Vues, discours et articles sur la question d'Orient
et les discours sur la question orientale, question du siècle et question du monde. Voici le nœud qui les lie. Cest Thistorique en peu de mots de cette afiairei et des circonstances parlementaires et diplomatiques qui ont donné Ueu à ces manifestations d'une même pensée.
Depuis 177O9 b décadence de Tempire ottoman est
visible à tous les yeux exercés. Gomment cet empire est-il tombé? comme tombent tous les empires; quand leur principe de vie s'est retiré d'eux. L'empire ottoman, qui n'était au fond qu'une magnifique théocratie militaire^ avait besoin de deux éléments
pour subsister: le fanatisme et la conquête. Une nation comme^ès Turcsy qui ne youlait ni cultiveri ni commercèr\ ni s'administrer , devait s'affiiissér sur elle- '•méme le jour où elle n'aurait plus ni le zèle de la 'propagation de ses dogmes , ni des peuples à soumettre et à faire travailler pour elle en les pressurant. Ce jour est promptement venu. Les forces relatives de l'Europe avaient grandi, les siennes avaient diminué. £Ue n'avait phis même la force de la persécution. La population turque était tombée à rien en proportion des immenses territoires qu'elle avait à gouverner. IjCs herbes parasites étou£EEdent partout la tige d'Osman; les Chrétiens débordaient les Ottomans même dans l'empire* Le jour où ils se compteraient devait être le dernier de Constantinople : ce jour est venu partout.
Mais la vieille renommée des empires les protège longtemps après qu'ils ont cessé d'être des réalités^ Les chancelleries diplomatiques ont des préjugés et des routines plus tenaces peut-être que les individus. Le jour pénètre plus difficilement dans ces archives delà tradition que partout ailleurs. On était persuadé encore au ministère des affaires étrangères, en i83oy que la Turquie pouvait équilibrer la Russifien Orient, et servir de rempart à l'Occident. De ce côté, la tentative diplomatique du général Guilleminot à Gonstentinople, en x83i, le prouve. La France crut avoir là un allié en cas de guerre générale ; elle en menaçak
Rusâe. Rien n*est comparable à cette chimère , si ee D'est cette^utre chimère plus folle des hMi'mes d'état de iâ4Pf qui se persuadent et qui Teuleat persuader à leur pays que hi Franc» aura on pMissmnt allié dans le pacha d'une petite province turque , et que Méhénet**Ali sera le eontrepoîds de la Russie ! On aoonse de rêver ceux qui osent dire le contraire et montrer le néant de ce système. O malheuteax temps ou kt ▼érilés les plus âéinentmres sont accueillies comme des rêves y et les rêves les plus ridicules accueillis comme des pensées d'homme d'état! Attendez dnq ans, et vous verrez que vos rêves n'avaient pas même la réalité d'sne apparence. Votre empire snrabe et votre califat rajeuni seront ce qu ils sont, les Mille et une Nuits du i'''^ mars.
La Turquie est tombée le même joor que la Pologne , et du même coup. Le plus grand homme de guerre du dk-huitième siède, Frédéric envoya à FiBi» përatrice Catherine le plan de cette campagne d'un siècle ou deux , qui commença au DaonBbe et à la Crimée, qui continua en Moldavie, en Valachie, au Gaucàse, et qui finira à Constantînople. Catherine, qui saTarit que les Turcs n'Itaient plue rieii j s'occupa d'abord à détacher d'eux les Tartares ^ seule force réelle de leurs armées. Elle y réussit ; elle pensa alo9s à en détacher les Grecs, seule force réelle de leurs flottes. BUe envoya les Orlof en Grèce; eHe fit insor* ger le Péloponèse ; le feu du zèle reli^ux prit par>
tout. L'analogie de religion lui donna pour jamais
Tinnombrable population grecque du continent et des îles. Cela £uty elle brûla la flotte ottomane à Tchesmé; ses généraux virent se fondre devant eux, sur le Danube y les quatre cent mille Ottomans conduits par le grand visir Emin-Pâcha. Ce fut le dernier soupir de l'islamisme en Europe ; il ne fut plus désormais qu'un souvenir; et l'année turque débandée, et traversant Constantinople, put dire ce qu'elle dit alors sous les murailles du sérail : « ^ I^ïous allons nous préparer pour le baptême; une nation blonde doit détruire la Turquie. » - ^ . .
Depuis cette époque, l'existence de la Turquie n'a été qu'une tolérance politique de la Russie et de l'Autrichew On a.entendu chaque année tomber une pierre de ce monument superposé au sol, un rameau de cet arbre qui ne végétait plus. La Moldavie et la Valadûe se sont détachées, et sont entrées dans ce régime mixte qui rend l'empereur de Russie co-souverain de ces provinces. Le littoral de la mer Noire a été rongé graduellement par le flux incessant des forces russes. La Servie s'est levée tout entière et a exterminé les Turcs à la bataille de Sophia ; elle s'est organisée sous le pnncç Milosch , patriote. antique, le Washington de ces forêts. La Bulgarie n'attend qu'un homme : il se lèvera demain. Les Grecs du Péloponèse ont brisé le joug; l'Europe, imprudente dans votre système, généreuse dans le mien , leur a tendu la main. Les
voilà constitués et essayant de vivre. L'Arabie a été totqoan. plus arabe que turque ; éUe appartient aux Bédouins et aux Imans bien plus qu'au sultan ou au paclia d'Égypté. L'Égypte s'est séparée de Tempire et essaye d'en emporter les plus grands morceaux en Asie ; l'Afrique est à nous ou aux petits souverains de Tunis, de Tripoli, de Maroc : le lien est rompu. Que reste-^iL donc à la Turquie proprement dite ? Constapitînople et les provinces adjacéntes en Europe et en Asie y c'est-à-dire un territoire large encore, mais presque entièrement peuplé de Grecs ou d'Arméniens; et enfin la Syrie, que le pacha d'Égypté a usurpée et occupe par la violence. D'empiétement en empiétement, Méhémet-AU , arrivé jusqu'au Tanrus , ne veut plus rétrograder. Voici sous quels prétextes il s'est avancé jusque-là, et veut y planter la. borne d'un empire arabe.
• La. Syrie, magnifique provinoe'ou plutôt royaume^ s'étend sur une longueur dé' cent dnquanté lieues entre le désert d'Égypte et le Taurus qui la sépare de l'Anatolie. Chypre, île de quatre-vingts lieues de long sur trente lieues de large^ est dans ses eaux et en fait pour ainsi dire partie*. Chypre, sur une population de quarante mille âmes, ne compte que quelques centaines de Turcs. Les populations de la Syrie sont aussi diverses que ses aspects. Elle a des Grecs dans tQutes les plaines occidentales, des Turcs à Damas et à Homs , des Bédouins errants dans les déserts
méridionaux, des Arabes pasteurs et cultivateurs dans kPaleitîiieyiks Israéltitsà Jénisafem et à lifaémde, des Ansariésy des Métualis, des Druzes dans les montagneS) et enfin des Maroniles dans le Liban. Les Maronites, par leur caractère belliqueux et discipliné, autant que par leur forteresse naturelle ^ sont la nation importame fit dominante de ces contrées. Us jsont chrétiens et même catholiques. Leur souverain , qa^ùn appelle le grand prinoe oa l'émir Beschiri est lui-ménse catholique. U les gouverne conjointement aT6C les 0naes, autre nation qui n'est ni arabe, ni turque, ni musulmane, ni chrétienne, mais qui a une origine obaoure et une-feligion inconnue. Ces deux peuples, jetés péte-raâe sur le même territoire, ontleurs villages confondus et mêlés les uns dans les autres. C'est nne sorte de £édération semblable à oelle des cantons helvétiques , mais qui s'administrent en oonmiun et cômbattent ensemble sous la souveraineté féodale de l'émir. Ces deux peuples peuvent mettre sous les armes trente à quarante mille hommes aguerris en vingt-quatre heures. Par la suptfricNrité de leur énergie, par l'unité de leur gouvernement , par le site de leiirs montagnes , par les défilés de leurs vallées, qui débouchent à la fois sur Damas, sur Alep, sur Jérusalem, sur Acre et sur Beyrouth, ils font trembler toutes ces villes et s'en emparent toutes les fois que l'émir leur commande ime invasion; Cest évidemment le peuple nomud, le peuples! de la Syrie.
