‹ Vues, discours et articles sur la question d'OrientChapitre 2 sur 6 · A LA CHAMBRE B£S DÉPUTÉS · texte numérisé non relu

A LA CHAMBRE B£S DÉPUTÉS

Messieurs , le plus difficile dans des questiotis de cette nature, dans des questions qui embrassent l'universalité des intérêts combinés du monde politique , le plus difGcile , ce D*est pas de les résoudre , c'est de les bien poser. Je vais essayer de le faire, et si j'ai le bonheur d'y réussir, je croirai avoir beaucoup fait pour la discussion , beaucoup fait pour éclairer mon pays sur une de ces rares affaires qui dominent imi Qo siècle, et qui , selon qifpo Jes comprend ou qu'on les mécoDiiaK, nous donnent le pàB sur TEarope ou donnent à l'Europe le pas surnous. v . '

Si donc je retuçiJle ma pensée pèttr résumer les mei si diverses qoi viennent dë vous être présentées, je trouve qii*eU^ se réduisent à trois ou quatre systèmes' que je vais suççessivemént examiner ^ le système turc, le systènie arabe, «t enfln le système du statu quo, que j'appelterâis àyêo plus de raison le système russo>britaDniquc.

Le système turc, celui qui vous a été présenté avec tant de talent , tout à l'heure, par M. de Valmy , je le comprends : il est simple, loyal, conservateur en apparence ; c'est la tradition , c'est le droit , c'est la légitimité musulmane. Ce système serait le mien , si jo n'avais pas va de mes yeux «ttouc|i6de mes maÎDs le corps froid-et inerte de ^ce qu'on «ppeneencoie ici l'empire ottomaD.

Qaé vous disent les partisans de ce système? Des cheses jleinea de m»; et de logi<îne. Yons^ignei les débordements'de la Rnssie vérole BoaplioreY vers l'Asie,, vers la XnfqnieHl'Europe, mais n'avez-vons {hu, dans votre ancien ot édèle allié la tiirqoie , le contrepoids de la Bnssie, jé bonlfr- TOidnatnrel contre sos^ empiétements! Démolir on laisser dégrader la pnissânee ottomane , c'est détraire de vos propres mains la digue séculaire que la Providence a élevée contre l'ambition moscovite; c'est bien plus, c'est anéantir d'avance la possibilité de ces diversions puissantes qu'une armée turque ferait à votre profit sur les flancs des Russes, si jamais vous aviez à vous défendre contre eux en Occident. J'entends bien tout cela, je voudrais que cela fût vrai. Qui de nous, préoccupés , trop préoccupés que nous sommes des gigantesques proportions de la B^ie, ne voudrait pouvoir penser 'que noo8 atons, au besoin ^jceotre eUe , une flotte ottomaue < éàn» la mer Nbire et une armée de cinq cent mille Turcs ^r les Balkans et dans les {Nnncipantés tNona rendqns'tons

laliatne de lacfolx etdncïbissant n'est plus qn'nne métaphord ; les na^Nis ne ^'associent plus par dogmes , mais par analogie d'intérêts politiques. Nous serions iesUdèles alKéa ,.]èâ'rieux

amis des Turcs; mais qaand il s'agit de baser an système politique sur une alliance, encore faut-il savoir si l'allié existe, si l'on va s'allier avec une réalité ou avec une fiction !

Or , je m'afflige de vous le dire ; mais tout l'Orient vous le dira avec moi , mais je vais malheureusement vous le démontrer tout à l'heure; il n'y a plus de Turquie, il n'y a plus . d'empire ottoman que dans les fictions diplomatiques ; fictions : qu'on proclame tout haut et qu'on méprise et qu'on yiole et -qu'on dégrade^ soi-^méme en tonte occasion. Ool^' Voqb-

mêmes, ne déclarez - voas pas en cet instant même que si le grand-seigneur fait sortir sa flotte pour atteindre un pacha rebelle, vous allez poursuivre, avec les Anglais , cet o (lotte du grand-sei^iieur, et porter atteinte à sa liberté, au plis-, «acre de ses droits, h son droit de défendre son empire t

Non , l'empire ottoman n'existe ptos que de bm. D'oîi est vende ceite rapide décadence? (^.e n'est pas une question iie ^ trilMne, e'Mtnne question de phtloiopliie. Tout au plus peatm dnre i|ee tout peti^ foi «'a |loar primripe d'eiisteiMé ^*uA é0f^ TdigieQz tA cenéamaé à périr ï&rasitm use éogiÉe s'aijiribMt at «'éMoi éimi ffesxrajvnoBS. Le |»klcipe jaMonan, e^élail ie ft n rtiw iie> %m eiMem -a étéMUaati^ loole pafMiile , mis œiirte comme le fanatime d'oA .^Me frecéMt

i'ekttends bien qUe ireiHi ne dHes : Uns veas efTacei

Irai rement de la cnrte un empire de 60,000 lieues carrées? Mais moi je vous réj^^onds : Ce n'est pas moi qui l'elface; c'est vous qui l'avez laissé, qui l'ave/ aidé à s'effacer de jour en jour et à se réduire à de si inesq'unes proportions que son existenre est devenue un problème que l'on discute aujourd'hui a toutes les tribunes. Voyons! moiHrei-aous cet eiii|iire si vaste, si vivant, si fort , selon vous! ' '

