LA GUERRE, LE MINISTÈRE
Il n'y a rien d aussi impopulaire que le sens commun dans un moment où tous les organes de la pensée politique sont possédés par ceux qui ont intérêt à populariser un sophisme. Il n'y a rien d'aussi impopulaire que la paix dans un pays dont la guerre est la glorieuse faiblesse. N'importe, il faut parler ; c'est le devoir de tout homme qui pense. Servons-nous de cette arme de l'intelligence, tout émoassée qu'elle est par le ministère I servons-néns-en pour éclairer, pour avertir notre pays, lasqn'à ce qu'elle soit brisée entre nos mains I .
Une crise snprèmé g^nde sur r£nrope. La France setronTe, depuis quelques jour8,.siispendtte pour ainsi direr^r les fautes de son gouvernementi entre r.bumiliation de sa dignité et la guerre «ans cause, sans alliance et sans but. Examinons comment elle a. été conduite é cette extrémité, et s'il n*y a aucun moyen de la tirer de cette impasse, oà elle n'a que le choix des calamités. Je sais bien qu'on vous dit : « Il est trop tard ; la France est engagée, son honneur est solidaire des inconsét^uences de ses ministres. La crise est trop grave
pour les abandonner en ce raoment. .»— Pitojéble raSsoniiement de la faiblesse, qoiiait le dernier pas versTabîme parce ' qu^on loi a fait faire le premier! M depuis quand Timpéritie ides hommes dTétat serait elle la mesure de la confiance qu'il faudrait leur continuer ? li suffirait dope à un cabinet inhabile d'avoir mis son pays à .deux doigts de sa perte^ pour que le> pouvoir devînt inviolable entre ses mains? On s'absoudrait doncdeson incal)acité par les réstiltatade l'incapacité mèmiBl? «t une nation serait condamnée è ne se sauver que par les mains qui l'auraieiit compromise? Singuliei* patriotisme que celui qui se placerait sur la téte des hommes qui perdent la patrie! Savcz-vous qui est-ce qui dit cela? C'est le ministère lui-mômo ; c'est le ministère qui se réfugie dans les embarras qu'il a créés comme dans le seul asile qui lui reste, qui cherche son salut dans ses fautes et son inviolabilité dans vos dangers I Non, vous n'êtes pas solidaires; non, vous ne vous mettrez derrière personne : la nation seule est assez grande pour regarder l'Europe en face. Ce n'est pas le ministère qui vous protège ; on vous respectera davantage quand il ne àera plus devant vous. Vous sauverez l'honneur de la France €;t> la paix dfi .monde sans lui, et vous les sauverez de.iui.
Èt moi ai^i, j'estime la dignité de mon pays pto que ma vie. Si le mal étaif consommé, je me tairais, et,'Sans examiner la cause; j'emploierais mes. faibles forces individuelles à surexciter les forces nationales. Une fois le premier coup de canon tiré, un bon citoyen n'examine plus pourquoi, nofàis avec qui n combat. Quand on n'a pas pu éclairer son pays, on marche avec lui, même à Tabime. Mais il y a encore un pas entre l'abîme et nous. ^ * " ' •
La question d'Orient éclata en 1833. Pénétré d'avance de sa gravité, j'étais allé, pendrint deux ans, l étudier sur place. Je revins, convaincu qu'elle était mûre et qu'elle contenait le sort du monde dans ses flancs. Je l'annonçai, et les craquements de l'empire ottoman qui s'écroulait de vétusté, et les Russes campés à Constantinople, et les Égyptiens vainqueurs à Kutaya, l'annoncèrent bientôt plus haut que moi. Ce n'est rien, me dit-on : un empire aussi vieux et aussi vaste chancelle longtemps avant de. tomber; d'ailleurs, nous ne .
souffrirons pas qu'il tombe, nous TélayeroDS. Je répliquai qu*on ne ressuscitait pas diplomatiquement un empire dont le principe vital, le fanatisme, s'était retiré; que le pacha d'Égypte, révolté et ambitieux, ne tarderait pas à étendre la main sur la moitié de la Turquie asiatique ; que sa domination, violente et passagère, créerait un embarras au lieu de préparer une solution ; que la Russie et l'Angleterre s'empareraient du reste ; que le plus immense empire du monde se trouverait ainsi, à la honte de la France, dévolu moitié à la Barbarie, moitié à nos deux grands rivaux dans la Méditerranée; que la politique d'ajournement était ruineuse pour nous; que le statu quo était tout au profit de la Russie et de l'Angleterre; que pendant que nous nous obstinerions à favoriser, en Egypte, un vieux jAacha cent fois plus caduc que son maître, et à conserver ainsi un nom, une ombre, une façade d'empire ottoman , la puissance anglaise et la puissance russe s'avanceraient graduellement au cœur de la Turquie d'Europe et de la Turquie d'Asie ; que ne pouvant pas s'entendre avec nous, elles s'entendraient sans nous, et que le jour où il leur conviendrait do se démasquer en Orient, elles souffleraient sur ce fant(^me de statu (jvo ; qu'elles apparaîtraient, l'une à Constantinople, l'autre au Caire, et que la France se réveillerait un matin, ne voyant plus, à la place où fut la Turquie, que les Russes et les Anglais, assis, en face de nous, sur toutes les positions de la Méditerranée.
Voici ce que je conseillai h mon pays : Prendre soi-même une position d'intermédiaire armé, faire un débarquement en Syrie, en grouper les populations toutes belliqueuses, toutes chrétiennes, toutes prédisposées à la France, sous le drapeau français; proclamer l'indépendance de la Syrie sous la suzeraineté de la Porte et sous la garantie de la France ; refouler Méhémet-Ali en Egypte et demander un congrès à Vienne. Le congrès ouvert ( et une fois établis en Syrie, on ne peut plus vous le refuser) , dire à l'Autriche : «Nous sommes à nous deux les médiateurs naturels de la question orientale; la Russie ne peut pas faire un pas vers Cou^antinople si vous le défendez des bords du Danube; l'Angleterre ne peut pas jeter un homme en Égypte si nx)us la surveillons du haut de
-laflyrie. Pefsoose ne peut plus violenter la question ;trailoo& donc et remanions pacifiquement rOrieot. »
J'ai dit trois fois à la tritMiné quelles devaient être/dniffl'intérêt de le pan, de l.'éqjnililire «aropéen et de la FraMe, les iMiesde trailiB eb do «aiMleiirft4eiidBtto«i. le-ne les. dé^ppainri pas da mmvaaii ici. lé les rtsune en deai moli r Protfctoaat ghiémlée l'Oedden^ sur rorieni. fnlégrité de Templve turc , respect du toriftolre et des natfonalîlés. Mais ^praiteotoitt spédal de chifttpe des quatre piandes puissanees 8iirks8 tiiiatre#tMliasAilsiim<d^ remfMqui les intéressent le plus immédiatemenf. La mer Noire et 8on embouchure au protectorât russe; les bords de l'Adriatique au protectorat autrichien; le centre de l'Asie-Mineure, Rhodes, Chypre, la Syrie et TEuphrate au protectorat de la France ; enfin l'Egypte et le passage de Suez au protectorat de l'Angleterre. Le patriotisme négotil jette ici les hauts cris : je le prie d'attendre ; il va voir pourquoi On ne fonde pas la paix générale sur un intérêt légitime, malicieusement et jalousement contesté. Oa ne fonde un vaste et durable éqoUiève que sur des intérêts équitablement distribués et loyalement satisfaits. Ce système Q'élail pas totie «hase qBe t'iRioa de i'Orieal et de l'Occidàtit ralliés enalHiifile ponr le nosod de la politique et du icoimiiêroe. G'é«Mtla Ué fS kr t ém Vik^ ; c'était la pafi du noade encliétnant II la'fbis ntarape et fArfe, et temint, pqiir gage de aa perpéMIlév Mmàios dés poissauees prépotidérânteaengagées dans la ni é î» e mey ét dans le a i èMê cèmltoewt . L'avenir jugera . ce système'èt dira l(«ii est-œ'qoi a rêvé. M. de Tallcyrand et Napoléon avaient rêvé comme moi. Ces deux rêveurs I
Un autre système prévalut, un soi-disant stafu ijuo. Ce système était tout au profit de la Russie et de l'Angleterre contre. lesquelles il semblait dirigé. Mais enfin c'était un système, un système qui pouvait avoir sa valeur comme ajournement convenu. Mais il supposait bonne foi et loyauté dans les cinq paissanees ; i4 supposait au moins , dans le catMuet ÉraBçaÎB, conformité des actes et des déclarations.
Soyons juste : le ministère du maréchal Sanlt Tadopta , à "toi^ scAan sboi \ RiaiSf imns fiais adapté^ le fieux guerrier à <|ti imYmmm de 4a eoalltiaii enl Jeté tant de dédhla sans poisr
voir faire tache sur la gloire, le vieux guerrier le suivit avec fi une inteiligciice et une fermeté qui trompèrent le dénigre-
meot inU'Tessé de ses détracteurs. Nul ne sait mieux négocier ^ fée celui qui, sait eMubaltre. Ce qui 8*écrit avec Tépée se grave plus avant que ce qui se griffonne avec la plume. Le maréchal Soult arrêta d*un mot Ibrahim victorieux à iNézib ; d*uD autre mot,'il arrêta rinterventton iso)ée de la Russie à Goosl^ntinople, el de TAngleterre en Êgypte. L'Europe d'osa ni Jouer avec une te^ parole, ni ^weer une teHe main. L-affaire allaft avbir une issue Inèomiriète aeloù moi, nuds provisoire, honorable, pacifique, quand ta toaKtion, àson troisième acte, 's*absort>a dans un seuiboniine, et ae fit dlcliatèar, ne pouvant pas se faire gouvernement. Le l*' mars surgit d'un orage, et gros d'orages sur nos affaires.
4e l'ai toujours dit et je le répèle, j'apprécie très haut l'élan et l'aptitude gouvernementale du président du conseil du 1" mars, jai toujours eu une sympalhie involontaire pour
. les natures qui savent a la fois penser et agir, et ])our les hommes qui ont en eux le courage de leur talent. Quand on sait se comprendre, on sait se respecter. Tout en combattant,
, je ne suis pas de ceux qui dénigrent : le détiifirement n'est que la jalousie de rimpuissance. Mais, je le dis avec la même
. franchise, le^jour où ce ministre, adopté comme symbole de
Ja coalition, a accepté d'être la personnification du chaos, ce jour a été pour mon pays on jour Mfaste. Ce ministèfé ne
-fiiiira qu0 par une catastrophe. Bes intentions peuvent être pares, il peut vonloir Tordre au dedans, la paix au dehors, peu importe! Vanarchie au dedans et la guerre e^térieuire sont dans la nécesisilé de sa situation; La logique est la fatalité - des choses, comme la destinée est la fatalité des hommes. Il y a treize mois que je montai à la tribune et que je criai à mes collè;iues : a Si vous cédez le ministère à ce ministre , vous « aurez la guerre ! » Et notre ambassadeur à Londres, qui s'élança pour me répondre et qui m'accusa de calomnier l'avenir, qu'en pense-t-il aujourd'hui? Il était l'envoyé de la France eu Angleterre, il est homme de conservation et de
, paix, il croyait posséder en lui ce quos ego qui abat les tempêtes, il croyait bien teni^ entre ses mains iiabiles ét loyales
lesfils des négociations aboutissant en A"g^etç^;«[*/«^^ et leïi sympathies des wighs et des tories eux-mèmea, Vhomme le mieu. choisi pour assurer des solutions pacA-
• qoes, et la guerre a glissé, sans qu'il s'^n aperçût, denses iliams.i..../La coalition était ministre!
' Goinmeiit te mm^ du 1- mars a-t-il donc posé la ques- •iiim pour que la gueire, et la g«erre sans allies, en sortit tô ou tard? Le voici au lieu de rester Français , il s est fait Égyptien. L'Égyptèétait poputaire pour le quart d heure Un min^ qui nf feut yïm que de popularité est obhgé de la prendre ottelle^est.^n açarçssé^SroMi.uourri ce préjugé napoléooien qurfaît de TÉgypte une province du sol saCT^ de là France, et d'un pacha dç «oiiaqte-trcîie ans* homme d esprit, <iui joue avec sa fortune an bord de sa tombe, UpuUmn^ aUie de la France. Ce vieillard n'a pas assc» dcrEgyt>tee|de l Arabie- il aurait quelque plaisir, sur ses derniers jours, à ajouter la Sy rio et ses généreuses populations à sa pacotille de royaumes. Cela arrangerait mieux après lui la distribution de son -héritage, cela ferait une part pour quelqu'un des fils de ses fite. La France, pour qui il ne peut rien, pour qui il n'a jamaw rieto fait pour qui il ne peut jamais rien faire, doit comprendre
• oes'velléilés du vieil Arnaute, et verser le plus pur de son sang pour les servir. Cela est trop juste, cela est passé dans le
' domaine de rinconteslaWe, cela s'appelle du patriotisme > français depnis quelques semaines. Voilà comment ces publi- ■ Cistes du^î^ mâW.ront fait. En vérité, tout homme qui a mis ' Mâ^iiieiht ou pied én Orient et qui n'est pas entretenu ^ «rili^tèi^llemefft dans son enthousiasme égyptien, sourit de pitié pu rougit de pudeur en lisant de pareils défis au bon
sens f'"' *" ' • '
fin vertu de ce nouveau d^lt desrgen? et de cette légitimité
d'une barbarie viagère en Egypte' et en Syrie., le gouvernement, qui avait proclamé l'intégrité de Vempirc ottoman de concert avec les quatre puissances, s'est ravisé dépuis le 1" mars et a dit tout à coup : « Il est vrai que la Francea voulu et proclamé avec vous l'intégrité de la Turquie; mais nous entendons aujourd'hui par là l'empire turc coupé en deux , et la moitté. de l'Asie donnée en garantie héréditairement au
pacha. N0U8 entendons de plus qu'on ne le force pas à restituer a son maître la flotte ottomane que la trahison lui a li>rée, et qu on le laisse négocier ce palladium de l'empire contre des districts plus étendus et des usurpations plus menaçarrtes » Voila littéralement le sens des négociations connues Je le demande à la loyauté de la France elle-même, à ce langage , qu'a pu penser l'Europe? Les événements vous le disentelle a peusé que le ministère français se moquait d'elle, de la langue et du bon sens, et après avoir conjuré la France de tenir sa parole et de s'unira elle pour s'entendre sur ces bases proclamées en commun, elle s'est dit : « J'agirai seule, conormement aux vues primitivement énoncées par le cabinet irancais. » Le cabinet français répond : « Vous n'agirez pas ou je ferai la guerre à tout le monde. >> En d'autres termes la France a dit : «Je veui l'intégrité de l'empire ottoman pou^ empêcher que la Russie ne niette le pied à Constantinople et les Anglais en Egypte. » La Russie a répondu : « Vous avez raison, proclamons en commun l'inlégrité et l'inviolabilité de i empire. Je n'aurai plus de prétexte d'aller à Constantinople • je veux la paix du monde avant tout. Mon ambition est \arse comme l'espace, mais elle est patiente comme le temps » L Angleterre a répondu : « Vous avez raison , proclamons l'integrite de l'empire; que Méhémet continue à gouverner Egypte. Je ne meitrai pas le pied en Egypte; je veux l'allance de la France et la paix du monde avant tout. » Le mii»istere du 1" mars réplique : « Je ne veux plus ce que je voulais, je ne veux pas dire ce que je veux , je ne veux pas traiter avec v^ous et je ne veux pas que vous traitiez sans moi, ou la gucrrel >, gui est-ce qui provoque? et où est l'affro/it?
