À LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS
La Chambre comprendra qae je n'ai fms la pi^tentioii éa «livre liienoraMe ^epinant nlana ie i^dre ai large qu^l a yealn élarfir eecore. Quelle qaë é)itMa iiaaiettrdei comidé^
rations générales qu'il a si heureusemer^t nbordées, je me renfermerai en ce moment dans la seule question de l'Orient, pour laquelle j'avais demandé la parole contre i'hoiiprable M. de Carné.
Deux mondes à rejoindre, l'Asie et l'Kurope à réunir par le contact qui y double leur force et leur férondité; une crise, la plus importante qui se soit jamais produite dans nos affaires étrangères, je ne dis pas depuis la révolution de Juillet, maia depms le temps où notre intérêt y efl|; engagé;. un vide im^ nepse à cenbler en Orient, uneaecomîe jdans les intérèta^ «H ébràniemenl dana lea imaginatlMa, la queation das ami Née À la ^oeslian dee ^aMtairea; la qu^ae des campeasar tioDS europèeDoes, oaVeirte par Thonorable M . IfangaîB , tom
ILJUI,
à l'heure : ce sont là. Messieurs, des objets assez grands» des iotérêts^affisants pour attirer l'attention d'un jour.
Je me bornerai donc à une considération qu'à présentée rbôDorable préopinaiit, considération qui m'a frappé vivement, parce (Qu'elle résame en peu de mots tout le sens de la politique de ià Franee depuis la révolution de juillet. Cette considération, j'en ai oiablié les termes, mais en voici le seiis:
Le gouvernement francais^a voulu avoir Id prétention, dans une quéstion toute européenne, dè dominer à lui seul toute la situation , de rester seul, dé laisser la France seule, d'agir sans alliées. Delà» toutes les déviations, toutes les erreurs, toute? les faiblesses dont nous avons été les témoins ; de làdes résultats, je ne dirai pas déplorables, mais des hésitations fâcheuses dont nous sommes témoins aujourd'hui, et l'oscillation politique qui interdit au président même du conseil de poser une question nette devant la tribune cl devant le pays.
Mais cette question immense, comment l'a envisagée le ministère et comment l'envisagez-vous vous-mômes?
Comment Ta envisagée le ministère? Je ne connais, ses négociations et ses actes ; mais, si j'en juge par ce qui a transpiré de ses transactions, si j'en juge par les résultats , si j'en jugé.par Ja nouvelle attitude combinée que prennent TAngle- . tem et là Russie, qui sont anisnées contre nous pat une lifue contre pâture, voici 'quelle. 9. été la peoèée et la conduite du cabinet des Tuileries. Si je me trompe, il est là pour me redresser. Qull ne s'y trompe pas , au reste , je n'ai pas Tintention perfide de loi faire des torts, de mes suppositions» L'affaire était lourde pour toutes les mains, et s'il a commis quelques fautes, ces fautes, je le reconnais, ne retombent pas seulement sur lui , mais sur tous les cabinets précédents , qui n'ont pas voulu se préparer d'avance à cette crise et établir leur politique étrangère sur le pivot de l'Orient. Elles retombent sur l'opinion française tout entière , qui a mal étudié ce grand intérêt européen, et qui, tantôt par une puérile jalousie contre l'Angleterre, tantôt par une terreur exagérée de la Russie, n'a jamais demandé qu'une politique d'e&clusion, et a cbiçaoé là où il|aUait une politique de inagnanimilé et de compebsttioD.
Mais je disais : Qu'a fait le ministère? D'abord il a été surpris.; tout le monde l'a été, excepté la Russie, seule puissance fui, depuis an siècle, ait une diplomatie à longues vues et à vastes proportions. Il a mis sa politique en délibération ici où Dons avons pendant c(uinze jours balancé les destinées du monde. Il a entendu débattre ^atiemmènt les .ti^ia.systèiiiea turc, arabe, européen» sans se prononcer pour aucun des trois; enfin il a abordé la tribune , et, dans un éloqwei^ discours de H. le Mlnistre.de Tinstruction publique, il a paru s« décider pour le système turc. Les.événementsrlui préparaient un cruel démenti. A peine avait-il fini dé parler, que l'empire • était écroulé. J'ai cru , et nous avons tous dû croire que, conformément aux principes énoncés avec Icrmeté et préméditation, et conformes aux vues et aux instructions de notre loyal ambassadeur, la France allait se joindre aux trois puissances intéressées, ordonner àMéhémet-Ali do mettre bas les armes, et refouler dans sa révolte ce pacha ambitieux qui , non content de lui avoir dérobé la moitié d'un empire, menaçait sou maître mourant jusque dans sa capitale.