Ces jx^t^latioiis, libres et industrieuses , aimaient assez le régime turc Ge régime était mou et laissait grandir à côté de lui toute chose. Encore un peu de tmpa et. la Sjrie eut été presque entièrement sjrriemM. Le Grànd-Seigneur la gouvernait par des pachas dont les résidences étaient Tripoli, Alepi Damas et Saint- JeaB*d'Acre« Ib avaient peu de troupes, peu d'atttorité| peu de crédit dans la Syrie centrale. Un seul hommè avaitpris un grand ascendant pervoiinel dans la Syrie méridionale : c'était Dahër^ cheik de Safad, et qui s'était empalé, en 1749* de 6aint-Jean-d*Acrè et Favait fortifié. Djezzar-Pacha lui succéda. Ce fut lui qui résista à Bcmaparte et força Tarmée française à rentrer en Égyple.- Après sa mort, en 1804, la Porte lui nomma un successeur. £n i830| c'était AbdaUa- Pacha qui possédait Acre.
Abdalla- Pacha, né à Saint-Jean-d'Acre, et porté à ce poste par beaucoup d'audace et beaucoup de . bon* heur, se proposait Dahèr et Djezzar pour modèles. Il voulait se rendre indépendant en Syrie et la ranger tout entière sous sa domination. Ses tentatives étaient celles d'un homme ambitieux, mais faible, qui veut plus qu'il n'a le courage d'exécuter. A demi révolté plusieurs fois çontre la Porte, il était rentré dans l'obéissauce et ava&t obtenu, son pardon, comme l'ob-' tiennent tous ses semblables, en corrompant le divan à force de subsides secrets.
Dans ce niéme temps MibémèMJi <Nf;Bnisait
l'Égypte, conquérait la Meke, prenait Candie, combattait én Morée .contre les maUieiiraix Grecs, et: convoitait la Syrie : Saint-Jean-d'Acre en était la clef. .U cherclia je ne sais quel préteocte 4^ (daintes contre Âbdalla, et prépara une expédition formidable contre lui. La Porte, épuisée par la campagne d'Andriaople contre les Bnases, et humiliée par le traité qui loi enlevait la Grèce, n'avait pas sur ses propres visirs l'autorité sufiSaante ponr- arrêter Méhémet Elle réclama en vain. Il fit marcher Ibrahim. Ibrahim est le bras de Méhémet. Son culte respectueux pour son père est sasenle religion. MSéhémet pense et Ibrahim exécute. Il combat avec TinteUigence de l'Occident et l'obéissante &talité de l'Orient. Cest le plus brillant instrument de la destinée de son père. U partit.
On conmut le siège de Saint Jean-d'Acrp. Abdalla s'y montra digne de son vainqueur. La place en ruines ne fiit rendue qu'après six mois de résistaAoe hé» roïque I Les Égyptiens y perdirent quatre mille morts. Ibrahim envoya Abdalla à son père, et celui-ci au lieu de âdre étrangler le pacha vaincu^ le reçut en héros et lui assigna un de ses palais au Caire pour résidénce.
Ibrahim , maître de Saint-Jean-d'Acre, marcha sur l'armée turque qui s'avançait vers Alep pour défendre la Syrie. Les deux armées se rencontrèrent à Homs. Le choc fut léger : les Turcs se débandèrent et s'enfuirent jusqu'aux défilés duTaunis; ik s'y .défendi-
rent mollement. Hussein-Pacha, leur général^ repassa les àéUéA du Beylon en déroute; On lui enyoya un successeur Reschid-Pacha, le vainqueur d'Ali pacha de Janinay et le pacificateur des provinces d'£urope. Ce général, dernier espoir du sultan Mahmoud, rallia l'armée à Konyeh. Une seconde bataille perdue en deux heore^t livra la Turquie d'Asie à Ibrahim. Le grand-visir, Reschid-Pacha, est fait prisonnier par les Arabes. Ouïe dépouille de ses armes et on l'amène à Ibrahim. — ITétes-vous pas le grand-visir? lui* dit le fils de Méhémet. — U n y a qu un moment je. l'étais , r^nd Reschid ; maintenant je suis ton esdave.
Cette défaite de Konyeh fit trembler pour Constantinople. Encore quelques marches, et Ibrahifn y entrait sans résistance. Mahmoud, désespéré, implora le secours de la Rusiùe. £n . trois jours, les Russes arrivèrent de SâMffitopol danale Bosphore avec une flotte et une armée. <
Pendant que la Russie protégeait ainsi la capitale de l'empire , la France intervenait par la négociation auprès d'Ibrahim. Sous les auspices des trois puifr^ sances, une convention était conclue à Kutaya entre Ibrahim et le sultan. M. le baron de Yarenne, chargé d'affiiires de France à Gonstantinople, en disputait les conditions avec le vainqueur, et obtenait quelques adoucissements pour la Porte. I/amiral Roussin, am* bassadeur de France, dont on a critiqué la conduite sans la comprendre^ agissait en homme loyal et pre-
^ fanait pour base de sa diplomatie la bonne foi et les tnûlét. S'il eût été fécondé par scn goimmemeiit, cette politique de la probité eût été plus efficace que la politique ambiguë et tortueuieque la france suivit dans toate cette afiEdre. L'amiral Rousnii disait dans ses actes : La France est Tamie du sultan; le sultan, pcwr être fort contre les Russet, ne doit pas être dé> membré par un pacha révolté. La France connaît Bfiahmoody et ne connatt.pas Méhémet-Ali. La France protège le grand - seigneur contre son spoliateur égyptien : c'est le seul moyen d'empéeher le grandseigneur de se jeter dans les bras des Kasses, Cette politique, qu on a accusée de faiblesse^ avait l'immense mérite d'être probe.