Qu'en résulte-t-il ? Vous le voyez : que l'inhabileté provocante du ministère a mis la France dans la déplorable attitude détre lordose de la question orientale, ainsi que je l'ai annonce a mon pays dès le point de départ «le cette négociation, et que la France, humiliée par cette fausse attitude que son cabinet lui fait preii^lre, se trouve dans la double impossibilité ou d'accepter rhiimiliation ou de faire une guerre inique pour soutenir les contradicUons de ses ministres, la crise est imminente, n'eu doutez pas. Quels son*, pour
I» fwm» iQs mï&w a'en sortir ?>U ji'y «a a «ne Uo». 1^ TOÎcî :
f Que rEivro^ recQle, ci que la Buaaie ^ l'Aoïtetacre 4?onsef iteBt ^ cMer )a moUlé de la Tiîrquie.à Méhimet-.^;
2° Que la France Allume noe g^rre c;éoérale contre toale FEuropc et contre (e &aUao Jwi-is6vie« au «o» de rkitififritè
de son empire. ^ . < . ■
3« Que le ministère du 1^^ mars se retire, et qu'aptôs avoir cdhipromis la France dans une négociation sans issue Jl laisse à un cabinet plus conséquent et plus prudent la tûche Lrèsdifficile de rectifier la situation , et de replacer la France à son rang di^ns les eonsieiis de i'I^urope , d'où oo mm a fait exclure.
Examinons en peu de mots ces trois hypothèses : !• Que l'Ettroj^e recule , et que, pour complaire à Méhémet-Ali, elle consente à lui donner ub empire hérédit^re de laonoitié de F Asie-Mineure? je le, croirai quand je l'aurai ¥». teRnssje» sj elle était ((aos font ceci.aawi déloyale et aussi pressée. qn'OD le dit, pourriât en elTet y consenJtir, et aurait 9êrte9 tout à y gagner, dans l'intérêt de sa pré^hdéaioeA Constantinoplc. t'empire ottoquan^ partagé en deuiL et plaaé sous le coup des menaces de Méhéme1r4Ji « la'gèiieraii mok» que l'empire ottoman entier et Inviolable, sous la ^ran^ de VEurope. Quel que soit le ridicule enthousiasme qu'on affecte à Paris pour les armées et les flottes du pacha , je ne pense pas que les soldats d'Ibrahim lissent beaucoup trembler les bataillons russes. J'admire la Russie de ne pas at ceptcr le défi que nos publicistes porte^it^u colosse du Nqrd, au nom iju Napoléon égyptien.
Mais l'Angleterre! consentira-t-ellc jamais , eUe, à créer centre elle-même un empire égyptien? J'ai dit là dessus ma pensée, tout liaut, à la tribune. L'AugJeterré acceptera un siècle de guerre , sur la Médilerranéc , avec nous et avQc tnujt le monde , plutôt qUë de concéder les clés de Suez à un sÏmi- Yerain légitimé eteoiistitué par rinflueniôe hostie de la .France en Égypte. Poarquoi cela î parce gpe l'Angle^rre étlaml wir jtresse ^e soiiante-qulnze miliipns je sujets dans les Ii|^d^« ièt Bd^t. éjtant aiiiiourdliui et dans ravjsnir la porte de sot
immense empire indien , elle ne peut pas se laisser fermer cette porte de sa puissance, de sa politique et de son commerce, sans la défendre jusqu'à extinction de ses forces. Vous n'avez à Alger que trois mille colons et un champ de bataille éternel ; mais si une puissance voulait interposer une barrière entre l'Algérie^t vous , vous combattriez jusqu'à la mort. Que ne fera donc pas l'Angleterre pour le plus riche et le plus vaste empire que la politique ait jamais conquis?
2" Que la France fasse la guerre générale et sans alliés pour la cause de Méhémet-Ali?
Ah ! la guerre ! la guerre magnanimement acceptée et non l)rutalement intentée à tout le monde; la guerre avec un droit, un sens, une cause, un intérêt juste et national; la guerre pour un principe qu'on disputerait à nous ou aux autres; la guerre même pour une idée , pour un de ces problèmes sociaux qui fanatisent la pensée humaine , et qui , après avoir ensanglanté et bouleversé l'Europe, laisse au moins apparaître, quand elle se retire, quelque chose d'inconnu et de grand , quelque chose comme la liberté de conscience, comme l'égalité de droits, comme une forme nouvelle de religions ou de gou- "vernements; la guerre alors à une heure bien choisie , au tocsin d'une nécessité urgente et démontrée à tous. Eh! quel est le Français qui ne la saluerait comme un devoir, tout en la déplorant comme un fléau ? On sa^t asmi que la guerre est le vice héroïque du génie français, qu'il la respire, qu'il la devance , qu'il l'improvise ; que la France enfante des armées avec plus de rapidité que ses saisons ne mûrissent ses épis. On sait assez que le plus sûr comme le plus coupable moyen de lui dérober de la popularité, c'est de l'appeler aux armes; qu'il n'y a pas de raisonnement, pas de parole, pas de discours qui la persuade autant qu'un coup de canon. Malheur à ceux qui abuseraient de sa glorieuse faiblesse et qui lui feraient la cour avec la fumée de son propre sang!...
La question donc n'est pas si la France fera bien la guerre, mais pourquoi elle la fera. Vous, ministres, vous en aviez cent à choisir; laquelle avez-vous choisie?
L'Europe est divisée en deux grands principes qui vivent en paix, mais qui ne s'aiment pas , le libéralisme et l'absolu-
lisme. Vous pouviez allumer une guerre où vous auriez eu pour vous les puissances constitutionnelles et toutes les tendances libérales de l'Europe. Je ne dirai pas , comme M. Can^, ninçy qae C'est là le fouet des furies déployé sur le monde » mais je dirai que c*est là le levier tout-puissant, le miroir ardent de l'opinion à l'aide desquels un Ârchimède politique peut tenter, de* remuer le monde et de l'incendier. Au lieu de cela, que faites-vous? Vous déchirei le^ premiers cette'(|i]ui-: druple alliance des peuples destinée iefifXieAiiiiÊn
te quadruple alliance des rois; vous TiéieDt««L^^^
TOUS forcez VAngleterre à être votre enneinie malgré eHe.Èii
lùi demandant FËgypte, vous demandez sa vië. Elle ne-
vous la donnera pas , man'elie vous donnera sa haine, et cea'
haines coalisées qu'elle sait souffler et solder sur toutes les.
terres et sur toutes les mers. Vous refaites vous-mêmes la guerre de coalition, la guerre sans alliés , quand vous pouviez, choisir les alliances ! Mais la guerre sans alliés pour la France, au lendemain de 1830, c'est un fait tellement monstrueux dans Tordre politique, que si la démence né^tait pas visible^ l'histoire chercherait où fut la trahison.
Il y a donc une cause bien sainte à servir, un intérôt bien vital à défendre , un bien immense résultat à recueillir, pour que la France réunisse elle-même en faisceau tous ses enneo^ et tousseè amis , et leur dise : Je veux combattre 1 — Voyoui':
La cause de Méhéin#-Ali ep Syrie es|^ la cause de la France, . vous dit le. ministérè,; La cause dé Méhémet^Ali ed Syrie est^ celle de la France?... Gela fait frémir quand on sait ce que c'est que la Syrie , ce que c^est que ]iéhéihet*AÏi. Vos enfantsn'àuraient pas a^sèz de voiles pour touvrir la honte de leun pères si nous pouvions consentir à ètré les suppôts et lés «xécuteuro de Méhémet-Ali en Syrie. Saches au moin» ce que vous allez faire , sachez dans quel sang pur, généreux , ami^ on veut vous faire aller tremper vos mains! La Syrie est séparée de l'Égypte par un désert de dix jours de traversée. C'est une contrée presque toute européenne, toute chrétienne, toute civilisée, toute industrieuse, toute en harmonie de relations , d'idées , de confraternité avec nous. C'est la Morée en Asie. C'est le Caucase., maisie Caucase policé , occidçDtalisé
par tes mœtif». taftoi ^ fès montagïMïS , ték Êeni gardieiinâs de la liberté, lui ODt conservé an moins, sotts 1^ suteraineté 4m torçs, mie Indépendaace relative. La turqiife la gouver* naitr avec iolérancé, mollesse , respeet. Liberté àe religioti, Illierlè de caltnre, liberté de eomn^etce^ ^idfent des diroit^* aiiitfâ écrIlB , atr mêins acquis parlliabtttt^e'. Peuplée de Grecs» ' d'Atmétirèns, d'Arabes culttvateors, étàtlÀés pâsteurs, <&t Dmes', les Suisses diprAsie, deUarooiliessttrtont, popiri^en saine, vigoureuse, catfiotique, qui peut fkiettre en un Jour quarante mille combatlaiits sous les armes et rendre inexpugnables les citadelles naturelles du Liban, la Syrie s'émancipait rapidement et vit avec horreur l'invasion de Méhémet; c'était pour elle le rajeunissement du despotisme , la recrudescence de la barbarie. Les premiers actes du gouvernement du pacha furent les levées d'hommes arbitraires jusqu'à extinction de population , les impôts jusqu'à extinction de culture, la suppression de la liberté de commerce , le monopole établi atf proftt du pacha. Trois fois les malheureux Syriens essayé^ reot de se soulever et forent sur le point d'apéantir les arndées . d'Ibrahim ; mais ils ^rçloilkbèrtot découragés par Fabandoii dé l'émir BmBty lenf principal chef, qtiiles vend au repoa de seKtfenx jeurs, et par les menaces de cette dîpfomaH& pîiis égyptienne que fran'çafsè , qui garantit de tes garrotter et de les nvrer è jamais à leurs tyrans. #
Et voilà le peuple, le peuple tout ffançais de cœur, sur lequel vous voulez sceller, au nom de la France et dans le . sang de la I : mce, le joug d'un pacha musulman î Vous vous êtes armés, il y a quinze ans, aux applaudissements du monde, pour combattre Ibrahim, fils de Méhémet, en Morée, et lui arracher les tciesde quelques malheureux Grecs; on veut vous armer aujourd'hui pour écraser avec Ibrahim, et au prolit dlbrahim , de l'islamisme et de la barbarie , trois ou quatre millions de Syriens qui tendaient les bras ver» vous! Vous sonVenez-vous dés exécrations unanfmeis qui aiecueillirentet . poursuivent ençoreaujdàrdliui le gouvernement anglais qn^nd il abàhdonna:^àf'^,' piir un marché dlioinltaes , aux fôFOcités dd pacha cfe lànlnÀt bien 1 Pabandon & quel<|ué6 centaines . d0 Pàrganiottes par les Anglais fut un acte de loyauté et d'hu*
iminité anprès de ce que vos ministres vous ordonnent de faire. Cnr pfiliri les Anglais se contentèrent de rotirer le pied du territoire de l'Albanie et de laisser IHtrga à son sort; et nous, on wm demande nos flottes, nos armées*, notre or, notre 5«ng, peur arracher à ce» peuples chrétiens la liberté que les Tnita eux-mêmes leor nfaient laissée, et poor les H«N)reCile»gBmtlr à un pocha qol n'a d*autr(| dfiail sur eOx qlil^i t«ii«dél«ililMep«^^
mersa'noble et tifaénilrice étm^ kif ^s mi kk^ ^e, pour Ifti âsàervfr ¥^effiéf , lliipléa« ôu tui f^ssrn^Ê^m Lombardie? Que iliHèi^TiwSI^ si Vm mis proposait ifMM l'Angleterre i-gtffrftttei^'^fHifidie? Que «Kriet^ntairoa tom
proposait d'armer cîlK| cent mille hommes et de les prêter à la Russie pour tenir à deux les membres enchaînés mais palpitants encore de la Polo^^iie ? Eli bien! ce qui vous soulèverait d'indignation et de dégoiit en Occident, vous TappUodissez en Orient ! Vous permettrez à vos ministres d'appeler cela une guerre patriotique , une guerre sainte ! Ah 1 l'histoire qui rend leur nom aux choses l'appellera uîie guerre honteuse, une guerre impie, et quand elle voudra hooorer lafraiicev elle aura besoin d'en détourner les yeux !
Mais çeB habiles gens disent : La pol^tiqiie judtifie to«t f c'est une goem politiq«o« ^ C'esit «ne 0Mm poKtiiiMT miiusàlloDavoir.. \ . '
Je là mppose hen-êtie* J'adMéii qiie le Pmce, ietflée en Kiiropè, îtfiriée sw la Héditetnmée, ieoiée sur le Rliîe , iaelée en Oifeftt, engagée et eo«i|Nimil0e en AfH<^ la fbif (ee qui ne a'eal jaaaaiskni encore, teiilB Fireec^ «pfelle est) serr mer eUsur terre tes flottes rénoie» de PAngleterre, de la Russie , de le Turquie, de l'Autriche et de Naples, et les armées coalisées de l'Europe entière. Une campagne de géants sur mer et sur terre, en Afrique, en Asie et en Europe, a été triomphante partout. L'É^'vpte est créée. Que nous en revient-il? Je délie qu'on me le dise, excepté un bulletin pour glorifier le ministère. Raisof»no!is : l'Égypte et la Syrie au vieux pacha vous donuent^Ues une route vers des possessieiia' dans les Iode» ^ voue n'afet pa»? on me frootièt<e contre
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— soles Russes que vous ne touchez pas? ou uue position contre TAngleterre que vous ne déposscriez pas? ou un débouché commercial et industriel que vous ne conquerrez pas? ou une garantie de paix et de sécurité européenne que vous ne ruiniez pas? rien, absolument rien! guerre pour la guerre» guerre de dupes, guerre où la défaite est. honteuse, guerre où la victoire est sans fruit, guerre où l'on jette votre sang dans la mer comme si la France en avait de trop pour les justes, causes de nationalité ou d'humanité qai le font seulea gloriéasenient et utilement couler ! .