Est-ce l'empire ottoman que la Crimée et les borda de )a mer. Noire couverts des «nveineals et des établisseiiieots rasses? E^t-ce l'empire ottoman qiie k Valachie ètla MoldÉvfB «acbatnée» diMié te fMroteelorat .nisse et où an sofdht tùh. pèsent mettre ie iiled? EstHrei rempire^oam .<|«e la Servie qui a-défoit trob fotl les armées turq4i(^ et qui fr9ndit ^njeurd'faiii'fiodr. là Kbi^rté, son» Qlie coi|Blitttti«B ëbéràle et sons soi^ iHiiatre chef, lé jprUicè MHosh, le Wa^ hfngtoD dé rOflèntt Bst-cè l'enq^ ettoaian «^ ees quatre millions de Bulgares, que ces Grecs d'Épire et de Macédoine, que ce Péloponèse , que ces îles déchirées par vous-mêmes de la carte turque / Eniin, Chypre avec sa population chrétienne de qii^irante mille âmes et soixante Turc< de garnison ; la S} rie avec ses iiinouibrobles diversités de races, l'Égypte, Candie, l'Arabie, la mer Kouge, Alger, Tunis, Tripoli : eât-ce k i'empire oUofBao? « tout oela^l^ tiéfiAqiierde^aéa-

mipation turque, c'est-à-dire les trois quarts de l'empire. Qae reste-t-il? Constantinople! Constanlinople pressé d'un côté entre l'embouchure de la mer Noire, par où les Russes débouchent à toute heure, et l'embouchure des Dardanelles, par où les flottes anglaises et françaises peuvent à cliaque instant déboucher; une capitale sans cesse assiégée, voilà l'empire ottoman. Et dans cette capitale ouverte de toutes parts, un empereur héroïque, mais impuissant , «ootemplani lei ioso- -ieates intrigues qui se partagent d'avtoceMft puissance. Ce iOBi les -dernières scènes de llempire grec , reMÎivelèes 4 la dmte-de remiNre- de Mahmet Voilà la fèoHùm m ktfmi voui voBlei qtpuyéi: v«l^ poli|î(|oel VolUi' ce oolosie doit, selon voipft, supporter le poids de la fsmm ! Pateoos ^te aa i^stèae arabOè ^*eiaioiiwi»4e avee Ja même linoi^ tUé. •

L'honorable M. de Carné vous dit : Oui , l'empire turc penche vers sa ruine ; mais les grands hommes et les races énergiques et neuves retrempent et rajeunissent quelquefois les empires. Eh bien ! voilà le pacha d'É^yptc qui ressuscite l'Arabie. C'est un esclave révolté. Qu'importe ! l'Orient n'a pas d'autre légitimité. Il a fait des miracles. C'est le missionnaire de la civilisation en Orient. Maître de l'Egypte, de l'Arabie entière, de la Syrie, si vous ne l'aviez pas arrêté vous-mêmes à Kutaya , un pas de plus et il était sur le fioapliore 9 et GoBSUHttinople «BgH>utissait la race, <l'Osman et naauiivrfiit uù . troifièaie. empiji^ fib bien i laisse»^ le- faéra àojoord'biil, détouràei les xenji MwtoaMiit ;'eo vingt toarebes il .'eat àu léfiîl. llébémet et Ibfahiai raisi^rreront dansieurs

nains éoargiques tes populatioASMBQlUes delà Tarqiiie. La. Rûssieawa |iq contrepoids réel, l'Europe doriura trafujuille. L*empire arabe remplira le. ffi6le /que remptce turc a léioé

échapper. Voilà un système faardi , conséquent, spécieux. Permettez-moi de l'approloudir en quelques mots.

• On se trompe toujours quand on prend pour base d'un raisonnement les analogies etitre l'Orient et l'Occ idcnt. Ouand un grand homme sur^^it en Occident, il est toujours plus ou moins le produit, l'expression du peuple qu'il gouverne ; il y

> rapport entre £qu siècl^ ;et lui. ▲ aiesi^ ifu'*! «conquiert il

organise, à mosure qu'il crée il consolide, il s'entoure d'institutions, en un mot il fonde quelque chose qui doit durer ^près lui. £d Orient, au contraire, comme il n'y a ni institu* tioiiff ni'Riœurs politiques, mais seulement un maître et des ^^esdavcs, un grand bomme n'est qu'une grande individualité, •on phénomène, uii météore qui brille un moment dan» la *tHiit d'une bartiarie monotone, qui fait de grandes choses avec ■ la force des milliers de bras dont il dispose, mais qdi n'élève 'snllement le niveau dé son peuple jnsqa'à loi , 40! ne fonde TienV ni dynastie solide, ni Institutions, ni législation, et qui, ten mourant , replie pour ainsi dire tout son génie après lui , comme il replie sa tente, laissant la place aussi vide , aussi nue, aussi ravagée qu'avant lui. Voilà précisément pourquoi le système arabe est une brillante chimère qui tron^pera tous ses partisans. " ' '

Certes, Méhémet-Ali et Ibrahim sont deux hommes à immenses proportions. Méhémet-Ali est un administrateur à la manière du pays, c'est-à-dire.un homme qui pressure ses populalions jusqu'au désespoir, et qui lour Tait rendre tout l'or qu'elles ont dans leurs sueurs et tout le sang qu'elles ont dans les veines. Ibrahim est un héros. Il n'y à pas d'autre ntm pour lui« L'Occident n'a pas vu uu soldat plus intrépide, plus^généreux, plus né pour la vfctofre. Il aspire' la guerre. Il «ait la faire ; oùvreE-lur le rbonde. Il ira jusqu'au bout. Je ne ^outepas qu^il ne fût'è Gonstantinople avant deux mdis. H est de la raCjs de ces hommes qui ne s'arrétént qUé quand ils foml)ent comme Alétandre ou (reiigiskhan.

