dc FBgti» protestante, quand on l'aura "réforméis av^tétt^iis m'éhagemens nécessaires. Ce serait le miOyerf Ib^lite efficace de diminuer l'influence excessive qtie h pfétres catholiques exeïpceht âujouird'hui snt'tottciss lés classes des catholiques, et surtôiiV'stil- le'las peuple 5 en iHême teiiips ils y ^g^èraièht^Ms fl^wdépendance et de cohsidératioti Iréèlïé, Ils' lie «^ raient plus obligés de chei*dttëi*dàil.^'I|i Ààt^èJratition ùh moyen d'existence. M.' TOtV d^ns'^ sôb -tfrojel d'émancipation catholique ,' vouhilt* àVScorder an

a clergé un revenu fixe aux dépens du trésor .pu-

■ J>Uc, et.il est à regretter que le dac.de Wellington

ri n'ait pas eu la même idée* Il faut croire qu'il a omis

ly une mesure si utile sous «tous les points de vue, par

p I4L crainte d'augmenter ainsi dans le parlement le

1 nombre des adversaires de son bill d'émancipation.

î En voilà assez sur la réforme du parlement anglais^

• et même on pourra trouver qu'en voilà beaucoup

.trop. Mais voulant donner aux étrangers une idée

^ette du bill de réforme, je n'ai pas pu être plus

icpurt.

\.;Pour éviter^ autant que possible, des détails peu intére^sans pour des étrangers , j'ai passé sous silie^çe tout ce qui regarde la conservation des ancien? droits de bourgeoisie dans les villes , et la nouvçllç manière de recueillir les votes dans les comtés. Au^ f;irefbi?, dans les élections des comtés, on votait seulement dans le cbef-lieu du comté ; par le nouveau bill, on. a établi plusieurs endroits dans chaque comté pour prendre les voix. C'est une épargne de dépense, mais c'est favorable à l'influence des petits électeurs des villes. -—Pour les villes, outre la {/ua^ lijication d'un loyer de i o liv. sterl. , il faut de plus avoir habité la ville dans laquelle on veut voter, ou biçn n'en être éloigné que de sept milles pendant les six derniers mois avant l'époque où on doit enregistrer annuellement les noms des électeurs. •— Au reste, la rédaction du bill de réforme est si louche y qu'il. est excessivement difficile d'en com-

prendre pluiieuM des clauses. Poor m'en édaînr, f ai consulté un înrisconsolte anglais! ^i m'a ditn pas les comprendre plus (jne moi, et qu'un de^ninistres whigs lui avait avoué une pareille ignonnee. Pour abréger autant que possible , et parte qie )e yeux croire que les ministres anglais , s*ils odi cédé à des idées de popularité et au désir di'éloigner, autant que possible, les tory s dn pouvoir , tout pourtant des gens consciencieux , je n*ai pas répili les reproches de partialité qu'on leur a faits dmi leur choix de certains bourgs qu'ils ont conservéi et de certains autres nouveaux qu'ils ont StaËtii. Ainsi ils ont laissé le bourg de Tavistock aVec sèi deux députés ^ quoique d'une moindtre p<^|Mtlâ60li que d'autres bourgs auxquels ils ont àté un éégé^ Il se trouve par hasard que ce bourg est dans Xâ dé^ pendance dn duc de Bedford, frère aîné de lord Jets Russell , le rédacteur du bill de réforme. Us ont détruit le bourg d'Appleby, en refusant d^y ajonter un hameau à côté y qui était toujours regardé comme en faisant paitie, et dont là population , joîxtte i celle d'Appleb j , l'aurait sauvée , taddis qu'ils ont conservé le bourg de Morpeth, en y ajoùtatit la population d'un endroit qui en est séparé. Le 'propriétaire d'Appleby est lord Lonsdale, grand toirj, ' tatidis que le propriétaire de Morpeth est Icttd Carliste y un des ministres whfgs. Delà nûtéme ttonière, ils ont conservé le bourg de Mdldôh et de Péterborouffh avec leurs deut députés'^ * qùf &bVit

809^ .rinfluenc^ directe du osmie FitewilKams , g^d seigneur whig , tandis qu'il ont âté un député A d'autres bourgs plus peuplés.

