PL. IX
Ce sujet représente Persée au moment où il vient de délivrer Andromède et de pétrifier le monstre auquel elle avait été exposée : la tête de la Gorgone, qu'il tient derrière lui, ainsi que l'épée recourbée ou Harpé qu'il avait reçue de Vulcain, les ailes attachées à ses pieds et à sa tête, tout annonce le fils de Jupiter et de Danaë. Andromède est représentée vêtue d’une tunique violette et d’un voile bleu.
Le cadre intérieur qui entoure le tableau est brun ; l'encadrement extérieur, dont le fond général est bleu, est composé d'un enroulement de couleur blanche et d’une petite fleur dont le calice est vert. Cette peinture et celle de la planche suivante ont été trouvées dans la maison connue sous le nom de Casa Carolina (voyez au plan général, lettre P ). Ces peintures vraiment remarquables par l'éclat de la couleur, sont presque effacées maintenant à force d’avoir été mouillées lorsqu'on les montrait aux curieux.
(x) Nous devons ce dessin, ainsi.que celui de la planche XVII, à M. Isabelle, architecte,
inspecteur de la Madeleine.
PH
La diversité des explications auxquelles cette peinture a donné lieu laisse des doutes sur le sujet qu’elle représente. D’après l'opinion la plus accréditée, que nous abandonnons à la sagacité des archéologues , ce serait Diane que l'Amour conduit auprès d'Endymion.
L’encadrement est composé de divers motifs d’ornements tirés de plusieurs
peintures de Pompéi.
PauXI. XIE
Ces deux peintures faisaient partie de la décoration d’une maison découverte en 1799 par le général Championnet. La première, qui formait un des côtés d'une petite pièce, est une des plus gracieuses compositions qui aient été trouvées jusqu'à présent : toutes les guirlandes , les fleurs et les plantes sont en couleurs naturelles ainsi que les figures qui occupent les médaillons ; le fond de ces médaillons est rouge et pareil à celui des deux montants, dont l’encadrement est vert; le fond général est bleu, et les ornements arabesques des bandes horizontales se détachent sur un fond bleu plus foncé. Ces bandes sont bordées de jaune avec des liserés rouges et blancs. Le soubassement, la bande supérieure et les bandes latérales sont en rouge très-foncé. Le voile de la femme à genoux , du médaillon du milieu , est violet, et La draperie de la figure à côté, qui semble la soutenir, est de couleur rouge; celle de l'enfant qui joue avec une biche est également rouge, et les ailes de l'enfant qui conduit un cygne sont bleues.
La planche XI, qui offre moins de détails, et que nous avons donnée coloriée, est d’une composition et d'un choix de couleurs non moins agréables.
Pc. XIIL XIV. XV. XVI.
Les peintures représentées sur ces planches sont toutes tirées du temple de Bacchus; elles peuvent être regardées comme des portraits faits de souvenir, dans lesquels les peintres se complaisaient à représenter des habitations isolées au milieu de la campagne, des ’illa construites sur le bord de la mer, et des Ædicules ou autres sanctuaires qui bordaient les voies publiques.
Si ces peintures, qui sont toutes de très-petits tableaux , introduits comme accessoires, çà et là, dans la décoration principale des parois d’un mur, offrent peu d'intérêt sous le rapport de l'exécution, elles en présentent un très-grand
sous celui des édifices qu’on y a reproduits, et dont la forme et les différents motifs ont un grand caractère de vérité.
En examinant les deux sujets de peinture de la planche XIIT, nous y voyons plusieurs constructions accompagnées de tours crénelées ; disposition défensive indispensable dans les habitations de la campagne des anciens. L’usage de ces tours dont parlent les auteurs et que l’on désignait sous le nom de ripyoe, était assez général; on le retrouve de nos jours dans les campagnes d'Italie, et surtout dans la Grèce moderne , où de pareilles constructions sont toujours nécessaires, et où elles portent encore le nom de Pyrgos. L'espèce d’auvent élevé au-dessus d’une de ces tours, l'indication des différentes toitures en chaume et en tuiles, celle d’un bâtiment rond qui rappelle la couverture du monument de Lysicrate à Athènes, le balcon qui entoure la partie supérieure d'un de ces édifices; tous ces détails sont aussi curieux que remarquables. Les figures représentent des pygmées; elles sont peintes en rouge foncé : les bâtiments supposés dans l'éloignement sont presque toujours bleu pâle ou blancs, et les arbres n'offrent pas , à beaucoup près, la forme et le fini de la gravure.