Qui ne rat«,à l'iospectioa raisoonée d'«Be caite de g^o^ graphie I, cc( qiie ?da ininistres 'seQlà ne voient pas ou' fbnt semblant de ne pas voir? Qui ne voit que l'Ëgypte et la Syrie constituées en souveraineté et garanties an pacha jptx. W . France, c*ek la guerre éternelle en Oricftat et en.EDrope, et qnll faudrait, pour conserver cette poases^on à Héhémet et à sesliéritiers une campagne renouvelée tons les ans? Méhémet-Ali couronné et inauguré par vous, cela change-l-il quelque chose aux positions respectives des grandes puissances contre qui vous l'auriez élevé? Cela enlève-t-il Venise, Tricste, l'Adriatique à T Autriche? Cela ferme-t-il à cette monarchie danubienne la roule de Constantinople par la Sei^ie, la Bulgarie et Andrinoplcy où elle peut, en quinze marches, porter de .S^m/mAine armée de deux cent mille hommes, faire sa jonction avec les Russes au pied des Bedkans ^ x9X]i^x Tarmée turque, aller inonder. TAsie-Mineure par Kutaya, et écrAjier vos Égyptiens au revers du Taurus ? Cela ferme-t-il la mer . 19oire à la Russie? Gela p<&ut-il l'empêcher d'arrivier de gébas* topol en trois jours aveç àes flottes, de débarquer cinquante mille hommes, d'organiser, d'armer lés (populations grecques de l'empire ottoman , et.de marcher^ en grossissant i chaque marche, sur il/ep^et^ sur Démos? delà comUe-t-il la nfier Rouge? Cela peutril faire que lès Anglais, maîtres de Vindeei d'AcIen^ ne versent sans cesse de nouvelles armées de Cypayes sur le revers de l'Arabie et de l'Égypte , lors même que vous seriez assez dominateurs de la Méditerranée pour leur interdire les débarquements en Syrie et à Alexandrie? Entin cela euiève-tr-jl à ces mêmes Anglais Gibraltar, le$ iies lonienpes.
tk>rfoo, Ifitte, cette citadelle de la mer, sans parler des. antres ties asîatiqnea dont ils s'empareront < soye^n sûrs, an premier indicé sérieux de gnene avec Tons? L'Ëgypte seiâ donc sans cesse compromise , sans classe Éttàquée, sans cesse envahie, soit par les tronpes antrichiennes et par farmée ottomane , soit par les Russes débouchant de la mer Noire soit par les Anglais descendus des Indes an Caire, soit par les Anglais sur la Méditerranée, soit, ce qui est plus probable, par toutes ces agressions combinées? Résisterait-elle seule? C'est insensé à demander. V résisterez-vous vous-mêmes? Mais Bonaparte et Kléber,à la tète de quarante mille hommes de ces vieilles troupes trempées dans l'enthousiasme républicain, y ont capitulé! et alors la France n'avait pas la moitié ide ses flottes et de son armée engagée dans les eaux et dans îes sables d'Alger. Non , soyons vrais : tant que la mer Noire s'ouvrira sur le Bosphore, tant que l'Adriatique débouchera dans ia Méditerranéie, tant que lesL Anglais auront les Indes, Gibraltar, Halte , CôrfQU et une voile sur lés mers , tant que la mer Rouge baignera l'Arabie et l^Égypte, à qftelques heures du Caire, révér la constitution violente d'un soi-disant empiré égyptien contre les intérêts vitaux des puissances les plus intéressées , rèvér une Egypte exclusivement française , c'est rêver à l'impossible. Un homme d'état qui diiralt une semblable folie, s'il n'avait pas une armée de sophistes pour applaudir et pour populariser ses fautes, un tel homme d'état ne mériterait pas qu'on lui répondît sérieusement. Et moi aussi je voudrais briser les traités de 1815. Mais, pour les briser, 11 faut un levier. Le levier, c'est une alliance.
Mais la guerre pour l'Ëgypte, ce n'est pas seulement la guerre avec l'Angleterre et avec la Turquie, c'est la guedre avec immonde. C'est la coalition refaite, systématiquement, par nous-mêmes et contre nçus-mémes; non plus pour la sainte défense du tmitoire èt de la liberté comme én 17tô, mais pour une fausse vue diplomatique.
Personne ne croit plus que moi à la tonte^ulssance du
droit et de la nationalité injustement offensée. Mettez d'un
cêté le bon sens, le bon droit, une bonne cause et la France
seule, et de Tautre l'Europe , je parierai pour la France. Car la force morale est le ressort de toute force matérielle. La force nationale n'est que la conscience armée d'un peuple. Tant vaut la cause, tant vaut l.i nation.
Je vous ai montré la cause et les résultats; voyons les moyens. Les moyens? ils sont de deux natures ; réguliers et révolutionnaires. Du canon et des principes. Les moyens réguliers, quelque j;rands qu'ils soient, je les reconnais immenses, sont-ils raisonnablement suffisants pour combattre à la fois, à armes égales, les masses innombrables de baïonnettes que l'Autricbe, la Prusse, la Kussie, l'empire ottoman, les insurgés syriens et l'Angleterre coalisés peuvent mettre en ligne sur les coîjtinents, et les invasions navales que l'Angleterre, la Russie et la Turquie peuvent tenter en Syrie , en Afrique , en Algérie et dans nos colonies des Indes et des Antilles ? Tout est possible au ^énie et au patriotisme de la France ; mais si le patriotisme une fois bjncé ne recule devant rien, l'imagination et la raison bésilent devant la masse incalculable aussi d'impôts, de vaisseaux, de matériel et d'hommes que suppose un tel déploiement de nos forces partout à la fois. Le sentiment national est Oui , le calcul est borné. Ce n'est pas un budget, ce n'est pas une conscription, ce ne sont pas des arsenaux qui peuvent y suffire. C'est la toute-puissance <le l'enthousiasme et du désespoir! où les chercherezvous? Où ils se trouvèrent , il y a cinquante ans. Dès le premier jour, une telle guerre sera forcément une j^ucrre extrême , une guerre révoluliormaire. Nous tenons les clets du volcan, nous les j(îtterons dans le gouffre et nous dirons : « Qu'il éclate sous nos pieds, pourvu qu'il dévore nos ennemis ! » A des hommes d'état qui tiendraient un pareil langage pour une guerre de caprice et de spéculation, au prolH d'un pacha révolté dans un coin du monde, il n'y a rien à répondre. Ce sont des joueurs qui jouent l'univers au dé. Les principes ultra-révolutionnaires, chargés froidement à Paris par un gouvernement régulier, et lancés aux quatre coins de l'Europe pour aller faire explosion sur tous les trônes et sur tous les peuples, ce n'est plus de la poUtique, ce n'est plus du gouvernement ; c est du crime et du chaos ! Cela ne s'apprécie
plus par tes calculs du raispnuement ; cela se flétrit avee l'eiiô^ cratioo de la conscience. Les lois de la iegic|ue ne s-ap^ pliquent plus à la démence. Le regard impassible de 4a Pro- ▼îdedce peut seul envisager de sang-froid les flammes de l'incendie qui embraserait toute l'Europe^ Oui , Vous inee»dierièz l-Europe: Mais vous 1... \ .
Vous incendierez l'Europe? Gela est possible. Malfe faot-il dire ma pensée tout entière? Peut-être nerînceridieriez-vous pas ; peut-^tre la lorche que vous menacez de secouer sur les peuples aurait-elle brûlé votre main avant ! Peut-être des ré\olutioiiiiaires moins théoriciens, mais plus sincères, vous rauraienl-ils arrachée avant que vous en eussiez fait un terrible usa«^e, et l'auraienl-ils éteinte eiix-môuK's <hnis le vent et dans le sang! Peut-être enfin le feu ne prendniit-il pas aussi vite et aussi loin que vous le dites et que vous .le crojezl
Prenez garde ! la révolution française , si puissante et si communicative à son principe, parce qu^elle portait taot de. vérités et tant de fanatisme sincère dans ses flancs, a en elle aujourd'hui deux forces opposées : une force de propagation^ et line force de répulsion. Napoléon , que vous eialtéz si ridir culenient sous ce rapport, comme le grand propagateur, . comme le missipnnairearmé de la révolutiott ; Napoléon, qui ne fut en réalité que la contre-révolution incarnéé dans un soldat; Napoléon, qui mit le despotisme à la place de la liberté, la noblesse à la place de l'égaillé, l'aristocratie i\ la place du peuple ; >'apoléon a immensément dépopularisé la révolution française en Allemagne , en Italie , en Belgique , en Pologne , en Espagne , partout où il a porté le joug et les dévastations de la conquête, au lieu d'inoculer rrndépendanceet la liberté. Voilà le vrai. Partout la nationalilé des peuples , opprimée par ses soldats et ses décrets , a réagi contre la France de 89» • II a eidevé, et c'est pourquoi- je ^ liais ! il a enlevé à la révo* lutijûtn réformatrice la pluspadde puissance d'un dogme, > la puissance du désintéressement. On a vu le joug do la Francoderrière le drapeau tcicolore; c'était la liberté qu'il fallait y. iQontrer! Les baïonnettes ont décrédité les. Idées. On vent^ bien nous admirer, ou ue veut pas nous servir. Le mouvement
de 1813, qui sonleta le patrfotinne earopéeii contré nous, et • lefonla le drqieaa français de Hoscoa , de Gadii. et de Rome jusqu'au Rhin, fat le premier symptôme de cette révolte des nationalités contre la réyolntion armée. Qui sait comment des peuples , avertis par l'abandon de la Pologne et de l'Espagne, prendraient ces démonstrations ultra-révolutionnaires et ces élans de sympathie jouée pour la liberté du monde, qui éclateraient de sang-froid, à une heure convenue, d'après une note de chancellerie, et comme un ultimatum désespéré d'une diplomatie aux abois? Peut-être que cola ferait crouler l'Europe, peut-être que cela la ferait sourire. Je n'en sais rien. Du sublime au ridicule il n'y a qu'un pas. Votre maître l'a dit, toute manifestation révolutionnaire qui n'est pas sublime est risible. Et j'ajouterai : en ce genre, tout ce qui n'est pas sincère est atroce 1
En tout cas , que penser d'un ministère qui aurait placé ainsi son pays en trois mois entre la terrenir et le sarcasme de l'Europe? Que penser d'un ministère qui a rèçu la France en pleine paix .et qui. fait discuter à ses organes de pareilles extrémités?
n est évident pour tout le monde que le ministère qui a posé la France dérrière un pacha d'Alexandrie et secoué la guerre sur l'Europe au nom de l'Egypte ne peut pas reculer. Il faut que la France le couvre d'un million de baïonnettes, et rachète, au prix de son sang^ l'imprévoyance inouïe de son ministère.
Hommes téméraires et rétrogrades à la fois ! hommes aventureux attardés d'un siècle! hommes qui croyez qu'une révolution refroidie se parodie éternellement elle-même à cinquante ans d'intervalle! vous vous dites de grands politiques, parce que vous aurez éludé ainsi les difficultés de la liberté en rejetant votre pays dans le mouvement stérile etconvulsif des armes ! Vous ne savei pas. manier sans la briser cette lourde - et délicate macliine qu'on appelle le gouvernement constitittibnneUèt vous vous croyez fort^en Varrètànt I Prenez garde I elle reprendra sa course et vous écrasera. La gnerre est le secret des émpiriqâes dans rembarras. La liberté c^t le génie des Hommes d'état. Il ne fomt que de l'esprit pour^comprendre
la goeite; il faut de la eoDSGieoce et de la veHu pour coiih prendre la Jiberté!
. Le chef-d'œaTre de la révolution de laillet^ ce qnt la marque entre tontes les antres anx yenx de rhomme d'état^ c'est de s'être accomplie et régnlarlsée dans la pâixl Changer sa fdme intérieure , changer sa dynastie, changer sa constitation politique, changer les tendances de son gonyemement et rester en harmonie avec l'Europe qui ne connaissait que la France de 1815 , c'était là le problème le plus difficile qu'une nation se fût jamais posé à elle-même. La France l'a résolu, mais avec quel travail! avec quel génie! avec quel patriotisme { avec quelle consommation de grands caractères et de grands talents ! M. Périer y est mort ! M. de Talleyrand y est mort ! un Roi s'y est caractérisé ! Il fallait à la fois à cette œuvre tant de sagesse et tant d'audace ! il fallait que, d'un côté, un nûnistre osât dire à l'Europe indécise : «jSi vous intervenez en Belgique , demain cinquante mille hommes passent la frontière ! » fl fallait, d'nn autre côté, qu'un ajutre ministre osÀt dire à rÂutriehe: « Yoici le. drapeau. firançais à,Anc4ne; si Toos faites un pas de plu^ en Italie, Je le déploie! ». Je nàé souviens qu'étant à Londres en 1831 , ^t entrant ,un matin chex if. .de Talleyrand , je trouvai le viebx lÛpkmiate la phy* slonômi^ fatiguée par les veilles d'une nuit sans sommeil, .çt travaillant encore sur nne petite table, au pied de son lit où 11 ne s'était pas couché. Quoique creusés par l'âge, par la pensée et par l'insomnie, ses traits respiraient ce calme, cette sérénité, ce rayonnement intérieur d'un esprit satisfait qui triomphe ou qui pressent le triomphe sur de grandes difficultés vaincues; la grandeur de l'œuvre semblaitcn ce moment grandir et dignifier l'homme. — aSavez-vous ce que je fais là? me dit-il en me montrant du doigt les dépêches dépliées sur la table. — Non, mon prince, lui répondis^je, je ne le sais pas^et je ne dois pas le savoir; mais ce que je sais sans que vous me le disiez, c'est que vous tentez le chef-d'œuvre de la diplomatie moderne. —Oui^, me dit-il, j'essaie d^éfablir la paix du monde <^ équilibre s^r uae révolution ! »
'trois mois après, l'alliauce anglaise était préparée; troia ans après, la quadruple alliance était signée à Londrel|iiv
M. de Talleyrand , et le monde avait désarmé. La première œuvre du ministère du 1*^ mars , c'est de la déchirer. La révolution (le Juillet est de noiivenu à son lendemain. Elle est à sou lendemain , moins sa jeunesse , moins son enthousiasme, moins i'élonneniefit et la stupeur des puissances , moins l'alliance anglaise. En trois mois, nous avons reculé de la moitié de rturope. Jusqu'où ne repulerooft-iious.pas , si nous p'arfêtons pas ce ministère?