Le traité de Kutaya signé, Ibrahim rentra en Syrie, qne le traité- lui concédait. Mabmoud restait a£Gûbli et humilié dans sa capitale. Les Russes se retirèrent du Bosphore eu emportant le traité d'Unidar-âkelessiy qoi lmir permettait d'y 'raiitrer sur un appel du sultan. Voici la lettre .autographe que l'empereur Nicolas écrivit alors au comte Orlof^ commandant-général de, rexpédition du Bosphore ; le comte Orlof me la ût lire à Bwsguk'dheréf au moment même où elle lui parvenait :
«.jtfon cher Orlof, vingt-quatre heures après que « vous aurez connaissance de la retraite dei Égyp-
tiens, faites rembarquer mes troupes, et mettez à « la voilé pouùr ramener l^rm^e k SebastopoL Qiiand:
« la divine Providence a placé un homme à la téte « de soiuuilè. millions d'hoouiieSyc'aBlpoiirlm « donner de plus haut Taieiiipie de la loyauté et de « l'accomplissèment scrupuleux de sa parole. »
Que defenttit la fvàimcé ottonune afNrés mte spoliation pareille sanctionnée ainsi par toute l'Ëurofe^ Mahmoud acntit l'anéantiBsemeiit de son empire ^ et Ton peut du e qu'il mourut da la mort de la Turquk* Mahmoud n'était pas mi homme médiocre par le oœar; il était un de ces grands hommes qui naisaent trop tan), et dont la renommée suhit les. torts de lenr fortune^ L'empire était trop tombé pour qu'il pût le relever quand il parvint au trône. Il y ût des efforts qui auraient honoré Pierre4d-GrancL lia destraction des janissaires fut conduite avec une habileté de combinaisons et up. hérdbme d'exécution qui doiyent illustrer À jamais la pensée qui sut préparer et le bras qui sut irapper ce grand coup. Cet héroïsme fiit perdu. ïdB tentatives de cifilisation et ^organisation militaire usèrent sa popularité sans lui donner mie armée. H ne se découragea pas d'essayer la fortune, même quand il fut découragé d'espérer en elle; il recQxnmença.la lutte contre Méhémet-Ali en |838. La bataille de Neeib , la trahison da capitan-pacha emmenant la flotte turque à Aiexandrie^ furent les ' préIndes de sa fin ou les honneurs de ses funérailles. ' Il laissa en mourant la moitié de son empire en proie à mi Taafeal triomphant , sa flotte entre les làains
d'un traître, sa capitale protégée par ses ennemis qui «e la disputaienti et son trône à un enfant Voilà la Tdrqaie à Fhetire eu je parle. Mahmoud méritait mieux, si la fortune était juste ; mais elle est la fortune, c'esbà^dire cette puissàiiee soovenine et railleuse qui rend quelquefois les vertus des hommes aussi impuissantes que burs crimes, parce que ces crimes ou ces vertus ne sont pour elle que les moyens d'accomplir des desseins supérieurs aux vues bornées de rhumanité. Elle est juste et louable alors , et elle ne s'appelle plus Fortune, elle s'appelle Providence.
Pendant que tout cela s'accomplissait dans FOrient,
que se p^sait*il en Europe et en France?
La vapeur était iuTentée, on l'appliquait à la na* vigation, et ces rivages de l'Orient qu'on regardait autrefois comme si loin de nous, se trouyaient toiit.^ à coup rapprochés k trois ou quatre jours cte nos c6te<. La politique du monde tendait par ce seul fait à l'unité. L'Orient et l'Occident, qui se toucfaaient,^iie devaient pas tarder à se pénétrer. . .
La Révolution de Juillet éclatait en France. .
Voilà les deux faits qui dominaient le commencement du siècle; une ù>rce matérielle, et un moavement. • . La Révolution de Juillet fut un acdflent dynas»
tiquai maifi ce fut aussi une phase politique très-normale, un des actes oonaécatifr de la Bévolotioii de 1789. Si la maison de Bourbon qui avait rapporté la charte de i8i4f c'est^-dire qui a^ait ramoié arec la dynastie émigrée de 1792, la liberté émigrée aussi et chassée du continent par Napoléon ^ empereur et despote; si la Aaison de Bourbon avait compris la nation et le siècle comme Louis XVIII Tavait fait, rien n'empêchait que la rénoration okf^anique de 1 789 n'accomplit ses développements et ne parcourût ses phases sons la dynastie de la branche ainée. Au contraire , la liberté avait plus de champ devant elle avec cette dynastie plus enracinée et plus vieille. La Intimité n*est qu'une habitude, ce n'est pas un droit Mais auprès des peuples qui ont plus de mœurs que de logique, les habitudes ont souyent autant de force que les droits. Cette dynastie bien conseillée pouvait donc preiidre avec plus' de confiance que toute autre la tutèle de l'esprit réformateur et initiateur du siècle. £lle pouvait regarder la liberté et le peuple en &ce, parce que l*un et l'autre la connaissaient depuis que Louis XVIII les avait reconciUés en i8i4- ExperU imficem sumus ego ae foriunà! Elle pouvait être d'autant plus libérale quelle était plus muveràellement acceptée, consentie,- respectée. Rien ne rend plus facile d'être généreux que d'êti^ fort. Les ministres de Charles X ne comprirent que la peiir de la révolution ; Us voulurent la prévenir par
de raudaoe, iLs attaqpièreiit la force qui m denian* dàil qn*'à M donner à eux ^ en troM }6iifs la hitf e fat
décidée : une dynastie fut rejetée toute entière dans Vmiéré êm nos monarcfaîeB; troîs Roi» aortiiifint ie même jour de France , l'un pour pleurer sa faute et M ecmmiMy Fautrepoar régner dans VeMÛ, le phii jeune pour grandir loin du trône' entre an passé sinistre et un avenir inconnu. La France, hésita quelques jotirs sar les institâtiom qa'eUe se dbnne^ rait, elle eut peur d'elle-même , et pour éviter la république» elle se précipita dans la eeule funilie qui pût lui porter des dynasties; elle ne cherchait qu'un Eoi^ par hasard y elle rencontra un Irawiie. Le gouvernement de Juillet fondé d-urgenee sur une nécessité eut une tête; il oscilla quelque temps, comme tout cé qui cherche son aplomb ; puis enfin il s'établit et il dessina sa politique.
Sa politique au dedans, fut admiiAble comtne politique d'un gouvernement provisoire; il fallait avant tout rétabhr. Tordre profondéinent coniprômis. La garde nationale, la Chambre et le Roi combattirent, les. uns sur le trône, les autres à la tribune^ ceux-ci dieuis la rue, avec une énergie et un dévouement qui
étonnèrent et qui lassèrent Faudace même de i'anar-
chie; la révolution recula, désarma , ajourna. Ces
pages seront bien belles dans l'histoire ; jl y eut des journées où r£urope entière ne piprtait plus que spr ks baïonnettes des citoyens de Paris. Le nom de
Casimir Périer sera grand pour avoir personnifié cette. lutta$ l'ordre nMlôrW fut lélabtiy màii fîil»ii fondé ? Ici je doute comme f ai douté alors.
Seloa moit U fallait d'abord £ûre cela et puis autre duMei il fidfauit trouvef le sans clMihé dei lérolutimis de I789,de.idi4etde i83o, et le personnifier dan$ les institutioDa de Juillet II £dUdt troatcr une base au gouvernement nouveau; il fallait Tidentifier, Tincorporer arec on pri&dpe» Ce priadpey oe n'était pas le principe de la légitimité monarchique , puisqu'il était tombé de faiblesse trois fois en quarante ans, et que les journées de Juillet venaient d'enporter ses débris; ce n'é(ait pas le principe républicain proprement dit, puisque las souvenirs de 1793 avaient justement refoulé le peuple jusqu'à l'ombre d'un tr&ne* nouveau. Ce n'était pas le principe militaire, puisque le despotisme et l'invasion en étaient tout récemment sortis, et qu'excepté quelques rêveurs surannés de ghircj la d e r n i è re téle poisanté du pays oompnenait la loi nouvelle y la loi du travail, qui vit, de paix. Ce n^était pas leprittaipeiiristocratique, puis<pie 1 789 ne s'était levé que contre l'inégalité des castes; ce n'était pas^ comme- une saote spirituelle et dogmatique le préconisait dans les journaux et à la tribune, la constitution de.la classe moyenne , puisque ce n'était là que de raristocnitie déplacée et du privilège sans prestig^e. Qu'était-ce donc? La constitutû^i organique et progression de la dénuMasatia toute entière, le,prin*-
cipe expansif de la charité mutuelle et de la fraternité sociale organisé et appliqué à la satiafiiction des intérêts des masses. La solidarité da trône et da peuple dans.sa plus large et dans c»a plus universelle aoception. Là, le goimmementnoaveaaaundt trouvé son principe 9 sa base , sa raison d*étre et ses conditions d'cristenee et de durée; de ce principe hardiment découvert, et sagement pratiqué, il eût vécu, il eàt grandi, il eut duré ce que durent les gouverac^ ments, le temps de leur mission. Ce principe aussi moral que populaire eût été sa légitimité, sa religion à lui^ et il eut été sa forcé suffisante contre toutes les factions. Le problème était celui-ci : faire du pouvoir la personnification du peuple; autrement le peuple se personnifie dans les révolutionnaires et dans ses tribuns. L'ancien régime s'était iqipelé le gouveiteement du sacerdoce, puis le gouvernement des nobles ; la république s'était appelée le gouviernement de la feule, l'empire s'était appelé le gouvernement de l'armée , la restauration le gouverncfment des chambres; i83oy s'il voulait avoir un nom devait s'ap^ peler le gouvernement des masses. Sa mission comme son salut, c'était de prendre en main les intérêts moraux et matériels de l'humanité entendue dans sa plus large acception , et de faire des Œuvres populaires^ non pas par des InstUtUions ultra populaires, mais par un pouvoir hardiment emprunté au peuple et restitué en bienfaits au peuple ; il y avait là une
longue et large carrière, on n'y a fait que peu de past La révolution est finie, disent tous les dix ans depuis cinquante ans les hommes à vue courte. La révolu* tiqn commence tous les jours , disent tous les jours les sages; la révolution politique a accompli en effet une ou deux de ses phases. La révolutipn socialei non* £Ue n'a pas touché encore à sa plus grande question : le pouvoir, providence du peuple , la charité dans les Ipis.
