RUINES DE THISBÉ , EN BOEOTIE
Les anciens murs de Thisbé sont situés sur le bord d’un rocher escarpé, de hauteur moyenne et de forme oblongue ; c’est là qu’était la Thisbé d’Homère. On y trouve encore une innombrable quantité de pigeons qui construisent leurs nids au milieu des précipices du voisinage. Des restes peu nombreux du style de Pirynthe se font encore apercevoir} mais il est évident que les murs ont été restaures dans differens temps.
Le troisième style de construction prédomine. Les murs ont sept pieds et demi d’épaisseur} le massif intermédiaire, composé de petites pierres, a trois pieds neuf pouces. Au pied du rocher, il y a plusieurs chambres sépulcrales taillées dans le roc vif, comme les contenant chacune depuis un jusqu’à quatre
sarcophages, qui tous sont sans couvercle et vides. {V oyage Class., tome 11 , chap. 8.)
Nos XLIX ET L.
RE INES DE PLATÉE, EN BOEOTIE.
Pi-atée fut détruite par les Perses : Thucydide et Pausanias sont d’accord sur ce point, que la ville tout entière, les temples exceptés, fut postérieurement rasée jusqu’au sol par l’animosité des Thébains. Il reste bien peu de chose des murs originaires} ils appartenaient au style antique grossier, et il est évident qu’ils ont été entièrement rebâtis à partir des fondations.
Dans les villes qui ne sont qu’en partie démolies, nous pouvons distinguer deux ou trois styles différens, et par conséquent autant d’époques de l’architecture, comme à l’Orchomène de Bœotie, à celle d’Arcadie, et dans d’autres lieux. Ici , les murs présentent, en général , un appareil régulier, avec quelques différences accidentelles dans la grosseur des pierres : ils ont environ sept pieds et demi d’épaisseur, et sont flanqués de tours, presque toutes carrées, quelques unes rondes. Les pierres sont ornées de ces traits ou entailles perpendiculaires que nous avons déjà remarqués à Sainte-Euphémie, en Locride, et que l’on rencontre dans la plupart des murs de la même époque. Je n’ai trouvé aucune trace du double mur construit autour de la ville pendant le siège qu’en fit le Spartiate Archidamus. C’était seulement une fortification passagère, non destinée a servir à la défense permanente de la ville. Selon Procope, les murs de Platée furent restaurés par Justinien.
Pausanias parle de trois temples qui se trouvaient à Platée : celui de Junon, celui de Minerve Areïa, et celui de Cérès. Strabon fait mention du temple de Jupiter-Libérateur; mais Pausanias ne parle que de l’autel et de la statue de]ce dieu.
Plutarque cite le temple de Diane Euclia. Le roi de Sparte , Pausanias , était posté au commencement de la bataille, près du temple de Junon. Je n’ai pu retrouver de traces à peu près certaines d’aucun de ces édifices : il y a plusieurs monceaux de pierres d’une grande dimension qui en indiquent peut-être la position , mais sans la déterminer particulièrement.
Plutarque dit que les tombeaux de ceux qui succombèrent à Platée étaient placés près de la fontaine, probablement celle de Gargaphie. Les Platéens, les Athéniens et les Lacédémoniens eurent des tombes séparées; mais un tombeau commun fut élevé au reste des Grecs, y-vn^a »»». Strabon dit que ces tombeaux
se trouvaient près des murs , et il les appelle les tombeaux communs ou généraux , ra;n incita.
Je cherchai vainement quelques traces du camp de Mardonius; car, quoiqu’il fût construit en bois, il n’y a point de doute qu’il ne fût fortifié par des retranchemens en terre. ( Voyage Class., tome I, chap. 9.)