Mais Méhémet est vieux, mais Ibrahim est d'une 'santé chancelante et usée par la guerre, mais Ibrahim n'est pas fils de Méhémot-x\li. Il n'est que le fils d'une femme qu'a épousé jadis Méhémet; il n'a aucun droit à son héritage. Méhémet n'a point de fils; il n'a que des petits-fils cîi bas Age. L'Éi;ypte n'a aucune de ces conditions, de ces institutions qui garantissent l'hérédité , la transmission , la fixité d'un pouvoir. Dans un tel état de chose», on vous Ta dit , la^ort de Méhémet sera le signal d'une guerre civile ou d'ufi démembrement de l'Égypte et de la Syrie. Qu'est-ce qtt'09 empire fondé dans de* pareilles conditions, au profit d'un vieillard de

soixante-treize ans, dont les ^isseDsions intestines yont déchirer le manteau ?

On vous parle de l'unité arabe ; mais où la voit-on ? Qu'estce qui la composerait dans le cas du triomphe d'Ibrahim? Sont-ce les Ëthiopiéns qui forment le fond de Tarmée égyptienne? les Bédouins du désert, on les Bédouins plus iDci?ilisables de la Palestine? Soiilroe les Drazes iddâtFes et enneiiils «erés des Musnlmaiisî les Maronites èatholiqnes/qnl , soos la domination de Témir Beschir, sonverab da Liban » regretientles Tmcs et exècrent là. Égyptiens? Sont-ce les Grecs , dont Ibrahim^ a massacré les frères en Morée ? Enfin serait-ce Tnrcs soumis , mais firémissants? Latinité arabe est nne chimère, et ces deux empires seraient composés d'agglomérations aussi incohérentes et aussi antipathiques. Votre empire arabe aurait tous les vices de l'empire ottoman, avec la légitimité de moins ; il ne subsisterait pas un jour au-delà de la terreur qui l'aurait fondé.

De ces deux systèmes également jugés , également impraticables, également mauvais, y a-t-il possibilité, en les associant ensemble, d'en faire un bon 7 Évidemment, non. £h bien! voilà cependant ce qa*on vous propose. Ce qu*on vous tNTopc^, c'est mi mélange absurde et inconséquent dti système turc et da «ystème arabe, c'^t-à-dirO' on soi-disant statu qùo préconisé par TAngleterre, et qni se maintiendrait ainsi, par vps.<ffort8 continus, au profit de la seule Angleterre. / Ikessieûrs, ne vous y trompez pas ! je ne viens pas déclamer des banalités usées contre TA^gleterre ; j'honore l'Angleterre comme uncnatlon qui honoré Thuniianité et qiâ civilise tout ce qn*eNê conquiert. L'alliance anglaise n'a pas de partisan . plus avoué que moi ; je m'expliquerai tout à l'heure à cet égard. Mais examinons ce que c'est que ce statu qno, qu'il faut j nous dit-on , maintenir à tout prix avec et pour l'Angleterre. Un honorable préopinant Ta déjà fait; je ne m'étendrai pas après Ini.

Je comprends le système du statu qvo pour l'intérêt de l'empire ottoman avant te traité de iTlh , avant le traité de 1792; je le comprends encore après 1813. Je le comprends ' ienfin avant ranéantisaement de la nnrioe turque.àTiIava|rin«

cet acte de déinem;e nationale de la France et de rAngleterre

au profit de In Ru*sie ; mais, après Tusurpation de la Crimée, le protectorat russe on N alacliie et en Moldavie, mais après l'occupation et l'émaiicipalion de la (irèce par vos troupes, et les millions de subsides que vous allez encore payer demain à son indépendance ; mais après l'asservissement de la mer Noire aux Russes et la création de Sébastopol , d'où les flottes russes sont en vin^^t-qualre heures à Constantinople ; mais après te traité d'Andrinople, d'Unkiar-lskekssi, de Kutaya, et le démcmbrémeiit de U moitié méridionale jde TeiQpire jMir Aiéhémet et par yous qui le protégez > le statu quo , permeUc^-fDoi de le dite* est npe déri^iop comparable à L'extoleiH^ dérîtoto d*iiîie prétendue nationalité polonaise. Quoi! TOUS ailei amier pour le si»iu quo de l'empire turc 1 qu^importe, dites-vous, à (a sûrelé de l'Europe; et cé.^a/tefno, e'eist le démembrement, Veiiéantissement , Tagoole de i'evpire que vous prétendez vouloir releverl Soyei donc conséquents! si la Tur(|uie vous importe, comme vous le dites, allez donc au se(W3iirs , non pas de la révolte établie eti Syrie, mais an secours de la lé^jitimilé impériale à Constantinople! Prêtez vos conseils, vos ingénieurs, vos officiers vos flottes aux gériéreux efforts de riiéroïqne Mahmoud pour civiliser son peuple; aidez-le à écrai»er Ibrahim, à ressaisir l'Égypte et toutes ces parties mortes de son empire qui s'en détachent de toutes parts. Relaites la Turquie légale, la Turquie complète, la Turquie de 1790. Là au' moins vous serez conséqùent^vec Tpus-ménies, Et qjai saitl peut-étîre réussireî-vous à recrier po^r un dèmirsîèole un fanliôme iiftposant d*effipire. Ce n'est pas la yajoot)§\ ce ii*est pas le courage, c'est là fortune ^pii manque à Màhmnud. Il n'y a pas d^ns TbiiUoir^du sultan nne pa^e plus glorieuse que sa lutte avec les' janissaire^ et la victoire qu'il a remportée sur eux. Avec un pareil homme et l'appui sincère et éntjrjiique de l'Autriche, de ia Fraix e et de l'Aiigleterre, une tentative de résurrectior» «les OU' inans serait chanceuse, mais au moins elle ne serait p«s à mépriser.