Quant' à rextérîeur, je Tai dit dans lîn des articles contenus dans ce recueil, la diplomatie des qiiatre ou cinq premières années du gouvernement de Juillet est un chef-d'œuvre d*hahileté, de méiiagoinent et de sagesse. Elle a, compris. la paix, çt elle la fait coài* prendre. C'est pour cette intelligence qu'elle sera honorée et bénie. EUe.a plus servi les idées par ces dix ans dè paix maintenue que par dix joiiroéea d'Austerlitz. Ceux qui yocifèrent.la guerre sont d'un autre siècle; ce sont des esprits attardés .ou. impatients qui placent la violenpe du bras de TLomuie au-dessus de la toute-puissance de T^esprit hamain. Le. moindre soldat comprend la guerre ; c'est l'œuvre brutale : il fallait un sage pour, se dévouer à la paix. C'était l'héroïsme de PintelHgence. Un* prince négociateur peut être plus grand qu'un prince conquérant : les traités sont des conquêtes.
La politique de la France fut donc bien conduite
jusqu'à deux questions qui. n'étaient point la guerre»
mais qui étaient deux grandes positions prises pour la ptii. Ces deux questions sont TEspagne et FOrient Je Tai dit à la tribune des 1 836| et bien avant qu'on ' ne niè comprît; je Tai dit à Tépoque où la gauche.
mt'intî se sraodaiisait de rauciace de mes paroles j je Tai dit à Tépoque qù je le disais tout seu)^ je Tai dit avant que le ministère du 2*1 février eût inventé cette coopérât io.n msuf/Uunte H compromellatUt que la chambre fit bien de lui refuser. La France devait à
FEspague, à elle-même , a sa gloire, à sa vertu, à sa politique et au monde, d'intervenir en Espagne. ' Les analogies d'inslitiitions, de situation, de races, d'intérêt politique, sont les parentés des nations. Ces parentés imposent des devoirs et confèrent des-avan> ta^es. La France a toutes ces parentés avec l Ësp^gne; elle en avait une pouvelle, Téiablissèment simultané de. la liberté constitutionnelle. Laisser périr dans les convulsions sanglantes de Tanarcbie la cause de la reine et de la liberté en Espagne, c'était for faire à sa propre liberté en France. Laisser TEspagne se démemr brer dans les boucheries de la guerre civile, c'était forfaire à i huaiiiiiité. Laisser don Carlos, soldé par lÏAiro j3e absolutiste» combattre au nom des puissances la cause française en Espagne, et le regarder faire, ctétait forfaire à la dignité et à la .sécurité de la France en Europe. Pour ces trois causes, un gouvernement humanitaire politique et national devait intervenir ayep toutes ses forces en Espagne. Dans la voie de la
îustioe et de eon droit, une satien doîl tout ce qo'eUe
peut. Nous ne l'avons pas fait, nous en serons punis; nom le sommes déjà par i'isoLçoient Nous avions là une sphère d'influence et vme sât^iuAe; nous n^^Yons plus ni Tune ni l'autre.
Quant à l'Orient, on vem dans ce recueil que, dès 1 834, j'ai averti l'opinion, le gouvernement, la ^ chambre, que toute la politique extérieui;e. de la France était là, et qu*il fallait négocier d'avance sur l'éventualité certaine de la chute et du démembre*
mefit de l'ëmpire ottoman. On voit aujourd'hui si je
me suis trompé.
Il fallait deux choses à la France après i83o : la paix d'abord, sa sagesse l'a conquise; des alliances ensuite pour lui servir de point d'appui dans les éven- ' tualités de là guerre un jour. Ces alliances, ce système français pour son avenir, la France les trouvait inévitablement dans là question d'Orient prise de loin et bien prise. Ti:ois puissances, l'Angleterre, la Russie, l'Autriche, avaieu t. chacune un intérêt vital dans la question d'Orient la Russie, un intérêt d'expansion yer^ Constantinople^ l'Angleterre, un intérêt de comiociùnicatiott vers lés Indes; l'Autriche enfin,, un intérêt de préservation sur le Danube. La France n'avait, elle, qu'un intérêt d'équilibre et de liberté des mers; «n se portant avec l'une ou l'autre de ces puissances, elle fEÛsait l'équilibre ou elle emportait la balance^ mais il &llait se saisir poids. Ce poids, x'étdt ce que j'ai
appelé en t838 un Anc6ne en Orient. La Syrie, avec
ses analogies de religion, s^offrait toute armée à la France. D*accord avec nne seule ou avec, deux de& puissances , cet Ancône était la paix ^ en lutte avec toutes, cet Ancône était une position inexpugnable prise pour la guerre* Mais la guerre était impossible dans ce système combiné d'avance f car la guerre eût été toujours de trois contré un. Quand on en est U, on ne combat pas, ou la guerre est bientôt tinie. Qu'on se souvienne des ouvertures de la Russie en iH^S. D'ailleurs, la France avait là un rôle pacifique et prépondérant digne .d'elle et qui lui créait pour deux siècles un système d'alliance en Europe; TOnent et rOccident se rencontrfiient et se secondaient dans lès mers. Un tel système avançait Thumanité de plusieurs siècles, et, en donnant une sphère à la France, elle donnait de Tair à TËurope, et des garanties à cet armistice d'aujourd'hui qu'on appelle là paix.
Le ministère français ne l'a pas Voulue il a mieux, aimé guerroyer sans fin et sans but à Alger, rompre, avec TAngleterre, sans se lier avec la Russie, menacer la Russie, sans donner la main à l'Autriche, et livrer les peuples de la Syrie et des îles à un pacha d'Égypte pour favoriser le commerce par le inônopole et la civilisation par le CJoran; il a mieux aimé que l'Autriche, la Ilussie et l'Angleterre, inquiétées chacune par nous dans un de leurs plus grands intérêts natio» naux, se liguassent forcément et contre nature, et se
partageassent graduellement l'Asie centrale et la Tur* quie d'£urope, en laissant seulement pour nous satisfaire une dérisidii de souveraineté arabe à Aleacandrieet à Acre! 11 a mieux aimé la vieille et petite politique dé rivalité et d*exclu8ion| que la grande et neuve politique de concours mutuels et d'avantages réciproques; il a mieux aimé étouffer eu £uropç que de prendre de l'espace en Orient; isoler la France que de rallier; fortifier Paris, que d'élargir Faction de la France dans le Levant. Qu'il, soit &it ainsi qu'il a voulu! Nous avons dès aujourd'hui risolement et la guerre en perspective, au lieu de l'expansion de vie nationale et de la paix. Les hommes prévoyants pleu« rent sur l'avenir d'une nation qui manque ainsi la route que la Frpvidèiice lui traçait, et où. elle aurait entraîné le monde. Dieu mène les peuples, ditesvous? mais les ministres ^ fiiusse.vùe les égarent L'histoire écrira le reste. -
Saint-FoiDl, M septeniitte 1S40.
