‹ Vues et descriptions de constructions cyclopéennes ou pélasgiques trouvées en Grèce et en Italie et de constructions antiques d'une époque moins reculéeChapitre 46 sur 61 · RUINES, AU PORT DE PIRÉE · texte numérisé non relu

RUINES, AU PORT DE PIRÉE

Les longs murs d’Athènes, si justement renommés par la grandeur de leurs dimensions et par leur solidité, n’existent plus aujourd’hui au-dessus de la surface du sol. On en retrouve çà et là quelques traces, en allant d’Athènes aux ports du Pirée et de Phalère, et dans plusieurs endroits la route passe par-dessus. Ils avaient environ cinquante-cinq pieds de hauteur, et ils sont composés de gros blocs offrant des quadrilatères, et liés ensemble par des crampons de fer et de plomb. L’espace compris entre les deux branches de ces murs, dont l’une se dirigeait vers le Pirée et l’autre vers Phalère , espace autrefois occupé par un grand nombre de temples et d’autres édifices publics, ne présente plus aujourd’hui que des champs cultivés, des vignobles, des bosquets d’oliviers et des jardins. On y rencontre peu de débris d’antiquités, et souvent on y cherche en vain jusqu’aux fondations des anciens remparts Herculéens. Je n’ai trouvé aucune trace du troisième mur, ou mur du milieu, qui se dirigeait vers le port de Munychie, et qui, comme les deux autres, fut bâti par Périclès. Ces murs, commencés par Thémistocle, et terminés par Cimon et Périclès, furent entièrement détruits par Lysandre et les trente tyrans, et ensuite rétablis par Conon. Sylla les détruisit une seconde fois, et ils ne furent complètement rebâtis que près de quatre cents ans après, sous le règne de Valérien.

Les murs qui entourent la presqu’île du Pirée sont dans un meilleur état de conservation : flanqués de distance en distance par des tours carrées, ils offrent une construction régulière, formée de blocs volumineux, à faces quadrangulaires , d'une pierre calcaire qui a été fournie par les carrières de la presqu’île.

Le Pirée est un des plus beaux ports de la Grèce : bordé par des rochers, il n’a presque point éprouvé de changemens dans sa forme et dans ses dimensions. La mer paraît cependant s’y être un peu avancée, à en juger par quelques ruines que l’on aperçoit sous l’eau. Sa profondeur est depuis deux brasses jusqu’à dix; dans quelques endroits elle augmente jusqu’à vingt brasses.

L’air (lu Pirée n’est pas salubre pendant l’été, ce qui est dû aux eaux presque stagnantes du port de Zéa qui , ainsi que le port de Cantharos , se trouve du côté nord du grand port. ( F oyage Class. , tome 1 , ch. i3. )

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