Au lieu de cclii, que vous dit-on? Armez pour le stalu (/m; unissez vos Hottes à celles des An^^lais pour em|)ècher le j^d-seign£^ de tenter de recouvrer ^ meilleures pro*

VkM^ sar son pa^ha rebelle. Savez-vous œ que cel«i vent dire ? Cela veut dire : Dépensez l'or, le sang et le temps tle la France pour maintenir, quoi? la Turquie d'Europe et CamlantiRople sous la main de la Bussie, la Turquie d'Asie sous le sabr« d'IbriiliîHi et sous l'usurpation de Méhéinet! Cela ?eui dire« «tt é'êuUeê termes : Faites la guerre à ia IN)rte, à la Russie; pourquoi? pour moinleiiif l'asservissement de Ja iiéditorraiiée à l' Angleterre » pour' <|it6 .rîea n'inquiète sa yyisiiaee «1 soa aenapola onrUine; pour «oe Gitmitar» Malte, Gorfott, et bieotAt peut-être Candie et r£gypte xesieol . la propriété de rAttiteterre^ €t4|iio VXi^jiieUm^ maîtresse des eBÎboiidram dv NU et de la mer Bouge, possède sealejet aaos riimle tMtaa lea grande^ staiioiip de sa route des kidea, où vous aorest vous , le plaisir c|e voir passer le moaopola de 1^ ni vers.

Oui, certes , l'Angleterre vous devra des remerciements f^wif un pareil système; mais la France vous en devra-t-eile?

Expliquons-nous franchement. On nous lait ju ur de la Kussie, tantôt en Occident, tantôt en Oricril , s( lou le sophisme du moment. Je conviens qu'une puissance qui compte soixante millions de sujets, et qui peut armer un millioQ d'hommes, si elle faisait un pas de plus vers nous, ferait à tM>n droit trembler l Occident. Mais d'abord ce colosse t^'a-t-il pas des pieds d'argile? Est-il homogène? est-U civiJi^ à lood^ Aieo de cela. Messieurs. La ftus|ie s'est formée ;i »'est aeçrijM trop Yîçk^ -Eschyle dit que le lemps ne respecte 4|ae les ohf>ses où il a eu sa |iart^ Le tempa D'à pas eu sa part;dao8 k formation 4e là fiossle ; le broaie «.couilé trcf vîté ; il ^'tsl iB^au saJMe^k statmaç brisera^

Mais à «opposerque la Russie anbsiste et a*assiml1e tant de pop ulaiiORS diverses, est-ce vers rOccideiU qu'elle penche? viendra-t-elle affronter la Suùde, l'Antriche, la Prusse, toute TAllemagne, l'Angleterre, et enfin la 1 ratice, qui, à elle seule, mettrait un million de soldats dans cetle croisiidc ? Or, . les peuples sont comme les fleuves ; ils prennent leur uiv au , , ils s écoulent du côté qui leur offre le moins de rési>tance. La pente russe est vers l'Asie. Là, la.facililé de k4)0B^uéteiel ie» 4:oA(oriiiitéa niliieittes 4m. pp^julatkNM freoqaes l*afipol-

lent. Il faut oser le dire : on n'arrêtera pas plus le cours de la Russie vers ce but , qu'on n'arrêtera les courants de la mer Noire vers le Bosphore. C'est un fait géo*n*aphique, la politique n'y peut rien. La Russie retrempera un jour les nations chrétiennes asiatiques. Toutes les fois, que to^s YoyeE un grand vide sur la terre, et à cOté an grand peuple pour le eombler, vous ponvez prophétiser qne ce vide se comblerà. Je sab 40e la Rossie n'ést pas pressée. On n'est }ainaîs pressé de saisir <je qni né peot noasiéehapper ; rien n'est patient comme niiie certitude.

Tons b'avez donc rien à craindre de là Russie en Occidenij mais son débordement en Asie serait-Il aussi foneste qu'on Yons le représente î Ooî, sans doute, si elle l'opérait malgré TOUS, et en rompnnt l'équilibre du monde ; mais si elle l'opère avec vous, avec l'Europe, avec les compensations qui assurent pour tous un nouvel et plus large équilibre, j'oserai dire le premier ma pensée tout entière, ce fait serait le plus heureux ' pour l'humanité et pour vous qui pût se réaliser dans le monde.

* Car, l'empire ottoman une fois disloqué, les nombreuses nationalités européennes et asiatiques qu'il étouffe sous son poids inerte reprendraient à l'instant même la vie et l'activité. Vous auriez avant vingt ans des million» d'hommes de plus sur tous les rivages de la Méditeri^qée pour airmentér vos roanufactnres, vivifier votrâs. marine, adopter votl« cîvilfsationi La Iféditerranée deviendrait fe laç français et le grand, chemin deâ^denx mondes. Yoilà ce qoe la Providence met dans vos mains si vous savez vôir et comprendre; et vons sacrifieilex font cela à la jalouse inquiétude de l'An^eterre?