A hk CUAMBR£ D£S DÉPUTÉS,
J'ai eu l'honneur de proposer à la Chambre un amendement au projet d'adresse; je viens aujourd'hui le développer devant vous. Je sais que les éventualités de la politique élran{;ère peuvent sembler d'un faible intérêt au milieu d'une discussion toute palpitante d'éloquence passionnée et d'intérêts actuels. Mais je m'adresse à la haute raison de léj^islateurs qui ne concentrent pas seulement leurs regards mk un point de r£uropè, sér te jour et le lendemain; qui embrassent dans leur pensée le monde et i*avenir, et je leur denaode un moment d'attention.
L'honorabte M. Bignon , dont je respecte avec vous rexp^ "rience et la haute supériorité en jnatiére diptomAlique, a. ' traité hier la question de l'Orient avec la justesse d'aperçus et la pi^fondeur de raison qui 16 distinguent. Je m'associe à pre»qtae toutes ses Idées, eicomme.lui je donne des larmeset des Ycani à la Pologne. Mais il n'a pas compris eiactement ma
pensée , mal dévoilée peut-être dans mes premières considérations. Comme lui, Messieurs, je sais ce que la politique étrangère exige de prudence , de ménagements et de sages temporisa tioDS, aussi o'ai-je pas prétendu engager le gouvernement français , comme a para le croire M. Bignon , à entrer seul dans la voie d'ane politique iiouvelle relativement à la Turquie , mais à provoquer le premier TattentioD et les délibérations de l'Europe sur cette imminente et prochaine é?entnalité. ' , .
En applaudissant an vœu que je formàis pour la réalisation de cette politique d'humanité ^ il a semblé , Messieurs, la reléguer pour longtemps encore dans le domaine des généreuses ' illusions.
Je suis étonné, Messieurs, qu'un homme d'état qui siège depuis quinze ans sur les bancs d'une opposition modérée et pratique , qui a apporté tous les ans au gouvernement des vues et des systèmes de politi(iue avancée , sans avoir pu les faire adopter par le pouvoir de l'époque; je suis étonné, dis-je, qu'un tel homme se joigne aujourd'hui au gouvernement pour repousser dans l'impossible un système hardi, mais facile, mais nécessaire, et l'appelle une politique d'illusion I Nous devons être en garde, Messieurs, contre cet esprit de persistance des gouvernements , pour qui surtout Fhabitude est une nature à traiter de chimérique les plus justes réclamations de rhumanité! Ce fut un rêve aussi, Messieurs, que l'établissement du christianisme I Ce fut un rêve que raffranchissement de l'homme, que l'abolition de l'esclavage 1 Cefut un rêve que la colonisation de l'Amérique 1 Ce fot un rêve que l'indépén-* dance des États-Unis Î.Ce fiit un rêve que la résnrrieiction de la Grèce I Ce fut un rêve que l'abolition de la traite des noirs t Et'cependant tous ces résultats , longtemps repoussés par les gouvernements , ont été obtenus. Ainsi en sera-t-il un jour du projet que j'ai l'honneur de vous proposer !
Messieurs, nous avons une maxime de notre philosophie française, qui dit avec raison que les grandes pensées viennent du cœur; on peut avec plus de raison la retourner, et dire qu'en politique les grandes pensées viennent du peuple ! . Le peuple est le cœur de rhumanité, le foyer brûlant et créa-
teur où les idées neuves et fécondes naissent et te propagent par une sorte d'instinct universel , longtemps avant que les gouvernements les adoptent. C'est donc à vous, Messieurs, représentants de cet instinct et de cette générosité populaire , c'est à vous , autant qu'aux gouvernements , c'est à vous surtout que je m'adresse , en demandaut uu nouveau système . politique relativement à l'Orient.
Je m'explique , Messieurs , je ne veux pas que la Turquie périsse ; qu'un vaste empire soit refoulé dans le néant ou dans les déserts de l'Asie, Je ne yeux point qu'une nouvelle croisade , qu'un fanatisme civilisateur fasse plaeeè la ciTîUsatiOD par le sabre 1 A Dieo ne plaise ! C'est nous alors qui serions les barbares I J^estfane et j'aime lès Turcs ; c'est le sentiment qne rapportent tons ceux qui, comme moi, ont en l'occasion de vivre pamd peuple généreux et hospitalier. Mais si Jedois à la vérité , à ia're6onnaissane$ , de rendre justice à eett6 Aice d'honimes comme individus, comme fiiinille humaine, je dois aussi à- l'humanité de déclarer que , comme gouverhe- ment , comme administration surtout , c'est la négation la plus absolue de toute sociabilité possible , c'est la barbarie dans toute sa brutale sincérité, c'est le suicide permanent et organisé do l'espèce humaine ! j
Ici , Messieurs , comme il s'agit d'un état de situation , d'un rapport de faits, permettez -moi de recourir à des notes que j'ai préparées sans vous les soumettre. Quand vous entendez parler d'une nation, Messieurs, d'un empire, d'un état immense qui couvre de son nom Ies4eui plus belles parties de l'£uropeetde l'Asié, et qui embrasse plus de la moitié du littoral de la Méditerranée ; ces mots de nation et d'empiré nous donnent nalurdlement l'idée de quelque diose d'analor gue à cequMIs définissent parmi nous. Tous vous réprésentei sur-le-champ une patrie-t'des. familles, une propriété, une terre cultivée ef ^hellie parla main dé l'homme ; vous voyef des demeures permanentes où la famille se multiplie et succède à la famille, une consanguinité de l'homme et de la terre, si je puis me servir de cette expression , et de là ce sentiment de la propriété , seconde nature de l'homme social , et d'où • vient cet autre sentiment de propriété collectif que nous appe*
kNM^triotitiDe I ErfevnMefltieiirs I Riende
Quelques hordes superposées à la terre , et n'y prenant jamai» racine comme font nos populations d'occident, des peuplades de noms, d'origine , de religion , de mœurs diverses jetées les unes dans les déserts de l'Arabie ou de TÉgypte, les autre» sur les sommets inaccessibles du Liban ou du Taurus; cellesci fo«»dant, dans les solitudes de la Syrie intérieure, Alep ou Damas , ces deux grands caravansérails aui limiles du désert de Bagdad, pour les caravanes deTInde; 6eUeft4à dans les fertiles vallées de k| Macédoine . de la Thraee ; Gwcs, Arabes^ ArméBieoB, Bulgares, Jurfs, Maronites, Drnies, MoUialift^ Servien« « vi» tnl çà et là où le veM de 1» fortune les a poussé», SMM pêiMée t saot^affoctioB , sons hmpvts , sauf» hHO « sanapel»* gion , aau» pottfie eouMimies, aujourd'hui soofDîaeiif^deaiaia •révitltées; des pachas que Goustaotiiiople.enfoîe tour i tour pour subir ou pour kiflîger le supplice f^ans autre inîtslooqae 4*arraclier à ces populations- les raBseorcc» préealrei que lew travail opiniâtre a pu arracher, etpour refoire le désert autour d'eux ; des bandes indisciplinées traversant sous le nom d*arlïjée des provinces qui fuient à leur approche; des peuplades erraïUes, aujourd'hui ici, demain là, pour que la tyrannie ne sache où les prendre ; «les plaines sans charrues, des mers sans uiivires , des fleuves sans ponts, des terres sans possesseurs, des villages bAlis de boues et de claies , une capitale de bois; ruines et désolation de toutes parts, voilà l'empire ottoman. Au milieu de cette ruine,. de cette désolation qu'ils ont faite et qu'ils refont sans cesse, quelques milliers de Turcs, par provinces, tous concentrés dans les villes, assoupis, découra{^és> ne travaillant jamai», vivant misérablement de spoliAiions légales sur le travail des raoBSChrétiennes et labo- > rieuses, voilà les habitant», voilà les maîtres de. cet empire»; Et cei empire. Messieurs, veut à. lui seul FEurope eàiiàre.: son eiel est plus beau, sa terre plus fertile, ses ports pli», vastes et plus sûrs, ses productions plus précieusefr-e^ plbi tarîées; il côniient 60,000 fieues carrées.
