‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 11 sur 61 · VUE INTÉRIEURE DU TRÉSOR D’ATREE · texte numérisé non relu

VUE INTÉRIEURE DU TRÉSOR D’ATREE

Cette planche fait connaître la forme intérieure du Trésor, qui est celle d'un dôme gothique. Sa hauteur actuelle est de quarante-neuf pieds, mais le sol s’est élevé au-dessus de son ancien niveau : le diamètre est de quarante-cinq pieds, et au-dessous du sol actuel il serait probablement plus grand. Les pierres sont toutes taillées en parallélogrammes, et disposées en assises régulières, dont trente-six sont visibles. Ces pierres sont assemblées avec une grande précision , mais sans ciment j elles ne sout pas d’égales dimensions, mais les assises ont généralement deux pieds de hauteur : il est vrai quelles paraissent diminuer vers le sommet, mais cela peut

être un effet de perspective , car il n’y a plus de moyens de prendre des mesures à dix ou douze pieds au-dessus du sol actuel. L’édifice était composé de deux chambres; une porte conduit de celle que représente cette planche dans la seconde, qui est une pièce carrée d’environ vingt-cinq pieds de côté, et de dix-huit pieds de hauteur dans son état actuel; mais on n’y a pas poussé les excavations jusqu’aux murs, qui sont maintenant obstrués par la terre. La hauteur actuelle de la porte de communication est de neuf pieds, sa largeur de quatre pieds quatre pouces en bas, et de quatre pieds en haut; elle offre, au-dessus du linteau, une cavité triangulaire semblable à celle de la porte extérieure du monument, et à celle de la porte des lions.

L'épaisseur des murs de cet édifice extra ord inaire est de dix-sept pieds , comme on peut s’en assurer à l’entrée. Le linteau de la grande porte extérieure est formé de deux blocs dont le plus grand présente les énormes dimensions de vingt-cinq pieds six^pouces de longueur, seize pieds de hauteur, et trois pieds quatre pouces d’épaisseur; ce qui doit produire’un poids d’environ deux cent soixante milliers. On ne connaît nulle part ailleurs, excepté en Égypte et à Balbec, de bloc mis en œuvre que l’on puisse comparer à celui-là, qui est de la même brèche compacte employée dans tout le reste de l’édifice. Il est probable que, dans son état primitif, l’édifice offrait un système de décoration intérieure analogue à sa destination; on peut le conclure du très grand nombre de longs clous de bronze que l’on trouve encore fixés dans les pierres jusqu’au sommet de la voûte : ces clous ont de larges têtes*, et sortent de la pierre d’environ un tiers de leur longueur.

On a toute raison de penser que cet édifice est identiquement celui que Pausanias a désigné sous le nom de Trésor d’Atrée. 11 y a seize siècles que ce voyageur éprouvait, au milieu de l’obscur labyrinthe des antiquités de Mycènes, le même embarras que nous éprouvons aujourd’hui. L’histoire ne jette aucune lumière sur leur construction, et tout ce que nous pouvons tenir pour certain, cest que les architectes de ces âges si recules possédaient une science et un génie qui n’ont pas été surpassés dans les temps postérieurs. {V oyage Class., tome II , ch. 6.)

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