Vous vouliez UQ ajournement, vous déclariez vouloir la conservation du vieil empire ottoman ;. cela était conséquent» cela était facile, cela était clair et compréhensible pour tous. Une note de vous, une escadre sur les côtes de Syrie, la Syri^ entière s'insurgèant contre Ibrafaim qu'elle Abhorre, lea troupes^ dù sultan marchaient en avant; apj»uyées par s» flotte et par les vôtres ; Ibnriitm, pris entre <Ieux feui , reçulait'du- premier pas jusqu'à Sa|nt-lean-d'Âcre, et Hébèmet- Ali implorait valre intervention on était refoulé au moins en £gypte, et peut-être dans le désert. La question, aujourd'hui, serait bien simple. Vous auriez un empire ottoman sur la carte , vous auriez un ami dans TOricnt , vous auriez fait un grand acte de politique conservatrice et ultra-royale, vous auriez enlevé à la Russie tout prétexte de tutelle exclusive à Constantinople, à l'Angleterre tout motif d'agression contre l'Egypte. C'était le statu c/uo de IBIO, vijroureusement rétabli dans le Levant par l'intervention française ; cette politique, .sana amère--pensée, aurait fondé la confiance mutuelle entre Itt puissances qui vous suspectent ^t Vous contcemineot dans
rOccîdent; retle politique n'était pas la mionne, j'en con— ffens; elle. n'est pns celle de ravenir, mais elle était belle et française aassi. Je n'y aurais pas Applaudi, mais je l'aurai» eoroprise et honorée teoi en la déplorant.
Anlieu de cela, 4|ii'av«n»-nous La MaHIe 4e Méiib eal^ f^oée fiar IbraMm la veillé, in jour eà le eapitaîne Galllei , eoToyé par nêvi, ira loi porter l'ordre de ne pas eeaibaltre; an lien de pofter>eeottt« au-SoHan, voes allei négocier senr^ éement avec tw rc^Ne, et Inl promettre, quoi? je n'en sois ^enl f hérédité de ses osnrpations, peoMtref l'tgypte , la • Syrie , l'Arabie entière , un petit empire ^rand comme trois fois la Frar»ce ! Kn même temps vous ordomiez à votre escadre de bloquer amicalement les Dardanelles, et d'cinpè- Cîber la flotte du Sultan de sortir pour secourir soi» armée ; vous traiiez patemment avec les agresseurs , vous emprisonriez les détenseurs dans leurs ports, et vous envoyez un autre officier à Cofistantifiople porter d'autres paroles au BIvan. Mais q^ielie confiance veukz-vous qu'inspirent ces paroles et ce double réie à Mahmond «Murant, à son 61s, à la Turquie y a^ divan, et enfifi au congrès d'ambassadeurs noropéens asseiiiblés A Gonstanlinople? Qui ne voit «ne défi» iion'd.ans on ^rêH appnl-t qni «e.volt, dârrière notre anba»aadenr ^n^tant noftaa eonconra à lintéfriié de ^empire, l^aniiral f4alandeeDipri8onnanl la-ftolterà GtHipoli, et le eapi» iaf ne CsMm modérant p^ul^tre ifevahim à Wérib, hmIs é eonp lAr encenrageaM; ei raaaniint Iféhéma^Ali à JUeiMMlrie f
Pnne 4eNe poiHtique que pouvaH4l résulter? ce qui a en tten : la viotoire de !Vézib , la déroute des troupes ottomanes, la trahison, la redditioii de la flotte turque au pacha, la déflora lisiition de tout patriotisme ottoman , le démenibreuiQnt de la 'l'urquie, des conflits iftextricnhles, l état révolutionnaire constitué en j)ermanence dans le levant , et cnfifi la léj^itinie animosité de toutes les puissances, qui , toutes menacées par vous, liîiiront par s'uuir contre vous. Voila où en ^ont les eboses , et c'est vous seuls qui 4es avec amenées là <
Je m'attends bien i Ht réponse, et vous venez de ne la faire nntendre d^avanéeç vons dilesf Oui, voilà ^ nous avons snené les ^feoses ^ et nous nens en ^Micitens* 9ionB pwHena 4a
IHotégrflé 4e f empire ottoHiaii ttyft4liflioi«,«Mfsnreiif«r*