Mais l'arrêter... ! qui le peat ? Personne. Ne vous y trompez (Mis! ce ministère n'est pas un ministère, c'est utt quasi-directoire. H n'est pas né d'une majorité régulière, succédant à mie mérité vaincue. Il est né d'un icoaiplot de minorités, ^1 , se réunissant ua moment pour détruire^ lui obt dît : «Monte ao pottvoif r nous t'y soiitlendronti tant 'que nous «wons besoin de masquer Tempiétement sous les. formes eonstfCutionnelles Nous allons te |»rètef des.votes antipathiques entre eux, mais qui te feront un semblant de majorité, à condition que tu gouverneras par les minorités, à condition que tu gouverneras par l'opposition, à (oiidition que iu (jou^ vrrnr/as conti f le (jouvfrnemrnt ! Va donc et détruis, ce sera ton œuvre à toi! Détruis la vérité dans la presse, détruis la majorité dans la Chambre, détruis la majorité dans les élec^ teurs, détruis la majorité au Luxembourg! détruis l'équilibre des trois pouvoirs aux Tui'eries! détruis l'harmonie diplomatique si laborieusement rétablie avec TEurope ! détruis la quàf druple alliance des peuples I détruis l'ailiancé anglaise eA l'exagérant t et ne la remphice pour la France par aucune autre! Quand tu auras fait tout cela, nous appèrattrons der-. rière toi et nous ferons le reste... »' CÏui , voilà l'esprit dé ce facte tacite, conclu , è Tinsu des parties contractantes, entre lès minorités de renversement et le mïnùière d*agitaiion/ Avais je tort quand, pres^sèotant tout ceN d*avaQçe , je vous disais, il y a dtx4iutt mois : « Ce ministère , c'est la guerre! i» • Ce ministère, c'est la guerre! la guerre demain si ce n'est pas aujourd'hui. Vous l'avez \u, il n'a pas d'autre mot à la bouche, d'autre option dans son manteau, la guerre pour bilfer notre propre signature dans le Luxembourg; la guerre pour l'intégrité de i'eiDpire ottoman; la guerre contre Tinté-.
frité 4e retnpire ottomaii; la: guerre impoKâqne, cotÀrutio-^ loirè, absurde, n'importe! mais la guerre. Et potarqooLee • ttrinistère^-il la guerreî-Il n-en saît rieu, mais je Tais vous le dfre. €*est qu'un ministère d'opposition a.besoin, p^arsa nature, d'absorber les maiontés dans la nécessité des'drcoÎH^ • stances et dans le monvement du patriotisme alarmé. C'est qu'à un ministère de minorité, il faut un coup d'état tôt ou tard. La gnerre , c'est le coup d'état perpétuel. Vous aurez donc inévitiihlenient la ^luerre a\ec lui. Je ne rnrciise pas de la vouloir; à Dieu ne plaise, je calomnierais sa volonté ! mais il la fera. L'empire des situations est absolu tant qu'on y reste. Le vaisseau ne veut pas l'écueîl ; mais qu'il se livre au courant et au vent, il y va !
Or, je dis qu'il n'y a aucun pouvoir constitué aujourd'hui . en France qui puisse arrêter ce ministère sur une question 4e patriotisme et d'honneur national mal comprise par le., pàys. Un ministre qui ne sort pas des majorités, on min)stre . qui ne. procède pas des prérogMives, un ministre qui, comme Skaftsbury, M. Necker on M. Roland, prend SOn point d'appui sur ta popatarité au lieu de le prendre sur la Constitution; ' nn tel ministre^ n'est pas un ministre; c'est on tribun au, pou-' voir. On no destitue pas un tribun ; il s'engloutit dans Télément inéme qu!!! a soulevé. Il ne retombe que dans les périls qu'il a suscités. Il n'est justiciable que de ses fautes et de l'opinion qu'il a captée, t^est donc à l'opinion seule qu'il faut s'adresser. Elle règne, vous le voyez h ses tempêtes ! Si elle ne se «auve pas elle-rfième, nul ne peut la sauver! ' ^ '
Considérez tout le chemin que nous a fait faire en six mois ce minislère : le trouble des esprits, l'alarme des intérêts, ,1a stupeur des affaires, les spasmes de la Bourse, l'Europe qui se retire et qui se compte vous le disent assez. Serait-ce déjà là Une des révélations de ce mot fameux qui étonna lé pays et qui fit ai'trislement riêfléchtr jes hommes graves? -r Aprèi moi^ pmtmrnèrA qui poim/-— Ah ! une nation dr treqtè.mit- Ifon^d'hoffMnes Kbres, qui s'appelle la France ; unè nation qqi compte dans' son sèiniant d'hommea d'intelligence, de vertus,' • dé pà'trieli«mev de ^otirage ; une natl(m qui peut, entendre dé mg^raid m panai! mot, mérit)^.;^.. tin'on le lui dise% Mail'
nous ne Tavons pas entendu de sang-froid, car nous sayioBSqu il contenait et ce qu'il dévoilait de désastres ! Conclusion : Je ministère a posé la question d'Orient avec^
tant d'imprévoyance « qa^elle né pent pas être acceptée niiiti , par TEurope.
9i Je ministère recnle, la poli.yqne de la France est désUo*
Dorée.
Si la France prend fait et cause poqr li» fiiotes^da ministère», la'gaerre.sans.alliés est certaine tèt on tard.
Il faut donc que le ministèie se retire on que la Framse se perde.
Cependant, après la retraite du ministère, la France ne seretrouvera pas, quant à la question orientale e* européenne» dans la situation où elle était avant le l*"" mars. Une alliance d'où son ministère l'a fait exclure s'est formée en dehors^ d'elle. Il faut qu'elle la rompe et qu'elle y rentre. Elle ne peut permettre qu'on traite sans elle de l Orient; mais pour qu'on puisse traiter avec elle, il faut qu'elle pose la question sur l'indépendance de la Syrie, g^yantie et protégée par la France. Là seulement est l'équilibre, là seulement est l'iion^ neur, là seulement sera la paix. Et si la guerre en sortait une iQis, nous aurions le choix de l'aliiance anglaise, de l'allianee russe ou de Talliance autrichienne ; c'est4i-dire que nous au* rioQs une guerre régiulière.et limitée;^ aa llep d'une guerre rêvôtiotionnaire et sans terme.
. Ç» n'est pas le ministère du l*' mars qui peut changer iiinst le terrain d'une grande négociation, si mal dessiné par lui* même. D nous a. mal engagés. Il est entre la paix et nous. Il doit se retirer par patriotisme. C'est l'arrêt de sa situation, c'est la nécessité des affaires, c'est le cri des choses. Mais si ce ministère renferme des hommes d'une haute valeur, point d'ostracisme, même pour les fautes du talent! Ne privez pas le pays des services, de l'ornement, de l'éclat qu'une grande intelligence peut lui rendre dans des circonstances rectifiées. Mettez-la en réserve. 11 y a des jours où le fc^i échaufièt il y a des jours où le feu brûle.
Je m'attends à toutes les injures, à toutes les colère^ 4^ aasailleni toiy ours tout homme qui déchi re le voile où M cache
^ vue maoftïBe ftitnatioD. J'y sois agneiri^ dans mi tenips oft loutéB les aqdaces ont été osées, il faut au moins qne ^ael^iie» uns aient aussi t'aodace de la.Térité. Si r<^nion i>àiUoiinéeon captée persévère à s*égarer Tolontairement jusqu'à ce qô» le retonr soit impossible, j'aurai dn mofns lavé mes mains^ des calamités de mon pays. ' '
O peuple qui veut qu'on le défende et qui se ligue toujours avec ceux qui le passionnent contre ceux qui le servent! peuple à qui on ne plaît qu'en le trompant! peuple qui no reconnaît la vérité que quand elle est passée, et les hommes que quand ils ne sont plus! tu dégoûterais de t'être fidèle si l'on pouvait se dégoûter d'aimer son pays et se décourager de le servir ! Mais que le passé au moins t'instruise ! jette les yeux à vingt-cinq ans de toi seulement, ouvre tes annales d'hier, souviens-toi que, depuis le commencement de ta < grande rénovation de 1789 , il y a toujours en deux partis dans le sein même de ta révolution et an deliors : loparti ré* formateur et libéral et le imrti agitateur et soldatesque « le parti qvi « tout voulu par la ifberté et pour ta liberté, le. purti qui a.tout voulii par la guerre etpour la guerre, le parti qûi a voulu les développements rationnels et pacifiques de^lé raison biimiaine et le parti qui a mis sur tes yeux te bandeau dota ^ire pour te-eonduire au despotisme populaire, impérial ou ministériel, à son profit. Tous les amis vrais , tods les fanatiques sincères de la révolution libérale, depuis Lafayette jusqu'à Fox y ont été du parti de la paix. Tous les hommes insatiables de pouvoir, tous les exploitateurs de circonstances, tous les dupeurs du peuple, depuis Danton jusqu'à PUt^ ont été du parti de la guerre. C'est là le signe auquel on recon- . naît partout tes amis de tes flatteurs. C'est toujours le même procès qui se plaidait en 1790 dans ton Assemblée Nationale. C'est cette même cause de la paix que ton plus grand génie politique défendait déjà alors contre ces vociférateurs de la guerre tfoi fouettaient là sang du peuple pour le faire bouillonner, tout comme aujourd'hui^ quand il leur lançait cette •pHrased'une si étemeUe application qu'on la dinût prononcé» a*hler : < Tous me citez Périclés,]|MMissant son pays à ta guerre pour établir son ascendant sur te peuple? Fériclés était ua
Mmi—l qui, Bacbmitllatlêr imfmflBiens popiMm et fàlfé I4>plaiidir à prôpoi par fies InrpewM on par relies de ses amis,
entraînait à la {guerre du Péloponèse qui ? l'assemblée na*^
Uonole d'AJhèiies! » ' '
O'iHques jours plus tard, Mirabeau couchait sn puissante ièle sur roreiller, en disant : « J'emporte avec moi le deuH de la monarchie! »
Puissent les hommes d'aujourd'hui, qui défendent l'ordre social et les progrès du genre humain dans la paix, ne pas dire lnent6l à leur tour : Le parti de la guerre trroropbe, et MHB empertons le jdeoH de la 11 l>erté 1
Écartons d'abord les dédains^ les railleries, leskijam. Cela*
easbarrasse les discussions. Le feuda vrai patHotisane fôiismne aisément tout ( ela. Heureux qui peut dire à une vérité quelconque : J'ai soulfert dans ma chair ou dans mon esprit pour toi ! Heureux qui peut dire à son [)ays, à la fin d'une carrière , politique* uième obscure : Si je ne tus pas un de tes sauveurs, je tus du moins un de tes martyrs ; voila les égratignur(»s ou les cicatrices que j'ai eu l'honneur de recevoir pour ta cause ! Quanta moi , je capsens volontiers à jC6 que le ministère et ceux qui le souHeiineBt me foulent aux pieds comiiie la pierre du cbenitn , pourvu ^ae cette pierre soît une pierre d'aehop**> peoMi»! sur Icfiir route , et ftmse dévier le char oè ils mènéitft kl France dt rBorojpe am hasards et à la eonfasioni
%\ cefMdaiit, je n'ai ni eof^fé M..TMers ni contre Wélié»' met-ikii rànitai<nalé avea§le et inln^li^eMe que leurs jourwm noé supposent. A l'égérd de M» TMonh on pourraitv «vee plas de fondement, rn^aconser dir «olntriiiie» le déteste le* rhéteurs qui entravent l'activité vitale des peuples dans été embarras de paroles. Les gouvernements de discussion ne
sont déjà que trop paresseux. Le monde se meurt d'oisiveté» Les idées sont en avant de deux siècles, et rien ne suit. J'aime ces caractères dont le ressort élastique agit et réagit puissamment sur. eux*iiièaies et sur les autres dans une boQDO voie. Bi. Thiers va au pouvoir et le pouvoir lui va. Et pqui^ quoi aui:ais-jede i'aoimosité contre lui? c'est un bpmiii«; en àvez-vQus donc trop? Je ne bajs de M. Tbiers que sa fausse et insurmontable situation. M. Tbiers ministre de la Gonstitution n'aurait pas de juge plus impartial et souvent plus prévenu que moi. M. Thiers ministre de la popularité, et nottt perdant pour, lui complaire, n*aura pas d'adversaire plus per« sévérant Qui ne voit quil s'agit ici du rôle et uou pas de Fhomme?
Quanta Méliéni<'(-Ali et à Ibrahim, j'ai appelé Ibrahim ua héros et je l'ai comparé à Alexandre. J'ai appelé Méhéinet- Ali un ^rand homme, et j'ai dit qu'il lallait proléfier en ^iJUP^'' It^" ^îerme de civilisntion bien précaire, mais enlin le germe qu'il y avait porté. Je le dis encore. Mais rêver de le substituer à Mahomet ou à Othman ; mais lui sacritier les peuples avancés, vigoureux , chrétiens de la Syrie; mais lui livrer le sang de la France et la paix dù monde, c'est la la folie et c'est là le crim^ conife lesquels» je ne cesserai de m'élever. /. ^\
delà dit, supposons un moment que je sois un homme du bon sens le plus vulgiure, et raisonnons.
^ J'avais dit à mon pays , dans mon premier article ; Le mî-^ nistère se trompe et vous trompe sur dèui points.
Premièrement, il croit ou il veut vous faire croire q^elà politique de la France est d'agrandir le pacha d'Égypte en Uû conquérant la Svyrie , en créant pour lui un empire composé de la moitié dr' l'empire ottoman, et le ujinislère prétend concilier celte pensée irréfléchie avec l'équilibre du monde et le maintien de la paix européenne. Je nous ai démontré que c'était là un piège ou uu rêve. J achèverai la dcmouslration tout à l'heure.
Secondement , le ministère vous dit qu'il a été joué , aïTronté, trahi en pleine paii, .en pleine négociation , par i'An^feterrè et par les trois puissances; que- le traité d(&
Londres, dn 15 juillet deroier , a été tramé à son insii , comme ime conJoratiOD diplomatiqiie oardie dans Tombre, çn hame ' de la France , et qne la France , mise en dehors de l'alliance enropéenne et offensée dans ses ministres et dans sa dignité de nation , doit prendre ses ministres sons sa^responsabillté et venger en eux sa dignité qu'on insulte.' Voflè' bien le lan* gage des organes avoués du ministère et du ministre lui-môme depuis un mois. Voilà bien le sens de l*a titude irritée et armée que le ministère donne à la France.