Voulez-vous maintenafit. Messieurs, connaître sa situation tallitaire et politique actuelle , la voici ; La Valachie et la Moldavie ne recouqaisseut que la souveraineté nominale de la
Porte , et soiit réellement presque indépendantes h Tombre des garanties de la Russie La Servie , qui à elle seule forme le tiers au moins de la Turquie d'Eurt)pe , plusieurs fois révoltée , et entièrement chrétienne, a définilivement consacré sa ' * séparation et son indépendance sous le gouvernement du prince Milosch, habile et courageux patriole, digne d'affranchir ét de civiliser un peuple. Les Bulgart's , qui couvrent le» deoi flancs des Balkans de leurs vastes et nombreux villages « et qnf s'étendent jusqu'aux environs d'Andrïnople, nation nembrease, probe, laborieuse, n'admet que peu de Tares dans son sein, et aspire à les repousser tout à folt. Les.mçii- • tagnes de la jll aeédoine sont pipuplées de races grecques , albâ* uafses; amantès, qui, pùùf la pki|Nirt, sont (chrétiennes aussi, et se soulèvent à chaque occasion favorable pour conquérir cette orageuse liberté dont la Morée leur offre reieonple. Lâ Méf^e et Négrepont sont déjà coiUplètément affranchis sous là tutelle dos puissances européennes; les plaine* d'Àndrin<H pie à Constantinople sont enlièrement dépeuplées ; on ne rencontre qu'à distance d'une journée de marche quelques khans déserts, ou quelques bourgades en ruines hai>itées par des Turcs et des Orecs ; les Grecs seuls cultiventquelquescbamps qu'on leur concède autour de ces masures.
Quant aux Iles de l'Archipel, les Anglais possèdent les sept îles Ioniennes; les Grecs ont compris dans leur indépendance toutes celles qui regardent leur côte. Des deux plus belles» Candie et Chypre-^Caodje, appartîénnènt au pacha d'Égypte; . Chypre est encore aui Turcs, mais cette possession de 80 lieues de long sur 20 et 25 de lar^e, topte cultivable, toute fertile en productions des trop^iqués, ne nourrit plujs^ qu*qne population dé 25 à 30,000 Grecs* cypriotes «gouvernés par quelques centaines' de Turcs; des soulèvements y éclatent Mquenraient, et rien né Tempèche de proclaroér son indé' pendance qne le manque de garantie pour la conserver.
Rhodes est dans le même cas, Stanchio, Mitilènes, Chio, toutes peuplées de Grecs, ne sont reiilrocs qu'en fVéïnissant et condilioiinellemerït dans la soumission a la Porte; Saihos résiste encore seule aux flottes du graiul-seigiieur.
La principale partie de l'Asie mineure, dont les rivages seuls
sont habités, cette immense Caramanie qui renfermait autrefois plusieurs royaumes, ne renferme plus que des déserts. C'est là cependant que la population malK)métane se retrouve encore par plus grandes masses. Mais si Ton en excepte Brousse, Sroyriie, Kenya et Kutayà, quatré grandes villes ioè la populatioq turque domine, le resté est au pouvoir des Tureomaos , race sauvage et errante, qui couvre les flancs do mont Taurus , s^'y abrite contre la tyrannie des pachas, et en descend pour conduire ses troupes dans les plaines, ou les ravager si on les lui dispute. Tous aurez une idée> Messieurs, de la force du lien national qui attache ces pays et ces villes à la capitale, quand vous saurez que dans la dernière guerre, deux officiers, envoyés de 50 lieues à Sniyrne par Ibrahimpacha, firent reconnaître son autorité à cette ville de 100 mille âmes, et que toutes les peuplades de la Caramanie ne fournirent pas un seul soldat contre lui. La Syrie, ce jardin du inonde, est encore la plus belle et la plus fertile contrée de l'Orient. Les Arabes errants, les Arabes cultivateurs, les Druses, les Métualis, les Maronites et les Musulmans, les Grecs syriens se la partagent; les Turcs y sont à peine le vingtième de la population. Les villes du littoral, Alexandrette» Latakie, Tripoli, Bayruth, Saïde, Jaffa et Gaza; renferment un grand nombre de chrétiens. . .
Le Liban presque tout entier est au pouvoir des Maronites» mltion arabe et catholique de deux millions d*honmies, quia conquis par son courage et ses vertus une indépendance de fait, qui possède et qui cultive, qui aime le cottmnerce, la civilisation, et qui, je le crois, sera le germe d'une race d'hommes dominatrice dans cette partie du monde. Elle re-^ connaît l'autorité du grand émir des Druses, l'émir lieschir, vieillard politique et guerrier que les Turcs et les Égyptiens ont également ménagé, qui peut d'un ordre lever jusqu'à 40,000 combattants, qui fait tremblertour à tour Alep, Damas, Jérusalem et les côtes, et rentre ensuite dans son palais de Plédin ou Dahel-el-Kamar, au cœur de sa domination, inaccessible forteresse de cent lieues de tour. 11 n'obéit aux Turcs qu^ commie les puissants vassaux du moyen-âge obéissaient à km suzerain.^ Damas s'élève, vaste et isolé, au milieu do
désert. Sa popnlation est tarqae, mis elle reoferme trente raille ArménleDS, cbrétiens, et beaacoifpde Joifs. Le reste da territoire est en proie plutôt que po^édé par des tribns arabe», familles indépendantes dans la grande famUle nrasdlm'ane, qui passent, au gré de leur rapacité on de lenr .caprice, d'une domination à une antre.
Jérusalem s'élève sur les confins delà Syrie, entre l'Arabie Pétréeetles déserts del'Égypte, ville neutre, pauvre, impuissante, accoutumée à tous les jougs, centre commun de toutes croyances chrétiennes et ville sainte aussi pour les musulmans qui ont jeté la mosquée d'Osman sur les fondements du temple de Salomon. Puis vient l'Égypte; là se noue dans ce moment une des scènes les plus merveilleuses de ( os drames, fugitifs de l'Orient. Vous connaissez la révolte de Mébéme^ Ali, et la gloire de son fils Ibrahim, grands hommes tous deux, le père par la politique, le fils par son épée. J'ai assisté à ses triQmpbes ; je Fai.fn renverser à coiips d*hqmAies les mnraillei de laffa, que Napoléon loi-même n'avait pn ébranler, traver;ser en conquérant la Syrie entière, soumettre Damas.et Âlspt disperser deux fois, à forced'audàce,.lesdeux deirnières armées du sultan, prendre le grand-vîsir, et ne 9'arrétér à quelques marches de Constantinople que devant nne lettre d'un ambassadeur européen ! 11 y serait entré sans obstacle, Messieurs, il aurait triomphé dans la capitale même de l'empire, il aurait fondé une dynastie nouvelle quoique réprouvée par les lois et les mœurs : tout l'Orient se taisait devant lui comme devant Alexandre, mais un mot de l'Occident l'arrête, il recule, il laisse son œuvre de puissance et de gloire inachevée.