lons-nous pas encore? Il est vrai que nos actes démentent nos expressions. L'intégrité de l'empire partagé par la rnoiliér l'intégrité d'un toutqoe nous coupons en deii\ ! Cela serait risiblesi cela était sérieux. Mais cela n'est pas sérieux , Wen que nous l'ayons volontairement placé dans la bouctie officielle de la Couronne, et dans Tarte solennel d'une Adresse. Ce n'est pas cela que nous voulons. Ce que nous voulons, ce que nous tramons , oe que ,ihhis accomptissons , c'est la dislo* nation , «'est le démembrement des grandes propor tiens 4e V'em^kre , -e'e^t le déchtretnent detOrient en ëe^x^Mirts ; «ne i^Êifi eu «eovefiBîfi légitime A GooêÇeiitiQOirte , tme part m pacha febéNeè ^yicBn»4ile.d«l, aeta jetoea le ■MMiqae,4MMia eroyona é «ne iMieoaKté arabe , «I aous «Filon» 4'ifeer4 f 9¥o^ itiaer ttii44eitteirt * ^pv^ .4 visage 4éoeweftH Y4taW||iawiieriC 4*» aeeoiië enpke ëea Mifea , aevà là protêt lien , €^ 9om 4e aaira 4*ihi ^iéNiaré qui «Teat ni Araife , fit Egyptien , ni «lirétien , ni «mulflMMi , niais qvl est «b f ranë homme ou tout au moins un aventurier heureux !
Oui , voilà votre pensée , ministres du Roi ; voilà, je le sais, la pensée d'une partie de la Chambre , qui , en cela, répond A la vôtre; M. de Carné vous l'a rappelé tout haut. Voilà la pensée fomentée par les organes de l'opinion sous les influences égyptiennes et sous les préjugés anti-russes et anti-anglais.
Eh bien! je la prends telle qu'elle est cette pensée, et je vous demaoée à vou»-mémes , du point de vue exclusivement français aussi, qu'avea-veiis à «spérer, qu'est-ce que la France a à |;agner ^'la politique que i^oos suivez depuis six mois dans eelte ^B4e fiégeciattoB ? Que reviendra-t^l à Francet tSoel aera4e Mnéfiee «let'poiir «en pays , si ee rêve imposiiible d'iine nationalité arabe ponvait se coBSlilaei^en Egy|ifte et en Syrie , et 'vena parveniei à étalMir une pafssance maatilmaiie précaire et ftfMe en fi|;7pte,.en préseoee d'une pfiissanee mas^Hnane préorin^ et agonisaifte en Turquie^ Remarquez que je ne parle pas de l'intérêt générai de la cii4- Ksntion dont vous m^accusez de me préoccuper plus qu'il ne convient à un patriote ; je tne place dans le seul intérêt français, comme vous, et je raisonne comme tous les intérêts
hninains étaient Goocentris dans la Fraiioe.^o3roiis, qu'aves» yoDS fait , et que fattes-Tons aiosi?
En deux mots je yais tous le dire ; la chose est trop claire
pour avoir besoin de longs développements.
La France , je parle non seulement de la France en généraf, mais de la France d'aujourd'hui , de la France qui date de Juillet ; la France a deux grands intérêts : un intérêt de conservation , un intérêt de développement. Se conserver et grandir, n'est-ce pas la loi des nations comme celle de tous^ les corps organisés? Oui , je ne suis pas injuste envers les droits et les sentiments de mon pays V^ous aviez plus de force conservatrice avant la révolution de Juillet ; mais, je le reconnais avec M. Barrot dans le discours qu'il a prononcé hier, l'énergie et l'enthousiasme de ce grand mouvement national vous . donne au dehors plus de force d'expansion. Pour soutenirson intérêt de conservation, qué faites^vous en soutenant le pacha d*£gfpte , en l'adoptant contre son souverain, en le fortifiant, en le légitimant en Egypte , en Syrie? Évidemment vous faites trois choses égaletnent funestes à l'intérêt de conservation de la France. Premièrement, vous affaiblissez, yous exténuez , vous démembrez l'empire turc, à qui vous enlevez ^ pins beaux territoires , et vous placez ce fantôme d'empire sous la tutelle forcée et nécessairement litigieuse des puissances occidentales intéressées à son héritage et veillant sur son dernier soupir. Il n'y a certes là condition de sécurité pour personne; c'est la rivalité diplomatique organisée à tout jamais entre les puissances, à la porte du Divan; c'est un congrès de guerre, au lieu d'une conférence de paix. La guerre en sortira un jour, soyez-en sûrs; mais, en attendant, elle y couvera tous les jours. Malheureuse pensée pour un temps et pour des intérêts qni veulent la paix !