Je vous ai dit , moi : Rien de tout cela n'est vrai ; attendez quelques jours ou quelques mois, et vous verrez par Iesadç5^ par les pièces et par les dates, percer la vérilé vraie sur la négociation la plus téméraire dont les fastes diplomatiques puissent garder la mémoire. Vous verrez que l'Europe, danscette affaire , n'a pas joué le moins du monde le rôle provocateur que vos ministres sont obligés de lui attribuer ponr couvrir leur faute et pour ensevelir leur rèsponsabilflé dans tptre colère; vous verrez que, bien loin d'ourdir une. conjù-^ ration contrfe la France et de lui cacher leur système de piidfication en Orient, la Russie, l'Autriche « l'Angleterre n'ont pas ce^ un jour de dire àJa Francé.: « Nous voulons traiter ir avec vous, ndus vous attendons pour traiter ayeonous, noua « serions désolés de traitér sans vous, nous ne voulons traiter* cque sur les bases posées par' voqs-mAmen, c'est-shdîre sur « riotégrité réelle, sérieuse et garantie de l'empire ottoman. » Vous verrez que c'est le ministère du l''' mars qui a répondu : « Je ne veux pas traiter avec l'Europe sur cette question , « je ne veux pas entrer dans des conférences au sujet de l'O- « rient , j'accuse mes prédécesseurs d'y être entrés, je ne « veux pas que l'Europe se mêle de paciûer le sultan et son a pacha, je veux qu'on les laisse s'entendre entre eux comme a ils pourront, c'est-à-dire je veux qu'on laisse Méhémet-Ali « imposer la loi à son souverain et s'emparer héréditairement • de la moitié de ses états en menaçant le reste* »
Entre ces assertions. du ministère-et les miennes,' il fallait prononcer. Pour prononcer; il falfaitdes preuves. Ces preuves. Je sayais qu'elles existiaient, et je lés attendais avec confianee des notés, des mémorandum et de toutes les pièces èutlbeiH
tiques da ]»rocès éfplomatiqoe que dbtcmié d« pidumces apporterait k l'heure oà , prêt è comnieiicer les ho^lkés , on
s'explique devant les peupre« et devant les parlements. Je n'ai pas eu besoin d'atlendre si longtemps. Le mémorandum du 15 juillet a paru avant rheure. C'est un premier éclair de vérité qui perce les nuages accumulés avec tant d'artifices, et qui foudroie d'avance ceux qui les avaient épaissis. Après uoe telle pièce, il n'y a plus à discuter.
Qu'en résulte t-il? Que la France a été toujours sollicitée d'entrer en négociation avec les quatre puissances pour pacifier et non pour voir partager l'Orient ; que c'est le ministère du 1^' mars qui a voulu et accompli VisoUmeni de la Franié^ isolement dont il rejette rafrrontel Todieux sur d'autres!
Hais atteodez. Forcé sur cette poskion qu'il a^vait- prise pour intéressér l'epiDion à sa caase, le ministère eo prend une autre, el^, abandonnant |a qinstion de formes et 'de procédés , il lève la visière et dit : £h iiien! oui , ni la France ni moi nous n'avons été insultés ni trahis. Mais peu importe que faiedit ou non mon vrai mot aux puissance^; peyi importe qu'elles aient ou non négocié convenablement-et loyalement aveb moi , mon vrai mot , je le dis maintenant : Je ne veux pas le slalu quo que j'ai demandé. Je veux un empire arabe, syrien et égyptien pour Mèhémet-Ali, allié et protégé de la France. J'appelle cela l'intégrité de l'empire ottoman, j'appelle cela l'équilibre européen , j'appelle cela l'intérêt de la France, j'appelle cela la paix en Orient. Suivons un moment le ministère sur ce nouveau terrain , et voyons comment il s'enfonce plus profondément encore souç ses pas.
D'abord un mot. Je coofesse que j'ai un désavantage et un tort iinmensé aux yeux des politiques de basiard^ J'ai une pensée, une pénsée qui domine et qui éclaire pour moi toute affaire. C'est un malheur. Cette pensée, la voici :\
.Dans toute question de haute ou. de petite politique, je crois qu'un* honune d'état digne de ce nom « ic'est-è-dlre un ffuidif de peuple,, un eùopératew de U Fm^sidmcB^ JàxÂi se préoccupér de deux points de v^. Le point de vue du genre humain d'abord, et le point de vue natiohal ensuite. Ou plu* tôt que sou regard doit converger vers cës deux points de me
à la fois. J'ai la faiblesse de compter llntérêt de rhiimanité pour (|iiolqiie chose. Je suis homme avant d'être Français, Anglais ou Ku;*sc,ots'il y avait opposition entre l'intérêt étroit de nationalisme et Timmense intcKM du «zcnre humain, je " dirais, comme Karnave : Périsse ma nation, pourvu que l'humaiûté triomphe! Mais c'est là .un saint blasphème que rhomme d*élat n'a heureusement jamais à prononcer. Lct |!jBtriotisme vrai est toujours d'accord avec l'intérêt de riio^ manité vrai. Tout ce qui est réellement utile au moode est profftable à chacune de ses parties. . ; • J. ,
Or^ ^uel est f intérêt de rhurtianité dans la question d*Ôriênt^ Je le di^ d'un mot. Je ne lê protiVe pas, Je l'énonce. C'est ' • que' les restes sans vie de rislaraisme, qui embarrassent le terrain le plus productif d'hommes et de choses, soient non pas vfolémment, mais naturellement vivifiés par des populàtions plus actives, qui s'y fassent place sans l'étouffer. C'est que les Ottomans, réduits anjourd'liui à une po[)ulation de trois à (jualre millions de Tiires au plus, ne possèdent pas le vide sursoixafito mille lieues carrées de (erre et sur cent mille lieues carrées de mer, C'est qu'ils laissent rOccrdeiil se rejoindre à l'Orient comme d.ins les beaux jours du monde romain. (Test (ju'ils laissent l'Europe tendre sa main, ses lois, ses arts, ses mœurs, ses industries, son commerce aux quinze ou vin^jt peuplés nouveaux qui se montrent sur les débris di^ cet empire. Ç'est que la Méditerranée, le grand lac^ non pas ' français, aôn pas an^/a/>/mais europé^n^ tneis infemaiioûal, redé vienne le tliéâtre et le véhicule d'une incalciilable circu-r lation de commerce et didées. C'est enfin, ët en seconde li^ne, que l'immense empire indien ét la Chine, rapprochés, de cinq mois de route par Suez ét par la découverte dela^ vapeur, se renouent à l'Europe par FAsié Mineure et par' l'Afrique, et constituent ^insi la . grande unité' de runiv€|rs politique, industriel, religieux.
Si cela est vrai, qu'y avait-il à faire en 1838? (ju'y avait-il à désirer et à favoriser alors de concert avec l'Europe? C'est que l'empire ottoman, qui s'écroulait aux trrds quarts, s'écroulAt {iraduellement tout à fait; c'est que l'Iùirope, au lieu de lui dire i semblant de vivre et représenle encore une
l^barie légale quand tu »'eft plii# qsCwe omiNra» kii dit : To 9''es.plu8, tu D*es plus du lookii Miei p«9d' fMmr.tMur taol d^espoce et écraser tant de raoea iMMwUiiea; ôm» ne vouloiie IMS t'achever, mais Mttta aeMwe» paik^hai«éa de te raïaw^
qter. N'occupe pliis.déflômiais que ta vréiè placer Ifenm m paix, tâche de revivre en te modifinit* eà»|p rewMifelant dana la sèvct fbmmuae. "Bt voiis^ popu l a ti ea a neovM, de.l» piéditereanée et défies, ¥ala4m>Moldav<es, Seryien»; Bulgares, Gfec9« AreliiBa, MaroniMs, âménieea, Ch^tîens, Is^ raélites, levez-vous! nôus alloua ¥008 aider, vous grouper, vous patroiiLT sous la ;^araritie de l'Europe. La Turquie presque entière va deveuir, sous un protectorat politique de l'Europe, ce que sont la Yalachie et la Moldavie, ce qu'est la Grèce continentale cllc-mènie sous le protectorat de la Russie, de l'Aui^leterre et de la France, (/est le ffouvernement de Rome sur les Barbares. C'est le gouvernement naturel et nécessaire de tous les empire^^ épuisé.*^ qui se démembrent, et de tous les peuples mineurs qui se constituent* C'est la tran» sition providentieUe entre rien et quelque chose. '
' jbans ce système, j.'ai démontré vingt fois que ce n'était ^ en Grèce, ni à Gonstantinople , ni en Ëgypté. que la France letion la moins îht^resaée, était appelée à prendre sa part à ce aystème ; nais qoe c'était en Syrie et au centre de TAsie- Hineure. î
Je n*ai pas place ici pour entrer déns .les oonsidérétiMs larges , qui démontrent que ce n'eût été ni la guerre ni onc^ position insignifiante ci^oie on ledit.
Une intervention loyale au profit de Tintéorrîté de l'empire n'eût pas plus été la guerre que l'intervention des Russes à Gonstantinople en 1833 n'a été la $ruerre, pas plus que voire intervention à Ancône ou à Anvers n'a été la guerre. C'est une interveutiou,.un fait acquis «ur lequel ou traite, et voilà tout.
£t quant à une autre position en Orient à prendre par la France, dépliez la carte. Il yen a quatre : la Crèce, CoftSlan?-» tinople, la Sjrie et l'Êgypte. L,a Grèce? Qu'en feriez-vousTî placés entre l'i^tridie, appui idéographique et naturel des; poputotHms adriatiqiu^.et servijennea* vous paralyseriei rA»*4
triche sans peser comme elle sur la Russie par le Danube.
GonstantiDople? liais la |ner Noire étant rosse, et l'Antricfae €l l'Angleterte tous pressaDt par la Turquie d'Èmape et par la mer, Toua y seifes prisonniers. Ce serait on giorieax eadiot.
L*Ë^ypte? pk» impossible encore. Je l'ai dit, et tous en convenei tous ?ons-mèines, l'Angleterre fera brftier sa der» Bière ▼oilé avant de permettre que la puissance' française loi ferme directement ou indirectement Suez. N'en avez-vous pas la preuve? Vous n'avez fait que prononcer le nom d'un empire syrio-rgyptien, patroné par la France, etdéjà l'alliance anglaise se déchire, les coalitions se reforment, )e monde est ébranlé, la France court aux armes .
En d'autres termes, la Grèce est un non-sens pour qui ne possède pas l'Italie ; Constaniinople est un non-sens pour qui n'a pas la mer Noire ; TËgypte est un non-sçns pour qui n'a pas la mer Rouge ni les Indes,
Or, je m'adressa .à tout ce qui raisonne, et je dis : Puisqu'il est géo^praphiquement et politiquement démontré que des quatre positions que nous pouvions prendre en Orient trois ' sont radicalement imposstliles; poisqué tout est inensongie ailleurs, on était donc la vérité en 1838? Elle était oà jé l'ai placée, dans le centre de rÀsie-Mineure, 'positio^ d'équilibre a*tl en fut jamais.
Mais nous sommes bien loin de là aujourd'liui. Marchons silr les faits actuels.
La chambre, nu mois de juillet 1839, adopta un système qui menait à de moins grandes choses; elle adopta franchement le système du sfaiu quo ou de l'intégrité de l'empire ottoman. J'y adhérai moi-môme. A défaut de grandeur, c'était au moins de la raison et de la loyauté; c'était un système sans gloire et sans avenir, mais sans honte et sans danger. Des hommes d'état pouvaient le signer honorablement avec l'Europe, car c'était la France qui le demandait et l'Europe qui l'accordait; c'était une route facile et droite, tonte tracée à des négociateurs de bonne foi« France et r£||§»pè disaient piff là k l'empire <|es sultaois.: Nous vous prfbons sous notre gnrantie .collective» vous entres dans la familte des pulsr.
— trr —
sances légUfmes , nôas reconnaissons notre faute de 1^»: nous noQS repentons de Navarin^ ce coup de canonfde la fattr lité qae personne n*a tiré, et qni est parti,toi|t seol pour anéantir votre flotte et dépecer la Turquie. .
Voilà quel était le sens vrai du statu ^(r vôûlu et proclaiâ par la ichaBlbt]é; c'était la légitimité ottomane et la paix. Maisun iniBistèréîaouveau est venu, qui s*est permis d'interpréter tout autrement la décision de la chambre, qui est allé chercher delà faveur populaire et des difficultés inextricables en Égypte, et qui a dit : Mes prédécesseurs étaient des hommes timides qui se contentaient de l'égalité et de la paix avec les puissances. Je m*en vais faire un tour de force diplomatique qui les repoussera dans l'ombre et qui fera de moi, à l'aide de quelques démonstrations belliqueuses, l'arbitre unique de l'Orient et l'escamoteur de la moitié d'un empire. Regarde/moi bien! je vais faire accorder la Syrie jusqu'au Taurus en souveraineté héréditaire au pacha d'Ëgypte, je vais en faire un sultan au petit pied, sous la suzeraineté du l*' mars. L'Angleterrè va bien trembler derrière sa mer Rouge 1 La Russie, va bien àémbler derrière Constantinoplel Le tour de foroa^ a été'tëhté, et il a fini par ce que vous voyez, par le plus cruelÇiiix pas que la diplomatie française dl jiiii^ lïuropeî....
le db le plus cruel faux pas que jamais lé diplomatie française ail fait devant l*Cnrope, et je le prouve. En effet, daî*; gnez examiner le dilemme que je pose devant le ministère. "
Cedilemne, le voici : au point où le ministère a mené les choses, ou il fera la guerre ou il fera la paix.
Si le nrinistère fait la guerre pour constituer l'empire annexe syno-cyijplien, c'est la guerre sans alliés, c'est la guerre sur mer et sur terre, c'est la guerre de coalition , c'est la guerre de propagande et de principe , c'est la révolution galvanisée au dedans pour montrer son spectre au dehors; par conséquent, ^ifné crise de. vie ou de mort pour le nionde entier» Pourquoi? pour une impossibilité en Orient! ' , ^ ,
ISi le ministère fait la paix, c'est-à^ire si l'Europe , ptua sage que lui, tout en lui refusant la Syrie héréditaire et soi|; empire' arabe, consent à lui laisser pour quelques jours je ne
sais quoi prétexte de satisfaction pour sauver tant bien que mal son honneur, arrôtez-vous et considérez quelle paix sera cette paix. Sera-ce la paix de 183 »? Sera-ce la paix qui suivit le partage de la Relgique? Sera-ce la paix dont M. de Talleyrand signa le gage dans la quadruple alliance? Sera-ce la paix de 1838? Sera-ce la paix du statu quo oriental, s'il eût été tout de suite et loyalement accompli par un ministère sans arrière-pensée? Rien de tout cela.
