PREFACE DE L’EDITEUR
L’auteur de cet ouvrage, M. Edward Dodwell, est connu du public par son Voyage classique et topographique en Grèce , qui fut publié en 1819, et qui , par l’exactitude des recherches et par l’emploi judicieux de l’érudition, obtint dès-lors un succès que le temps a pleinement confirmé.
Depuis l’époque où, en 1800, il quitta le collège de la Trinité à Cambridge, jusqu’à celle de sa mort, qui eut lieu en mai i85a, M. Dodwell se consacra presque entièrement à l’exploration et à l’étude des monumens qui appartiennent aux époques les plus reculées de l’histoire de la Grèce et de ses diverses colonies. Pendant ses voyages en Grèce , son attention avait été surtout fortement attirée par ces constructions remarquables qu’un consentement presque unanime attribue à la nation Pélasgique, et qui sont souvent désignées sous le nom de Constructions Cyclopéennes. Il nous apprend lui-même, dans divers endroits de l’ouvrage qui vient d’être cité, qu’un des principaux objets de ses recherches avait été de découvrir, en prenant Pausanias pour guide , la situation et les ruines des nombreuses cités dont cet ancien et fidèle topographe a fait mention, et que l’action du temps, la main des hommes, la dépopulation qu’amènent les guerres civiles ou les conquêtes de l’étranger, et tant d’autres causes, ont presque entièrement effacées du sol de la Grèce.
Le y oyage Classique en Grèce prouve suffisamment combien l’auteur se sentait dèslors fortement entraîné vers ce genre de recherches; les travaux qu’il a depuis entrepris et exécutés, offrent des preuves bien plus nombreuses encore du zèle ardent et de la constance avec lesquels il continua de se livrer à cette étude favorite. On peut réellement dire qu’il y sacrifia sa vie ; car il ne put jamais se rétablir parfaitement de la maladie grave que lui causèrent des fatigues excessives et une longue exposition aux ardeurs du soleil, pendant l’été de i85o, lorsqu’il était occupé à rechercher l’emplacement de plusieurs villes antiques dans les montagnes de la Sabine.
Les dessins fidèles de constructions antiques, qu’il avait laits tant en Grèce qu’en Italie, sont presque innombrables : il les a légués à l’éditeur du présent ouvrage, en lui recom-
mandant avec instance la publication immédiate des planches qui le composent, et qu il considérait comme formant une espèce de supplément à son Voyage en Grèce. Son but parait avoir été, non d’entrer lui-même dans une discussion approfondie de la question encore obscure des ruines Cyclopéennes, mais seulement de mettre les monumens eux-mêmes sous les yeux de ses lecteurs, et de renvoyer ceux-ci aux savans auteurs qui avaient écrit ou qui écrivaient alors sur cet important sujet. Il entretenait une correspondance intime avec plusieurs d’entre eux, et particulièrement avec M. Petit-Radel, membre de l’Institut royal de France.*
* Voyez Voyage en Grèce, vol. II, c. vi, p. 219.