‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 2 sur 61 · RUINES DE LYCOSURE EN ARCADIE · texte numérisé non relu

RUINES DE LYCOSURE EN ARCADIE

Ce qu’on trouve dans Pausanias sur la ville de Lycosure se borne à peu de mots ' : « De toutes les villes conte nues, soit sur le continent , soit dans les îles, Lycosure, dit-il, est la plus ancienne; elle est la première que u le Soleil ait vu construire, et c’est d’elle que les autres hommes ont appris l’art de bâtir des villes. »

Lycosure était en ruines dès le temps où vivait Pausanias. Fondée par Lycaon , fils de Pelasgus , à l’orient et au pied du mont Lycæus, elle fut le lieu de résidence de Clitor, fils d’Azan , le roi le plus puissant de ce temps, à qui la ville de Clitor en Arcadie dut son origine et son nom 5. J’éprouvais un vif désir d’examiner la construction de ses murailles; et sa position est si clairement indiquée par Pausanias, que je l’aurais assez facilement reconnue , en prenant pour seul guide le texte de ce géographe ; mais je me laissai conduire par des paysans des environs, qui m’égarèrent, et ce ne fut qu’après plusieurs jours de recherches assidues qu’ayant réussi à découvrir l’endroit que me désignait la description de Pausanias , je goûtai enfin le plaisir de contempler les ruines vénérables qui, comme tout autorise à le croire, ont fait partie de l’antique Lycosure.

L’acropole était située sur un monticule escarpé, de forme oblongue, et dont le plus grand diamètre se dirige à peu près du nord au sud. Le côté de l’ouest est composé de rochers inaccessibles ; celui de l’est , qui regarde la plaine de Mégalopolis , est soutenu par un double mur de terrasse composé de gros blocs non taillés, comme les murs de Tirynthe. Un mur de la même espèce couronnait aussi le bord de l’escarpement, ety suivait les contours sinueux du rocher. Les blocs ont à peu près la même dimension que ceuxqui composent les murs de Tirynthe. L’acropole paraît n’avoir eu qu’une seule porte, dont les fondations sont encore visibles du côté sud. On trouve, dans son enceinte , deux églises en ruines, et quelques fragmens de colonnes de marbre d’une couleur foncée. Les restes de la ville sont disséminés autour de l’acropole : elle paraît avoir occupé une superficie d’environ deux milles de circuit, dont le sol offrait quelques ondulations. On pourrait supposer qu’il y avait, dans cette partie de la ville, quatre édifices d’ordre dorique, dont les colonnes sont de petite proportion et offrent des chapiteaux d’une forme très ancienne. Il ne reste absolument rien des murs de la ville basse. Ce lieu porte aujourd’hui le nom de Agios Georgios (Saint-Georges); il est à deux heures de distance du village de Sinano et des ruines de Mégalopolis ; le village le moins éloigné est Stala , qui est à peu près à un mille.

Le fond de la vue que l’on offre ici est occupé par la plaine fertile de Mégalopolis , arrosée par l’Alphée , l’Hélisson et autres courans d’eau , et terminée au nord-est par une chaîne de montagnes boisées et d’un aspect sauvage. ( Voy. le Voyage Classique en Grèce , loin. Il, chap. X.)

Pausanias, T.iv. VIII, ch. 38.

* Ibid. , ch. a.

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