VUE EXTERIEURE DU TRÉSOR D’ATREE
Selon Pausanias, « On voyait encore, au milieu des ruines de Mycènes. les chambres souterraines d’Atrée et » de ses fils, ou ils l’enfermaient leurs trésors, le tombeau d’Atrée, et celui des personnes qui, revenant de « Troie avec Agamemnon , furent tuées par Ægysthe dans un repas. » 1 Pausanias ne donne pas la description du Trésor d’Atrée, mais ce qu’il dit du trésor de Minyas, cà Orcbomène en Béotie, est parfaitement applicable à celui d’Atrée, à Mycèoes, qui est encore dans son entier^ Selon lui, « Cette merveille, non moins étonnante que celles que l’on voit dans la Grèce et ailleurs, est un' édifice en « marbre, de forme circulaire, dont le faîte se termine par une pointe qui n’est pas très aiguë. » J Une voie de dix-neuf pieds de large, entre deux murs parallèles, conduit au Trésor d’Atrée. L’entrée a neuf pieds de largeur à la base, sept pieds quatre pouces au sommet, et environ dix-huit pieds de hauteur : elle conduit , par un passage de dix-sept pieds de profondeur, pratiqué dans l’épaisseur du mur, à la chambre souterraine circulaire, qui ressemble à un dôme gothique, et qui se termine au sommet par une pierre faisant fonction de clef. Le Trésor de Minyas était de plus grande dimension que celui d’Atrée 5 le premier était de marbre blanc, tandis que l’autre est construit avec une brèche dure, fort belle, prise sur les lieux.
La façade et la porte de la grande chambre (la seule partie du monument qui ne soit pas couverte de terre) regardent 1 acropole. Au-dessus du linteau de la porte est une niche triangulaire, aujourd’hui privée de tout ornement, mais que nous devons supposer avoir offert dans l’origine une décoration appropriée à la destination de l’édifice : elle a onze pieds trois pouces de hauteur, et huit pieds un pouce de largeur. Parmi les ruines que l’on trouve près de la porte , il y a quelques blocs de rouge-antique et un pilastre-colonne avec sa base. Ces fragmens sont couverts d’ornemens en spirale et en zigzag : en même temps, un assez grand nombre de trous pratiqués dans les pierres, et qui servaient probablement à attacher des parties de revêtement, semblent indiquer que cette façade était somptueusement décorée. Le monument en lui-même, et les accessoires qui appartenaient à sa décoration, nous offrent des rapports si frappans avec le style égyptien, que nous pouvons raisonnablement supposer qu’il a été construit par la colonie des Bélides, après que les Inachides eurent été chassés du territoire d’Argos.
* Liv- 11 > ,;haP- *6- * Liv. IX, ehap. 38.