Messieurs, je le répète, je veux l'alliance anglaise ; mais Je la veux à des conditions d'honneur et d'égalité. Voici comment je comprends la question des alliances pour mon pays. Vous jugerez si je m'égare/ ' * •

La France a une double nature; je me trompe, elle a une triple nature. Elle est puissance maritime, elle est puissance continentale, enûn elle est puissance révolutionnaire. J'entends ici le mot révojutioD dans son bon sens, dans son sens

" conservateur et légitime, dans le Sens de réforme politique et i^ieuse de 1789.- Gommé puissancé marittiiie, la France 0sl

rivale de V Angleterre. Comme puissance continentale , la France est tantôt amie, tantôt ennemie de l'Angleterre, selon les occurrences ; mais, en ce moment, et pour longtemps, la prépondérance de la Russie sur le contineiit GommaQde à l'ADgieterre de s'aUier à nous. Enfin, la France, comme puisnnoe fAsyctaUiNiiiairè el ceDStltattoiuielie , est fméinent ralliéè de TAngleteRe ; car l'AngleteiTe el la France ont à Intter enaemble contre fespritdes vieille^ iQ$titiitioii84.conUre la réaction des monarchies absolues. Ce sont les deux, puissances qui ont l'initiatif e de ton» les progrès dans le mondie» Si elles SO: di?isent, la liberté et la dvllàation peuvent succomber. : "

Pertonne mieux que moi ne comprend donc Theureuse nécessité de Tailiance anglaise ; car je place les intérêts de la civilisation et de la liberté bien au-desbus d'une question d'agrandissement de frontières.

Que s'ensuit-il? Messieurs, que, sous le rapport social et politique, comme sous le point de vue continental, nous devons resserrer l'alliance anglaise ; mais que, sous le point de vue industriel et^maritime, notre alliance avecl*Apgleterre ne doU ÔIre ni sans réserves, ni sans prudence, ni sans condiHQaw

£b bien! ces principes .gouvernent tonte notre conduite dans la question orientale. Ne trabissona pas FAngleterre,. n'abandonnons pas l'Anglet^« ne vendons pas l'Orient 4inx Russes contré l'Angleterre ; ne passons pas brutalement ^Ane . alliance anglaise de principes à une alliance russe de circon^ staOces. Le monde y perdrait peut-être toutes ses libertés, tous ses progrès moraux à venir. Ne soyons, dans la question d'Orient, ni Russes ni Anglais. Détourner les yeux de la Turquie et rester neutres, c'est être neutres ; suivre l'Angleterre et combattre avec elle pour le statu quo misérable et absurde qu'on vous propose de défendre, c'est être Anglais. La politique de la France doit être toute autre; elle doit être française, elle dpi t être européenne. Son système, c'est le système européen ; c'est l'équilibre maintenu par l'Autriche et par elle dans l'Orient comme dMis l'Occident ; non pas ce chancelant ^t faux équilibre qiii repioise.siijoîifd'hBi sur cette fiction d'em- . pire àGonstaatinbple, équIHI^ qnt nTest au fond que la doml-

BiKoii fwe en Orient, sous le nom de Mahmoqd, sans cook pensatioB, Mnssûreté, sans avettir pour nous, mais un équilibre fondé f«r une part égale d'infliienee el de territoire attribuée dès anjottrd'boi en Orient aui quatre grandes |MilMime9'(|iil y oui droit et iotéM, le Rossie, l!Aiil#ietie, le Frwee et l'A»^ glelem. Veifà le système que fafipellele système eeeMenàil. Ne presses pas lé dénoeeiiiéet, ne pousseï pés mix setastropàes, mais ne les erai^hez pas.

Ce système sefil à' tons, Messi^iirs, et si, eemme oliTâi»nenêe, les événements se pressent et se caractérisent en Orient; caraetéri^ez votre système avec eux.

Un congrès, si vous en avez le temps, où vous négocierez d'après ces bases; et ciatïs le cas où le temps ne serait plus à TOUS, refusez-vous énergiquement attaquer la flotte du sultan, mais prenez immétiiatemefit en Orient une de ces positions maritimes et militaires comme l'Angleterre en possède à Malte, eonune la Russie en a une dans la mer Noire ; saisisses proviseîreineni un ^ai^e d'influence et de force dont TOBS pbissiei dominer ou la négociation ou les événements; SQVf enéz-vous d' Ancône ! Je n'en dirai pas- davantage.

Oui, Aiessiettrs; la tribune ne eompoite pas «Mt diplomatie a« igra)»jl jour dans d^ questions si rives, le m'arrèle, f id snlB oamman t îndtqôé ma penséeetceHe'qoi, selon mot, doit ètieceMed'an cabinet prévoyant. Cestàu gouvernement, non peint à patier, je ne le Itti demande pas, ses paroles ne poof^ laiéM que le eômpromettre, mais c'est au gouvernement è piévoir, i n '«gociér et peut-être à agir. Mais permettez-moi, en flnissanU le répondre à ceu\ qui s'inquiètent ou s'affligent de voir troubler, par l'explosion actuelle ou prochaine de la question «l'Orient, la sécurité cbancelante et fausse de ce stdtm ; guo qu'ils voudraient éterniser. Ahî loin de moi ui»e pareille et si puérile anxiété! Kien loin de nous affliger, bien loin de nous alarmer si l'Orient éclate, félicitonsHious en. Je ne stiis pas an révokUionnabre , un aventurier politique pour mon pays, je suis conservateor de ce qui mérite d'être con ser vé; mais je suis xlévosé, avant toni, à hi (cmnde ét sainte cause éBia eivilisatito et de» prégrès de IThiiaiaiillé; eh bie»! je le iéiisBs sens cnént*4'èàre étoéiÉi far Ise éuènamMlik li