^, J^9 ont donné un député à Gateshead, qui estuii fiifilipurg de Newcastle^ séparé seulement par une |>etitQ rivière j et avec une population de quinze raille âmes^ et ils ont refusé un député à Toxteth- Pàrk^ un faubourg de Liverpool^ avec une population de vingt-quatre mille âmes. Quoique Liverpool soit infiniment au-dessus de Newcastle en richesses et en population^ il n'a que deux députés comme avait Newcastle autrefois. Mais lord Durham, par ses mines de cbarbon^ a beaucoup d'influence danâ Nevvçastle et ses faubourgs , tandis qu'un des dépûtes de Liverpool est lord Sandon, tory, fils de lord H^incovvby , un des grands adversaires du bill« Je noiurrais ci|,er d'autres exemples d'une apparente partialité , mais il est possible que le reproche qu'on en a fait au ministère Grey soit sans fondement réel. SI fioutefois il est vrai que le ministère Grey a em . quelquefois la conscience. politique un peu large ^ on ne peut rien lui reprocher en fiiit de consciente- : mprale. Lord Grey et tous les membres de son mi- , nis^re sont des bonunes parfaitement honnêtes, . Loj^d Greyi de plus, est un homme de beaucoup d'esprit et d*un grf^nd talent oratoire. C'est le seul qui reste de ces brillans membres de l'opposition, lors du procèt d'Hastings, les Fox, les Burke, les . Sheridan et les Tiemey.

Lord Althorpe^ le chancelier de Téchiquier, maintenant lord Spencer, est un de ces caractères €[u'en Angleterre on regarde comme particulièremeat anglais; une extrême probité, un caractère trèsfranc , et une grande simplicité de manières qui £ût toujours plus d'effet dans un homme d'un rang éle?é que dans un simple particulier. Il n'est ni grand financier, ni grand orateur; mais il s'exprime clairement et sans détours, et cette éloquence simple, qui se ressent de la bonne foi , fait plus d'impression en Angleterre que de belles phrases étudiées. C'est le caractère moral de lord Althorpe qui lui a donné tant d'influence dans la chambre des communes. Aussi , quand , par la mort de son père , lord Spencer, il est devenu pair du royaume, le ministère whig, déjà très-ébranlé par la retraite de lord Grey, a éprouvé une telle secousse , qu'il n'a pas pu y survivre.

Lord HoUand, un autre des ministres whigs, est, par son caractère comme par son esprit , un des plus aimables hommes de TAngleterre. Sa mauvaise santé Tempéche de prendre une part trcs-active aux affaires, et il était ministre sans portefeuille. Le marquis de Lansdown, qui siégeait aussi dans le cabinet vrhi^. a dos connaissances très-variées \ c'est nii homme do slvict honneur, mais on prétend qu'il Yi*a |>AS ^ ot Ci'la anivo souvent aux honunes aimablos) toute rèncrgio nécessaire dans im homme «ri^lAt. Loril JoAu Russell , qui a présenté le bill de

rèfoinm^ est aussi un homme d*esprit. Mais le meilleur orateut du ministère Grey, dans la chambré àts communes > était monsieur^ maintenant lord Sfcanley (fils aîné du comtie de Derby), qui avait la place de secrétaire d'État pour l'Irlande; il a entoile quitté le ministère, quand il a vu qu'on voulait pousser la réforme au-delà dé seis idées. C'est tin jeune homme de beaucoup de talent, et quand l'Age l'aura mûri, il sera probablement bh jour à la tété d'un ministère. Il est un de ces whigs qu'on «ppeilfe maintenant con^en^afeMryj et qui voteront probableniént sur des questions importantes aVéc le ministère actuel.

Je tie parlerai ^as des autres ministres vvhigs. Plusieurs d'eux, s'ils n'ont pas de grands talens, ètit ail moins celui de rester en place dans des ministèiréà dé couleurs 6pJ>osées. Je ne peux pas cependant l^asser sbus silence, lord iBinaugham, chancelier du royaume, sous lés ministét*es Grey et Melbourne. Cést un homme , il paraît , de beaucoup d'esprit et de talens très-variés 5 il est littérateur, et même, dit-bh, très-béti géomètre 5 il a, de plus, une gtan jé facilité de parler ïjû'il a acquise au bâri-éàtt/ Mais jusqu'à présent il n'a |)as montré qu'il étàît homme d'État. Quant au hill de rèfonfie ^ qùoîcjti'il l'ait soutenu dattis là chàinbre des pairs avec l'ardettir qu'il met à tout , il paraît certain qu'il lie l'avait d'abord pas approuvé, el qu'il voulait eii Jiré-