Ce n'est pas tout. Ce fantéone d'empire garrotté a 1 nsi par voua sur son lit de mort, comme pour l'empêcher de faire un moiH vement qui le perde ou qui.le çaqve « vous assurez sa perte par l'immobilité que V0U9 lui imposez; vous a^ravejrson mal, vous nourrissez sa décompojrition par le discrédit moral où. votré protection odieuse le fiaiit tomber devant ses proprea sujets. On fait grand bruit de quelques hatti-shérifs insigni-
fiants, dictés au Soltaii et lédigés en jargon ooMtitntioDiMl dans quelqae ehancellerie de Péra; mais cette dvilisation incdbprise que tous croyez lui inoculer, cette ciTifisation si
belle à sa place , ne yoiis y trompez pas, ce n'est là qu'un poison mortel que vous inoculez à l'islamisme. Il n'en vivra pas; il en dépérira, il en mourra plus vite. ^ '
Il faut avoir bien peu réfléchi sur la destinée des empii^flt sur la nature des civilisations pour ne pas savoir que chaque peuple vit do son principe, et qu'il est condamné à périr avec lui. Vous ne faites pas des Européens , vous ne faites pas des chrétiens, vous défaites des Turcs. Le despotisme et la liberté ne se combinent pas ; ils se tuent l'un l'autre. Si vous portiez le protestantisme à Rome , fortiÛeriez-yoQS le principe catholique? C'est la même chose. ' ' ^
Au lieu de laisser l'empire ottoman monriir'Qne seule fois, vous allez le faire mourir tons les. jours , et l'ébranlement , la secousse, les oscillations, les collisions qui n'auraient suivi . qu'une fois sa chute, vous allez les irenouveler, les prolonger, les perpétuer pendant une période indéfinie d'années. Est-ce là, je le répète, une condition d'harmonie entre les puissancest Est-ce là une garantie dé conservation pour les ihtérèts de la France? de la France suhreîHée en Europe, combattant éternellement en Afrique, et obli-iée de veiller en Asie, larme au bras, pourtant! Est-ce l'attitude du repos?
Mais allons tout au fond des choses. Point de faiblesse, point de réticences. Qu'est-ce qui trouble la sécurité de la France en Occident, et la sécurité à l'Orient tout entier? Ce qui trouble l'Occident, ce qui empêche les choses de se rasseoir, n'est-ce pas la crainte, n'est-ce pas l'éventualité d'une conflagration, d'un conflit entre les puissances? N'est-ce pas cette uppr^bension, toujouiB vive dans l'esprit des hommes d'état, ^ .le nouveau gouvernement de la France ne soit pas entré complètement , ne soit pàs entré de bonne loi dans, le droit diptomatique , et, pour me servir d'une ezpressionplns vraie» dans la fSnnille des états mooarchii|uet, des puissance^ légllimes,? Qu'il y ait des répugnances , des haines Souldes, des hostilités latentes contre nous , qui en doute 1 Qu'on ne'serre la main de la France iiiu'avec résén;e et défiance , qui peut le
mer. €4Hnblen de »f mptômes nous le réièknt. Bien êes^mm 4Milpai8é« la Pologne, Ajicône,rËspagBe,lftB«l§ii|»e;cM0 conflagratioD fmvait ft'aUww à toute» e«» étîneelleftf Gcb . ÎMvraii fM Qui été franelu»* L» Fnaoe a a^î avec plwon moiiift de dtgiûté; inâp onfio eUe a agi loyalement et mrec fraap hise. Elle a enlevé à.la «UploiDalie étcangère touimolif wÊÊtmeA,
* Mais »i auîfMird'hui y à l'égard de FOneoi , son» plao arrêté, sans volonté claire etditf tout luiiit (la première des halHletés
