GOLFE ET PLAINE DE MESSÉNIE
Il y a peu d’endroits dans la Grèce qui offrent une vue matériellement aussi belle et classiquement aussi intéressante qne le mont Ithome. Elle domine toute l'étendue de la Messénie, autrefois riche et guerrière, et qui déjà, du temps de Strabon, avait perdu une grande partie de sa population; car les villes citées par Homère avaient ou entièrement disparu, ou laissé de faibles traces, ou changé leurs noms.
Celte décadence progressive pendant la période de temps qui sépare Homère de Strabon, a encore continué pendant la période qui s’est écoulée depuis Strabon jusqu’à nous. Aujourd’hui , ce beau et fertile pays n’est pas à moitié cultive; et, quoique toujours en possession d’un climat délicieux, toujours arrosé par de nombreux cours d'eaux, il ne nous offre plus qu’un petit nombre de villages médiocrement peuplés, épars sur sa surface. Le Pamise coule à travers la plaine de Sténycléros, et son embouchure dans le golfe, que l’on aperçoit ici, est, selon Pausanias, à quatre-vingts stades d’Ithome.
Près de cette emboucbui'e se trouve la ville de Coron, située sur un des côtés du promontoire Acritas. On voit aussi Nesi , l’ancienne Sténycléros, la royale résidence de Cresphonte. C’est là que combattirent les Messéniens et les Lacédémoniens ; les premiers conduits par Aristomène, Androclès et Phintas; les seconds par leur roi Anaxandre : ceux-ci furent vaincus dans le combat, quoique animés par les chants belliqueux de Tyrle'e.
On distingue dans leloignement vers le nord, par une trouée au travers des montagnes, les îles de Xanthe et de Céphallénie. Au-delà de la chaîne de hauteurs du Lycœon, on aperçoit les sommets des montagnes de
l’Arcadie blanchis par la neige. Les pentes abruptes et les précipices du Taygète viennent se lier au Lycœon, et s’étendent au loin dans le golfe de Messénie, tandis que la base de la montagne se développe en] plaines parsemées de villages, et forme le pays occupé par les hardis Maïnottes. ( V oyage Class. , tome II, ch. 9.)
Nos LXYI et LXYII.