sentér un autre beaucoup plus modéré. On a même

dit qu'il y a vingt ans il avait déclaré qu'uni léforme parlementaire n'était pas nécessaire. U a cisuite^ ou cru qu'il fallait céder aux circonstance^ on il a fait comme font quelquefois les hommes et parti en Angleterre , il a sacrifié aca propres opinions à celles de son parti. Au reste , je crois qol y avait bien peu de ses collègues qui voulassent^ibord pousser la réforme aussi loin qu'ils l'ont fÀ Us ont été entraînés peu à peu^ et peut-être ^1 l'aigreur des discussions dans le pârlcHient et dan les journaux n'a pas été sans effet sur leurs dédaions ^ car on ne peut guère supposer que des hom-l mes des premières familles du royaume, lesqndi' composaient la majorité du ministère^ fussent des démocrates, et lord Grey , leur chef, passe pourn des hommes du royaume qui tienne le plus à soi ordre. Il est vrai qu'on a vu, au couimencement & la révolution française , de grands seigneurs i cités pour leur fierté nobiliaire , qui ont débité les opinions les plus démocratiques , et même qui ont voté pour la destruction de la noblesse, croyant probablement que leur nom exciterait toujours du respect, et que le peuple leur saurait gré de leur grand desintéressement ^ mais ils ont été bientôt détrompés de leur erreur, et la plupart d'eux, qui sont restes en France, ont été victimes de la fureur populaire. Le peuple^ dans tous les pays, est essentiellement ingrat^ il est ingrat parce qu'il est nécessairement ignorant, et qu'il est dupe des intrigans sans pria-

cipe^, dont il y en a toujours assez pour l'égarer. Sans contredît ^ des hommes d'État doivent se gouverner selon les circonstances , et faire des concessions à l'opinion publique éclairée, mais il faut prendre garde de ne pas confondre l'opinion publique avec des clameurs populaires appuyées par des journaux incendiaires. Puis vient la grande difficulté de savoir où s'arrêter dans des concessions. Les whigs ont prétendu qu'il fallait donner une réforme parlementaire large pour en finir pour toujours. Je souhaite qu'il en arrive ainsi ; mais on entend déjà dire aux démagogues qu'ils n'ont accepté le bill de réforme que comme un acheminement à une autre réforme plus complète, et qu'il faut regarder comme provisoire tout ce qui a été fait.

J'espère pourtant que le bon sens anglais, et les richesses répandues dans toutes les classes , sauveront l'Angleterre des horreurs d'une révolution. J'espère aussi beaucoup du ministère conservateur, dont le chef, M. Peel, a déjà montré de si grands talens administratifs. Je ne prétends pas dire que les Conservateurs soient plus moraux que les Whigs ^ ou qu'ils désirent davantage le bonheur de l'Angleterre, mais ils leur sont certainement supérieurs comme hommes d'État. Les whigs ont autant et peut - être plus de ce que l'on appelle esprit , que les torys 5 mais ce n'est pas avec de l'esprit qu'on gouverne un État; Le principe des torys, principe qui avait rendu !• constitution anglaise si belle, qu'il feut consenreç

^Hr

1^8 cliQ4^K «Açîttnnes )usqa*iceque lies changcmeiB sgi^l nécessaires^ et alors ka faire gradaelkment^ empêche les torys de s'emkarquev sur l'Océan sasi rivages des théories. Les whigs , en général, ntti pas en Angleterre la réputation d'hommes <f affaira. Quand, il y a trente ans , ils ont formé un mînistèie avec M. Fox, presse tous les individus qui le composaient étaient des gens àtalens. On n'avait jamais vu un ministère si spirituel. Gependant ce ministère n'a rien fait de remarquable , il n*en est resté aucune amélioration , soit politique, soit civile , et on SQ plaignait même de son ignorance dans la routine des afiaires. Il n'a laissé d'autre souvenir de son existence, que Tépithète un peu irçnique qu'on hii a donnée, dans le temps, de ministère de tous lu tal&is. M. Peel, à lui seul, ét^nt ministre de l'iatérieur, a corrigé. plus d'abus dans l'administration de la justice , par les heureux changemens qu'il a faits dana les lois civiles et criwnelles., que tous les ministères whigs ensemble. S'il garde sa place, çpmme il faut l'espérer, il réformera les abus de l'Église avec la même mesure et la même sagesse.

Avant de finir cette très-longue note, je dirai deux mots sur les dénominations de whigs et torys , dont la distinction n'est pas très-connue des étrangers. Qn croît généralement en France que les torys sont dès aristocrates et les whigs des partisans du gouvernement populaire. Mais les whigs sont tout aussi aristocrates que les torys, et comptent parmi eux