Sur la planche XIV se voient deux peintures d’un intérêt non moins grand: l'une représente une /illa de la plus grande magnificence , elle est construite sur une ile, et élevée sur un soubassement percé de plusieurs arcades; des arbres entrelacés de guirlandes de vignes sont plantés au-devant et à l'entour de ce bel édifice, et des masses de verdure qui s'élèvent dans le fond, audessus des colonnades, des frontons et des bâtiments à plusieurs étages de cette somptueuse habitation, indiquent un jardin qui tient à cette Villa.
L'autre sujet nous montre, sur la droite, une espèce de belvédère entouré d’un balcon, à peu près semblable à une des constructions des précédentes peintures : ce belvédère est accompagné d’un édifice carré orné de pilastres aux angles, le haut est à jour, et un petit portique surmonté d’une figure de cheval semble désigner la porte d’entrée; plusieurs personnages animent ce paysage.
Le sujet de la première peinture de la planche XV offre des scènes de pygmées, on y voit un de ces êtres imaginaires, à moitié dévoré par un crocodile caché parmi des roseaux; deux des quatre spectateurs de cette scène témoignent l'effroi qu’elle leur inspire, tandis que les deux autres offrent un sacrifice sur un autel. Sur les deux rives d’un fleuve sont élevées des constructions parmi lesquelles on remarque deux temples ; le fronton et le toit de forme circulaire qui couronnent celui qui est placé sur la rive droite ne peuvent laisser aucun doute sur l'emploi de ce genre de toiture chez les anciens; et l'ouverture
carrée que l’on remarque sur la face latérale du temple de la rive gauche, prouve l’usage des fenêtres pour éclairer l’intérieur des monuments religieux.
Dans le bâtiment à pans, on retrouve un nouvel exemple d’une couverture semblable à celle du monument de Lysicrate à Athènes.
La deuxième peinture offre sur le premier plan un temple accolé à une construction circulaire, au-devant de laquelle est disposée une espèce de galerie découverte, composée de huit colonnes, entre lesquelles monte un escalier : le fond est occupé par une Villa d'une grande étendue.
Les deux tableaux de la planche XVI ne sont pas moins intéressants que les précédentes peintures; rien n’est plus élégant que les motifs d'architecture qu’on y distingue; des colonnades, des terrasses, des plantations à l’entour et des jardins sur les édifices ; dans l’une, la simplicité des lignes jointe à une situation admirable sur le bord de la mer; dans l’autre, la diversité des formes mariée aux effets pittoresques d’une abondante végétation ; partout des tableaux ravissants qu'on retrouve encore aujourd’hui dans les Jilla et les casins des environs de Naples.
PL. XMEL
Cette intéressante peinture, dans laquelle l'architecture réelle semble reproduite avec une certaine éxactitude, est une de celles qui, par les détails précieux qu’elles renferment, ont jeté le plus de jour sur certaines parties de l'art de la construction chez les anciens. En effet, le grand porche avec son fronton , les acrotères surmontés de sphinx ailés et l'ornement du faîte, la porte avec ses venteaux, les portiques à deux étages, les plafonds à caissons ou en charpente apparente, le temple circulaire avec sa couverture; tous ces détails exprimés avec assez de clarté peuvent guider les artistes dans la restauration des monuments de Pompéi:les ajustements relatifs aux couvertures et aux plafonds sont d’autant plus précieux, qu'aucune des ruines de cette ville ne présente des traces de ces parties si essentielles des temples et des habitations.
PE ENERT
Cette peinture, qui représente sans aucun doute les apprêts d’un combat de gladiateurs, a été trouvée dans l’amphithéâtre.
N.-B. C’est à M. Hittorf , qui nous a aidé de ses conseils dans la rédaction
du texte des deux dernières parties de notre ouvrage, que nous devons les précédentes notions concernant les peintures etles mosaïques de Pompéi et la notice sur la manière dont les stucs colorés et peints s'exécutent encore aujourd’hui à Milan.