Ce trait seul. Messieurs, vous montre l'empire de la civilî~ sation sur la barbarie; la barbarie même triomphante a la conscience de sa faiblesse : ceci vous dit ce que r£urope peut faire si elle a TintelUgence et le sentiment de sa missionl Ibrahim, Messieurs, ne civilise pas, il conquiert, il remporte des victoires; il soumet devant son génie et devant son audace des populations, tremblantes et auxquelles le nom de leur Oppresseur n*impQrte pas l il ne s'occupe que de ses^ soldats; Il n'a d'administration que pour son armée : tout reste en Égypte et en Syrie sur le même pied de barbarie qu'avant son
avènement; c'est un météore qui brille et qui passe , qui ' ravage et qui ne fonde pas, et qui ne laissera à la mort que le bruit et l'éblouissement d'un météore! Ces conquêtes vous •expliquent relies d'Alexandre : dans des contrées où il n'y a BÎ Daiioualité, ni propriété, ni patrie, le conquérant ne trouve que des slaves, et la victoire est toujours saluée I
Vous voyez par cé tablea» rapide, Messieurs, que l'empire •ttôman tt'est point un empire, que c'est une agglomération informe de rçces diverses, sans cohésion entre elles, sans intérêt, san^ langne, sans lois, s^ns religion, sans mœurs uniformes et sans unité ni fisité.de pouvoir! Vôus n*y voyez que . la plus vaste anarchie constituée doiit les phénomènes politiques aient jamais présenté le modèle:, Vous voyez que le souffle de vie qui ranimait, le fanatisme religieux, est éteint ; vous voyez que sa funeste et aveugle administration a dévoré la race même des vainqueurs; et que la Turquie périt faute de Turcs!
Au centre de cette vaste anarchie, la capitale de l'islamisme s'élève, un pied sur i Kurope, un pied sur l'Asie. Le sultan Mahmoud , prince élevé par le malheur, prince qui sent la ' décadence de l'empire, et qui ne peut l'empêcher, semble ' avoir désespéré eniin de son trône et de son peuple , et de- ■ mande un reste de règne, une apparence d,e forme et d'empire à la puissance russe qu'il a vainement essayé de combattra. . Xa Russie seule, Messieurs, a empêché l'écroulement de ee tréne « ie démembrement définitif île cette ombre de souve- . ndnetél Encore' quelques jottrâ, et 16 sultan n'était plus, et Gonstantinople voyait entrer les Arabes. Que la Russie retire ta main intéressée, mais protectrice, et l'empire s'écroulera .encore. Et même, sous cette protection humiltahte '<te son . ennemi, la Porte tremble, et le sultan n'a pas de sommeil *• tranquille. Il a été grand homme un jour ! le jour où il détruisit, à force de dissimulation, de courage personnel et d'audace * d'esprit, l'empire héréditaire des janissaires. Mais il est des états dont le principe vital est dans leurs vices mômes , et qu'une réforme tue au lieu de les régénérer ! Tel a été l'empire ottoman. L'esprit militaire, qui o'était que le fanatisme populaire, a disparu avec les janissaires, il n'y a plus d'iirmée,
— ailes mœurs nationales refusent de se plier à des réforme» fBoltement et aveuglément soutenues. Il n'y a plus d'esprit ottoman !
Maintenant, Messieurs, que fera l'Kurope? Si elle apprend W|. jomr que cette dernière ombre de souveraineté s'est évanouie, restera-t-elle éternellement armée TÎs-è-'Tis d'ellemême , spectatrice des dernières et lentes convulsions de l'empire ë'Orient? ou fera-t-elle h guerre elle-même pour empêcher qoe teo démembrements de c^t empire n'appartiennent à l'one on à l'autre des poissanoes qai la composent? einterdin-t-eHe à jamais, et k force d'armées et de trésors, 4e remplir ce vide effràyant qu'une révolution probable prépare à roirient, et condamnera-t-elle ainsi cette belle partie de l'Enropè «t dê l'Asie à un veuvage, à une ittérHrté, à on désert éternels? Kon, Messieurs, cela serait plus barbare que la barl^rie taéme, et cela ne serait m(^me pas po>sil)le. La Russie, maîtresse de la mer Noire et des pi>rtes du Bosphore, sentinelle avancée sur les limites de l'Orient, favorisée par les vents du nord qui régnent neuf mois sur douze dnns cette mer, arrivera toujours la première aux bords où sa destinée et son ambition l'appellent, et d'ailleurs la sympathie de religiOD entre l'immense population grecque de cette partie du monde et elle, lui fournirà toujours dans Tesprit national un élément de triomphe que nous ne pourrions combattre. Qne faire donc ? Le voici, Messieurs.
L'avtinir est souvent, écrit dans le passé en caractères qne nous ne comprenons pas^ mais qui s^expliquent et se révèlent avec lès événements et lès temps. L'Europe fera ce qni fut fait jadis! cé qu'avait réalisé dans un antre esprit de conquête cet empire romain .qu'elle remplace aujourd'hui. Elle refera VorUs romanvs, ce monde romain dont elle retrouve les traces dans tontes les ruines de cen cités romaines qui s'élevèrent autrefois sur tous les rivages de l'Asie mineure. Elle réfor- mera ce monde ancien, celle donlination universelle, non plus par la force des armes et par une ambition de gloire stérile, mais par la seule et naturelle prédominance de ses lumières et par un esprit de générosité et de philan'ropie. Elle le fera sans obstacle, sans lutte, sans répandre une goutte de
ce sang humain qu'elle évalue' à qd antre prix que rantiquité païenne! Mais comment le fera-t-elle? D'un mot, Messieurs,
arrêtant et en promulguant sa volonté souveraine !
Messieurs, les coups de canon de Navarin ont eu un long retentissement dans l'Orient. Les rêves mi^mes des grands oppresseurs de cette partie du monde ne vont pas jusqu'à lutter contre l'Europe! Et vous avez vu le conquérant luimême dans toute l'ivresse de ses victoires, Ibrahim, s'arrêter 'et rentrer dans ses déserts, sur la simple notification des puisaattees- portée par un Tartare à son camp de Kpniah. Ceci TOUS dit ce qui sera lorsque rKorope élèvera sa voix puîinante et dnanime. Et d'ailleurs ne vous y trompez pas ! une immense Jïympathie vous appelle, les populations chrétiennes vous tenant les bras d'avance, l'islamisme lui-même attend et se résigne, et le fatalisme, cette! fois, parle çomme la raison ; tout « l'instinct de ce qui doit surgir.
Voici, Messieurs, ce que lés puissances de l'Europe me semblent appelées à réaliser plus OU moins prochainement; voici l'idée que je rapporte des lieux mêmes où elle est dans tous les esprits , dans tous les instincts des peuples, et que je voudrais pouvoir vous faire partager à vous. Messieurs, le grand conseil de la France et le foyer principal des pensées . politiques de l'Europe,
Si l'empire ottoman succombe sous sa propre impuissance de vivre ,.les. puissances ouvriront un congrès , et la i rance , réunie à ses alliés, y fera établir en principe :
!• Qu'aucune puissance isolée ne pourra ipter venir dans les événements ^e l'Orient qui suivraient immédiatement la
idiutederempîte. . .