L'Europe était hét^itante et désarmée; elle s'entend et elle s'organise. La quadruple alliance , dont l'alliance anglaise était la base , est désormais déchirée. Vous avez démasqué contre l'Angleterre un dessein étourdi et impuissant dont ni wighs ni tories ne vous amnistieront jamais : le dessein de fonder un empire non plus musulman, mais arabe, qui coupe en deux la politique de l'Angleterre et son commerce. Elle sait bien que c'est impossible; mais l'impossible même, quand c'est une menace, provoque et irrite l'animosité d'une nation prévoyante. Vous avez contraint l'Autriche, par votre politique comminatoire, et en montrant hors de propos l'ongle du lion révolulionnaire prêt à s'ouvrir sur l'Italie, vous avez contraint l'Autriche à oublier, pour un demi-siècle peut-être, ses intérêts anti-russes sur le Danube, et à se serrer de nouveau contre l'Angleterre, la Prusse, et contre la Russie même, dùt-elle être froissée par le contact du colosse. Enfin vous avez accompli, par votre fausse situation sur l'Égypte, l'œuvre antifrança se que ni les premières terreurs de la révolution de Juillet, ni la révolution belge, ni la révolution italienne, ni la question espagnole , ni la question d'Ancôiie, ni la question du Luxembourg, n'avaient pu accomplir contre nous : ujie quadruple alliance entre les quatre grandes puissances constitutionnelles ou anti-constitutionnelles en dehors de vous. Un terrain commum leur manquait ; vous le leur avez obligeamment fourni pour s'y entei»dre, s'y voir, s'y combiner et y rallier au besoin toutes les rivalités secrètes et toutes les haines sourdes qui fermement dans le monde contre nous. Oh ! que la Prusse et l'Autriche et la Russie vous doivent d'éternelles reconnaissances, et que le jour de votre avènement sera un beau jour dans les annales de leur diplomatie àlongue vue ! Ce
que dix ans d'ébranlement du moiuie n'avaient pu leur donner, vous le leur avez donné en trois mois de jactances : le lien qui leur manquait à toutes, le nœud qui devait les relier en un seul système contre vous, l'appui et l'indissoluble amitié de l'Angleterre. Ce n'est rien encore : pour que cette paix fût pins menteuse, pins ombrai^euse , plus semblable à la {guerre, vous avez constitué ou vous allez constituer cette paix armée ou cet armistice du monde sur une prétention d'empire syrioégyplien qui sera s^iis cesse en question, sans cesse en convulsion , sans cesse en ft^u , et qui , menaçant à la fois tous les jours le sultan, la Russie et l'Angleterre, ne laissera pas une heure de sécurité à vos intérêbi pacifiques. Il ne se tirera pas un coup de fusil en Syrie, dans le Liban, à Hamas, en Arabie; il ne tombera pas une pierre de cette vieille ruine ottomane ou de cette ruine recrépie de l'Éj^ypte, que la Fraru e n'en soit ébranlée jusque dans ses fondements! Et vous appelez cela une paiv? Quelle paix! Jamais le monde n'er» eut une pareille. Ce ne sera pas la guerre, niais ce sera une paix qui sera toujours la veille de la guerre. Lequel vaut le mieux? La France vous le dira dans dix ans.
Ministres du l*""" mars , h<'silez enfin vous-mômes ou devant une pareille guerre ou devant une pareilh; paix ! Laissez nous voir devant nous si nous ne découvi irons pas quelque route qui nous ramène au point où vous avez reçu W s affaires !
Une autre route? Eh! mon dieu, elle était toute dessinée par le statu quo. iNous n'avions qu'à signer ce que nous a\ ions écrit nous-mêmes : l'intégrité de l'empire et Mélu-mel consigné en Égypte. Fout était dit.
Mais je ne veux rien dissimuler, ni à moFï pays, ni à moimômc. La signature pure et simple du st^/u f/yo, qui était possible et honorable avant votre avènement aux aiïaires. l'est-elle encore aujourd'hui? Je ne sais. Vous avez compromis, en l'aventurant, la parole de la France par vos uUhnaiHm et vos refus de négociation. L'Europe menacée a signé une quadruple alliance suspendue désormais comme une arme dans le fourreau , mais comme une arme sur notre tète. La France est seule, comme vous avez voulu qu'cl!:» fût. Vous avez déclaré pendant cinq semaines au monde et à elle qu'elle avait
été jouée , affrontée , trahie ; je sais bien qu'il n'en est rien » raais vous êtes son gouvernement et vous l'avez dit. Vous avez réveillé ce qui ne dort jamais en elle, les saintes susceptibilités de l lionneur national ; vous avez inquiété et surexcité son patriotisme; vous lui avez montré ses armes, et quand elle les voit, elle ne voit plus rien. Les cendres de Napoléon vont arriver toutes chaudes , et semer partout sur leur route ces miasmes de gloire si contagieux pour le sang français. Vous êtes entres au pouvoir d'assaut , vous y avez entraîné avec vous, par la brèche, une partie de cette presse de toutes les oppositions, qui vous avait aidés à l'escalader; vous êtes l'opposition dans le gouvernement, l'ennemi dans la place; vous possédez presque tous les organes de la parole périodique, les uns parce qu'ils ont été vos complices , les autres parce que vous êtes le pouvoir; vous donnez à la fois, du haut d'une position ministérielle unique , un mot d'ordre aux factions de l'opinion , mot d'ordre que les organes du gouvernement servent à porter et que vos ennemis eux-mêmes ont la faiblesse de répéter au pays. Il n'y a pas une mauvaise pensée qui n'espère secrètement dans vos fautes, pas une timidité qui ne vous serve. Vous êles très-forts pour troubler la France, impuissants pour la mener ailleurs qu'à sa perte. C'est pourquoi les hommes d'ordre et de paix redoutent tous d'aborder après vous un pouvoir dont vous avez fait en six mois un trône de diflicultés! Le chef-d'œuvre de l'esprit de vertige en matière de gouvernement, c'est d'avoir poussé les fautes jusqu'à ce point où elles deviennent irréparables à nos successeurs! Ce chef-d'œuvre, je tremble que vous ne l'ayez accompli! Oui , on appréhende de vous succéder, et cependant il faut qu'on vous succède. Il le faut, car vous avez conduit la France à deux extrémités également inacceptables : la guerre universelle si vous persistez, l'humiliation si vous reculez. Car la • paix digne, la paix le front levé , la paix loyale, vous êtes les seuls désormais qui ne puissiez pas la faire. Une paix faite par le ministère qui a prononcé le premier le mot guerre; une paix faite par le ministère qui a évoqué comme arme extrême le mot révolution; des conférences réacceptées, que dis-je' proposées peut-être avec les puissances liguées et armées, par
itu miiMre qui âlwftMé .In eoùîét^k^' 9/990 l'EÎirope Ututr- VéllIaDte et cmie ; an congrès roti?eit ft' ^ieptiie par le roims* tère qui n'a pas ?OQla^e congrès i LoDdres;/àrf accommodement où ?0Q8 recoleriei de toot on empire dâini Je Lavant et de toute une maniféstation nationale en Franco^ tin§. pareille négociation pourrait faire momentanément posérlés* armes à tout le monde, sans doute , et substituer à la guerre • : J" « ouverte une guerre sourde et chronique; mais la France, ' *J /pacifique elle-même , n'en voudrait pas à ce prix , car cet état s'appellerait paix pour le monde et honte pour notre pays. Il y aurait là un tel démenti donné à la France par son gouvernement , il y aurait là un tel oubli de vous-mêmes et de la dignité nationale , qae je rougirais d'en soupçonner même des ennemis. U faut la paix au monde ; mais tous êtes, .entre le monde et la paix ! , '
* £b résumé :
Leministère du l*' mars freça la question d'Orient «irles iMoes dutnauguo, et morcliantà une solution pacifique, fla adopté des bases nouYelles en contradiction arecle vobù forlnêl de la Gliaiidwe , et avec toute possibilité de paix honorable en Europe. '
Il a trouvé des né^istions pendantes et des conférences ouvertes à Londres; il s'est retiré des conférences et a décliné les négociations pendantes. Au lieu du sfatu quo et de l'intégrité de l'empire , il a manifesté la volonté formelle de donner la Syrie au pacha , et de constituer un second empire ottoman à la place de l'empire reconnu par nous et par les puissances.
Par suite de cette saccade diplomatique » il a brisé ou violemment relâché railiance anglaise , notre seule alliance.
Il a fait conclure à Londres un traité entre les quatre puissances , baie d'une coali||od permanente ou éventuelle contre la France*
. Il a r^fé la France dans rif^m^f d'où le chef-d'œuvre de là diplomatie déceimalé de M. de îiAleyrand avait été de la faire sortir.
H a, parcét iM^MMfi^, aigri le patriotisme et rennié les cendres du volcan de 17^. tJne nation nôlée isst nécessal* lement une nation ombrageuse et armée;
l\ a livré l'Aiskpf r\(rftte'à ractiou unk^ et désormais eo» iMoée de l« l\u%b\e èlcte l'Anf^letem, <|«eDûti3ef»iili(|ieiiaÉir (fe^^sîw et d'équiJibrer.
ftjmégMttè'à <iNiii»4i>aiiUioostlëe levées d homm^Mi Um ài$ u^ifidm afee ka ootoi el la panpAt ée la FraBce.
' * li a anlevé ceal vaoft nilte^oimeniA rafnflQttm, à Plsr
datfne, 4tti.ra»ltlta* • Il a !HMH^eniiMB«léfttfirt
d'affaires.
* U a tait solder à la Bourse*, I^P les 06ciilaii4»(i6 désoritHéâ»-
^ crédit , pour plus de ciuquaiite raillions de différences.
Eufin, il ftjUMkuii d uue guerre saos ailiés, sans cause et aiiiH^ fiA ;
Ou à un traité de tous contre , c'est-à-dire à un armistice de l'Europe placée .aiosi par lui sur Uo qui vive éteniel eavers la Fraoce.
Voèlà littéralement la négodulioii de Londres et la négocia* tîfMa de Vieune (s'il y a nm nét^ociation à Vienne). Voilà
elWéerir» haa, npinaa Y a i f nwtp » ka pom de ce«& 4|qî J'oBt dhîgi&a. ..
St alleécrirà phia bat, paw Tiiialracactt daafcnpiaa : Voili
qM^'ont coûté à la Finança «t au mada six ara^a é^iaimniir tère imposé pap f enfètemeat des oéiorltéB ^ et aouteou pwii dictature du journalisme! . •
Et elle érriru encore , pour leçon tardive aux hommes d'état, ce mol qui résume à lui seul toute cette situaUoii et toutA cette négocia lion : Popularité aiix affaires!
J'ai (lit, uon pas toute ma pensée^ mnis une partie de ma pensée sur la négociation et sur le ministère. Je m'arrête.
Je sai> que les organes du ministère m'accusent de la dire Icophaut, et voculBiâûnt qu'aucune voix importune no troo^. blât le silence des oppositions et le mystère diplomatique. qii s'aceompHt. Ils iacnJpettt man palrietiaiiie. lèn palnotisBireD dalMH»d^ vmia jiiléréÉsde la palrlè?d& palnotiame qpiidMne à on ministère le tenjpa'da reB^Bgéretde'IetaaifoaiMtlmt
Diyilizea by
. jè ne h eonnais pas. lé conmfe Mb* ^té p&irUHm$. éimU, qai consiste à fiiire gronder 4es mots sonores dans des phases iïûes, à jouer a-vec ce sentiment sacré, dernière raison da» nations, qni letf sauve encore c|uand tout est perdu, àgalvpr niser el à comprimer périodiquement ,^ trois fois parseroame,. ces saints bouillonnements de l'esprit public, selon «fu'on a besoin éecofère pour menacer ou d'apathie pour endormir. Cette tactique coupable des publicistes d'un cabinet qui profane ce qu'H y a de plus sérieux au monde , non seulement je ne la sanctionne pas, mais je Taccuse. Ménagez, respectez cette fibre irritable et toute puissante d'une nation ! Le patriotisme d*un fçrand peuple, c'est quelque chose à quoi il ne faut pas toucher légèrement, ni tous les jours. Combien de fois, depuis six semaines , ces marseillaises avant l'heure n'ont-elles pas fliit renir sur mes lèvres ce mot célèbre de Charles i*"' au corieui téméraire qui examinait de trop près le traociiant du glaive sous lequel sa tète allait tomber : « Ne.teuctm pas à lu bâche , Monsieur, vous- pourriez Pébrécfaer I •
Je démontrerai » dins un prochain article , qu'en domiant la Syrie à Méhémet-Ali « la France livre VAsIe entière à la Aussie et à PAngleterre, et combat pour se déshériter elle^
même de toute action et de tonte possession datis ce continent ouvert par la Providence à la légitime ambition de l'Occident.
La France est-elle un pays où l'esprit public soit assez avili pour qu'on puisse tout oser impunément de>ant elle ? Ou bien la France est-elle un pays dont les insliluUons re-
(<) Eticort* une fois , rien i\o ceci ne s'adresse aux portonncs. Je respecte les homiDcs.j'dUaque les tuiitis rest. Je parte uns haine, mauafec la liberté d'au boit didyea qui voit perdre ion pays.
présenlatives sont assez perverties pour que sonjgouverne7 ment puisse traiter d'olk', chez elle et sans elle? *.
Voilà la question que s'adressent tous les matins, en s*abordant, les citoyens humiliés ou effrayes, qui n'ont pas encore courbé la té te sous l'audace delà dictature et spu^ ie déQQ^rsh gement du patriotisme.- , /
Dépuis deux mois, le ministère, et quel qajnistère I nistère l)igarré, issu de quatre opposiRoiis différentes, un mi1||^tère qui n'est sûr ni de sa majorité ni de sa propre pen^
Qit ministère qui n'a mandat que de lui-même, ui|. minia- . tère qui est obligé de se palper tous les matins çt de demander:' «Qui ést-cé que je vais représenter aiyourd'hoif 'Serahee la popularité on la couronne, le compte-r^ndu ou lies lois de septeitflH^ f lesoUTenir napoléonien od la liberté de Juillet? la gauche que je flatte, le centre jïauche que j'endors, ■on les conservateurs que j*amuse? » depuis deux mois, dis-je, un pareil ministère tient la France comme asplijxiée sous la menace du plus rude choc qui ait jamais disloqué l'Europe. Le monde se range en bataille; à peine sait-on pourquoi! Les affaires sont si désespérées et ont tellcnicnt échappé des mains des hommes d'état qui devraient les conduire, que notre ambassadeur à Londres jette lui-même le cri de détresse et confesse tout haut que tout eàt désormais à la merci ■ des incidents et des subaltcrnfs ! Cela veut dire en bon franglais que le sort du monde est au basard. Entio le ministère fait des levées d^hommes, ordonnance des. centaines de ii)ll^ lions de crédits extraordinaires et nous fait pressentir un nouyel' ordonnancenient dé deux à trois cents usinions, «u ' moins pour cerner Pari». Le créjdlit public est tojmbé au-<Iessous des jours de tempête^ c'est-à-dire plus bas qu'une févoiQtlon ne le fit descendre en luillèi 11 n'y a plus de budget ; il est, comme le reste, en dictature. Ce dernier homme et ce dernier écu, ce n'est plus la France qui les donne librement, volontairement, glorieusement, pour son salut ou pour son honneur ; c'est un homme qui les prend, un homme tout seul, un homme qui n'a, lui, ni Irône, ni dynastie, ni hérédité à perdre, mais qui signe hardiment à son réveil ses rêves belliqueux de la nuH 1 Le peuple paiera. Le budget, c'est
moi ! La presse applaudit, le parlement est consigné à la porte; et afin que rien ne manque à la dérision, cela s'appelle l'omnipotence parlementaire !...