France, T^nrope, TAsie, la civilisation, fhumanité, ont tout à gaji^iier à ce que !*Orient éclate enfin et nous appelle tous dans la carrière de Finconnu. Le premier coup de canon qui retentira sur r£apbrate ne sera pas le canon de détresse, mats ce sera le tocsin qui appeltera de nombreuses populations à lu liberté, à h vie, à l'organisation, à l'industrie, et qui appelterft la France à une sphère d*kclion digne de nous.

liil ne poorraisje pas dire aox poliHqnes.qnPs'fitqnfèteiit et qni vénient maintenir à tent prte le statut eû mms végé* tons : Étes-voDS donc si tranquilles snr vôtre situation tntérieure, que vous craignex tant qu'on la remiieîlfaiS regarder donc autour' de vous; roah regardéi, dbfic à qoelqaes année» en avant de vous! Oè en sommes-nous? b* allons-nous? Dans quelles situations sans issue nous retournons-nous depuis deux ou trois ans? Quelles montagnes de difficultés ajournées ne s'accumulent pas sur notre route? La confiance renaît-elle dans les cœurs? respectons-nous six mois ce i\iie nous avons nous-mêmes voulu et créé? Le pouvoir pousse-t-il des racines? La démocratie, notre seul élément, prend-elle un esprit public et des mœurs gouvernementales? S'organise-t-elle? se modère t-elle? se donne-t elle à elle-môme ses conditions vitales de puissance et de durée? Y a-t-i' enfin un horiion pour quelqu'un dans notre ténëb,renx avenir politique^ Non i tout tremble dans le sot, et' les ^énérattona qui se- pressent viennent ajouter chaque année un flot nouveau A Pocéen d*agltattdn et de dotite qui' liiienace d*engl6utif non pas seulement les goifvernants, mais la société I

Eh bien ! à tout cela s'il y a un remède. Messieurs, il n'y en a qu'un, un remède héroïque, le remède des'grànds hommes aux prises avec l'impossible : un soudain et hardi déplacement des questions mal posées, une puissante diversion nationale imprimée aux esprits qui se pervertissent dans l'inaction, une impulsion forte et longue vers les grandes entreprises au dehors. * ^

Notre salut n'est plus aujourd'hui que là ; il y a lon{itemp8 que je vous le dis. Nous manquons d'air. Donnez-nous-en, donnez-en à la France qui étouffe, dans le^traité de Vienne. Voilà pourquoi j*ai le premier proclamé ici la nécessité d'un

eiercice de hotre légitime infiomice dans la.PéiiiDsalet ToBà pourquoi je eoDjnre'le gonvenièmeot et ]adu«Dbred*ae€epter avec joie la tiéceflsité heoiéiue d'une interveotloD plus large et plus sociale encore en Orient Emploi des.foreeé «nrabon-^ daotes de nos esprits inquiets, création d'une armée nombreuse et occupée, recon^tntion d*une marine; diplomatie^ colonisations , administrations , personnel immense à jeter dans toutes les carrières, attention du pays portée et soutenue sur le long drame que notre politique jouera dans la Méditerranée, forces productives et industrielles alimentées, excitées par une consommation incalculable dans l'Orient régénéré. Tout est là, si vous savez comprendre et si vous osez vouloir. Mais si vous suivez le système immobile qu'on tous conseille» si vous ne savez ni voir, ni prévoir, ni vouloir; si vous n^mquez l'occasion de la Providence, ne vous en pr^ei qu'à vous; la France se consumera, s'amoindrira; périra peut-être dans les convubions stériles d'une démocratie qui asu vaincre et qui ne sait rien organiser; les plus magnifiques contrées de l'Europe et de l'Asie resteront à l'Inertie et aux déserts, et lai^ostérité n'aura que de la pitié pour une époque, pour un corps politique composé de l'élite d*une.grande nation» et qui n'aura voulu voir, dans une question qui renfermait * le remaniement de 1815, le remaniement de TAsie et peutêtre de l'Europe, qu'un holocauste à la Russie et un hommage à l'alliance ingrate de l'Angleterre.

Je voterai selon les paroles du Ministre, mais jamais pour le statu nuo*

RÉPLIQUE A M. OOIiON. MRROT; ;

. tfJLm LA Mftm'sÉAirç^.

Je m'atteD^ais au soulèvement de diverse nature que susciterait moo opiniOD^dans ce grand débat. C'est le sort de tout homme qui se dévoue à la manifestation de ce qu'il crdil une vérité utile à son paya et à l'humanité* J'y étais résigné d'avance, et je ne serais pas digne'de monter à cette tribnne, si je ne savais pas supporter quelcpie chose pour ma Qpnviotfon.

le ne répondrai que peu de mots à !*honoMl>le préopinant, et je me bornerai à rétablir îa question qu'il a faussée entièrément en ce qui mé concerne.