â* Qu'un protectorat général et collectif 4e l'Occident .sur l'Orient , sera admis comme base d'un nouveau système politique européen. ■ / ^ • ^
3° Que les premièros^^ditions de ce nouveau droit public sont l'iiiviolabililé des religions, des mœurs et des droits dosoiiveraineté partielle, établis, préexistants dans ceâs contrées* La force ne devant jamais agir sur les religions, qu'il n'appartiênt qu'aux consciences et aux lumières de modifier et d'éclairer.
40 qojb pour régulariser ce protectorat général et collectif,
la l^rqoie d*Eiirope et la Torfiiie asiatique, atnai-qiie lea mers , les tles et les pbrteqaten ^épeodèiit, seront distribiièi ea protectorats partids-oa 0p provinces sembiabto à ces provinces d'Afrique et d'Asie, offres Romains envoyaient leurs
populations et leurs colonies , et que tes protectorats seront affectés selon les conventions subséquentes aui différentes puissances européennes.
5° Qu'en cas de guerre entre les puissances de l'Europe , protectrices de ces provinces, les protectorats d'Orient reste* root dans une complète neutralité perpétuelle.
Sur ces bases préliminaires , Me86ieaiaf.s*établirait ce vaste système de paciûque domioation qui repeuplerait , qui einlw serait tme|Mirtie da globe^ et fondrait, avec Taide des tempa, . dans nile commanerpmnté de.iaees ,,de religions , de mmifl^ d'industries et d'éiconomieSt l'Europe et TAsie. Ie.ne m'él^ , dm pas sor les résultats matârielsdhine semblable érganiaa-^ tion politique. US sont sans terme, ils a'eipliqœnt d'eux->. mêmes. • ; •
Je m'étendrai moins encore sur la division territoriale et Ie> plus ou moins d'étendue des protectorats affectés k chaque puissance I c'est l'œuvre des congrès , c'est la combinaison discutée des intérêts et des convenances diverses. C'est ici que la question des compensations s'ouvrirait pour celles des puissances de l'Europe qui seraient moins favorisées dans le partage de ces protectorats, et que les bases de quelques nationalités de l'Europe pourraient être élargies et rectifiées selon les sympathies de mœurs ou les nécessités de frontières^ Un. système grand et utile une fois admis , il féconde tous lea autra systèmes^ Une vérité politique fait rnévitablemeot écloVe^d'autres mérités ; une. voie large et droite mène à tQua les lésuHW heureux et inattendus., • ^ '
Messieurs , il y a deili-droits quê tes siècles tour | tour ont TU prévaloir sur la terre. Le drolt-de forcé et de. conquête» droit férooB et barbare que je n'iuvoquelrai Jamais , droit brutal contre lequel toute civilisation a été fondée et se développe. Il y en a un autre non moins dominateur, non moins infaillible, mais plus moral et plus divin , c'est celui que j'invoque, c'est celui que le monde reconnaît à son insu, c'est cçlui qjoi
TOUS fera triompher sans combat et sans obstacle , c'est le droit de civilisation. • •
Je ne vous dirai donc point, renversez Tempireottoman, faite» place à la civilisation par le sabre! faites violence aux droits établis, aux nationalités, aux mœurs, aux lois, aux religions arriérées! A Dieu ne plaise, Messieurs; j'ai trop de foi dans, la prwidence , je respecte trop la destinée ! je sais trop combien-sonveut rhomme met sa faible raison à la place de la Miprènie raison des choses 1 liais |e vou» dirai : Attendez I. préparez-vous I odvrez vq^ conseils! et I$is9eài-y pénétrèr. ane . idée féconde, nne idée eivflisatriee, qiii tipottrera tét pa tard son beai^et'sonappiiMUonl Fondes la sriite iffi diilisatio»! • * Tteftes sont , Messieurs , les idée« que je désira'is semer dans COlfè discussion , et Ifner, toutes chaudes encore d'impressîoit et de vérité locale , à la sagesse de vos méditations. Je vous ai entretenus, à Tune de nos dernières séances, des résultats immenses et bienfaisants qu'une semblable politique aurait sur l'accroissement de l'espèce humaine et sur la civilisation morale et reliî];ieuse du monde. Vous comprenez auj(»urd'hui quels résultats cette union politique aurait pour l'Europe ellemême, et quelle nouvelle, vaste et légitime carrière elle ouvrirait aui- ambition s rivales des nations de l'occident, à la vie , au commeive , à l'industrie, à IHapatiente, activité de vos populations!
Regardez antôHr de Vous^ Messieurs f aonriliendesèsiffogrès àerveilleuk, la société gémitetseîplaini; quelque chose Itti manquev qu'élle demande aveuglement à la politique, à la
guerre , au travail , et que voiis ne pouvez hiï donner! Sa èivi- Usation croissante , ses lumières multipliées , son instriiction descendue plus bas^sonaf tivité excitée par des passions nouvelles , loi ont créé des besoins nouveaux , des besoins immenses, que son état présent ne [)eut satisfaire. Il lui faut deux choses , Messieurs : une morale que la lumière lui donnera ; vous travaillez, vous travaillerez plus encore à satisfaire à ce premier besoin des peuples ! îl lui en faut une autre, Messieurs; une sphère d'action plus large et plus proportionnée aux forces et aux ambitions que l'ioslmstiofl développe et développera
1 « lit ti 11
de|i1us en plus èn elle, un aMy e rt  8^ wftli§aUft«etiiiWL^ à sa. soif de travail et des richesses : des èofaniet^ -
Croyez-vous que si Ronie n'avait pas possédé le monde, si' elle n'avait pas répandu incessamment %uï Tiioiviers roniaîn^ comme une ruche trop pleine « sa sorabondéncè de forée, de ▼ie et d'action ; si elle n'avait pas eu des provinces à donner à fouvemer à^ ses démagogues , des terres à partager à ses vétérans, croyef-vous <|u'eile n'aurait pas péri cent fois déchirée par SCS propres mains? étouffée par son propre excès de vitalité et d'énergie? Elle le sentait, Messieurs, et son instinct fut la conquête.
L'Europe moderne est ce qu'était Rome! Son instinct est le travail et la civilisation; ins inct sublime, aussi supérieur à celui de Rome que notre morale de religion et de charité est supérieure à l'esclavage, droit.public de la barbarie. £h bien ! Messieurs, que l'Europe se compieoné elle-même» qu^ellç . colonise TAsie et l'Afriquê ; qu'elle se répande sùr, ces rivages déserts avec le superflu de son activité, avjeic ses nobles. paa-^ sions, avec sa'dvilisaâon'e^sareUcion progressives; qu'elle déborde sur ce^ régions désertes qu'une politique jalouse .est suicide voudrait Ivi interdire à jamais. Et vous. Messieurs» mettez-voosà la tète de cette sainte croisade d'èumanité» en nd optant Vidée qui ^erme déjà dan» tout l'Orient , et que je n'ai eu que Fhonneur d'appofter le premier devant voas.
}e finis , Messieurs, par une seule et dernière considération. Vous avez couvert les mern de vos vaisseaux , vous vous êtes soumis comtne toutes les nations européennes au droit humiliant de visite; vous avez sacrilîé presque vos colonies, poussés par cet instinct tout puissant d'humanité plus fort que les intérêts mêmes , et tout cela pour empêcher le tratic de quelques aaisérables noirs vendus à Ui tyrannie par la cupidité ; et quand il s'agit d'aflraochir une nftoitié du monde . de tarir à jamais la soui'ee même de 1 esclavage et de multiplier Ir'espèce humaine snr dea 'mages qui là dévdretit » héHlerieifV<Miat et UB pareil fésaHat ne sefiUwl |ms digae de ipie^nes géit^reoi. efforts?' •
DISCOUBS