Ce n'est rien : le ministère tient dans sa main la paix ou la guerre, c'est-à-dire le sang de quelques millions de Français ; il ne daigne pas l'ouvrir aux regards du pays légal. Le ministère est au pied du télégraphe. 11 peut, d'un signe, allumer le monde par un coup de canon mal tiré en Orient. C'est notre sort à tous qu'on joue dans ce cabinet. Le ministère n'a qu'à étendre le bras. La France entière voit cet homme, regarde, se tait, et ne lui saisit pas le bras pour voir au moins ce qu'il a dans la main !
Mais la France est donc un pays plus muet que la Turquie» plus garrotté que la Pologne ? — Non , la France est un pays libre et représentatif; elle règne et gouverne, comme vous voyez I Elle a une chambre , deux chambres , des électeurs, une presse politique, et elle se lait! — Mais la France joue donc une grande comédie avec elle-même? elle se moque donc de ses institutions? — Non encore ! — Mais alors son gouvernement se moque donc d'elle et de ses institutions? — Peut-être ! et si vous ne pouvez pas le croire, c'est que le vrai passe quelquefois le vraisemblable , et que l'indignation des hommes de cœur ne peut pas s'élever à la hauteur d'une telle audace, ou descendre à la profondeur d'une telle mysti- ,Ocalii)ii I La France apprend à ses dépens qu'il y a une dictature plus hardie et plus lourde que celle de la royauté ou des chambres; c'est la dictature de ses passions. Une passion personnifiée, c'est un tyran dont on a honte, mais c'est un tyran.
Uegardez! on ne vous déguise rien; on dit tout haut aux, chambres : « Restez chez vous, vous me gêneriez ! Vous vienadrez quand tout sera décidé et irréparable ; quand le sang a aura déjà coulé peut-être ; quand j'aurai porté à six cent « mille hommes une armée impatiente de gloire ; quand j'aua rai soulevé, au nom du):>éril public, les gardes nationales «mobilisées ; quand un million sera déjà ordonnancé ou proa mis a toute cette partie de la nation qui a soif de curées et «de gaspillages ; quand enfin vous prononcerez vos paroles •
«de nim et de paix t» Aice #iine ttiBéénrrrgéeeit batiilfe € et d'une mtfeu ammée pof m nhràm, dans ces mo»- . € ments terribles où tout conseil sage est répété trahfsdn par «le peuple! Veflè la Merté que Je von» fais ; vailà la tribune « que je foo» prépare et les applaudissemefits que je voua pronets î...»
Si nom étlon» monarchie^ h nation appartiendrait av mcf- Barque. En jouant sen trône» il joirerâît raventr de sa famille; en pt^rdant son trône, H perdrait son patrimoine d'hommes et le patrimoine de ses enfants, f! y aurait là quelques gages, quelques f^aranties. Mais ces hommes dont le patrimoine est de la gloire, et qui ont la fortune d'un nom à faire, où est leur responsabilité? Quelqu'un vous l'a dit récemment, dan» an mot qui est une révélation : ils ont à (gÊgntr une ligne et demie pour hur nom dans une histoire uni' verselle ! Une ligne et demie ? Cela vovs paratt>ien ropdeate ; eh bien ! c'est a%'ec cette petite ambition qu'on perd son paya et qv'oa beoieverse l^nrope I
' Si mms étfena répaMfqiie, fti convention nationale serait en permanenee; Les conseils, composés de tous les hommiei qni
• dominent rassemblée eVqor expriment on les opinions ou le» •paseioiis des masse», seraient réunis nuit et jour ; le? comités diplomafIqueelrmiRlaire eonummiqueraient tontes les heùrea Ves renseif^emenis , les propositioîts, les notes des gouvernements qui né{^0( ieiit ; les généraux seraient appelés et diraient le nombre et l'esprit des troupes ; les conseils prendraient des résolutions en conséquence. Ces résolutions seraient apportées au grand jour de la tribufie, et discutées en face du pnys. Le pays saurait ce qu'il veut ou ce qu'il ne veut pas. Il étendrait sa main toute puissante sur les affaires, et écarterait violemment ceux qui les lui cachent. Si la nation faisait une Ibtie, ce serait une folie nmtiona le ; si elle faisait un crime, ce serait q.n .crime à et!c. Aujourd'hui, la folie ou le crime d'un aeul ho.ifrme sera la folie ou . le crime de la nation. Voilà la ^ dlfi^rence iCest legottvemement raVaié^à là p^opor(ibn*d^ltl inditidtt, c'est le pouvoir absolu moina lé Roi, c*est le. poa-
. Mr populaire. moiiis*le peuple. Cela n*ardeiiofli dans aaccme langue politique!
«tu, portiil, aritotoYIir \ i; >
« Dm», le em ^«m jpMm ioHBiMWUr, te- cêijpl^ IfigfiMf €^|Mriloiigenr m tin tto te» flw vanme» amvtamées, et
•t&fawiiPi^ tophstogiKet I» pins petriotiqaê ^ifcuisioif dent te ■Éirtii» i'iwiiii peufrie aient ffifAft I» némeffe. Ton» le»
gramte géniet, tond les grand» caractères, toutes les gratides^ payions, tous les grands vices de la France semblaient avoir été groupés à pkisir par la destinée, pour donner, snr cette avant-scène de la pérolutioo française, le plus ^rand (irame de raisonnements, d'éloqueiwe et d'action donl la nation pût s'honorer à sa renaissance. Maury, Mirabeau, Cazalès, Robespierre, Lameth^ Doport, Dupont, Malhouet et tant d'autres se renversèrent pendant neuf jours de la UilNine. L'Europe «■tieiie était. «Keutive, et elle écoute encore ce» nragnifiiqQie» discours aussi impérissables par le talent que la question est impérissable parMi ialérél. P« fiioi a'agMaailrilt de sffvoir ii^«.(tErl«iiatiM» m da Roè,appartifli<tniit le*dMt deftfte lai pu «àla gneml mraèMi, IncMraptièle par Pèspiil, maft corruptible par ses passions, avait vm d ta - la f€ffle son* génie à Inomir» etla-lfmit oe |oBr-Ui. n parla conoie-vons agissez. M préléMjr je* ne sais i|«elle sagesse occttUc die» cours et des eÊàmM>, cenpietaiilt dans Tombre et engageant peuples à leur insu, à cette diplorwatie des grandes nations, parlant tout hauÇ à leur tribune et s'expliquant au grand jour, en face d'elles-mêmes. Les chancelleries l'applaudirent, riuimanité le silfta! Barnave, qui commençait à dédaigner le rôle facile de tribun pour le difficile métier d'homme d'état, parla en défenseur des droits du genre honiam et fit. triompher avec lui le droit dn peuple. Il démontra qne* livrer à ims ministres le droit d'engager 16 nation dan^ dne guerre m^me partielle; c'était déshériter la nationd^sen'premîer'dnoitsm'elle-mémr. li eite* de» mMlers d*eiienip)e» de peuples dbnf le sangavalt été Bkmï* pradigtté' pur leur» nrinisliie»; TAngléterré, entfe ÊnÊPBêi malisré Ifitâ NortR^ obligée, pendant sept ans, <te feiMr»eB»BulMide8*è'Uoe'giierren30imnei^
et que la nation détestait, a Je vous demande, s'écria-t-il, si, « lorsque la guerre sera commencée, il nous sera possible de « déclarer en temps utile qu'elle ne sera pas continuée? Soa- < yenez-vous, fljottift-4>il, que lei gou vernemeots sont presque « toujours pour la guerre et les nations pour la paii I.Sachei € qu'il est de rintérèt d'an ministre qu'oo déclare la guerre,
piiee qu'alors on est forcé de lui attribuer le maniement € dqs subsides ImmeiiM dont on a hiMoiiiMi.fmt$fm^9lmiiok
autorité est augmentée sans mesure. H ciéiMljas € salies, il nomme à une multitude d'emploi|ibifi»4.ÀMi^ « habilement la nation à préférer la gloire des is ï sn iH éUs « liberté, il change le caractère du peuple et le dispose à l'es-
«clavage ! L'expérience de tous les peuples a prouvé que
a le meilleur moyen que puisse prendre un ministre habile « pour ensevelir ses fautes est de se les faire pardonner par
<^ des triomphes! Quand on ne peut plus rendre ses
« comptes, on met le feu à la Grèce et voilà la responsa-
bililé! »
A la suite de ce mémorable débat, on vota à l'unanimité l'article premier; le voici: a Le droit de paix et de guerre € appartient à la nation. La guem ne pourra être décidée que « par l'assemblée nationale. » >
Voilà où étaient nos pères, il y. a un demi^iècle. (Mi eâ étes-vous aiyourd*bui? Vous le voyec. Vous en èt^, fous nation libre, nation démocratique, nation de 80 et de 1890^ Yoûs en êtes à ouyrir anxieusement tous les matins votre journal pour savoir s'il a convenu ou non à un conciliabule de sept hbinmes, enfermés dans leur cabinet à Paris , de lécher la guerre sur le monde et d'engager vous , vos fortunes , vos enfants, votre sol, vos générations nées et à naître, dans une lutte dont ils sont les arbitres et dont vous êtes les victimes! En face d'un tel scandale impuni , appelez-vous encore une nation représentative, un peuple souverain ; il y a derrière la toile un mauvais génie qui en rit et l'histoire qui en a pitié 1 .
Les journaux disent: C'est sage ; nous craignons la tribune. La tribune, dites -vouç, est^elle plus bruyante que la presse? et cette presse, demandez-vous qu'on .la lasse taire? Sachez què, depuis 1830, c'est toujours la pressé agitatrici qui a
compromis le pays ; c'est toujours la tribune qui l'a sauvé. La tribune est responsable, la presse ne l'est pas; voilà pourquoi. Si vous craignez la tribune , c'est que vous craignez la raison responsable du pays , et que vous aimez mieux avoir affaire à ses passions ! On en a meilleur marché.
Ceux qui ont cru devoir donner du leinps au ministère, et qui n'en ont donné ^'à la décomposition et au trouble, ouvrent^ils enfin les yeux? Les hommes du libéralisme pra* tique, les amis «te M. Barrot, sooNIs enfin à bout àe patience t TSUn^ respéront.
Les députés, coasignép ainsi, poumiimt enfin diie m miniflttes: *
De deux eiioses fune : ou tqos nous craignez, ou tous nousnéprisei.
Si vous nous craignez, c'est qu'il s'ourdit quelque part mi& de ces grondes trames diplomatiques où l'on prend les peuples par leurs passions et les chambres par surprise !
Si vous nous méprisez, c'est que nous serions tombés, en. six mois, de déchéance en déchéance, assez bas pour subir lemépris de ceux qui doivent nous craindre !
Ainsi, ou vous êtes des despotes, ou nous sommea des* lèches ; il n'y a pas de milieu !
Si nous en sommes là , hommes plus audacieux que forte « hommes plus entreprenants qu'babÛes, vous avez bien peu le tact du peu^ dont le nom est sans cesse dans votre boucfaè ; car. le peuple vent éire honoré même par œni qui Tasser* vissent, et Fabseace de sas représentants dans un momenf p(iiielldéslionore.àlAfoisles réprésentants et lunationl— Ahl vous faites bien de ceindre Paris d'one celntore de bronze, commences villes da n)ojen-Age, repaires de tyi'annies, et qoi s'ensevdissaieBt denx féis par siècle sons leurs cendres ! Vous faites bien de rapetisser vos frontières et de les presser antour de vous , au lieu de les éloigner comme Louis XIV et Vauban, quand ils voulurent agrandir la France! Vous faites bien de murer le patriotisme et de caserner la liberté ! Vous faites bien de fortifier votre dictature, car la France libre ne supporterait pas longtemps le gouvernement du mépris 1
On me dit : Pourquoi méiez-vo«s vos propres idées à la trop j»ste critique que vous faites de la négociatioo du mi- DÎalère ? ûMitre le miaistére, tout ce s'est pas 1h «oa Iib sms mmémm wémm ; mais tm |»rtentet vos idées mmh diéBR, VOIS wwici la critique conlve vous. Boraefr^oiis à attaquer le mioistère. — Je réponds : Que Hi^iinpcfteol tea iiltiqaea icaotae oui Édiati Ce qai i^lHpeiter e'^itla térilé. Je ne parle pas pour parler, ]e {larle pour convaiDcn. lé «a i|iB paB.da fappêtitian poÉir foppoMliaB, J'anfipb poèr aoD pays. Je n'aime pas roppositioo ; quand elle n'est pas iadiî» penaMe, «Na ast dèlMêable. Las iiaiBna<i'op!poailien sant des eBilMnrras élafoents, mais ce ssiit lées enlianias. Los hommes d'idée et d'a6tian<sofitée8 rooy^tis. Il y a assez d'embarras dans œ monde , je n'aspire pas a ce triste rôle. Gûner son gouvernement, entraver les choses, obstruer le chemin , c'est le mélitT des chefs d'opposition, c'est la puissance de l'impuissance. Montrer la voie, découvrir l'idée, dégager la route, conseiller son gouvernement , aider son pays, c'est la mission de ceux qui ont une force et an parti. Je n'ai ni l'un ni l'autre ; niais si Dieu m'eu avait donné, je ies emptoierais àatâ usage. Laissons donc la Ministère et parions des systèmes. Il y f>n a trois : teasien^ealui de la chambre, celui da mmisiére. iu vais les ecpaser an peu de mots tans les tvoia ; « je vais les élaUir paraUèleaMOt , je «ab les eaofrsÉle r an hot las unsies aalMB, et, aanblaMe anac nlpta a i qiÀ veât mon* tsar des sttftaessoaa twis leass joars, je vais les Mer, lëa flMfe towmar siirleiar toe, al Me ônm l'ai^, lalaaièiia at le regard aolaar de otneime ite âéi «pois idées, (ielii. M, Ja AB dirai piusriea, «t la consoieaca publique .pronooceaa.
SVSTÈME DU PKOTfiCrCHIAT BCilOPÉBlf.