diplomatiques), elle inquiète, elle complique, elle menace, tantôt la Russie sur ses intérêts vitaux de la mer Noire, tantôt l'Autriche sur ses intérêts commerciaux de l'Adriatique, tantôt rAngletcrre sur son innnense intérêt de communication avec ses soixante millions de sujets dans les Indes. Si ces puissances vous voient tour-à tour demander avec elles l'intégrité de l'empire elle Wa^u ^tio, et pousser au démembrement, menacées chacuue dans un de ses iotérèts q[>éciaax et tènt^ daiis leinr orgueil ne finiroot-elles pas par voir.en «voub des agitateui^ et dei ennemis' partent, et par concevoir contré la France des défiances qu'ellea ne doivent qit!aux téri^iverflttlôns .d^son cabinet? Est-ce là de la conservation ?n*e8l-ce pasplutâ^établir à Constantinople iin foyer d'aniOMsités et de suspicion , où le liiu des colUsions en Europe sera €on8ervé.en Ocisnt dans une question qu'il follàit allumer ou éteindre. •
Mais j'ai dit qu'outre son intérêt de conservation, la France avait un intérêt de dv\eloppemeiil. V'ous connaissez tous celui de, la France. Il est dans la nature, il est dans son droit; il est bien plus , il est dans ses plus ^dorieux souvenirs; il est, j'ose le dire, il est à son tour et à son heure aussi léijitime que son droit d'exister; car une nation qui n'a ni toute sa place, ni toutes ses frontières , ni toutes ses influences, u'existe pas aussi complétemeut.que sa nature et sa destinée le veu* ienti Je tt'ai pas besoin d'insister , sans doute. Ceci pour la France est bien autre cliPSe.qu'iuitsystéme; c'est une pÉNiéD nationale V c'est un piéj^gé deiafnuideur. Paâaadn ftbio et dei Alpes, et voof êtes eempiis avant d'avoir àcbevé. La gloire y.est restée, son esprit y est çDCore, son idrapeav j reYieq^raune fois. ;
£h bien ) non» vhope li«we^^Bp«Bt à une époque où les nations ne pftennent 1MI19 léiwyMiisfeps pour des droits.» ôà r^n nelégitimeniit rien {Nir tUnKiiiôtei oùiFÈuf^pe ne Yenft que des garanties de paix , oà la pondération a pris ja place de ces choes violents q«9i défilassent les nationalités et les teriitoiresi Nous ne songeons donc pas à conquérir, Dieu nous en préserve ! nous restons immobiles et confiants dans les limites des traités que nous pourrions franchir en débordant au Nord et à l'Est. Vous n'avez pas les serres de l'aigle , vous n'avez plus que les contrepoids de la politique..
Mais ces traités eux-mêmes , est-ce In justice ou le sabre qui les a écrits? Les traités de 1815, refoulement violent de romnipolence armée d'un conquérant, ne sont-ils pas une réaction de la \ictoire ? hst-ce la sagesse ou la colère de l'Europe coalisé.^ qui les a dictés ? Sont-ils doue éternels etimmobilj^s ^^me ces fleuves et c!es montagnes que la nature a donnés pour traités non écrits entre les peuple ? (^ui cfsejait le dire? Non , un jour viendra, il était près p^utrètrerûù ces traités se déchif^erontd'eux-mûines devant la force des choses, devant la balance inieox comprise de J'Europè, devant 1% volonté et la patience de mon pays! ^ ^
À^quoi ttn0 politique habilq, quoique loyalç, doit-elle tèndre dans les transactions de l'Orient « dans la plus vaMe crise qui puisse Jaànais remiuer les bases des puissances? A deux choses, Messieurs , à résoudre la question orientale d'une manière profitable à toutes les puissances intéressées sur la Méditer^ ranée, et à préparer en Europe, par des alliances lorte», des compensations qui assurent un jour cet ajirandisstnnent légitime qu'aucuue puissance du continent ne nous garautira pour rien.