autant de grandes familles. Ils passent même pour beaucoup plus hautains que les torys, et Thomas* Moore, un libéra]^ dans sa F^ie de Shéridan , appelle les whigs les plus insolens de tous les partis^ politiques. Quoi qu'il en soit^ les whigs ne sont ceviaiaement pas des démocrates. Ils font cause com*^ mune aujourd'hui avec les radicaux et ultra-réformateui'Sy pour culbuter, le ministère de M. Peel; mais s'ils croyaient vraimen.t l'ai^istocratie anglaise en danger^ ils sç sépareraient bien vite de leurs BOi;iveaui( amis, et excepté ceux qui seraient aveuglés par l'esprit de parti , ils se rallieraient sous la même bannière , avec leurs adversaires politiques. L'étymologie des mots whig et tory est assez obscure, mais ces dénominations datent de l'expulsion de la maison des Stuarts. Tous ceux qui voulaient un changement de dynastie , et favorisaient le prince d'Orange, étaient appelés whigs, et ceux qui désiraient conserver l'ancienne maison royale étaient nommés torys. Plusieurs de ces torys aimaient la liberté autant que les whigs, mais ils la voulaient sans violer le premier principe de la constitution. La révolution de 1688, très-différente des révolutions modernes , était aristocratique, et fut causée par les plus grands seigneurs du royaume. Les descendans de ces seigneurs ont continué de s'appeler whigs héréditairement : de même il y a des tory si héréditaires. Mais ces dénominations ont beaucoup

varie dans leurs acceptions, et des individus de» deux partis ont souvent changé de rôle.

Au commencement de la révolution firançaise^ plusieurs whigs marquans , craignant le danger qni menaçait le monde civilisé, se réunirent à M. Pitt. De ce nombre était le célèbre Burke y le duc de Portland, les lords Spencer et Fitzwillianis , etc. Quand ils ont cru le danger passe , ou bien par des motifs plus personnels , quelques uns d'entre eux ont rejoint le parti whig. Récenunent, quand M. Canniog devint premier ministre, il gagna l'amitié politique de plusieurs wbigs. Il était de l'école xle M. Pitt, et avait toujours été tory ; mais choqué de la manière dont il fut traité par quelques toi^ys qui n'approuvaient pas sa nomination à la place de premier ministre, et dont il craignait l'influence, il fit une espèce de coalition avec les vvhigs. Depuis ce temps, il est assez difficile de tracer la ligne qui sépare les deux partis. Lord Palmerstou, par exemple , avait été du parti tory , et avait eu une grande place sous le ministère de lord Liverpool ; depuis , il était ministre sous M. Canning, et dernièremeot sous lord Grey 5 et M. Baring, qui était autrefois whîg, est aujourd'hui un membre du ministère Peel. Ce dernier agit, dans le danger actuel, comme les wliîgs qui se joignirent à M. Pitt dans le danger de leur temps. Je crois qu'il y aura beaucoup d'autres whigs qui , sans s'attacher par des places, voteront pour M. Peel

dans les grandes questions politiques. La conscience ■politique n'est pas toujours et ne doit pas être toujours la ménie que la conscience morale , mais il y a des temps où ces deux consciences n'en doivent faire qu'une.

(49) 11 y a toujours eu des réformes , mais elles étaient graduelles , et souvent plutôt par des usages introduits peu à peu , que par des lois écrites. Quand le duc de Wellington a déclaré y un peu indiscrètement, qu'il s'opposerait à toute réforme, il voulait dire probablement à toute réforme soudaine et générale, autrement sa déclaration serait contre l'esprit et la pratique de la Constitution.

(50) Si , par exemple, la composition de la chambre des communes venait à être changée , soit par l'abolition du droit de primogéniture (droit qui n'est pas regardé par les auteurs politiques comme tenant en rien à la Constitution ), soit par une réforme parlementaire qui changerait les rapports actuels entre les électeurs ^t les élus ; ou bien si la chambre des pairs perdait de sa considération , soit par la pauvreté de ses* membres , soit par la nomination «bnsive d'un grand nombre de pairs indignes de la pairie, qui changerait l'esprit de cette chambre; ou

.^ bien, si, par un changement dans les règlemens militaires , les officiers de l'armée , au lieu d'être comme à présent des propriétaires de toutes les

classes dv. l'aristo^riatie , et fottièbient (htéressés au maintien de l'ordre polIti(^e établi , étaient pcmr la plupart des soldais parvenus on [des gens sans existence civile ] ou bien si hi morale publîfjue , base première de toutes les institutions humaines , venait à être corrompue , soit par l'abus de la liberté de la presse^ soit par l'excès des ricbesses commerciales : toutes ces causes , et cent autres qu'on ne pourrait peut-être pas indiquer d'avance y changeraient entièrement l'esprit de la Constitution anglaise , et détruiraient la sage liberté qui en résulte , sans peutêtre en anéantir les formes extérieures. (Note ancienne. )

Cette note est de l'ancienne édition , sans aucun changement. Une de mes hypothèses s'est réalisé». Dieu veuille que la Constitution résiste à ce cboc violent et que ce soit le dernier qu'elle éprouve l Encore une ou deux autres de mes hypothèses réalisées, et la Constitution anglaise ne serait plus qu^un vain nom « f^ax et pneietvà nihii.

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