L'empire oUoinan s écroule. 11 est insensé de songer à le ressusciter, car la population turque est tarie. £lle est réduite
à^oate nilliooa d'OttomMS 4a» w avpka de qvamite' millknis d'Ames. JU» popolalioift alavet, «too^ms, atinâ^: nieiioe&, araJbeSt iméUtes, ^^Uenncs» eatMî^pea de l'en-': pire ottoman , se dcUebent de iouiw part» en emportavi iB
grands lambeaux du lerritoire. Les Tartares, force vierge, qui rajeunissaî^wit et soutenaient la vie ottomane, ont pMt^ à la Russie. La Grèce et les îles sont aux Grecs , la Servie aux Serviens, la Valnchie et la Moldavie aux Kusses, l Egyple aux Arabes, le désert aux Bédouins, l'Afrique aux Maures ou aui Français. La mer Noire, réserve et recrutement de l'empire , est perdue. Pour relever CoQstautiiM)ple , il faudrait lui taire reconquérir la mer r^oire , la Crimée , la Bessarabie , la Taivr tarie, le Caucaaer^ la Géet^gie,. rArménie sur Aea Huêses, la Grèce et l'Afrique^âpi Vous-ménea. Les Russes scot jeunei et graiiudisaMa,.ila.eqii|pteDt soixante «ùHioaa d'kevmes ; lea Torc3|0iiiv^«.el déoouragôa, Ua epaipteiit featre imUioq» d*Afflea«€*esl impeB9ihle.>. . ». r , ; '
L'empive venant à a'dereuler Umit à faîî, ipiaAIe devait Hi^ î del894à tÂ3avlapoiilMi«edelarfrâwm? •
LaFmce devait se dira: Hmi^ laisser la ^saie, TiMigla*». tarife et FAutiiebe, puissaooaa UifiSire^ties, se partager souf*dément entre elles ce vaste héritage de ta destinée en Orient? >ion , car la Méditerranée est surtout ma mer, et ce» puisw sauces en occuperaient ainsi tous les rivaj^es et toutes les positions. Non, car la loi de l'ivirope, c'est l'équilibre, et si je leJaisse rompre à si grande proportiou en Orient, il n'existe plus réellement en Occident. Je dois donc intervenir activement dans ce remaniement de l'empire turc. Mais ou puis-je intervenir d'une manière stable, durable et sans que la pmn et l'ordre occidental ao^foiU éiernellement troublé? £^t-ee à GonstanMlieple , tx>mQae me le dit ma vanité? Non ; qui n'a pas la iner ^ib>iicej(|*aura janaîa Constantinople , et lu mer Nojre est un Jb|ç iiifàe- £st-£a en Grèce et dans la Xiir^nie adriatiqae? Non, car je s^ais.là mtex^o^é entse TJMitriebe imaienaéneiiloeii||iro«p4^ lur le 9an«À»et je rex^pMssaénifs davan(agf|;ians |ieser sur In Russie* finOii, estrce en Ëgypie; eomme mes Vieui pcéjqipés napol^oniasis m'sr pointent? N«a encore, oar rs#3${)te e'eatSnez; Snea, c'est les Indea; leai
Indes, c'est l'Angleterre. Il faudrait, avant de donamer en Ég5T)te, commencer par anéantir l'Angleterre. C'est difGcile. Je n'ai donc qu'un point d'intervention accessible et normaf dans l'Orient. (7est le centre, c'est Hhodes, Chypre, le littoral de l'Asie Mineure , c'est la Syrie enfln. Là , je ne gène pas l'Autriche , je ne froisse pas la Russie , je n'étouffe pas l'Angleterre ; mais je tiens entre ces deux dernières puissances une position intermédiaire et équilibrante qui empêche leur contact dans l'Asie centrale , et en me portant ici ou là , selon l'occurrence , je fais poids décisif, c'est-à-dire je fais la paix. L'Autriche, qui a pour ses frontières danubiennes et pour son Adriatique le môme intérêt préservateur que moi, suit nécessairement ma politique en Orient. L'état de l'Orient ainsi constitué sera donc nécessairement toujours celui-ci : lat France, l'Autriche et la Russie contre l'Angleterre, ou bien la France, l'Autriche et l'Angleterre contre la Russie, c'està-dire trois contre celle des puissances qui voudra troubler l'équilibre , c'est-à-dire la paix du monde assurée. Sous ce patronage ainsi distribué , les populations du littoral vont se multiplier et travailler. L'échange sera incalculable. L'humanité grandira. L'unité de civilisation se constituera de plus en plus. La France , plus assise et plus présente que qui que ce soit sur la Méditerranée , en profitera comme richesse et comme influence. La Méditerranée redevient la grande route de l'univers, et la France y possède ainsi trois halles principales : ^es côtes d'abord , l'Afrique ensuite , la Syrie enfin. L'Égypte, il est vrai, a un million quatre cent mille âmes, et la Syrie n'en a qu'un million deux cent mille ; mais Chypre complète. Mais l'importance des rades d'Alexandrette et de Satalie compense. Mais l'analogie de religion catholique et le caractère belliqueux, industriel de la population principale de la Syrie, toute dévouée à la France, lui donne là une racine et une force de naturalisation. La Syrie, d'ailleurs, est le point stratégique inexpugnable en OricnU
En vue de ce système , je disais donc , en 1834 : Négociez d'avance avec l'une ou l'autre des trois puissances sur l'éventualité de la décomposition de l'empire. Soyez deux le jour où il faudra agir. Et je disais, en 1838, au moment où Méhémet
— lis —
menaçait de nouvean Mahmoud : Intervenez tout de suite en Syrie par une expédition navale et un débarqurneni de 12 ou 15,000 hommes. Appuyés au Liban et renforcés par les 30,000 Maronites et par les antipathies de toute la Sfiie contre FÉgypte, tous refonlerei en pea de temps Ibrahim m Égypte, et vons demandmi on congrès à Vienne penr décider de rOrient. De denx choses Tnne : oil vois troaram la majorité dans ce congrès pour nn protectorat de ItMeot ainsi distribué et aussi arantagetfx à tontes les puissances protectrices , ou vous trouverez une résistance unanime. Si vous trouvez majorité ou seulement un allié, l'affaire est faite , et vous restez en Syrie en l'organisant. Trois siècles d*Alger ne vous donneront pas ce que ce seul jour vous donne. On vous trouverez résislanco unanime, et alors vous ajournez, vous ajournez, mais après avoir opéré une intervention décisive contre Ibrahim, démembreur de Tempire, rendu la Syrie an sultan , votre allié, et rétabli le staiu guo précaire , mais enfin ce statu giw que vous demandez vainement aujourd'hui. Voilà mon système d'alors. Voici celui que la chambre adopta en 1899:
SYSTÉIIB DE LA CHAMMB.
Le statu quo, c'est-à-dire l'existence nominale de l'empire turc dans son intégrité, afin que cette ombre d'empire impose encore à la Russie le respect de Gonstantinople,et que la proclamation de cette intégrité prévienne les démembrements au profit de qui que ce soit Voilà le système de la chambre. C'est une appareiice.et point de fond. C'est un lyonmemeiit convenu entre tout le monde. Comme mesure prédire etnen- . tialisante.flasa .valear.Sonsenl mérite, c'i^ft la paix; mais Il est immense. Mons vendrions bien en être à ce système aur jourd'bui.
STSTÈME nu IfÛaSTàRB VU V MABS,
Dire à l'Europe : Je veux rintégrlté et rinrioIaMBilé de Fem-
pire ottoman. Dire à la France : Je veux le démembrement
en grand de Fempire ottoman. Dire au sultan ; Traitez comme
vous pourrez avec votre vainqueur Méhémet, je ne m'en môle pas. Dire à Méhémet, sinon par ses envoyés, au moins par ses journaux et par ses armements : Tenez bon en Syrie, je sab derrière vous. Puis, dire à la conférence de Londres gui vent conférer sur les bases de l'intégrité : Je ne veux pas conférer; laisses ie sultan et son vassal s'arranger ensemble. Pois, quand TEurope impatientée aconehi une Ugae en dehors de nous , dire à la France : Aux armes ! nous sommes trahis etinsoltés. Pais* (foandon ?oit que c'est la guerre sérieuse et générale , reprendre des conférences à Windsor» à Berlin , à Tienne ; puis dire à Méhémet-Ali : Ârranges-Tous et cédez 1 Puis, quand TEurope marche en avant et exécute , fortifier Paris. Puis, quand Paris sera ville de guerre et un milliard dépensé en préparatifs dont la révolution européenne est une bombe, dire... : Quoi? je n'en sais rien , mais cela se devine!
Dans tous les cas , on dira paix ou guerre pour dernier mot. Si c'est paix, qui nous rendra Paris, capitale ouverte et incombustible? Qui nous rendra notre milliard? Qui nous rendra notre année perdue en alarmes de tous les intérêts? Qui nous rendra notre situation de 1839 devant les puissances, avant le traité de Londres qui les coalise? Qui nous rendra notre considération diplomatique entièrement perdue par tant de vanité suivie de tant de faiblesse?
Si c'estguerre, ou nous serons vaincus ou nousserons vainqueurs.
Si nous sommes vaincus dans une lutte universelle et révofaitioniiaire, fermons, les yeux pour ne pas voir les désastres de la patrie!
Si nous sommes vainqueurs, nous aurons combattu, dépensé temps, argent et sang à grands flots. La guerre avec l'Angleterre, de 1776 à 1782, nous a coûté deux milliards deux cent soixante millions. Quel sera le résultat? Le voici : vous ne prendrez pas Constantinople ou du moins vous ne le garderez pas. Soixante-dix millions de Russes et de Grecs ne vous laisseront pas dans la main la clef de l'en^^ire slavo-grec. Vous ne prendre! ipas TËgypte ou vous ne la garderez pas. L'Angleterre et cent millions de sujets hritanniques dans l'Inde ne vous laisseront pas, dans le passage de Snei, la barrière qui
cooperaitleurmonde commerdai ea deux. Yonsjne referai pas l'empire ottoman de 1770; on ne ressuscite pas les morte; on ne fait pas an jeune et puissant empire avec un vieux peuple éputoé. Que ferei-YOUs doue? Vous mettrez Méliémet à la plaee du sultan? Oubliei-?ous que Méhemet est Arabe et que Gonstantiuople est turquet que Fempire est une tliéocratîel que la dynastie est un dogmet que Méliémet est musulman et que toute la Turquie d'Europe est chrétienne ? que Héhémet est le persécateur des Grecs, et qne les populations des îles et de la Syrie sont chrétiennes? Méhémet apparaîtrait à Constantinople pour y être , pendant quelques jours, le grand scandale de la chrétienté et de Tislamisme, et y dis- » paraître comme tous les grands scandales, dans la concision de l'Orient et dans la honte de l'Europe I
Vous ne feriei donc rien, ou ce que vous feriez, je vais vous le dire :
Vous obtiendrez de la paix, pour votre protégé Méhémet- Ali, la Syrie héréditaire jusqu'au Tauros.
Et alors qn'aurez-vous fait pour la France? La plus ridicule déception qu'on ait jamais hit subirà un grand peuple. Vous l'aurez fait combattre contre eUe-mème. Yoiis lui aurez frit sceller de son propre sang son ezdnsion de toute influence et de tout avenir dans l'Orient Vous aurez effocé vous-mêmes le seul ponce de territoire où vous pouviez mettre le pied et le drapeau français. Vous aurez contraint à rallier derrière ce paravent d'Égypte et cette rognure d'empire, les deux puissances que la nature de leurs ambitions communes condamnaient sans cela à s'entrechoquer. Vous aurez mis cette vaniteuse création de l'Ég^pte devant les usurpations croissantes de la Russie et de l'Angleterre, pour ne pas les voir. Pendant que vous vous endormirez sur le traité de dupes que vous aurez obtenu et sur la puissance de votre parodie des kalifes, FAntriche, l'Angleterre, la Russie, s'avanceront gnh> duellement à pas communs et sourds sur l'empire en Europe et sur l'empire en Asie. Ce protectorat que vous n'aurez pas voulu pour le monde et pour vous, ils ne le déclareront pas; ils l'effectuèrent en silence; l'empire entier ne sera bientM quela Yalaidilede toutlemoiide»Ily auraunturtiansurla
carte, mais la main des trois partageants sera cachée sous ce tnrban ; la vôtre eo sera exclue. La Servie et la Bulgarie s&* tout données en famiiie du DaDobe à l'Autriche; k Russie et l'Aagletem ^traceroot une grande Ugne qui coupera en deu lemoBde asiatique et méditerranéen, d^» le Thibet et la Chine jnsqii'an Pont-Enzin et à Sœx; dles referont en es sensibverse la route qae tracèrent Qingiska»^ Tmour et Na^^Sehût àtrafmlaPer8e,leGabOQletfInde.Genesera pas TOUS qui y passerez ; mais, grâce à Dieu qui se Joue de rinhabileté des hommes, ce sera encore la civilisation ! Quant à vous, l'ubiquité de la puissance russe et de la puissance an« ■ glaise en Orient vous aura chassés de partout. Mais vous serez consolés; il y aura un pacha musulman au Caire, comme il y avait un Tippo-Saëb à Seringapatnam et comme il y a un Abdul'MedJid à Constantinople ! Voilà la destinée que vous faites à vos amis, voilà la part que vous faites à vos rivanZt voilà Tavenir que vous préparez à la France I .
Que nous importe ! dites-vous dédaigneusement ; nous avons l'Italie et les limites du RMn. L'Italie î les limites du Bhin Peut-être qu'au poiirt où eu sont venus les intérêts des peuples , un bon traité de commerce, une suppression mntîsle du système de douanes entre les nations, valent mttant qu'un drapeau et une sentinelle portés à quelques pas plus loin vers une rivière ou vers une montagne. Mais à supposer que l'Italie et la limite du Rhin soient l'achèvement de la France , je vous dirai ce que je n'ai cessé de vous dire depuis cinq ans. Les limites du Rhin ? l'Italie ?... vous n'aurez rien de tout cela sans alliance. L'Italie , elle est au-delà du Danube L.» Les limites du Rhin, elles sont à Gonstanti* Dople !...
A tout cela les porte-voîx des ministres ne répondent que 1^ wi sarcasme, et n'ont pas même le mérite d'eu inventer deux. Us crient au poète! ils proclament la mqestueuse supériorité de Texpédient et de la roirtîDesnr la pensée dans la eouduile de ce bas monde. Que répondre? L'expédient et la routine ont fSidt leurs preuves; la pensée asoins sauvent. I0 m sais pas si las peuples pourront jamais être gouvernés par hs philosophes, mais ce que je sais c'est qu'ils se dégoûtent