Non, je n'ai pas appelé témérairement, knprudemraent, immoralement, mon payji à un partage inique, violent, criminel, d'un empire subsistant encore, et assis, comme tous les empires, sur les bases sacrées du droit public européen. Rien de semblable n'est sorti ici de ma bouche. J'ai dit que l'empire ottoman n'existait plus complet, réel et efficace, dans le sens qu'on lui donnait autrefois en politique, c'est-àdire comme boulevard , comme barrière suffisante à l'ambition et au débordement moscovite, et je le maintiens; et vos inquiétudes et ce débat môme me le proiivent. ,

J'ai dit que derrière cette fiction d'empire ottoman, il se cachait une autre puissance visit^le aux Tegards les mbins pénétrants ; j'ai dit que h Russie. était masquée, systématiquement masquée derrière ce fantôme d'empire, qu'elle laissé subsister de droite en le r^mplaçant.de fait à Constantlnople ; j'ai dit que derrière cette ombre d'empire ottoman se déguisaièiil mal des desseins profonds d'envahissement, qui attendaient patiemment mais persévéramment Theure opportune pour se montrera découvert, et que cette* heure serait celle [ainsi que le disait tout à l'heure, avec son gran^^

sens, l'honorable M. Dupin) où l'Europe préoccupée par une question, par une collision, par une lutte, ou de principe ou de territoire , détoiil'herait ud seul instant ses regards du drame qui se préparait sur le Bosphore. Voilà ce que j'ai dit , et ces . mots doivent limiter ma ptnile coHugie ils ont lin^té ma pensée.

DanS' cette pe'n^e, uo $Mn quo laissant, subsister tons ces périls était funeste aux intérêts et à la sécurité même 4e la France.

Comment Thonorable 11. Barrot interprète-t-il tout cela? h dit que c'est là une pensée aventureuse, anti-^patrlotique , immorale. C'est à ce dernier mot surtout, je Vavoue, que j'ai

été sensible: je devais Télre, surtout (|uand ce mut était prononcé par un orateur au carat tère de qui personne ne rend plus de justice que moi, dont je ne partage pas toujours les opinions, sans doute, mais qui s'est montré en toute circonstance le di[;ne organe de la moralité du parti qu'il exprime.

Cette pensée est innnorale I Messieurs ; et en quoi donc la pensée de prémunir son pays contre des éventualités menaçantes a-t-elle jamais mérité cette épilbète? En écoutant le préopinant parler de la moralité du statu quo à Fugard de la Turquie, je n'ai pu, je Taboue, ra'empôcher de me rappeler à la mémoire ce mot sublime d'un de nos grands écrivains, t^ascal disait : « Vérité qu'une montagne ou qu'un fleuve borne! vérité àù-delà des Pyrénées, erireur enndeçà! » Eh bien.1 ce que Pascal disait (|e la vérité, je me le disais tout bas éh moi-même de la prétendue moralité de l'Europe envers la iTurquiè depuis vingt-cinq ans. , '

Où s'aitète, où commence votre moralilé prétendue, qui ïéspecte, qui doit garder les frontières de tous les empires? fest-re à la Crimée? est-ce à Varna? est-ce à Andriiiople? est-ce à Navarin, où vous anéantissez sa marine? est-ce à Kutaya enfm , où vous radiiez avec la plume de voire !li[)lomatie les limites écrites sur le sol par le sabre d'un esclave révolté? Tout cela, la Fraïu e et l'Kurope l'ont trouvé moral contre la Turquie ; et quand elles ont eu déchiré la Valachie, la Moldavie, la Servie, la (irèce, l'Égypte et la Syrie de l'empire , alors. elles s'aperçoivent tardivement de.l^ur fau^, et,

€oiiime niCBonUe- M. elles •'Moit: Ce 8o»l te

pierres tombées d'éHes^nèmes. Elles sont tombées, il estmi, dans la raaiii de la Rmi». Mai» a^ assez d'uninoralité

comme cela. Arrêtons-nous, et proclamons rinviolabilité de ces ruines. Messieurs, \ oiia le cdté moral de la question ; vous l'apprécierez.

Mais nous, mais moi, ai-je jamais dit à cette tribune: Poussez aux catastrophes, laites crouler des pierres de plus de ce monument qui s'écroule? Non, jamais! j'ai dit: Ne poussez pas aux catastrophes, mais ne les craignez pas ; et si jamais , indépendant de vous , sans complicité de votre pari, l'empire de CoDstaalinople toaabe en kimbe^Mis ét ouvreuse succession en Asie elea lËiirope, aoyaz |Nrèts, ayez des positioDsVayei des attianaes, et em^w-voiû d'ivanced'uii riMe dans, ce graad drame de l'Orient renotivelé.

Mai» eéla est-il coapablet eek asl41 téaéiiira ? U tém^ ritè, aô contraire , n'eat-ce pas le^tlste^o ? p'asi-ca paa 4e rester les bras croisés., A attendre ^e le hasard jenl décide, - quand ,4)ar la poaitîoii de la Russie et par la posîtîoo deTAâgleterre, vona arex la ciBrUtode qae tous les haaards setont contre vous? *- ^

Et , dans ce cas , y aurait^l donc si grande audaco à nous de prendre notre part d'intluence et de position terriforiales en Orient? ' ' '

Mais j'irai plus loin, et je dirai à Thonorabie préopinant : îi'y a-t-il pas un sentiment au-dessus du patriotisme luimême, le sentiment du développement de l'humanité? Eh bien I faudrait-il donc pleurer des larmes de sang si cette hypothèse si; réalisait plus ou^ moins prochainement? iiépondëa 1 serait-ce là au fond une si déploirable calamité pour Vmpèce humaine? Osez-vt)uil le dire ?

' Yeus^ ModSiedr, qui ne eipoyez. pas au droit div^n des loii-, CMfQ^Qu^daoc an droit divin 4e la Wharie^ .