Je m'expliquerais si c'était l'heure, je m'expliquerais si c'était la place ; mais ne m'expliqué-Je p^ assez en disant ce qu'il ne fallait pas faire? '
Ce qu'il oe fallait piis Caire , peut-être est-il trop tard pour le dire, puisque vous semblés l'avoir fait; mais cette négociation aura des phases et des rechutes sans fin : je ne désespère pas d'un remaniement de la question. Ce qu'il né faUait pas iaf^re, le voici , selon moi t . '
n ne fallait pas prodamer nn^grilé de l'empfre ottoman , idont voas n'étiez |ia8 les tu|pi|| , et que ni la politiqne, ni la TeligioD, ni la civilisation ne vous avaient donnée en garde, ou, si vous vouliez la proclamer, il fallait la maintenir. Vous n*auriez pas eu un poids dans la balance , car l'empire ottoman n*y pèse plus , mais vous auriez eu un prétexte , une apparence , un turban , passez-moi le mot , posé sur la carte , et gardnnt la place vide d'un empire (1).
L'expression choque-t-elle la chambre? Je la retire.
Il ne fallait pas emprisonner la flotte du Sultan dans les Dardanelles, car vous preniez ainsi devant la Turquie et devant TEurope la responsabilité des événements, et le hasard vous a donné la responsabilité d'une défat- e et d*ane trahison la plus .liontensé qui ait affligé Tempire (Si).
Oui, jamais f empire tare. ne vit son capitan-pacha aller livrer les défenseurs de l'empire à son plus implacable ennemi.
n nefoUait pas entrer dansie congrès diplomatique de tSpnstantinnple, puisque vous deviez en sortir; il. ne fallait pas en sortir, puisque vous deviez y rentrer ; il ne fallait pas y renfrer, puisque vous voulez évidemment en sortir encore.
Il ne fallait pas inquiéter , caresser, menacer, avouer , démenlir tour-à-lonr les trois puissances avec lesquelles vous voulez maintenir des relations sûres dans l'Occitlent, car leurs déûances passeront la mer et compromettront vos alliances de nécessité en Europe. l)oni;iiujoz à la Hussie si elleest pluscon- Oante en vous qu'avant? Demandez à l'Angleterre siralliançc anglJise est plus affermie ? N'entendez-vousf pas craquer de toutes parts cette alliance que tous les hommes d'état proclament ici dtfQcile, mais nécessaire entre les deux peuples? 11 fallait. Je le répète , proclamer tout de suite et tout haut votre pensée conservatrice. Qiiand on parle -au nom de trent&<[uatre millions d^hommès, Ftiabileté,. c'est la. force; la force, c'est la volonté.
Bnfln et surtout ,* il ne ftiHait pas constituer gratuitement
TonsHnémes nn droit égyptien, une nationalité* soi-disant
arabe , dans une puissance d'un jour , sans base , sans titre , . ' ' •
(I) Une voiï : Comme le chapfau du roi Stanislas en Polo;,'ne?
i^) M> le G«gie-dcs-Sceaiu ; Koii, il p'f a pa» eu de trahUoa. " ;
sans nationalité, dans une de ce» iaDtasmagoiies orientales qui apparabsent et disparaissent avec legénie accidentel d'nn ^ seul hoiDipe ; il ne fallait pas prendre an sérieux le ^ève an>bitieox inais impoissiuit d'un yieUlard. ' * •«
n ne faHait pas constituer l'bérédltè etia lègitimfté de k dynastiedeMéhémet-Ali. C'est (iéclarer à l'Angteterre une guerre ^ sourde d'un siècle en Orient. Oui, FAngleterre fera la guerreon siècle dans la MédKerranée , plutôt que de' reconnaître une puissance dont le seul rôle créé contre elle sera d'être le geôlier du golfe Arabique» et d'empêcher le contact inévitable, nécessaire, providentiel pour tout le monde, des Indes avec l'Europe , du monde asiatique avec le monde europf en. Et (|uc gagnerez-vous à cette guerre? Un siècle d'anéantissement . de commerce, de collisions ruineuses, d'or et de sang perdus,, de flottes consumées. Et après? et après ? Je dis hardiment ici ce que j'ai dit à d'autres époques de Constantinople à l'égard de la Russie : vous n'aurez rien empêché; la nature est ' plus forte qpe ces misérables antipathies nationales; l'Europe' et les Indes communiqueront en dépit de vous par Suez; voui' n'iBurez fait que retarder ce grand bienfiiit de la Pmvidenee ; lesdeux mondes ^'embrasserontet se? ivllleronten setouchant en Egypte. ■. \ . . ' ' ' Tous n'aboutissez donc en définitive qu'i ^émembi^ Tenh* pire ottoman, à réunir dans une canse commune contre Ui France des puissances dont lés intérêts , contraires entre enx, devaient vous donner inévitablement des alliés en Orient et des amis en Occident. Eh ! ne vous apercevez-vous pas que . | vous rivez aussi vous-mêmes ces traités étouffants de 1815 où ' ^ vous deviez pn'parer une brèche à tout prix, et que toute la prévoyance des hommes d'état doit tendreàbn>erou à élargir?
