LE PNYX, A ATHÈNES
En longeant, du côté oriental, le pied de la colline qui porte ce nom, nous arrivâmes au grand mur circulaire qui servait de soutènement au Pnyx, en face de l’Aréopage : il regarde le nord-est. Cet ouvrage colossal, que Wheler prend pour un théâtre, et Spon pour l’Aréopage, est digne de ceux qui construisirent Mycènes et Tirynthe; il est formé de grands blocs taillés en quadrilatères et Lien assemblés. La partie la moins dégradée présente trois assises de pierres, dont les plus volumineuses ont onze pieds quatre pouces de longueur et sept pieds d’épaisseur ; leur surface extérieure est inégale et grossière, mais près des joints elles sont ornées d’eutailles formant des lignes parallèles. Les blocs ne sont ni tous rectangulaires, ni tous d’égales dimensions} mais ils offrent la même irrégularité que l’on remarque dans les murs construits avant l’époque de Périclès, et ressemblent à ceux du côté sud-ouest de la porte des Lions, à Mycènes, où les blocs sont presque équilatéraux. C’est probablement une de ces constructions antiques peu nombreuses qui échappèrent à la fureur des Perses et à celle du dernier roi de Macédoine.
Plus haut, sur la colline, se trouvent les belles marches ou les sièges taillés dans le roc, et le b îti/*, ou la tribune, d’où les orateurs d’Athènes haranguaient la multitude. Il est surprenant que Pausanias n’ait pas fait mention du Pnyx, car c’était un des plus célèbres tribunaux athéniens: peut-être l’a-t-il désigné sous un autre nom, sous celui de Trigonon , par exemple, tribunal ainsi nommé, dit-il, à cause de la forme triangulaire de l’édifice; et, en effet, le plan général des ruines qui nous occupent est un triangle irrégulier, quoique le mur de soutènement soit un segment de cercle.
Julius Pollux dit que le Pnyx se trouvait près de l’acropole, et qu’il était décoré avec une simplicité antique, et non avec le luxe d’un théâtre. Plutarque nous apprend que Thémistocle avait fait disposer le du Pnyx de manière qu’il fît face à la mer; mais, dans la suite, les trente tyrans le firent retourner du côté de la terre. Le mur circulaire avait probablement été construit avant cette époque, pour servir de soutien à la terrasse ou colline sur laquelle le tribunal fut postérieurement établi. On nomme aujourd’hui ce lieu <rK<t\* }
l’escalier de Démosfhènes : les marches étaient presque entièrement recouvertes de terre, mais celle-ci a été enlevée par les ordres du comte d’Aberdeen
De chaque côté du le rocher, coupé perpendiculairement, présente plusieurs petites cavités ou niches, destinées à recevoir des monumens votifs : parmi elles, il y en a une beaucoup plus grande que les autres, où se trouvait probablement la statue de la divinité à laquelle ces offrandes étaient consacrées. En déblayant le terrain, ou a découvert plusieurs de ces monumens; ils sont en marbre blanc, sculptés en relief, et se trouvent aujourd’hui auBritish Muséum. (Voyage Class., tomel, ch. i3.)