Groyei^voua' diooo au dirait divin da feadava^e, <da\la polyipamie, de falmitissement jMmÊe partie «lea races hiur mainest

Eh bienI quelles que soien) les^rerlos individuelles que je me plais iieoimnattïe et4 proclamer dans la vieille race ptto-

— sa —

mane, n*y a-t-il pas un pea de tout cela dans sa domipatioD

HesBieon, je ne Teai pas prolonger davantage ce débéi terminé. Toos les ayrtèmes qne je combats « même eeliîi du préopinant « se résument à son insu dans le statu quù. Oni , rhonoraUe oratéar, dans nn sentiment que je ne puis m'empécher d*honorer, car il ressemble à du patriotisme...

Messieurs, ne vous y trompez pas, ces paroles sout loin de vouloir inculper le patriotisme du préopinant (1).

Mon expression est impropre, je le reconnais. Quand j'ai dit un sentiment qui ressemble à du patriotisme , j'ai youlu faire allusion aux choses et non à l'homme. Il sait trop combien je l'honore pour ne l'avoir pas ainsi compris lui-même.

M. Odilon Barrot avait dit: Si la Russie veut affecter le monopole du lîosphore, appelons-en immédiatement aux armes, et faisons seuls la guerre pour la question du Bosphoire à la Russie. Messieurs, selon moi, cela serait lia bien .foaietbien aveugle patriotisme. L'honorable membre ne me trouvera jamais en arriére de lui toutes les fois qu'il s'agira d'un intérêt du pajs, assez vaste, assez légitime pour motiver la guerre, etqnand Faction sera en rapî^Qrt %vec les sacrifices; / lliis qae la France déclare la ^erre à la Russie , seule , et

pour Âi i|uestion do libre passage dans la mer Noire, janiais je ne le consieiiRerai. ' . ' >

th ! Messieurs «.vous êtes^vous jamais rendu compte dé ce que c'est que la guerre pour la France, et de ce que c'est que la guerre pour l'Angleterre dans une question maritime? Avez-vous envisagé les différences? La guerre de l'Angleterre avec la Russie, qu'est-ce que c'est au fond pour la puissance britannique? Quelques rencontres de flottes à force supérieure , quelques blocus dans la Méditerranée , quelques monopoles commerciaux de plus saisis par l'Angleterre sur les mers : voilà tout. Mais pour la France , puissance continentale, la guerre avec la Russie, c'est le poids d'un empire de soixante miUions^d'bpmmcs , c'est le poids de r£urppe à supporter 1 Cela se compare-t-ii?

' (1) <tf. Odilon Barroi: J'accepte YOlonUers rezpre»8i9n de Torfleur, dans l'acoepUon qu'il loi dalMl«.' ...

Noô, Messieurs, ce ii*est[msdela politique, c'est de ramonr'propre national. Il faut qu'il anime et non qu'il égare nos

conseils. . * •

La politique ici, c'est une alliance, c'est rallianceavec l'Autriche qui ne peut vous faire défaut. Quoi qu'on vous dise des antipathies de principes, le monde sent, comme M. Berryer, que les sympathies naturelles l'emportent et prévalent sur les questions de partis. L'Autriche, en Orient, a des intérêts identiques avec les vôtres; que dis-je! elle a plus que vous à prendre ses précautions contre le démembrement de la Turquie, et ce n'est pas seulement, comme le dit M. Barrot, pour la question secondaire de la libre navigation du Danube; c'est pour la liberté de. la navigation, dans l'Adriatique , et surtout pour cent cinquante lieues de frontières nouvelles où k disparition de la Turquie ta d^écouvrirait devant la Russie I Les mêmes intérêts vous assurent la même action. Àppuyexr vous là, et vous serez inébranlables, et vous prendcei^ dès aujourdbui, ou dans un congrès^ ou dans une action commune, une position qyi dominera- la négociation, ou l'action, Cest dans ce sens que je vous ai parlé hier d'Ancjiyne » car Ancône, dans ma pensée, n'était qu'une grande image.

Messieurs, je sais qu'on appelle tout cela des chimères et des rêves de mon imagination. Je laisse dire : l'imagination est l'œil d'une raison saine, qui porte seulement sa pré\ision plus loin. Voulez-vous que je vous dise, en terminant, où sont les rêves, où sont les illusions, où sont les chimères?

Messieurs, le rêve, c'est d'imaginer qu'un simple protocole de la France arrêterait, au jour fatal , l'envahissement de la Russie dans le Bosphore, où elle peut être en deux fois vingtciuatre heures. Le rêve, c'est d'imaginer que l'empire olto- • màn d'aujourd'hui pourra supporter le poids des soixante millions d'hommes de la Russie pendant longtemps; le rêve, c'est -d'imaginer, commalf. Guizot, que l'Arabie va con>ti* tuer un empire, dont la tête sera en Ëgypte ; le rêve, c'est de croire que des populations chrétiennes. dissénïinées et faibles vont ise constituer dans rOrienl en fédération solide et puis-> santé contre la Russie. -Et le réveil, Messieurs! voulez-vod» que je vous le dise?

ije ffévcU"! c'ait kBMrie èCMultiilÎDople étMîiiMnittQdte 1â Perte al toufé VA§Mtimmre ; c'ail TAngleterre possédant à jamais la Méditerranée par l'Égypte ; c'est enGn ces popuH lations chrétiennes d'Asie qoe vous prétendez ressusciter, et qui ne peuvent ressusciter qu'à votre ombre, se déchirant elles-mêmes en guerres intestines et foulées sous les pieds de nouveaux tyrans.

Oui , voilà te réveil , Messieurs î et je ne veux pas être de œaiL qui le prépareut «o eudormiuit k pay^ daui iê ttaim^.

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PISCOURS

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