Voilà vos résultats! en félicilerai-je le cabinet et mon pays? Non ; mais je ne m'en effraierai pas non plus. La fortune de la France n'est qu'ajouméé; elle n'est pas perdue. Le pays comprendra enfin ce que la catastrophe de l'Orient lui préparait en Europe, et là question remaniée par les événements et les bonames .produira ce qui est en elle, le remaniement de l'équilibre europé^. CbiMiue nierre qui tombera de cette
TUtai wt sa leoooM, um étotnleniètl, m wéintîiiimrtBt # en £iuo|M» Un einpire eit leni à nonrir; à ohacone de sf» eoBVttl^ioBS la qoeition se représealere à voiis toàt entière.
Heureui les hommes qui comprendront alors les intérêts permanents de la France, confondus dans les intérêts permanents, universels de l'humanité! Iuihiuï tous les événements qui briM ioiil vos conibinaiMins droites et qui nous appelleront enlin à sortir, mnl^rré nous, de cetle torpeur où noussemblons ii\és par la double peur des commotions intérieures et des niouNeineiils extérieurs! Quoi! nous qui trouvions naguère l'Kuropc trop étroite pour noire activité, nous trewons aujourd'hui la France assez large, et nous refusons le champ que nous ouvre la chute de l'empire ottomao? Mais le mouvement régulier des ^odes entreprises au dehors n'esl4| f9$ le jlusrsAr moyen de combattre le moa?ement fié- Ttai ^t îrrègQlier des laissions perturbatrieeS'.au dédanst n'estoi,pas fexercice qui prévient tes cônvulsn>îistC^,;hea« reuse TfaNMir^ où f Orient s*écroiilera pliisoomplétemèntencorè et làissera place .à tant de populations oppriniées,,iliais fortes et activas, que ivoida-dn aadavre turc écrase, à la honte dé la civilisation^ des hommes; et où la France, leur tendant une main secourable entre les ambitions de la Russie et les suM eplibilités de l'Angleterre, se placera entre ces deux puissaiK es au centre môme de l'Asie mineure, les contrepèsera l'une par l'autre, laissera les Russes protéger les populations qui lui sont sympathiques, laissera les Anglais communiquer avec leurs Indes pour le bénélice du monde, laissera rAutriche dominer dans l'Adriatique, sa nouvelle mer. et au lieu de faire obstacle et empêchement à tout, faisant concours etassistanoe aux intérétsnaturels^de tous, trouvera sôb'ptopl^ intérêt, sa propre influence, sa propre richesse dans uï^fiOttvelie balance de TOrieni d6nt elfe sera la tige en ttiropç et dont^De tieiidra lés coniraiidds en Otient.
(d|ai, Ifes^eoi^ qàellé qneWt à cél éga^d la pélisée^ cabinet et de la Chaïqbfè, voilà ta ihleiànè, voili mes vues et mes vœux, et les vu^ et les vœiix dè toitai cë^x qui ont étudié la question soir pUcét le' les ifViHe à mot) pays, accueillfs par vos murmures et à Aies risques et périls; mais je ne m'af-
fligepas, je ne me décourage pas de ces marques d*incrédulité. Ces désapprobations de l'opinion publique mal éclairée, qui m'arrivent à la tribune au moment où je vais la quitter, je m'y attendais en y montant, et je les bravais, ap puyé sur des convictions réfléchies et sur ma conscience. Mais quelles que soient vos impressions du moment, je me rassure; car je sais que la France n'îijournera pas éternellement sa f ortune » et que la vérité a fait alliance avec le temps.
LA QUESTION DmiENT,